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16/09/2016

LA N-VA ET LE CONDITIONNEMENT PSYCHOLOGIQUE

N-VA ET LE CONDITIONNEMENT PSYCHOLOGIQUE

 

Comme les anges à l’œil fauve,

Je reviendrai dans ton alcôve

Et vers toi glisserai sans bruit

Avec les ombres de la nuit ;

{Baudelaire – Le Revenant, poème LXVI – Les Fleurs du Mal}

 

La mort récente d’une des grandes voix de la BRT/VRT, Jef Lambrecht de RADIO 1, que j’ai connu personnellement et avec qui j’étais épisodiquement resté en contact après notre voyage commun au Vietnam en 1993 -, m’a remis en mémoire qu’il a été l’un des tout premiers à affirmer haut et fort que « la VRT avait donné la stature de grands à des gens comme Bart De Wever de la N-VA et Jean-Marie Dedecker du LDD en les invitant sur ses plateaux ou à des émissions comme "De Slimste Mens Ter Wereld".

 

J’ai une assez bonne connaissance de ce qui se dit et se montre en Flandre puisque je suis parfait multilingues (dont le néerlandais). Il y a quelques mois, je lisais ainsi une interview de Geert Hoste, stand-up comedian surtout connu par son show satirique de fin d’année que la VRT retransmettait chaque fois un des tout premiers jours de l’année suivante. J’ai vu plusieurs fois ses shows avec dans le public des Bekende Vlamingen {caméra sur le visage quand le comique se permettait un mot d’humour pas trop méchant à leur égard}. C’étaient surtout la famille royale, Di Rupo et les Wallons qui subissaient ses traits d’humour et cela marchait très bien. Car, pour les Flamands se rendant à de tels spectacles, le Walloon-bashing, cela fait rire à tous les coups, Tout comme les inévitables blagues sur les rois Albert II et/ou Philippe et leur utilisation un rien guindée et vieux jeu du néerlandais. Eh bien, Hoste a déclaré lors de son interview récente que quand il avait essayé de faire des blagues avec des personnalités de la N-VA, un grand froid se répandait dans la salle. Je m’étais déjà fait la réflexion que Hoste devait être raciste {à l’encontre des Wallons} ou peu courageux, car je n’avais jamais entendu la moindre critique ou blague contre des gens de la N-VA, sauf peut-être quelques traits pas trop méchants contre le guindé Bourgeois, de gentilles moqueries tout le contraire de celles plus virulentes contre Wallons et membres de la famille royale.

 

Ce que je trouve également aberrant c’est que récemment, on a dit que près de 20 % de la population wallonne avait de la sympathie pour la N-VA !?

 

Parlons de conditionnement maintenant. Le conditionnement - et le pionnier soviétique Pavlov ne me démentira pas à ce propos -, consiste à provoquer des réflexes conditionnés chez des animaux ou des personnes, et, comme l’indique le Petit Robert, il consiste également à « provoquer des habitudes de pensée, de comportement, dans un ensemble social ».

 

Jef Lambrecht a affirmé lors de son départ à la pension en 2009 que la VRT avait donné une stature de grand notamment à Bart De Wever. Et c’est incontestable. Avant la prise de pouvoir par la N-VA du bastion socialiste d’Anvers aux élections communales ensuite de la Belgique fédérale à celles de 2014, De Wever était – et reste actuellement - omniprésent sur les ondes de la VRT, une véritable figure de proue. Invité à des talk-shows aux meilleures heures (dimanche midi), invité à De Slimste Mens Ter Wereld jadis où il se montra brillant candidat, invité lors d’interviews, extraits de discours ou de happenings {le dernier en date à Plopsaland, le weekend dernier}, chantant des chants flamingants lors de la grande fête du chant. Partout, tout le temps on le voit, vitupérant, râlant, critiquant, tel un Moïse dont il serait le Dieu, un démiurge de la politique flamande, ergo belge.

 

Hitler avait – bien avant qu’on ne connût les travaux de Pavlov – compris, de manière presque intuitive, ce que le conditionnement pouvait provoquer en termes d’adhésion à un programme, à un leader. N’était-ce pas lui qui avait soutenu dans Mein Kampf qu’il fallait parler en slogans simples et les répéter tant et plus. Cela lui réussit car quand on lit des analyses approfondies au sujet des généraux et simples soldats de la Wehrmacht {ceux qui avec la SS commirent les plus grands crimes de guerre}, on constate que cet endoctrinement, ce conditionnement psychologique, avaient porté leurs fruits : les généraux et les soldats, presque sans exception, considéraient les Juifs comme des parasites et les communistes et Slaves comme des Untermenschen. Il y a suffisamment d’études historiques qui ont démontré qu’il n’y eut pas que les SS qui furent de rabiques et fanatiques propagateurs – et criminels – de l’idéologie nazie.

 

Sans que De Wever fût nazi ou fasciste, il est à tout le moins étonnant de l’entendre vitupérer depuis bientôt une décennie contre les Wallons qui vivent aux dépens de la Flandre {souvenez-vous de l’action ludique des camions bourrés de fric allant en Wallonie, ou de Bartje déguisé en panda, importés en Wallonie avec l’argent de la Belgique donc des Flamands travailleurs}, des Wallons les champions en nombre de chômeurs et d’invalides de mutualité, des Wallons à la traîne de la Flandre. C’est lui qui déjà il y a plus de dix ans avait repris à son compte cette théorie juteuse sur le plan électoral d’une Belgique à deux vitesses {et à l’époque les analogies avec la défunte Tchécoslovaquie avaient fusé}. Théorie qu’il n’a jamais abandonnée et qui reste le socle sur lequel s’appuie toute son idéologie perverse. Théorie qu’il n’a jamais abandonnée et qui reste le socle sur lequel s’appuie toute l’idéologie de libération du joug financier que constitue la partie sud du pays.

 

Mais là où les journalistes de la VRT sont en faute {mais on peut englober nos médias francophones dans le même moule} c’est que quand Bart De Wever sort une énormité, comme celle sur les pandas importés en Wallonie avec l’argent fédéral, aucun journaliste n’a le courage d’apporter un élément contradictoire. Sans doute de peur qu’un jour – et il approche à grands pas – la N-VA aura fait son entrée fracassante au conseil d’administration de la VRT ou acquerra le poste de président du CA.

 

Donc, par simple conditionnement depuis bientôt une décennie, De Wever et la N-VA, à force d’asséner sans cesse des mensonges, des contre-vérités, des approximations simplistes surtout contre les Wallons mais maintenant contre les étrangers de culture musulmane, gagne la guerre de la conquête des esprits. Les gens en Flandre commencent à croire dur comme fer que les Wallons sont des fainéants, des assistés, des parasites sociaux.

 

Et, si on examine les derniers sondages, on voit que la N-VA baisse dans les intentions de vote. OUI ! 25 % N-VA + 15 % Vlaams Belang, cela fait 40 % des Flamands qui voteraient pour des partis aux idées simplistes, populistes vaguement ou franchement xénophobes, anti-wallonnes à outrance, des partis peu différents de l’indigence intellectuelle que nous sert Trump aux States. Deux partis qui veulent la destruction de la Belgique unitaire pour mettre en place une Flandre nationaliste, autocrate, autoritaire, réactionnaire et conservatrice {on n’a jamais vu De Wever à des spectacles de théâtre ou d’opéra d’avant-garde, ou louer des auteurs tels Lanoye ou Verhulst ou assister à des concerts de musique contemporaine ou de free jazz}, bref une Flandre dont les penseurs actuels ont toutes les caractéristiques de ce que constitue la définition du fascisme, et on peut y ajouter le flirt avec les gros industriels et la haute finance.

 

Mais, l’influence insidieuse et perverse de cette idéologie du rejet des parasites et assistés wallons a gagné d’autres partis puisque, par exemple, en assurance-maladie-invalidité, on va revoir les processus d’octroi des allocations de maladie {cf. De Block}. Ce qui est amusant, sachant que pour des raisons historiques ou peut-être de complaisance, une grosse majorité des invalides se situe en Wallonie {Dutroux était reconnu invalide !}. J’ai entendu hier dans l’affaire de l’insulte raciste proférée par le député VLD Luk Van Biesen à l’égard de la députée allochtone Meryame Kitir, qu’il n’aurait pas dit qu’elle devait retourner au Maroc, mais qu’il aurait dit en substance « si ces ouvriers de Caterpillar sont si bons, ils retrouveront un emploi ici, en Turquie ou au Maroc ». Ce qui est tout aussi raciste à l’égard des Wallons et qui montre aisément que cette idéologie de la N-VA raciste, perverse et dénigrante à l’égard des Wallons, gagne du terrain et pollue les esprits de gens d’autres partis.

 

D’une certaine manière, les Wallons et francophones sont pour De Wever et les têtes pensantes de la N-VA des parasites, des Untermenschen (sous-hommes). On ne veut pas dans ce parti les tuer, non. On veut couper le cordon ombilical qui relie la Flandre riche, égoïste et donatrice de montants illimités à fonds perdus, à cette Wallonie fainéante, parasitaire, qui ne mérite que d’être laissée à son propre et triste sort. Comme les migrants. Comme les Musulmans.

 

Baudelaire avait raison. Il se glisse dans nos alcôves aves le ombres de la nuit, pollue et pervertit les esprits. Avec l’aide bienveillante de journalistes de la presse télévisée aussi bien qu’écrite, avec bientôt l’aide d’une partie des Wallons…

 

Pauvre Belgique comme aurait di Baudelaire jadis.

12:06 Publié dans Belgique, Perso | Lien permanent | Commentaires (0)

24/04/2016

APPROXIMATIONS VERBALES ET ROBOTISATION

APPROXIMATIONS VERBALES ET ROBOTISATION

 

Partout, dans les médias, dans les déclarations de politiciens ou ministres en poste, on remarque de plus en plus d’imprécisions, d’images ou de comparaisons parfois grotesques, voulues ou non, qui, pour moi, signifient une seule chose: nos élus, mais également ceux qui sont censés être les garde-fous de la démocratie et du pluralisme intellectuel que constituent les journalistes, sombrent eux aussi dans ce salmigondis peu ragoûtant d’approximations verbales, sémantiques voire « intellectuelles ».

 

Le Ministre-président de la région bruxelloise Vervoort avait déjà lancé la première pierre dans ce salmigondis en disant qu’il était impossible de retirer la carte d’identité ou le passeport des djihadistes revenus de Syrie « parce que les Nazis avaient fait la même chose avec les Juifs. » Comparer ce que serait appelé à faire un état de droit démocratique tel la Belgique vis-à-vis de terroristes ou de futurs terroristes à ce que fit un régime autoritaire, raciste, coupable de crimes de guerre, de crimes contre l’humanité et de génocide, était déjà l’un de ces raccourcis mentaux qui font frémir.

 

Le Ministre de l’Intérieur Jambon a récemment fait deux déclarations fracassantes. Dans la première, il avait déclaré chez VTM à propos du soutien logistique et humain qu’Abdeslam aurait trouvé à Molenbeek, et je cite en néerlandais « Er zijn joodse mensen die vier jaar onderdoken, en dat was ook een verschrikkelijke regime dat continu naar die mensen op zoek was. » (sources De Standaard, traduction : Il y a des personnes juives qui se sont cachées pendant quatre ans, et cela était AUSSI un régime terrifiant qui traquait continuellement ces personnes). Si je comprends bien le sens de l’adverbe ook {français : aussi, également}, la Belgique est un régime terrifiant. Belle analogie, heer Jambon!

 

Ce même Jambon a récemment jonglé avec l’adjectif significatif, disant notamment qu’une partie significative de la population musulmane avait dansé dans les rues après les attentats du 22 mars dernier. Pour le sens premier, tout le monde est d’accord sur le fait qu’il n’y eut pas de signes de joie évidents dans la communauté musulmane, elle aussi touchée par les attentats perpétrés sur des rassemblements de masse de manière indiscriminée. Mais, le second sens du Petit Robert, nous aide peut-être à comprendre ce que désirait prouver Jambon « Qui renseigne sur quelque chose ou confirme une opinion. » On sait qu’il y eut pas mal de transfuges du Vlaams Belang partis sévir sous l’aile bienveillante de la N-VA {un politicien flamand a récemment dénombré et dressé la liste de 55 élus à tous niveaux originaires du VB agissant maintenant sous couleur N-VA}. On sait que la N-VA, outre l’émancipation de la Flandre est partisane d’une Nation flamande homogène des points de vue linguistique, social, ennemie du multiculturalisme et du multilinguisme. Il suffit d’assembler toutes les déclarations de Homans, Jambon, ou de constater de quel laxisme bienveillant disposent de nouveaux groupements antimusulmans tels PEGIDA – qui marcha hier à Anvers, une manif certes autorisée dans le fief de Bart De Wever -, PEGIDA dont les slogans anti-arabes, pour la protection des frontières non seulement de l’Europe mais du pays {lisez : Flandres}, sont des thèmes que BDW a lui-même mis en exergue ces derniers mois. Non la N-VA n’est pas ouvertement raciste, mais si elle peut apporter sa petite pierre constructive à pointer du doigt les défauts d’une communauté qui la dérange par sa diversité culturelle et linguistique, elle le fera même s’il faut pour le faire, tomber dans les approximations douteuses.

 

Pour la presse, cela ne vaut pas mieux. La Dernière Heure et Moustique nous ont présenté Justine Katz comme spécialiste du terrorisme, à l’instar de Dominique Demoulin. Vous voulez rire ? Jef Lambrecht, ancien journaliste de Radio 1 à la VRT, retraité maintenant, a vu paraître son ouvrage intitulé « IS » {appellation anglo-saxonne ainsi que néerlandaise de l’Etat islamique}, plus de cinq cents pages de texte dense, plus de 600 notes explicatives. Ça c’est de l’expertise. Katz et Demoulin rapportent des faits que leur relaient la police, les parquets, ou des sources proches des enquêtes; elles n’ont pas d’opinion en profondeur des faits qu’elles relatent, elles ne sont pas capables de tirer des conclusions politiques, sociales, de ces faits, d’extrapoler, d’avoir une vision globale stratégique. Elles sont toutes deux sympa mais je me pose des questions sur ces journalistes de la DH et Moustique, qui, eux, les instituent spécialistes alors que les véritables spécialistes tels Lambrecht ou ces experts qu’on voit parfois intervenir à l’émission « C dans l’Air » d’Yves Calvi {La cinq}, ne sont jamais mentionnés par ces organes de presse. Mais quand on fait soi-même dans l’approximation intellectuelle, comment distinguer le vrai du faux?

 

Moustique d’ailleurs cette semaine, semble s’approprier l’opinion de Dominique Moïsi, auteur de « La Géopolitique des Séries » que « Comprendre le monde des séries télé c’est comprendre le monde tout court ». AU SECOURS ! LES SÉRIES M’AIDENT À COMPRENDRE LE MONDE ?

 

Récemment, suite au différend Galant/Ledoux, j’ai entendu comme commentaire à la RTBF que cette affaire donnait une mauvaise impression non seulement de la ministre mais de l’administration. Ayant travaillé 22 ans dans une administration fédérale, je dois dire que j’ai jubilé quand j’ai entendu et vu parler le fonctionnaire général du SPF Mobilité Ledoux. Un homme comme je les aime, qui a son franc-parler, qui n’assume pas automatiquement la position du tapis de service face à des cabinetards et/ou ministre incompétents. Dans l’administration, je n’ai connu que des yes-men à l’exception de brillantes exceptions tel par exemple le fonctionnaire dirigeant de la Banque-Carrefour de la sécurité sociale que j’ai vu souvent lors de réunions et qui était d’une intelligence rare et d’un franc-parler tout aussi rares.

 

Quand je vois la haute qualité des débats à l’émission de Calvi, celle de l’émission hollandaise ‘Pauw’ (Hollande 1), quand je vois la qualité des reportages souvent étrangers que diffuse la chaîne flamande Canvas, les émissions culturelles ou musicales de BBC4, je me dis qu’il y a encore un peu d’espoir de ne pas sombrer dans l’abêtissement le plus crasse. Mais, pour ne pas y sombrer, il vaut mieux être curieux de nature, multilingue, s’alimenter à d’autres sources que celles qu’on nous promulgue, et de sortir de l’abysse intellectuel et culturel que constituent des journaux ou revues tels la Dernière Heure, Moustique, et des chaînes comme la RTBF et RTL-TVI, qui nous cloisonnent dans un paysage audio-visuel du plus petit commun dénominateur d’où sont absentes les informations qui seraient susceptibles de rehausser le niveau des téléspectateurs ou, quand elles sont présentes comme certaines émissions culturelles, elles le sont à une heure tellement tardive que beaucoup de gens décrochent. Un exemple, récemment France 3 a passé à deux reprises un documentaire intitulé « Les Petits héros du Ghetto de Varsovie » sur l’extraordinaire résilience d’enfants du ghetto {certains avaient 6 ans quand ils s’en sont échappés et ont continué à vivre dans la rue en pleine guerre et y ont survécu !}. Chaque diffusion avait lieu après minuit. Pour moi, pas de problème, je programme mon enregistreur et enregistre l’émission que je regarde par après, mais combien de téléspectateurs ne choisissent-ils pas la solution la plus confortable de regarder en direct, c’est-à-dire de ne pas regarder quand c’est trop tard le soir ou la nuit?

 

En Allemagne sévit actuellement un débat acerbe au sujet du comique Jan Böhmermann qui, il y a quelques semaines, a lu un poème de sa composition contre Erdogan, le président turc. Pas seulement osé le poème mais franchement porno, sauf que le prétexte de cette satire politique diffusée sur ZDF était de montrer aux téléspectateurs ce qu’était réellement un sujet propice à une plainte pour diffamation et outrage à un chef d’état étranger. Ni en France ni dans la Belgique bien-pensantes robotisées, des journalistes ou intellectuels se sont élevés pour dire « WIR SIND BÖHMERMANN ! ». Car le président turc a déposé une plainte au pénal en Allemagne contre lui et la chancelière Merkel a agréé cette plainte et chargé le parquet de faire une enquête à ce sujet. Alors qu’en fait elle aurait dû refuser d’accepter cette plainte puisqu’il s’agit ici de la liberté de pensée et d’opinion, à l’instar de ce qu’elle fit jadis pour défendre CHARLIE HEBDO. Ça se passe loin de chez nous, donc nos robotiseurs médiatiques n’en parlent nullement car la liberté d’opinion de Charlie Hebdo est bien plus vitale que celle de Böhmermann qui a dû demander déjà une protection policière !

 

Voilà ce qu’on fait de nous. Des robots. À coups d’approximations verbales, journalistiques, de réductions intellectuelles et artistiques {vanter par exemple Renaud ou Adamo qui chantent comme des patates et n’ont pas de voix}.

 

Si ça continue comme ça, dans 30 ans, on nommera journaliste tout gus ou gonzesse capable de lire un prompteur ou de citer le titre d’un film ou d’un livre…quitte à faire faire les interviews par des spécialistes ou experts-maison…

17:41 Publié dans Perso | Lien permanent | Commentaires (0)

20/03/2016

Le Parti républicain (américain) le GOP

Le parti (américain) républicain (USA), surnommé le GOP (Grand Old Party) fut créé en 1854.

 

Il connut certains présidents prestigieux dont Lincoln reste l’exemple le plus frappant, attachant et emblématique puisque c’est lui qui fit une affaire d’honneur d’instaurer la fin de l’esclavage, ce qui coûta au pays quatre années d’une guerre particulièrement sanglante {et que ceux qui souhaitent se faire une idée de cet aspect sanglant du conflit regardent l’excellent long métrage Gettysburg} et au président, sa propre vie. Plus proche de nous, parmi les présidents républicains, il y eut la figure d’Eisenhower. Généralissime des troupes alliées lors du débarquement de juin 44, la reconquête des territoires occupés et la conquête de l’Allemagne. S’il ne fut pas l’un des meilleurs stratèges militaires de la 2de guerre mondiale (comparé à Joukov côté soviétique, Guderian, Rommel, von Rundstedt, côté allemand), il sut tenir la coalition et tempérer des têtes aussi fortes voire chaudes que les généraux Montgomery et Patton. Sa présidence (1952-1960) a été qualifiée de période de léthargie sur les plans intellectuel et culturel. On lui doit toutefois certaines décisions courageuses pour la défense des droits civils des Noirs : l’envoi de troupes fédérales le 24 septembre 1957 à Little Rock en Arkansas où le gouverneur Faubus avait tenté de s’opposer à la mixité blancs/noirs dans une école de ce patelin.

 

Ensuite, commence le déclin du parti qui voit se succéder à la tête du pays une série de Républicains certes élus à la présidence mais dont les capacités sont soit mises en doute pour des faits illégaux (Nixon dans l’affaire Watergate, Bush Jr. qui a imaginé les armes de destruction massives en Irak, les écoutes massives et cautionné la torture en tant qu’arme de renseignements, etc.), soit parce que eh bien ils n’étaient pas tout à fait à la hauteur d’un point de vue intellectuel tel Reagan, acteur moyen de profession, qui avait une durée d’attention de deux minutes maximum; quand on lui présentait des briefings oraux, cela devait se résumer à une ou deux pages dactylo pas plus. Inutile de s’attarder sur ses capacités intellectuelles, des chercheurs cherchent encore toujours…

 

Deux figures présidentielles récentes tout à fait acceptables car décentes, des gentlemen: Gerald Ford et Bush senior.

 

Mais, depuis qu’Obama est arrivé au pouvoir, le parti républicain, aidé en cela par la chaîne TV Fox News a commencé une guérilla d’opposition systématique contre ce président « noir », même quand parfois certains projets présentés par Obama et son parti démocrate avaient à l’origine été imaginés par le GOP ! Ne parlons pas des 7 années durant lesquelles Fox News et certains hérauts du GOP ont déversé leurs tonnes d’inexactitudes à propos d’Obama: il est musulman, il n’est pas un vrai américain, il n’a même pas été à l’université car aucun de ses soi-disant anciens condisciples le connaît, etc. Rarement, des campagnes politiques auront été aussi haineuses, basses et dénuées de fondements que certaines des thèses entendues du côté républicain et dans leurs apôtres des médias. Et pendant bientôt huit ans, les républicains, en majorité aux chambres depuis trois ans et demi ont systématiquement opposé tout projet de loi, toute initiative du président, pratiquant des combats à l’usure notamment contre la proposition Medicare. Menaçant de paralyser le gouvernement par défaut d’approbation de tranches budgétaires, etc.

 

Actuellement, on trouve dans le parti républicain un ramassis d’élus qui défendent les thèses les plus arriérées qu’on puisse imaginer: opposants de Medicare, opposants de l’emprise fiscale de l’état fédéral de Washington, opposants de l’avortement, opposants du mariage gay. Mais en faveur du capital, des riches et des nantis, reprochant à ceux qui n’ont rien de n’avoir rien. Et, en ce qui concerne les candidats du GOP, ils ont pratiquement tous dit que s’ils devenaient président des States, ils reviendraient en arrière pour les lois sur Medicare, l’avortement et la décision de haute cour de justice justice ayant autorisé le mariage gay, entre autres. Ce qu’ils feront aussi, c’est détaxer les riches et pomper de l’argent au sein des couches sociales les plus défavorisées. Et, ils s’opposeront à la nomination du nouveau juge par Obama, pour la Cour Suprême alors que cet acte est dans ses prérogatives légales.

 

Trump qui risque de dégoter l’investiture républicaine l’été prochain a, en plus des autres candidats républicains tout aussi rétrogrades sur le plan des droits civils élémentaires et du progrès que Medicare a représenté pour ces franges sociales défavorisées se chiffrant par dizaines de millions de personnes, un comportement ce qu’il y a de plus hideux, bas et vulgaire non seulement dans la politique américaine mais dans la vie américaine. Ses attaques incessantes contre la journaliste Megyn Kelly de Fox News (une chaîne populiste qui devrait être de son côté) montre à quel point, ce personnage aux opinions non égalitaristes peut être tatillon quand on le taraude sur ce qu’il pense des femmes. On sait que Trump est le maître des one-liners (une phrase courte, percutante, populiste mais sans fondement du genre les Noirs sont paresseux, les Mexicains sont des violeurs, etc.). Quand un homme a essayé récemment, lors d’un meeting public, de monter sur le podium pour l’interpeller ou le frapper, par après Trump a affirmé que c’était quelqu’un de Daesh. Et la foule d’applaudir et un tas d’Américains incultes, ne connaissant rien à la politique outre ce qui se passe dans leur bled, n’ayant jamais mis les pieds à l’étranger ou même déjà vu un Musulman, lui donneront raison et trouveront là une raison de plus de voter pour ce magnat de l’immobilier.

 

Trump n’a pas de programme, pas de ligne de conduite cohérente, pas d’idées en ce qui concerne la politique étrangère. Il surfe sur cette vague populiste qui fait que les white trash (petits blanc pouilleux), les besogneux blancs qui pensent qu’ils paient trop d’impôts à Washington, les racistes en herbes (contres les Noirs, Latinos, Arabes, etc.), les adhérents des États du Bible Belt (états de la ceinture biblique) se rallient à ses points de vue simplissimes. À ses one-liners. Bref, il surfe sur toute cette mouvance anti-intellectuelle, anti côté Est, antiétatique, antimusulmane, anti-latino, anti-noire, qui n’y connaît rien en politique intérieure ou extérieure mais qui dispose d’une arme redoutable: le vote. Et le droit de voter pour n’importe quel crétin.

 

C’est triste de constater qu’à côté de Trump, même une Marine Le Pen, même un Orban, pourraient nous paraître acceptables car si je ne partage en aucun cas leurs idées, du moins, leur comportement humain n’est pas encore tombé au niveau d’un Trump. En psychologie, ce que fait là Trump, on pourrait dire que c’est un comportement régressif, c’est-à-dire retournant vers ce qu’il y a plus primitif chez l’homme, proche de son origine animale. C’est triste de constater qu’à côté de présidents républicains qui ont donné le meilleur pour leur pays et dont l’histoire a retenu le nom, on sombre maintenant du côté du Grand Old Party non pas uniquement dans le populisme le plus abject, mais dans l’illettrisme politique, dans le crétinisme social d’un niveau tellement bas qu’on se situe même en dessous du darwinisme élémentaire qui a pu attirer les nazis.

 

Certains ont dit de Trump qu’il est fasciste. Il n’est pas fasciste. C’est un businessman qui a réussi du point de vue commercial {je me suis rendu plusieurs fois dans la Trump Tower sur la 5e Avenue en 2013 et y ai admiré les couloirs et la chute d’eau dont les murs sont en pur marbre d’Italie}, mais pour le comprendre, il faut recourir à la psychologie, une fois de plus. Il est narcissiste et réduit le monde à l’image de soi. Tout part de lui et tout aboutit à lui. À lui seul ! Mais était-ce différent avec Sarkozy? Est-ce différent chez Poutine? Erdogan?

 

Au fond, malgré tout l’étalage médiatique à son sujet, j’ignore ce qu’il pense de l’avortement, du mariage gay, de Medicare. Y a-t-il des femmes ou des Noirs dans le management de ses entreprises ? Par contre, je sais déjà ce qu’il pense des femmes, Kelly de Fox TV devait avoir eu ses règles un soir où elle lui posa des questions hard, a-t-il déclaré. Je sais ce qu’il pense des handicapés puisqu’il il s’est moqué d’ un journaliste légèrement handicapé en l’imitant vulgairement lors d’un meeting public. Que pense-t-il en réalité des Noirs, des Chicanos, des Musulmans ? Tous à mettre à la poubelle : paresseux, villeurs, terroristes 

 

Et, là, on atteint des profondeurs abyssales qui feraient de lui non pas un président narcissique mais un danger pour l’humanité.

 

Let’s keep our fingers crossed (gardons les doigts croisés), on a déjà assez de tarés à la tête de pays dans le monde.