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16/04/2017

L'EUPHORIE, L'ILLUSION ET LE DANGER DE LA DÉMOCRATIE PARTICIPATIVE

L’EUPHORIE, L’ILLUSION ET LE DANGER DE LA DÉMOCRATIE PARTICIPATIVE

 

 

Mieux que quiconque peut-être, ce fut, à l’époque moderne, Hitler qui sut utiliser l’ingénieux camouflage et masque d’un peuple souverain, participatif au processus politique, pour faire passer ses idées et ses idées seules, comme l’atteste par exemple un discours de 1928: "Notre peuple doit être libéré du désordre trouble d’une clique internationale et, de manière programmée et consciente, être formé à un nationalisme fanatique" {source: «Der Nationalsozialismus – Dokumente 1933-1945», par Walther Hofer}.

 

De l’autre côté de l’échiquier politico-historique, on peut remarquer que la Constitution américaine est l’une des rares, qui, dans son préambule, parle du Peuple: "Nous le Peuple des États-Unis, afin de former une meilleure Union, établir la justice, assurer la sécurité intérieure, contribuer à une défense commune, promouvoir le bien-être général, et assurer la bénédiction de la liberté pour nous-mêmes et la postérité, ordonnons et établissons cette Constitution des Etats-Unis d’Amérique."

 

On sait très bien que si c’est le Peuple américain qui a ordonné et établi cette Constitution en septembre 1781, le système qui s’est développé au départ de la volonté du Peuple fut la démocratie représentative, chaque personne de par son vote gagnant {lisez si le candidat a bien été élu} étant représenté par une personne, député ou sénateur, et n’ayant dès lors plus rien à contribuer au débat ou aux enjeux démocratiques puisqu’elle a choisi de canaliser ses idées et intentions politiques dans le chef d’un élu de la Nation.

 

Le paradoxe actuel c’est que ceux qui ont voté pour le président américain Donald Trump qui leur avait promis de ne s’intéresser qu’à l’Amérique, de délaisser les autres pays et problèmes du monde et de restituer à nouveau sa grandeur à l’Amérique, voient actuellement LEUR président s’ingérer dans les problèmes de la Syrie et ceux de la Corée du Nord. Trump, dans son discours d’investiture avait et de manière grandiose, assuré qu’enfin, à nouveau, le pouvoir allait être restitué au Peuple. Voilà, c’est fait.

 

Dans l’histoire sanglante du 20ème siècle, d’autres personnalités barbares, sanguinaires, dictateurs, caciques, ou simplement egocentriques, ne se sont jamais appuyées sur le symbole du Peuple quand ils parlaient, je pense à Staline, Mao, Kim le fondateur de la Corée du Nord, Franco, Mobutu, etc. Là et en fonction de nuances de grandeur dans le crime plutôt que dans l’esprit, on décrétait que telles personnes, telles franges de population, tels ennemis du Peuple {ah oui, là on le ressortait ce terme catalyseur de pensée unique et totalitaire}, telles races, telles ethnies, devaient disparaître. Point à la ligne, alinéa suivant.

 

D’autres hommes d’état d’une tout autre envergure, disposition d’esprit, adeptes et faiseurs de démocratie parfois un rien paternaliste, utilisaient un autre concept pour faire passer leurs idées personnelles, disons-le, souvent pour une juste et bonne cause. Churchill, dans les moments de danger parlait avec des trilles d’émotion dans la voix d’England en tant que symbole d’opposition à Hitler et de ralliement autour d’un socle de démocratie. De Gaulle, lui, parlait sans sanglots dans la voix mais avec parfois un ton moralisateur voire de prédicateur, de la FRANCE qui, évidemment, était représentée par sa personne et sa personne uniquement. Roosevelt parlait des United States of America.

 

Il y a aussi les comiques qui, eux, horriblement centrés sur leur nombril, ne passent même pas par l’habile camouflage que constitue l’emploi du nom du pays, de la référence au peuple ou à la nation, mais étalent ou ont étalé leur autosuffisance pathétique via le "je" porteur d’un défaut de la cuirasse psychologique, d’un sentiment d’infériorité, presque palpable à l’audition; on peut citer parmi certaines figures récentes Sarkozy, Charles Michel, François Hollande et parmi les candidats à la présidentielle française Benoît Hamon {qui n’hésite jamais à dire «Moi, président de la République» et pas une seule fois}.

 

Parlant de la France justement et du spectre d’une présidence assumée par Marine Le Pen, on remarque que d’autres mots dissimulent quelquefois avec brio une personnalité égocentrique qui n’ose pas dire son nom: l’utilisation adroite des termes LA RÉPUBLIQUE, LA LAÏCITÉ. Dès qu’on prononce ces mots magiques, le politicien en question est censé représenter la voix du peuple, tout le monde se fige dans une attitude de dignité nationale et entonne La Marseillaise, même, à la limite, si le slogan, le mot d’ordre, devait être de ratonner les bicots et autres bougnoules, de les expulser ou de les laisser mijoter dans leur jus communautaire de banlieues loin d’être bleues comme en jazz.

 

Dans l’échiquier des présidentielles françaises actuelles, je vois deux immenses dangers, pour la démocratie en France et, partant, pour l’Union européenne et l’euro. Tous deux s’inspirant d’une soi-disant légitimité du peuple: Marine Le Pen et Jean-Luc Mélanchon.

 

Pour la fille Le Pen, cela fait tellement longtemps que la presse critique l’a prise pour cible, qu’il y a très peu à ajouter au portrait sans retouches et fards qu’on a dressé d’elle. Outre l’excellente et informative émission présentée par Élise Lucet que France Deux a consacrée au financement via l’État français et l’UE de Front National et des emberlificotes et magouilles juridiques dans lesquelles ce parti populiste se voit maintenant empêtré, outre le caractère volontairement souverainiste {lisez raciste} de la pensée du FN que représente son égérie, passionaria et Jeanne d’Arc, Marine du clan Le Pen, outre le leitmotiv de la sortie de l’Union européenne et de l’euro en tant que symboles d’un renouveau de la République, de la Laïcité et de la Souveraineté {sous-entendu du PEUPLE}, le vrai danger que représente cette blonde bourgeoise que les plateaux nous ont presque rendue acceptable sur le plan social, ce sont ses amitiés du temps de ses études avec Frédéric Chatillon et Axel Lousteau, deux proches collaborateurs, amitiés qu’elle n’a jamais publiquement reniées en dépit de l’aspect parfois sulfureux de ces deux personnalités. Chatillon a rencontré Degrelle à Marbella en 1992 {images d’un reportage de la RTBF de 2009, article de De Standaard du 12 avril 2017}. On pourrait croire qu’il s’agit d’erreurs du passé de jeunes dévoyés sur le plan politique {De Wever ne s’est-il pas fait photographier avec Le Pen père jadis ?}. Eh ben, non, (Un) De Standaard a publié une photo de Mediapart dans laquelle on voit Axel Lousteau faire le salut hitlérien à l’occasion de son 40ème anniversaire. (Deux) quant à Chatillon, il ne néglige jamais d’apporter son salut fraternel via les réseaux sociaux le 20 avril, le jour de l’anniversaire de la naissance de l’une de ses idoles, Hitler. Ça, ce sont les gens influents dans l’entourage immédiat de Marine Le Pen, des fachos pur jus. À chaque fête que Marine organise, ces deux lascars y sont bien présents. Sa déclaration récente d’ailleurs à propos de la non-responsabilité de la France dans les rafles du Vel d’Hiv’ indique à suffisance que les senteurs sulfureuses qu’aimait disséminer son père ne sont nullement absentes de son fonds idéologique RÉEL.

 

Le Pen présidente, ce sera un chaos institutionnel car son pouvoir présidentiel ne reposera sur aucune majorité parlementaire {les gens voteront pour elle par dégoût des politiciens mais pas nécessairement pour des candidats FN aux législatives}, et une impossibilité manifeste de gouverner, avec, en prime, un accès illimité à l’Élysée de gens dont l’idéologie, les amours politiques, sont odieuses. Et ne parlons pas du fonds idéologique du FN en ce qui concerne les Français ou étrangers de religion musulmane. Sa présidence sera une présidence vindicative, aux teintes racistes et peu en conformité avec les principes d’égalité et de fraternité que prône la devise française.

 

Quant à Mélanchon, le danger qu’il représente est essentiellement celui du concept de démocratie participative {alors qu’on sait qu’il est en réalité un autocrate peu enclin aux vrais débats sauf pour s’entendre parler}. Il est patent de constater qu’autour de Mélanchon, il n’y a absolument aucun nom qui ressorte, de personnalité politique, d’idéologue, de concepteur, de collaborateur influent. C’est un one-man-show. Avec Mélanchon et sous le couvert d’une démocratie participative, on ira dans le même cul-de-sac qu’avec Marine Le Pen. Une présidence assise sur une minorité parlementaire, donc une incapacité à diriger le pays, une instabilité des marchés en raison de l’irruption d’un gauchiste pur et dur et peu amène aux débats ou concessions parlementaires. Et un président qui sera tout aussi vindicatif, à l’égard des entreprises, des PME, bref de tout ce qui permet à un pays de se tenir la tête au-dessus de l’eau en termes d’économie. Et, pas mal de Français nantis quitteront le bateau avant qu’il ne coule.

 

Et puis, ce terme de démocratie participative me fait toujours sourire. Quand, à la fin de l’été et de l’automne derniers, on a vu ces milliers de gens debout place de la République à Paris, pratiquer dans les faits une démocratie participative, c’était d’un ridicule, d’un burlesque digne de Chaplin. N’ont-ils pas refusé que Finkielkraut vienne y parler, sous prétexte qu’il est de droite. Finkielkraut – dont je ne partage pas nombre d’opinions – les aurait tous enterrés sous son éloquence et sa terrifiante logique dialectique presque mathématique. Nous avons d’ailleurs tous dans l’une ou l’autre de nos carrières participé à des workshops, des réunions voire de très officielles réunions de jeux de rôles animées par des psychologues, pour savoir que souvent, en l’absence d’une personne qualifiée susceptible de comprendre, synthétiser et représenter les idées d’une majorité {et cela – uniquement – est le principe de la démocratie}, ces réunions allaient vers un chaos de bon ton très bobo, peu susceptible de conduire vers des idées, concepts, propositions, cohérents. L’exemple typique ce sont les Écolos qui pratiquaient ce genre de chaos organisationnel en Belgique, ou en France EE/les Verts.

 

Restent en lice Macron et Fillon. La France sera stable sur le plan économique et de l’UE, mais représenteront-ils les souhaits électoraux du Peuple? On peut en douter car ces deux candidats ont un ego également surdimensionné, mais il leur manque par contre la patine, le talent, d’anciens leaders tels Churchill, De Gaulle, Roosevelt.

 

Pauvre France, pauvre Belgique, pauvres USA, que de bêtises, que de mensonges, ne dit-on et ne dira-t-on pas en nos noms! NOUS, LE PEUPLE.

13/02/2017

TRUMP: CLOWN, TYRAN, NARCISSE OU DANGER INTERNATIONAL?

TRUMP: CLOWN, TYRAN, NARCISSE OU DANGER INTERNATIONAL?

 

{certains faits repris ici sont extraits d’articles parus ces dernières semaines dans De Standaard (Belgique) ou Der Spiegel (Allemagne)}

 

Il n’a pas fallu attendre 100 jours pour jauger le président Trump et avoir une idée précise de ce dont il est capable.

 

Salman Rushdie a parfaitement décrit ce qui lui détruisit une partie de la vie avant qu’il ne comprît où se situait l’erreur (il parle de lui-même à la 3ème personne): «Il commençait à apprendre la leçon qui allait lui rendre la liberté: se laisser emprisonner par le besoin d’être aimé revient à être enfermé dans une cellule où l’on éprouve d’infinis tourments et dont il est impossible de s’échapper. Il fallait qu’il comprenne qu’il y avait des gens qui ne l’aimeraient jamais.» {Dans « Joseph Anton », le récit autobiographique de sa mise à l’écart du monde civilisé à la suite de la fatwa, Folio (Gallimard), page 418}.

 

Der Spiegel a récemment qualifié Trump d’enfant de 12 ans dans le corps d’un septuagénaire. 12 ans, pour moi, me paraît même flatteur. Quant à l’Association des Psychiatres du pays, qui a toujours refusé de poser un jugement psychiatrique à distance et sans voir la personne, a vu près de 14.000 praticiens qualifier le président Trump de personnalité narcissique pathologique, envisageant que son état mental pourrait conduire à une procédure d’impeachment (destitution par les deux chambres réunies).

 

Pour ceux qui manient l’anglais et qui ont entendu des extraits de discours, propos ou bribes d’interviews de Trump, une évidence saute immédiatement à l’esprit : tant ce qu’il écrit dans ses tweets que quand il parle, il utilise des phrases courtes sans propositions subordonnées {qu’elles fussent substantives, relatives, d’opposition, conditionnelles, etc.}, fondées sur des espèces de slogans qu’il martèle encore et encore, avec certains mots-clés (bad, disgracious, terrible…).

 

Un exemple récent, un tweet à propos de la firme US Nordstrom qui avait décidé d’abandonner la vente d’une ligne de produits vestimentaires d’Ivanka dans ses magasins de luxe. Trump, vexé {què, ils ne m’aiment pas s’ils ne respectent pas ma fille…} tweete immédiatement : «Ma fille Ivanka a été traitée si injustement par @Nordstrom. Elle est une super personne – me poussant toujours à faire ce qui est juste! Terrible!». On conçoit tout de suite l’élégance, les manières gracieuses d’un président américain qui fustige publiquement une firme parce qu’elle ne met plus en vente plus les produits de sa fille. Une fille qui en tant que conseillère proche du président est censée avoir cédé ses intérêts financiers et un président US qui est tout aussi censé ne pas s’occuper des affaires commerciales de sa fille. Après avoir tancé la firme Nordstrom, le cours d’action de cette société baissa jusqu’à ce que la firme fasse savoir par voie de communiqué qu’elle avait informé Ivanka début janvier de cette décision, car ces produits en question ne se vendaient pas. Du coup, le cours de l’action remonta. J’ai lu récemment que quand des CEO sont convoqués par Trump, ils n’osent ni parler franchement ni s’opposer à lui, de peur qu’il les descende en public ou via des tweets et qu’ils se retrouvent handicapés par ce coup bas et mis au ban de la société mercantile américaine. Parce qu’on sait déjà qu’en plus de son narcissisme extrême proche du pathologique, de sa pauvreté d’expression verbale et écrite, le président US est plutôt du type sanguin, prompt à se foutre en rogne pour un oui ou un non. Rappelons par exemple que lors de la première décision négative pour lui d’une cour d’appel américaine à propos de l’interdiction d’entrée de territoire de ressortissants de 7 pays à majorité musulmane, quand il apprit la décision, Trump se fendit d’un tweet jugeant honteuse la décision de ce soi-disant juge. J’ai aussi lu que quand le gouvernement fédéral a dû justifier sa position devant une autre cour d’appel siégeant avec trois juges cette fois, le gouvernement avait fait savoir que le tribunal n’était pas compétent pour cette matière. Alors qu’en fait, il s’agissait ici de recours fondés sur le respect de la Constitution qui, comme la nôtre, n’établit pas de discriminations fondés sur la race, la langue, l’origine ou la race.

 

Imagine-t-on ce que sera notre monde si Trump se mettait un jour en rogne disons contre la Russie ou la Chine, pour une peccadille, un mot qui ne lui plaît pas, ou un refus de prendre en considération une idée qu’il aurait émise? On sait que lui et son proche conseiller Stephen Bannon ont déjà discuté de l’éventualité d’une guerre avec la Chine et cette information vient de proches de la Maison Blanche. On sait que Stephen Bannon est un danger pour le monde, lui qui admirait jadis Lénine, qui avait su créer le chaos et qui se meut dans la mouvance de droite américaine la plus obtuse, la plus arriérée, la plus intolérante pour les gays/lesbiennes, les femmes voulant ou devant subir un avortement, les couches sociales défavorisées, les étrangers dont surtout les Musulmans…Bannon qui maintenant siège au conseil de sécurité interne de la Maison Blanche alors que le chef d’état-major et celui d’un organe de sécurité en sont désormais exlus. Ou comment faire de la politique d’apparatchiks sans plus se baser sur les avis des experts et/ou spécialistes.

 

Que constate-t-on après un peu plus de trois semaines de présidence américaine?

 

Trump aime parader devant les caméras pour signer des décrets et proclamer ses diktats qui, souvent, ne reposent sur aucun consensus sérieux entre gouvernement et administrations concernées {l’interdiction d’entrée des 7 pays n’a été discutée au préalable ni avec le département des Affaires étrangères ni avec les institutions de sécurité}. Il aime les effets de manches, les doigts qui pointent le danger, les gestes d’auto-encensement, il aime se faire aimer et montrer qu’il a les choses en mains, qu’il agit pour rendre sa grandeur aux États-Unis, il aime dire qu’avec lui ce sera meilleur, cela marchera.

 

Il est, à certains moments, tellement clownesque que je n’aimerais pas être membre de sa famille, je me cacherais de honte. Recevant récemment le Premier Ministre japonais Abe, Trump l’a d’abord étreint dans ses bras puis au moment de la séance photos, il a agrippé la main du pauvre Premier japonais qui a voulu, à deux ou trois reprises, la dégager, sans y réussir. Quand on connaît les sensibilités japonaises, on sait qu’ils rechignent au contact physique entre personnes étrangères, donc se serrer dans les bras et serrer des mains, ce n’est pas du tout leur truc culturel. Le respect pour eux tient à une certaine forme de décence, de non-intimité physique et d’abaissement de la tête ou du tronc en fonction du niveau de la personne qu’on salue par apport à son propre niveau.

 

Récemment, il semblerait que Trump ait atténué sa position – très dure au départ – vis-à-vis de la Chine. Ce que peu de gens savent c’est que la plupart des banques américaines avaient refusé d’encore donner des prêts à Trump; finalement, c’est une banque chinoise qui lui aurait accordé un prêt. Une décision d’apaisement purement politique ou subodore-t-on des intérêts financiers là-dessous?

 

Récemment aussi, une conseillère du président, Kellyanne Conway, aurait à plusieurs reprises évoqué un massacre dans un petit bled américain– perpétré par des terroristes musulmans, et cet argument pour justifier l’interdiction d’entrée de ressortissants de 7 pays -, un fait qui n’aurait jamais été révélé au grand public. Fake news, s’il en est, une invention pure. La même conseillère aurait récemment fait de la publicité en public lors d’une interview sur Fox News à propos de la ligne de vêtement d’Ivanka.

 

Déontologie, éthiques, valeurs morales, décence, sont des mots qui ne font pas partie du vocabulaire du nouveau président américain ni de certains de ses proches. Ni respect de la Constitution qu’il a pourtant juré de défendre. On sait que Trump divise les gens entre killers {ceux qui s’imposent sur le plan financier ou politique, les durs} et les autres. On sait aussi qu’il est effroyablement vindicatif et ne pardonne jamais une offense à son égard, de ne pas l’aimer ou de le contredire en public {d’après des sources de la Maison Blanche, aucun conseiller ne peut le contredire devant d’autres personnes, même s’il l’accepte en privé}.

 

Clown, tyran, Narcisse, danger international, il y a de tout cela chez Trump tout comme on dit de lui qu’il ne lit pas, qu’il passe son temps à regarder la télévision, qu’il a une capacité d’attention très réduite sauf quand on parle en bien de lui.

 

Ce qui me rassure un rien, c’est que déjà, il y a eu des manifestations d’opposants, qu’il y a des embryons de contestation et, connaissant le domaine de la justice en Amérique, on peut être sûr que nombre de ces diktats/décrets verront leur sort réglé devant des juridictions. Son candidat pour la Cour Suprême aurait même laissé entendre que critiquer la justice comme cela se faisait, n’était pas convenable.

 

Ceux qui ont raillé Sarkozy jadis pour son narcissisme maladif, doivent penser à l’heure actuelle qu’il n’était qu’un nain face au géant Trump.

 

Son slogan {de Bannon en fait} LET’S MAKE AMERICA GREAT AGAIN ! est en trois semaines devenu "WE MAKE AMERICA STUPID AGAIN !"

14/01/2017

UNE CONJUGRATION D'IMBÉCILES

UNE CONJURATION D’IMBÉCILES

 

Dans une émission récente de Myriam Leroy {‘Coupé au montage’}, lors d’une interview de Thomas Gunzig, la présentatrice de l’émission mentionna à juste titre le destin tragique de John Kennedy Toole, auteur du superbe roman «A Confederacy of Dunces» {que, personnellement, j’aurais traduit par ‘Une confédération de cancres’ au lieu du titre ci-dessus repris dans l’émission}. Alors qu’une trentaine de maisons d’édition l’avaient refusé, il se suicida par désespoir, à l’aube de la trentaine à peine. Et, son roman fut publié à titre posthume – grâce à sa mère – et il obtint le Pulitzer.

 

Comment ne pas penser à cette confédération de cancres quand on voit le président-élu américain et l’équipe de nitwits (crétins) sur le plan de l’expérience politique nationale autant qu’internationale qu’il a désignée. Même si la majorité des personnes choisies par Trump a excellé dans les affaires ou dans le domaine militaire, on peut difficilement les qualifier de génies ou même d’intelligence hors normes. Mais, quand on voit dans le passé américain des présidents qui eurent nom Truman, Eisenhower, Nixon, Reagan, Bush Jr., on peut dire sans hésiter un seul instant qu’accéder à la fonction suprême de l’état américain n’est pas un gage d’excellence sur le plan intellectuel. Et, on peut se demander pourquoi c’est souvent du côté démocrate que penchait la balance d’excellence intellectuelle, surtout quand on aligne quelques noms tels John F. Kennedy, Jimmy Carter (ingénieur nucléaire), Bill Clinton et Barack Obama.

 

Prenons en premier lieu le President-elect. L’actrice Meryl Streep le critique en public. Il tweete la même nuit qu’elle est surévaluée. Lui qui, le vendredi 20 janvier 2017 {une date qui vivra éternellement en infamie, pour paraphraser F.D. Roosevelt} va devoir jurer sur la Bible de respecter la Constitution des Etats-Unis. Sait-il, Trump, que l’amendement 1er (partie intégrante de la Constitution établissant les droits individuels des citoyens, intitulée Bill of Rights – Loi des Droits – et approuvée par les 12 états constitutifs de 1789 à 1939} garantit qu’on ne puisse abréger la liberté d’opinion ou de la presse. A-t-on déjà vu un (futur) président d’un état démocratique et respectueux de la défense des droits de ses concitoyens qui critique par voie publique une personne individuelle qui n’est pas d’accord avec lui ou sa politique ? Oui, Sarkozy avec le «casse-toi pauvre con», ou De Gaulle qui traitait la jeunesse contestatrice de «chienlit».

 

Quand, lors de son unique conférence de presse en début de semaine, un journaliste de CNN a voulu poser une question, Trump a répondu Not You ! {j’ai revu le passage hier lors de l’émission de Christiane Amanpour, sur CNN}.

 

Pourquoi refuser une question de CNN? Parce que CNN répand des fake news (informations délibérément erronées). Parce que le journaliste en question voulait poser une question au sujet du rapport de 35 pages comprenant des informations hot et de nature méchamment personnelles recueillies par le FSB à Moscou alors que l’homme d’affaires Trump s’y trouvait en 2013. Et, là aussi, nos médias ont été insuffisants tout comme Trump qui a tout de suite déclaré que c’était a disgrace (une honte) que les services de renseignements américains établissent de tels documents, totalement inventés. Et il fit la célèbre analogie avec l’Allemagne nazie. Trump erre et nos journaux télévisés également. En fait, ce rapport a été établi par un ex-agent du MI6 qui a eu des conversations avec des personnes en Russie qui ont fait état de faits incriminant Trump et le rendant susceptible de chantage lorsqu’il sera président. Une phrase qui apparaissait souvent sur écran mais non commentée faisait état de «perverted sexual acts» et de films de Trump dans sa chambre avec des prostituées. Le correspondant de la BBC à Washington, Paul Wood, aurait indiqué sur son blog personnel avoir reçu de plusieurs sources de la CIA {et avec un plaisir évident de leur part} des informations que des vidéos au sujet de Trump circuleraient, non seulement des sex tapes mais aussi certaines où on lui demandait de devenir espion pour la Russie contre avantages économiques. Sans avoir vu quoi que ce soit, la BBC ne diffusa jamais cette information {cette dernière information, cf. article dans De Standaard du 13-01-2017}. Ce que les services de renseignements américains ont réalisé en réalité – le FBI en fait -, c’est de mettre la main sur une copie du rapport de 35 pages et d’en dresser un synopsis de 2 pages, remis aux présidents Obama et à Trump. Comme le disait hier soir un ancien agent haut placé de la CIA à Amanpour {CNN}, c’est au FBI ou à la CIA qu’il conviendra d’examiner s’il y a une part de vérité dans ce rapport établi par quelqu’un qui n’a pas nécessairement eu accès au(x) dossier(s) mais relate des ouï-dire. Car, la question qui se pose en fait, c’est que s’il est avéré que Trump ait été filmé en pleine action avec des prostituées, la Russie peut exercer un chantage sur lui sous sa présidence et, ainsi, l’amadouer dans le sens du poil russe. N’oublions pas que l’URSS avait de longue date un dossier sur l’ancien secrétaire général de l’ONU Waldheim au sujet de certains faits de massacres et déportations nazis en Grèce durant lesquels il avait été présent en tant qu’officier de la Wehrmacht, mais qu’elle ne l’a jamais divulgué, on peut supposer qu’en retour, le secrétaire général avait à cœur de ne pas trop embêter les Soviétiques.

 

Néanmoins, que ces infos originaires de Russie soient justes ou fausses, en totalité ou en partie, ce qui est une honte pour un président élu et totalement disgracieux, c’est la réaction peu mesurée, totalement viscérale, peu respectueuse, de Trump, empêchant un journaliste d’exercer son droit constitutionnel, rabaissant les propres services de sécurité et de renseignements américains dont il sera le patron dans 6 jours. Cet ancien haut placé de la CIA disait d’ailleurs que l’ambiance y était actuellement tellement mauvaise – puisque ces agents ne se sentent ni soutenus ni appréciés par celui qui va les commander – que beaucoup partent ou comme il le dit de manière amusante «they polish their résumé» (ils revoient en améliorant leur curriculum vitæ)!

 

On vient aussi d’apprendre qu’Ivanka, après une réunion au plus haut niveau {je crois avec le 1er Ministre japonais Abe} avait, par la suite, envoyé un email aux journalistes présents, proposant un bracelet – comme celui qu’elle portait ce jour-là et dûment photographié et filmé -, au prix de 10.800 dollars. Trump, lui, a récemment tweeté à ses dizaines de millions de followers pour leur conseiller d’acheter des produits commerciaux d’une dame – patronne d’entreprise – qui avait royalement contribué à sa campagne électorale. Comme quoi, d’un point de vue éthique et moral, Trump ne fera aucune différence entre ce qui est susceptible de faire rentrer de l’argent dans les caisses de ses entreprises ou celles de ceux qui l’ont soutenu sur le plan politique, et la défense des intérêts de l’état américain, qui devrait dorénavant constituer son unique préoccupation et activité. Que sa fille et son beau-fils auront leur bureau et/ou entrées à la Maison Blanche est, d’un point de vue éthique, également condamnable, étant donné que tous deux sont (ont été) au plus haut niveau d’entreprises immobilières et n’ont pas encore déclaré de manière nette et convaincante mettre dans un trust fund (fonds, en fidéicommis) leurs intérêts de parts et de capitaux. Comme Trump lui-même en premier lieu, par ailleurs.

 

Trump n’est nullement un cancre dans tous les domaines puisqu’il a bâti un empire immobilier, a perdu des fortunes et les a refaites. Il faut un certain flair des affaires pour cela. Mais, j’ai côtoyé une partie de ma première carrière des hommes et les intellectuels s’ils ne sont pas inexistants sont plutôt rares. N’a-t-on pas rapporté que le beau-fils de Trump, s’il a bien étudié à Harvard, ce n’était pas tellement en fonction des cotes antérieures obtenues et fournies, mais d’un don du père de 2 millions de dollars à l’université {cf. un article de De Standaard, de cette semaine}.

 

Mais, ce qui me frappe en premier lieu quand je l’écoute en anglais, Trump, c’est que son vocabulaire est étonnamment limité, je n’ai jamais entendu sortir de sa bouche un mot sophistiqué, littéraire ou qui approcherait un tant soi peu de l’excellence d’un Obama. Le langage de Trump est basique, construit de petites phrases comme si, du point de vue cognitif, sa capacité d’expression verbale était restée coincée à celle d’un enfant de 10-12 ans. Ce qui frappe en deuxième lieu, c’est sa vulgarité. Il arbore en permanence et surtout confronté à des journalistes ou des opposants, un sneer autour des lèvres (ricaner, sourire d’un air méprisant), un air de supériorité bâti sur son compte en banque mais certainement pas sur ses prouesses neuronales. Et, en troisième lieu et ce qui est fondamental pour quelqu’un qui bientôt va être président, c’est son manque de respect pour ceux qui divergent d’opinion. Le président US est le président de tous les Américains, même de ceux qui ne sont pas d’accord avec lui. Le plus intelligent, quand quelqu’un fait une déclaration publique critique à son égard – ce qui est un droit constitutionnel -, pour un président, c’est de se placer au-dessus de la masse et de garder un silence présidentiel de réserve. Prenons par exemple quelqu’un comme Bush Jr., un président que je n’aimais pas. Il faut tout de même constater qu’il n’a jamais critiqué son successeur Obama en public et que lui, Bush, n’était pas raciste. Prenons l’équipe de Trump maintenant, une femme (milliardaire), un Noir (candidat à la présidence déçu), et le reste des milliardaires ou d’ex-généraux. Le Noir, je pesne parce qu’il faut toujours un Oncle Tom pour faire bien. J’ai vu récemment en direct sur CNN une partie des questions posées à la Commission du Sénat chargée d’interroger les candidats à des postes ministériels, et, notamment Jeff Sessions, futur ministre de la Justice. L’homme qui, quand il était procureur traitait de boy un Noir, collaborateur et diplômé en droit. Ses réponses étaient d’un niveau lamentable. On voyait vraiment ses neurones travailler alors qu’il luttait pour ne pas dévoiler certaines de ses convictions intimes susceptibles de heurter même certains Républicains. Et, quand une sénatrice lui posa la question de savoir pourquoi il avait gardé une plaquette d’honneur offerte par le Ku Klux Klan, deux Républicains intervinrent pour dire que tous les sénateurs recevaient de telles marques d’honneur et s’il fallait toutes les examiner et les trier…

 

Ce que personne n’ose dire ou même penser, c’est que ce Trump dont les doigts sont très agiles pour composer un tweet {du point de vue intellectuel, 140 caractères, c’est à son niveau}, ce seront ces mêmes doigts qui disposeront de l’accès aux codes nucléaires susceptibles de déclencher Armageddon. Et, si une nuit, par erreur ou dans un délire d’extase sexuelle mémorielle, repensant au bon vieux temps quand il n’y avait ni services de renseignements ni journalistes embêtants, il poussait sur le mauvais bouton send et envoyait des missiles nucléaires sur Moscou et Saint-Pétersbourg plutôt qu’un tweet à ses dizaines de millions de crétins de followers…

 

Ça serait au moins bidonnant…