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16/02/2013

A propos des gays, des femmes, de sexisme

La RTBF a passé un programme intitulé ‘La Belgique est-elle homophobe ?’ le mercredi 23 janvier dernier.  Bien.  Le point de départ, ce sont les crimes et attentats contre des homosexuels en Belgique.

 

Une réflexion amère que je me fais, c’est que quand on tue une femme hétérosexuelle (qu’elle soit l’épouse, l’ex-épouse, l’amie, l’ex-amie, une inconnue), pas de marche blanche, pas de grosses initiatives populaires.  Ce genre de meurtres passe dans la rubrique des faits divers alors que quand un homosexuel est victime d’une attaque, d’une agression caractérisée ou d’un meurtre violent, cela fait la une, on se mobilise et on fustige la population qui serait homophobe.

 

Bien, a-t-on jamais fait de grosses émissions sur le caractère misogyne d’une partie des hommes ?  Quand on parle de discrimination à l’égard des homosexuels, a-t-on pensé que toute une série de délits pourtant graves contre les femmes font hélas partie de leur quotidien : voies de fait, gestes ou paroles déplacés, tentatives d’attouchement dans le métro ou dans des bus bondés, meurtre de l’épouse, de l’ex-épouse, de la compagne ou de l’ex-compagne, parce qu’elle déplaît, qu’on en a rencontré une autre plus sexy, ou qu’elle barbe, ou qu’elle n’obéit pas aux injonctions de son maître des céans mâle, ou qu’elle est devenue trop grosse, qu’elle n’aime plus regarder des matchs de foot, etc.

 

Ce qui me dérange le plus dans tout ce tamtam public et audiovisuel, ce n’est pas qu’on manifeste ou qu’on fasse des émissions pour fustiger l’homophobie ou la violence contre les gays, ce qui me gêne le plus c’est la disproportion entre faits homophobes et réalité quotidienne de la violence contre les femmes.

 

J’ai été l’un des premiers à soutenir et applaudir au mariage gay et à l’adoption d’enfants par les gays.  Je fustige évidemment l’attitude qu’une partie soi-disant ‘éclairée’ en France bien-pensante a assumée dans le débat sur le ‘mariage pour tous’ et la ‘procréation médicalement assistée’ ouverte aux gays.  Que n’a-t-on entendu comme absurdités pseudo-morales ou pseudo-laïques dans ce ‘débat’ dans un pays qui pouvait jadis se targuer d’avoir créé le siècle des lumières mais actuellement en panne d’électricité et, surtout, d’idées originales.

 

Mais, je pars du principe qu’un acte de violence contre un homosexuel est l’égal d’un acte de violence contre une femme hétérosexuelle.  Si on parle de discrimination et d’homophobie pour de tels actes odieux à l’égard des gays, soyons conséquents au moins et mettons les femmes battues, torturées, mutilées, tuées, sur le même pied d’égalité, parce que, hélas, elles sont bien plus nombreuses.

 

Quant à faire une émission spéciale sur l’homophobie, est-ce nécessaire ?  On sait qu’une majorité de Belges (ne parlons pas des cultures qui, traditionnellement, haïssent les gays et les vouent aux enfers) accepte les homosexuels du bout des lèvres, les termes ‘pédale’, ‘pédé’, ‘tapette’, ‘à voile et à vapeur’, janette’ (à Bruxelles et en Flandres) sont suffisamment éloquents à cet égard, de même que les blagues qui continuent à circuler à leur sujet, les sourires en coin, les sous-entendus, etc.  Pour les hommes, rappelons-nous notre propre enfance et ces compagnons de classe qui n’étaient pas suffisamment virils à notre goût ou avaient l’air chochotteke comme on disait jadis à Bruxelles, de quelles moqueries ou blagues de mauvais goût n’étaient-ils pas victimes ?  Et quelles questions ne nous posions-nous pas dans la vie professionnelle si un de nos collègues masculins vivait seul sans relation ?

 

De récents sondages ont mis en exergue qu’en Flandre parmi la population non allochtone, 10 % des jeunes acceptent la violence contre les gays ; parmi la population allochtone ce chiffre monte à 25 %.t  50 % des turcs en Allemagne sont contre les gays, et ne parlons pas de la Russie…

 

Qu’on le veuille ou non, une partie de nos sociétés sera toujours homophobe car trop de personnalités en vue – et pas uniquement au sein des religions - disent qu’être gay est contre nature ou s’ils ne le disent pas ouvertement, leur frilosité politique à l’égard du mouvement gay indique une retenue qui ne devrait plus être de mise à notre époque.

 

Mais, dans le monde hétérosexuel, tous les hommes sont pour les femmes.  Pourquoi dès lors, quand ces mêmes femmes énervent, n’obéissent pas, n’aiment plus, veulent partir, quitter le ménage ou ne pas se soumettre aux diktats des hommes, doivent-elles être victimes de coups, d’insultes, de voies de fait ou de meurtres ?  Pourquoi les femmes sont-elles les victimes choisies quand un homme a envie de prendre du plaisir sexuel sans payer ?

 

N’y a-t-il au fond pas quelque chose de pourri dans notre éducation d’homme qui fait que nous considérions la femme comme un objet d’assouvissement de nos désirs (sexuels, mondains, de standing..), une chose, taillable, corvéable et couvrable à souhait, qu’elle le veuille ou non ?

 

Et quand une femme refuse ou qu’elle a décidé de quitter un homme, pourquoi parmi certains de ceux-ci, cette perte d’ ‘amour’ signifie-t-elle la perte d’une propriété.  Lhomme se est-il si faible qu’il ait besoin d’un gage visible de sa ‘force’ ?  Et tel Samson dans l’opéra connu, ayant perdu les attributs de sa virilité, faut-il punir celle qui nous dérobe de notre virilité ?  Car une femme qui quitte son mari ou désire recouvrer sa liberté, c’est humiliant pour l’homme qui la considère comme une possession matérielle.

 

Ce n’est pas le ‘sexisme’ qu’il faut combattre (voir de la pub de femmes jolies et peu vêtues ne me fera jamais penser à les ‘posséder’, il faut être ‘anormal’ pour passer à l’acte), ce sentiment macho, car le sexisme n’est qu’un symptôme d’un mal bien plus insidieux, le mal qui fait penser à l’homme, à l’immense majorité des hommes, que la femme est en réalité un tantinet inférieure à l’homme puisqu’au fond elle est plus douée pour les tâches ménagères, faire à manger, élever les enfants et s’occuper en priorité de tous ces trucs un rien embêtants, une redistribution des tâches qu’une société patriarcale a imposées au fil des milliers d’années, permettant ainsi à l’homme de s’intéresser aux vraies choses de la vie, telles le football, la télé, la rubrique sports dans le journal, les films violents.

 

Ne dit-on pas d’ailleurs par moquerie ‘qu‘une femme qui est occupée ne « pense » pas, n’est pas en mesure de faire des comparaisons’.

 

Après tout, une femme n’est pas le miroir de l’homme, elle est son faire-valoir jusqu’au jour où elle souhaite recouvrer son indépendance, du coup son Samson de mari ou compagnon ou ami recourt parfois aux coups, aux insultes, au déni de payement de pension alimentaire, au meurtre…

 

27/01/2013

Les animaux, il les aime dans son assiette, a-t-il dit

Un ‘ami’ Facebook a posté un commentaire à propos de deux photos de chiens adorables, d’amis réels cette fois-ci, que j’avais postées sur mon site, disant que « les animaux, il les aime dans son assiette. »

 

À l’origine de l’apparition de l’homme sur la Terre, il n’y avait évidemment ni restaurants ni snacks ni sandwicheries ni cafés servant des repas chauds ou de petites collations.  Nos hommes préhistoriques, carnivores il va de soi, durent se mettre à la chasse avec des outils inventés par eux (et sans le savoir ils étaient des pionniers à l’instar de nos grands scientifiques) et à la pèche.  Ils tuaient pour se sustenter, amassaient des réserves pour la mauvaise saison.  De prime abord, les premiers humanoïdes n’élevaient pas d’animaux dans le but de les manger, ils n’avaient pas non plus d’animaux domestiques.  Cela prit des dizaines de milliers d’année avant que ces premiers hommes en vinrent à la culture et à l’élevage de bétail, dans un double but, pour en retirer une substance immédiate lorsque ces animaux étaient pourvus de lait ou se faire des habits lorsque les bêtes étaient pourvues d’une épaisse fourrure, et par après les abattre pour les manger.

 

On voit qu’à cette époque préhistorique, il n’y avait nul plaisir, nulle réflexion, sur le sort réservé aux animaux.  Les humanoïdes tuaient comme des bêtes sauvages tuent, pour manger et uniquement pour manger ou en retirer un confort immédiat.

 

L’apparition des différents civilisation ultérieures, judaïque, juive, asiatique (en premier lieu la Chine mais plus tard le Japon, différents quant aux religions et aux coutumes bien que le Japon se soit fortement inspiré du Japon), musulmane, firent en sorte que le principe moteur des tueries d’animaux restât fondé sur la faim à satisfaire. 

 

Toutefois, après la révolution industrielle et les apparitions successives du capitalisme et du communisme, petit à petit, on en vint à exploiter les animaux en gros, dans le but de les faire abattre dans des abattoirs.  Au début du 20e siècle, Chicago fut ainsi le centre mondial de l’abattage d’animaux, une mégalopole de sang, d’abats et de quartiers de viande, sans compter les déchets animaliers impropres à toute consommation.

 

Puis survint une nouvelle révolution plutôt de type culinaire.  On se mit à élever des animaux uniquement dans le but de les faire abattre, de les laisser mourir hors de l’eau (poissons), puis de les distribuer aux consommateurs via des bouchers, des poissonniers, des grandes surfaces, sans compter les restaurants (je me souviens encore de ces cochons de lait qu’on faisait rôtir en entier dans les restaurants yougoslaves), etc.  Nous connaissons tous le sort de ces poules en batterie, de ces poulets destinés aux grandes surfaces ou aux marchés, de ces cochons et bœufs à engraisser, de ces oies qu’on gave pour les plaisirs de fin d’année, de ces homards et moules qu’on jette dans de l’eau chaude pour les ébouillanter, de ces grenouilles torturées avant d’être servies, des huitres que l’on mange cru (ou des caricoles à Bruxelles).  En Chine et au Vietnam, on mange du chien et on raconte que le dessus du crâne de certains singes est particulièrement apprécié des fines papilles gustatives.  Ailleurs, on mange du serpent, des insectes, entre autres.  Au Japon de la baleine.

 

L’année passée je suis allé loger dans un hôtel-restaurant dans les environs de Bruges et le soir j’ai été estomaqué de constater que pour les personnes qui commandaient du steak, une entrecôte ou du filet pur, les viandes avoisinaient les 400 grammes par personne.  Si on pense à toutes ces personnes dans nos pays ‘civilisés’ encore fondés sur le plat traditionnel,  pommes de terre, légumes et viande, et que ces gens mangent 400 grammes par personne (et je présume qu’il faut une sacrée habitude, car quand je mange de la viande, je me limite à maximum 150 grammes), on peut réaliser les dégâts qu’une telle goinfrerie – excusez du peu, mais il n’y a pas d’autre mot -, causent à la gent animale.  Si on ajoute à cela les poissons, crustacés d’élevage (un ami et voisin m’a dit qu’il y a maintenant du turbot d’élevage et que souvent on ne distingue pas la différence, affirme-t-il, lui qui est dans le secteur des traiteurs !), les saumons et les super-cargos de type japonais qui pêchent à la tonne en quelques minutes à peine, vidant des bancs entiers de poissons, on peut se demander si notre monde moderne n’est pas devenu irraisonnable et atteint d’une goinfrerie sans limites. Ajoutons-y, évidemment, les animaux qui servent d’offrande à Dieu et que l’on sacrifie par millions dans le monde le même jour.

 

Nous avons toujours eu un poulailler à la maison, depuis plus de quarante ans (et l’un de ses avantages, ce sont les œufs frais), et qu’il s’agisse de poules, coqs, de canards ou d’oies, nous n’avons jamais ni tué ni mangé un seul animal.  Chez nous, poules, canards et oies meurent de mort naturelle.  Nous avons eu des canards qui un peu à l’instar du comportement d’oies suivant Konrad Lorenz, nous connaissaient, reconnaissaient leurs noms quand on les appelait et ils nous suivaient dans le jardin ; et quand mon épouse devait creuser la terre, ces canards étaient près d’elle pour guetter les éventuels vers de terre.

 

Je dois dire, personnellement, si j’ai horreur des gros bouffeurs, de ceux qui contribuent à appauvrir la gent animale inutilement (en ce y compris les poissons), j’y étais prédisposé car dès le plus jeune âge, j’ai eu horreur de la viande dont je mâchais parfois un morceau de longues minutes avant de pouvoir l’avaler.  Seul l’américain (assez bizarrement une viande crue) et le poisson trouvaient grâce à mes yeux, sans doute à cause d’un foie rebelle ou d’un dégoût inné de certains types de plats (steak saignant, beuh !).

 

Cet ‘ami’ qui a dit que les animaux, il les préférait dans son assiette (et au départ mon post sur Facebook parlait des animaux domestiques – des chiens - et de l’amour qu’ils étaient capables de prodiguer à leurs maîtres ou aux gens gentils à leur égard), je pense qu’il a un comportement qui privilégie le cerveau reptilien – celui de notre origine animale et dans lequel restent centrés les instincts, les besoins de satisfaction élémentaires dont la faim.  Et manger reste un besoin élémentaire même s’il se travestit parfois sous la forme d’élégants dîners d’apparat, de caviar, foie gras, huitres, bref de ce qui fait chic sauf quand on pense à l’origine de ces délicieux mets.

 

Je le dis et je le répète, celui qui bouffe comme un porc et qui est aveugle et sourd à certaines formes de mises à mort d’animaux (homard, foie gras, poissons pêchés en mer, moules, huitres, mais aussi tout ce qu’on fait dans les abattoirs qu’ils soient traditionnels ou rituels), fait fi de ces siècles qui nous ont inculqué la civilisation et l’humanisme.

 

Pour moi, j’ai décidé et je reste constant, j’abomine toutes ces horreurs commises au nom de nos soi-disant ‘civilisations’ modernes, mais je ne suis pas et ne serai jamais un végétarien. 

 

Je mange de la viande, peu, et je mange du poisson, mais je me refuse à encore manger des homards, des moules (les huitres, je les ai toujours eues en horreur, manger un organisme vivant tout cru, beuh !), à consommer du foie gras, à manger du canard ou du lapin (j’an ai mangé deux fois dans ma vie, obligé, dont une fois au service militaire et une autre fois en pension complète en France).

 

Je me suis aperçu que ce que j’aime manger a très peu la forme d’animaux ou de poissons, ce n’est pas que je sois hypocrite et que je veuille masquer la réalité, non, le fait de penser à l’animal dont je mange une partie, à sa venue sur notre Terre uniquement pour rassasier quelques personnes, à la façon dont on l’a mis à mort, me dégoûte.  J’ai jadis mangé des moules par exemple, c’était ma mère qui les préparait.  J’en ai mangé jusqu’au jour où ma mère m’a fait remarquer qu’on les jette vivantes dans l’eau  chauffée.  Suis-je trop sensible ?  Non, j’éprouve de l’empathie et pas uniquement pour les êtres humains, j’y associe les animaux de toutes espèces (pas tellement les serpents ni les rats ni les crocodiles…).

 

Récemment, une ‘étude ‘ a révélé que les crabes ressentent de la douleur.  Quelle idiotie de faire une étude à ce sujet, il suffit de voir n’importe quel documentaire animalier pour savoir que des animaux capturés par des rapaces ou des bêtes carnivores crient, se plaignent, gémissent ; j’imagine volontiers que des crabes, des homards, des moules, s’ils ne peuvent s’exprimer éprouvent nécessairement quelque chose quand leur vie finit de manière abrupte ou à petit feu.

 

L’Homme est doté de la raison à la différence de l’animal mais quand il se conduit comme un animal et oublie les millénaires de civilisation et d’enseignements de valeurs humanistes, est-il différent des premiers humanoïdes ?

15/01/2013

L'effritement de l'État de droit en Belgique

À Anvers, le Parquet a décidé depuis un certain temps que dans certaines rues de Borgerhout, on allait contrôler les jeunes propriétaires de belles et chères voitures et leur demander de justifier l’origine des fonds ayant servi à l’achat de ces magnifiques engins.  Comme cela, en une fois, dans une commune du Royaume, on décide de faire fi de l’état de droit et on demande des comptes alors que les lois sur le fonctionnement de la police sont claires à cet égard, pour interpeller quelqu’un ou procéder à un contrôle – hormis les contrôles routiers de routine aléatoires ou ciblés qu’on connaît -, il faut un motif ou à tout le moins une suspicion légitime.  Et on demandera donc à quelqu’un qui n’a commis aucun autre délit que d’être au volant de sa propre voiture de se justifier avec un a priori de criminalité.

 

On pourrait imaginer que bientôt à Knokke, on abordera les vieilles dames se promenant avec toute leur bijouterie portable autour du cou et des poignets ainsi que sur la poitrine, pour leur demander qu’elles justifient l’origine des fonds ayant servi à ces achats ?  Ou qu’à Ohain voire Waterloo, dans le rutilant Brabant wallon, on se mettra à arrêter tous ces gentlemen et dames arrivant au Delhaize en BMW, Mercedes, Audi, ou au volant de l’un de ces monstrueux 4 x 4 à armature digne d’un Patton, et on leur demandera de justifier sur le champ d’où proviennent les dizaines de milliers d’euros ayant été nécessaires pour faire d’eux de tels heureux propriétaires de signes extérieurs de richesse.

 

Qui sait s’il n’y aura pas autant d’embarras chez ces nantis de Knokke, Ohain, Waterloo, que chez les propriétaires de ces rutilantes bagnoles à Borgerhout et qu’il y aura des demandes pressantes pour ne parler qu’en présence d’un avocat.

 

Je viens aussi de lire que pour éviter les imbroglios judiciaires et éviter les trop nombreuses relaxes pour vices de procédure, la Chambre a en séance plénière du 10 janvier 2013 passé une loi vite fait bien fait.  On va faire en sorte de ne pas relaxer quiconque pour motif de vice de procédure, comme par exemples pour les cas les plus connus de preuves obtenues d’une manière illégale ou des résultats d’une perquisition obtenus alors que le mandat de perquisition manquait de clarté quant aux objectifs judiciaires poursuivis.

 

Oh oui, ces derniers temps, des malfrats – même de très grosses pointures du crime organisé - ayant commis des crimes loin d’être bénins ont été relaxés pour vices de procédure.  C’est idiot, j’en conviens, mais à l’origine, ces règles de droit n’ont-elles pas été établies pour faire de la Belgique, justement, un État de droit ?

 

Je lis par ailleurs que dans le quartier anderlechtois de Kuregem, certaines zones deviennent à nouveau des zones de non-droit (no-go zones) passé une certaine heure du soir, s’y aventurer est comme on dit à ses propres périls.  Récemment, une de mes connaissances donnait un concert à 18 heures dans un quartier de Molenbeek, j’avais envisagé d’y aller en laissant bien sûr à la maison carte de crédit, carte de banque, etc et en n’emportant que le minimum vital.  Mon épouse m’a dissuadé d’y aller et un ami vivant à Saint-Josse, ex hippie, ayant porté les cheveux longs et guère peureux, m’a dit qu’il n’y serait pas allé non plus car sa peau blanche et ses cheveux blonds lui auraient inévitablement apporté leur lot de harcèlement voire pire.  Et, le pire, c’est que j’ai justement passé les neuf premières années de ma vie dans ce quartier de Molenbeek, il y a plus d’un demi-siècle et que maintenant cela constitue pour moi une no-go zone !

 

Dans De Standaard du weekend des 12 et 13 janvier 2013 le Procureur d’Anvers Herman Dams, lui, n’y va pas par le dos de la cuillère, lors d’une très longue interview.  Il est d’ailleurs l’une des figures pensantes des contrôles fiscaux dirigés contre certaines franges de la population anversoise à Borgerhout conduisant des voitures trop luxueuses pour leur type (délit de sale gueule).  Quant on lui demande s’il n’a pas inversé le fardeau de la preuve puisque c’est le Parquet qui doit fournir les preuves de délit en droit belge et international, il répond calmement « Habituellement, nous commençons une enquête au sujet de quelqu’un qui a commis un délit puis nous remontons les filières financières qui ont pu en découler.  Ici, nous tombons sur un flux financier et nous allons rechercher s’il y a eu un délit. »

 

Dans un cas précis documenté, une personne s’est vue confisquer sa voiture et a dû attendre 5 mois avant de la récupérer puisqu’il n’y avait pas eu de fraude fiscale ou autre.  Que dit le procureur à ce propos ?  «En termes juridiques, 5 mois est court.  Cela ne prouve pas nécessairement que la personne soit innocente, cela indique que nous n’avons pas pu prouver qu’elle est coupable par des preuves tangibles. (hard bewijs)»

 

Que dit-il à propos du type de vigilance ‘sociale’ que la population devrait appliquer selon sa nouvelle doctrine autoritariste ?  « Le combat pour la survie de notre société est comme un match de football. L’adversaire c’est l’insécurité. »  Et plus loin, cette perle « Je plaide pour plus de contrôle social.  Je suis à la recherche de celui qui voit beaucoup de choses.  Celui qui le soir en laissant sortir son chien et qui voit une camionnette munie de plaques étrangères, il doit appeler la police. »

 

Je viens de lire que De Wever et Turtelboom - tous deux d'Anvers évidemment - approuvent pleinement ces dérives d’un haut magistrat, ce qui – si c’est nécessaire – indique dans quelle sorte de dérive judiciaire notre pays de droit est occupé à pénétrer de plain-pied.

 

Amusant de voir comme dans la Flandre bourgeoise et bien-pensante, ce que ce terme d’étranger (ou de couleur de peau différente du milieu ambiant) crée comme connotations perverses : criminalité, saleté, revenus illicites, fraude, vols, etc.  Van Peel, échevin d’Anvers n’a-t-il pas dit quels étaient les trois mots que les bénéficiaires de logement social devaient apprendre en premier lieu : sac poubelle/déchets ménagers, propreté.

 

Et, d’autre part, quand il est prouvé qu’une forte proportion d’étrangers n’est pas étrangère à de la petite ou grosse criminalité comme dans certains quartiers no-go d’Anderlecht, Molenbeek, Laeken ou des quartiers d’Anvers, on applique la devise du ‘politiquement correct’, on se refuse à considérer la réalité sur le terrain ; non seulement cela, mais on décide aussi que ces zones no-go ne verront pas de policiers actifs sur le terrain, on accepte l’état de fait, on laisse aller, on laisse faire.  Et, comme dans les banlieues de Paris, qui sont les principales victimes de cette petite criminalité, de ces harcèlements, vols, viols, pas les bourgeois de Knokke, Ohain ou Waterloo, non, ce sont les populations immigrées qui sont en première ligne de cette violence coutumière.  On les laisse donc à leur sort, comme si elles vivaient dans des ghettos judiciaires, hors de portée de nos lois et de la protection qu’un pays est censé apporter à ses habitants.

 

J’ai parfois le sentiment très profond que la Belgique est en complète déliquescence.  Qu’elle s’effrite se craquèle, de tous les côtés, que petit à petit un tas de faits sapent ses fondations juridiques mêmes.

 

Ce n’est pas De Wever qui fera en sorte qu’éclate la Belgique.

 

L’incurie perverse et délétère dont souffrent la Justice, certains services de police, la magistrature assise, certains parquets, du pays, la négligence coupable dont nos gouvernants font preuve dans leur refus de réformer en profondeur ce qui fait l’état de droit de notre pays selon deux axes majeurs, lutte accrue contre les criminalités et une meilleure protection juridique des ayants droit de victimes mais aussi des coupables de crimes ou délits, conduiront à moyen terme à ce que deviennent de plus en plus floues les valeurs juridiques ayant assis notre tissu social.

 

Et, il faut le reconnaître, l’idéologie de droite ou d’extrême droite comme l’idéologie de gauche ou d’extrême gauche, avec leurs façons de mettre les criminels dans une espèce de carcan correspondant à leurs vues politiciennes, n’aident pas à résoudre en profondeur des problèmes criants.  Si à droite on fustige tout ce qui est criminogène chez les étrangers, l’idée de base de la gauche que c’est la société qui est coupable des crimes que commettent des individus (paupérisation de l’être humaine, ‘l’homme naît bon, c’est la société qui le corrompt’, etc.) et non ces ‘pauvres’ victimes de criminels, est  aussi aberrante que celle de dire et de penser que tous les étrangers issus de certains pays (Maghreb, Turquie, Africains, etc.) sont des criminels en puissance.

 

Et quand on parle de comparaison avec les années trente à propos de populisme, peut-être oublie-t-on qu’à côté d’un populisme militant, il y eut des dictatures, des états totalitaires, des états qui firent de leurs citoyens de braves petits délateurs, de braves petits robots, et, tant en U.R.S.S. qu’en Allemagne nazie, l’étranger était honni, pourfendu, vilipendé, houspillé sinon abattu.

 

Se rend-on compte chez nous que certains têtes pensantes chez nous et non des moindres commencent déjà à penser en termes totalitaristes ?  Se rend-on bien compte du virage que la Belgique a déjà pris ?