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13/12/2015

Le premier ministre Charle Michel a la mémoire décidément courte...

Charles Michel a la mémoire décidément courte !

 

Jamais, jamais, vraiment jamais, un Premier Ministre en Belgique n’a été confronté avec une telle information.

(extrait de ‘De Standaard’ des 12-13 décembre 2015)

 

 

Voilà. Notre premier ministre Charles Michel à propos de l’information qu’il aurait reçue le samedi 21 novembre portant sur l’imminence d’une remarque terroriste contre notre pays.

 

D’un point de vue psychologique, si je devais analyser la personnalité de notre premier ministre sur la base de cette réflexion a posteriori, je dirais : narcissisme, ego surdimensionné, besoin de se mettre en avant, de se distinguer, de se faire remarquer, admirer voire aimer.

 

Mémoire outrageusement courte aussi, notre Charles Michel. Mais, on sait qu’un ego surdimensionné passe outre les faits historiques et les aménage via son prisme déformant afin de se mettre en valeur. MOI, MOI, MOI…

 

Qu’a dû penser le 1er du pays le 3 août 1914 quand l’Allemagne impériale transmit un ultimatum au pays neutre qu’était la Belgique, priant notre pays de laisser le libre passage aux troupes du Kaiser pour qu’elles puissent aller attaquer la France, reniant ainsi l’engagement de l’Allemagne de respecter la neutralité de la Belgique ?

 

Ou cet autre 1er ministre qui entendit des bombes tomber sur Bruxelles très tôt le matin du vendredi 10 mai 1940, l’Allemagne nazie cette fois ayant attaqué la Belgique sans même déclarer la guerre ?

 

Ou cet autre 1er Ministre qui entendit la nouvelle de la catastrophe de Marcinelle au milieu des années 50 avec la certitude que près de 250 mineurs étaient pris au piège d’un gigantesque incendie souterrain ?

 

Que dut penser le 1er Ministre qui, durant l’été 1960, apprit que des massacres de citoyens belges avaient été perpétrés par des bandes de déserteurs ou de bandits congolais, dans cette ancienne colonie nouvellement indépendante.

 

Ce premier ministre belge qui en octobre 1962 sut que le monde était au bord de la guerre nucléaire - qui via l’OTAN toucherait la Belgique -, une menace réelle à cause du blocage décrété par les États-Unis contre tout navire à destination de Cuba ?

 

Ce premier ministre qui apprit l’incendie de l’Innovation en mai 1967, ce gigantesque incendie au cœur même de Bruxelles ?

 

Cet autre premier ministre qui, dans les années 80, apprit que le ferry Herald of Free Enterprise venait de faire naufrage au large de Zeebruges, en pleine nuit avec des centaines de passagers coincés à bord ?

 

Ce premier ministre confronté aux doubles dangers des attentats commis par les CCC et les Tueurs du Brabant au milieu des années 80 ?

 

Cet autre 1er Ministre qui apprit avec stupeur le massacre de 10 de nos paras au Rwanda en avril 1994, le point de départ d’un gigantesque génocide contre les Tutsis mais qui nécessita aussi l'évacuation de tous les ressortissants français, belges et autres nationalités menacées ?

 

Ce premier ministre qui découvrit l’horreur et l’étendue de l’affaire Dutroux et des failles de la police et de la gendarmerie ?

 

Ou cet autre premier ministre qui eut à faire face à la crise bancaire et à la faillite virtuelle de trois des plus grandes banques sur la place en Belgique ?

 

Pauvre Charles Michel, il a sérieusement besoin d’affection, qu’on dise de lui que c’est un mec fabuleux, qu’il a à lui seul sauvé notre pays de TRÈS GRANDS DANGERS…

 

J’aimais mieux je dois le dire la modestie et l’efficacité du Roi Albert 1er ainsi que de la Reine Elisabeth. Ils ne firent pas étalage a posteriori de tout ce qu’ils avaient fait durant la guerre pour soutenir le moral des soldats et des citoyens du pays, de leur très grande empathie pour les souffrances des soldats, des civils et des populations belges sous l’occupation barbare des boches.

 

On peut ne pas être modeste. Trump ne l’est pas. Si Michel ne fait pas autant de grimaces que Trump, en occultant la réalité historique pour se mettre en avant, il est aussi ridicule que le clown américain.

17:23 Publié dans Belgique, Perso | Lien permanent | Commentaires (0)

21/11/2015

Réflexions sur les attentats de Paris

Réflexions sur les attentats de Paris

 

Les attentats de Paris du vendredi 13 novembre furent horribles et touchèrent bon nombre de personnes hors des frontières de l’Hexagone. Paris est une ville aimée par les Chinois, les Japonais, les Américains, les Britanniques, les Flamands ; quant aux francophones et Wallons de Belgique, nous avons d’évidentes affinités culturelles, culinaires et sociales, avec les Français d’une manière générale mais aussi Paris.

 

Pour moi, mon amour de Paris date de 1967 quand j’y passai une semaine entière et que chaque soir, je me pointais dans un club de jazz. Ensuite, vinrent les visites purement touristiques, culturelles à partir du milieu des années 90 quand je me mis à fréquenter l’Opéra Bastille et le 11e arrondissement où je descends loger chaque fois que je retourne en séjour dans ce qui constitue une des plus belles villes au monde. En 2010, j’y accompagnai deux amis juifs durant une semaine pour y rencontrer quelqu’un d’important dans le milieu culturel afin qu’il aide mon ami David, originaire de Lettonie, émigré aux États-Unis, auteur d’un livre de témoignages de survivants de l’Holocauste en Lettonie, en langue russe, livre que j’avais lu en 2009, livre qu’il souhaitait faire connaître au public français.

 

Si j’ai été touché comme toute personne sensible par ces attentats irresponsables et particulièrement sanglants, j’ai toutefois conservé suffisamment de vigilance mentale pour ne pas céder à ces logorrhées et réflexions oiseuses qui ont assailli nos oreilles et nos regards depuis une semaine aujourd’hui.

 

Que les aspects sécuritaires et le ton guerrier qu’emploie la France actuellement – et que répercute la Belgique, touchée par ce drame via Molenbeek comme on le sait et depuis aujourd’hui en alerte maximale pour Bruxelles -, est une chose. Importante. Essentielle. Vitale. Mais, ces aspects ne doivent pas nous cacher certains autres perspectives ou points de vue dont on parle moins car, en temps de crises, lors de crises aussi sanglantes que celles que connurent non seulement New York en septembre 2001, l’Espagne en mars 2004 et Londres en juillet 2005, les politiciens ont tendance à paniquer et à se concentrer sur une voie souvent unidirectionnelle.

 

Premier point

Il y a un incontestable ethnocentrisme (c’est arrivé près de chez nous) combiné à une hyperthrenia (excès de deuil) qui guident nous réactions émotionnelles. Je n’ai pas vu autant de reportages en profondeur, de débats intenses, d’émissions d’interprétations, lors des attentats récents également commandités par Daesh (prononcé Da-èche et non Dash) : 224 victimes dans un avion russe au Sinaï, une cinquante à Beyrouth tout récemment et près de 200 à Ankara.

 

Selon un article que j’ai lu récemment (de Standaard, semaine du 16 novembre), il y eut en 2014 33.000 victimes d’attentats, une majorité hors d’Europe. Les pays les plus touchés : Irak, Afghanistan, Nigéria, Syrie et Pakistan.

 

Cela nous touche-t-il? Non?

 

Même dans ces attentats de Paris, on voit que la communauté musulmane de France marque cette fois-ci sa solidarité, alors que pour les attentats contre Charlie Hebdo et l’Hyper-Cacher, il y avait eu moins d’engouement à participer à ces manifestations de deuil national. Mais, le 13, novembre, à l’opposé du 7 janvier et des jours suivants, il y eut une proportion de victimes de confession musulmane.

 

Il n’y a aucune empathie pour des victimes semblables dans des lieux loin de chez nous. Comme si la race humaine était divisée en une multitude de clans qui ne pensent qu’à leur propre microcosme.

 

Nous oublions évidemment que ce qui s’est passé à Paris le 13/11 est le quotidien des habitants de Bagdad, Kaboul depuis plus de 10 ans maintenant et de Syrie depuis 4 ans et demi. Nous rendons-nous compte de ce que cela doit être de vivre dans une ville où à chaque instant une voiture piégée, un kamikaze, peut exploser ?

 

Deuxième point

Les aspects sécuritaires et la rhétorique de guerre occultent un problème principal en France et en Belgique. On ne parle pas suffisamment des aspects sociaux et psychologiques qui forment au fond un des socles du problème du terrorisme.

 

Valls, il y a plus de six mois a parlé d’apartheid en France, se référant aux banlieues, nids de délinquance, drogues dures mais aussi de radicalisation. Beaucoup de jeunes Maghrébins et Musulmans issus d’autres pays ressentent un vide existentiel. Ils sont l’objet de discriminations et de harcèlements quotidiens : contrôle pour délit de sale gueule (faciès), refus à l’embauche à cause des nom, prénom et tête, soupçons perpétuels (un bicot à côté de moi, ciel, où est mon portefeuille). Dans certaines régions du Proche-Orient, des organisations terroristes (Hamas, Hezbollah) ont profité de ce vide existentiel, de cette amertume de déracinés chez les jeunes, pour leur montrer que s’ils faisaient partie d’une communauté spirituelle, elle prendrait soin d’eux, leur donnerait une plus grande estime de soi, une face (le contraire de ‘perdre la face’ gagner une face au fond). Ce genre de rhétorique militante – qui va de pair avec un engagement militaire -, ne touche que les personnes qui n’ont pas assez de force de caractère pour décider par eux-mêmes. En France, à Molenbeek, à Vilvoorde, des jeunes, déracinés, déboussolés, ressentant un immense vide, sont des proies faciles pour le militantisme radical et djihadiste, surtout quand ces ignares qui en vérité connaissent très mal le Coran se laissent influencer par l’idée de paradis et les innombrables houris qui leur sont promises. Dans une culture religieuse qui prône encore la virginité de l’épouse, cet attrait, de même que celui de cette liberté au sein de l’armée de l’EI (viols, esclaves sexuelles, etc.) peuvent tenter certains jeunes en proie à des pulsions sexuelles qu’une croyance aveugle ne permet pas d’assouvir d’une manière normale.

 

Je trouve, personnellement, qu’on n’approfondit pas assez les motifs et les raisons psychologiques qui poussent de tels jeunes déracinés au radicalisme terroriste. Comme si les acquis de Freud, de ses disciples, de ses détracteurs, étaient restés lettre morte et qu’on avait soudainement oublié qu’il y a en nous tous des pulsions, des pensées, des idées, que la raison seule ne peut ni expliquer ni combattre.

 

Troisième point

J’admire les émissions que produit et présente Yves Calvi sur la 5 (C dans l’Air). Il fait toujours appel à de véritables spécialistes. Dans la semaine, j’ai vu Paul Bauer que j’admire, et il eut le courage de recentrer le débat. En parlant de l’Arabie Saoudite, il dit que ces décapitations, ces découpes de personnes en morceaux, que pratique l’EI, c’était en réalité ‘culturel’, cela venait du Wahhabisme {un mouvement apparu dans ce pays au 18e siècle}, qui pratiquait déjà ce genre de traitement inhumain. Et, il ajouta – ce que je savais déjà de longue date – que la base de l’Arabie Saoudite, la Charia, la manière de traiter la femme, etc. était commune avec celle du Caliphat de l’E.I.

 

On sait que l’Arabie Saoudite via le wahhabisme et ce mouvement plus moderne apparu au début des années 80, le salafisme finance de manière occulte nombre de mosquées radicales en France et en Belgique. On suspecte l’Arabie Saoudite de financer l’EI directement ou via certains de ses citoyens. Car, au-delà de la Charia, il y a une communauté spirituelle, les gens de l’EI tout comme l’Arabie Saoudite sont des sunnites, détestant les chiites, détestant les kafirs (les mécréants, c’est-à-dire nous en fait). L’Arabie Saoudite traite avec nous parce que nous achetons son pétrole et qu’elle nous achète des produits manufacturés, mais il n’y aucune amitié entre ce pays et les nôtres ni un quelconque respect pour nos valeurs séculaires.

 

Quatrième point

Je suis persuadé que tactiquement, les attentats de Paris étaient motivés par un geste de revanche de l’EI contre l’agresseur français. Stratégiquement, puisque l’EI veut imposer la charia, je pense qu’il vise une victoire de Marine Le Pen aux élections présidentielles. Le Pen qui prendrait des mesures contre l’Islam. Et l’EI espère que les Musulmans de France se soulèveraient contre le gouvernement en place.

 

 

Voilà ce que disait Richard Dawkins, un physicien à propos du 'cerveau' des attentats (De Standaard d’aujourd’hui), ‘Un cerveau?  en compagnie de cerveaux tels que le sien, chacun capable de lire l'heure est un maître cerveau.’

 

Le sang appelle la colère, le sang appelle le dithyrambe, le sang appelle le sang, le sang noie la raison.

 

Il serait temps, en France comme en Belgique, que nous ne nous voilions pas la face et que nous nous mettions à penser d’une manière bipolaire : en premier lieu en termes de sécurité et de moyens pour contrer la menace terroriste, en second lieu par un travail de réflexion en profondeur sur les raisons de l’insatisfaction des jeunes Musulmans dans les banlieues et les quartiers défavorisés de Bruxelles, d’Anvers et, pour ce dernier point, un travail qui doit se faire en coopération avec les autorités morales et religieuses de l’Islam dans un esprit de parfait respect de leurs valeurs tout comme pour eux qu’on exige un parfait respect de nos valeurs démocratiques et laïques.

 

 

 

 

 

 

 

17:28 Publié dans Perso | Lien permanent | Commentaires (0)

09/11/2015

MIGRANTS, BÉNÉVOLES ET POLITICIENS POPULISTES

Il y a quelques semaines, j’ai vu les images bouleversantes du sauvetage d’un petit enfant qu’on venait de retirer de la mer aux environs de Kuşadasi en Turquie, et, soudain, l’un des sauveteurs, s’exclama ‘il vit encore, il est vivant’, il lui fit d’abord sortir de l’eau des poumons en lui tapotant le dos, ensuite, il le prit par les pieds, ce qui permit à l’enfant de régurgiter toute l’eau qu’il avait avalée. Plus tard, on montra une image de l’enfant, heureux, détendu, dans les bras de sa mère.

 

Inutile de dire de quelle catégorie de personnes il s’agissait.

 

Ces belles images – réconfortantes pour une fois alors qu’on voit tant de drames de la mer et de la noyade – n’ont pas eu le même impact télévisé que celle de la mort du petit Aylan, également sur les côtes turques.

 

Si je n’ai aucune critique à formuler sur le fait que ces images d’un sauvetage réussi et d’une ‘ressuscitation’ presque miraculeuse d’un petit être humain voué à la mort certaine n’aient pas été diffusées sur une aussi grande échelle que celles de la mort d’Aylan – un image emblématique, symbole de la souffrance des réfugiés originaires de Syrie ou du nord de l’Irak-, ce qui me frappe, c’est le silence qui entoure l’action de ces milliers de bénévoles là-bas sur les côtes orientales de la Méditerranée, ceux qui sont dans la partie occidentale de la même mer travaillant sur des bateaux (dont un bateau affrété, financé et avec équipage MSF), mais aussi ces innombrables visages cachés qui œuvrent utilement dans ces immenses camps en Turquie, au Liban, en Jordanie et, plus près de chez nous, dans les Balkans, dans tous les pays où ces masses de réfugiés aboutissent tant bien que mal. Ainsi qu’en Allemagne dont les centres d’accueils et certaines communes croulent actuellement sous l’afflux de réfugiés mais tient le coup grâce à des milliers de bénévoles.

 

Cet afflux {le très populiste Cameron avait au début de la crise employé le mot anglais ‘swarm’ qui signifie ‘essaim’ comme substantif et ‘grouiller’, fourmiller’ comme verbe, mais qui peut faire référence à des fléaux ou, alternativement, aux Plaies d’Égypte} pose parfois de sérieux problèmes d’accueil digne et humanitaire. ‘Der Spiegel’ (no. 43 du 17.10.2015) indique qu’un grand centre situé près de Munich coordonne l’accueil global, mais que certains jours, il arrive entre 8.000 et 10.000 réfugiés, à répartir dans le pays. Est également cité le ressort de Hesepe en Basse-Saxe, 4000 réfugiés sur une population locale de 2500 habitants. De nombreuses maisons ont des jardins devant leurs maisons, et des habitants se plaignent ‘trop de bruit, trop de réfugiés, trop de détritus’, d’autres envisagent de partir de chez eux car les réfugiés squattent les murs de jardin à flanc de rue, certains fouillent dans les sacs poubelles, etc.

 

On a vu en Belgique que, confrontés à l’afflux d’une grande masse de réfugiés, tant le gouvernement fédéral que le Secrétaire d’État en charge des réfugiés, ont été incapables de mettre en place une aide sociale, humanitaire, digne, humaine, ni des règles d’accueil administratif dignes d’un pays civilisé et démocratique. Mais, personnellement, j’y vois là une volonté délibérée de la N-VA souhaitant sans doute mettre en exergue (1) le fait qu’il y ait trop de réfugiés pour la capacité et volonté restreintes d’une partie de la population belge (et flamande, surtout), (2) de prouver que les politiciens à Bruxelles sont nuls (ce que, personnellement, je pense qu’ils sont).

 

Heureusement, là, aussi, des volontaires sont rapidement apparus et ont pallié les manques fédéraux en œuvrant rapidement, dignement et efficacement.

 

Il y a, évidemment, des pays où l’afflux massif de réfugiés provoque des problèmes logistiques, on peut citer la Turquie mais aussi le Liban où les réfugiés constituent presque le tiers de la population.

 

Même dans les pays de l’Europe de l’Est à la ligne dure (Hongrie, Tchéquie, bientôt Pologne à la suite des dernières élections, etc.), des ONG, des individus, apparaissent et font ce qu’on attend d’êtres humains civilisé, tenter d’organiser une aide alimentaire, de pourvoir aux besoins sanitaires et médicaux.

 

Je sais pertinemment – même si je suis avant tout un humaniste – que nos pays d’Europe, même la généreuse Allemagne, ne pourront jamais assumer à eux seuls la prise en charge de centaines de milliers de réfugiés dont le statut entre réfugié politique et économique est parfois équivoque. Je sais que, confrontés comme nous le sommes en Europe à la crise économique qui n’a pas encore été jugulée, nos ressources financières en matière d’aide et d’entraide humaine sont forcément limitées.

 

Mais ce qui me dégoûte, c’est de voir l’égoïsme, le repli sur soi, reprendre le dessus au niveau de certains chefs d’états et de gouvernements, ou de politiciens populistes à la De Wever, Le Pen, Wilders, etc. Tandis que même Merkel, qui avait donné le signal de départ en Allemagne pour un accueil en masse des réfugiés {‘Wir schaffen das’ – nous le réussirons – avait même dit Schäuble qui refusait la même entraide humaine aux Grecs pour des motifs idéologiques}, subit le contrecoup de cet afflux massif puisque de plus en plus fréquemment maintenant, on parle de fermer ou surveiller les frontières du pays, dans son parti CDU et surtout à la CSU. Elle baisse dans les sondages d’intention de votes (moins 20 % en quelques mois à peine) et der Spiegel indique que ‘dans l’intervalle, de manière évidente, il y a plus de la moitié des députés qui souhaite une autre politique.’ Même son Ministre de l’Intérieur, Thomas de Maizière aurait confié à des collègues européens que ‘Merkel n’a pas de plan, plutôt des "pieds froids".’

 

Y a-t-il une solution durable?

 

Non! L’attrait de nos pays ‘vivant dans le luxe’ est irrésistible pour ces réfugiés, qu’ils soient politiques ou économiques. Ils ont une image idyllique des possibilités qu’offre l’Europe. Ils ne savent rien des substrats de racisme, de peur de l’Islam, de peur de l’étranger, qui remplissent encore les esprits de nombre de citoyens européens et pas uniquement en Europe de l’Est. En Allemagne de l’Est, au Royaume-Uni, aux Pays-Bas, en France, en Belgique, dans certains pays scandinaves, il y a encore des courants de pensée populistes, xénophobes, distillés par des figures emblématiques, parfois suffisamment forts et captivants pour les imbéciles pour qu’on craigne que de telles figures de proue racistes ne puissent arriver au pouvoir. Le vote récent avec la victoire du parti conservateur en Pologne en est l’exemple type. Sans même devoir me référer aux commentaires de journalistes, dès que j’ai vu le résultat, j’ai su que ce qui avait motivé tant d’électeurs à voter à droite, c’était la peur de ces essaims de réfugiés, surtout que le frère du président défunt Kaczynski (mort dans un accident d’avion en Russie alors qu’il se rendait aux cérémonies commémoratives des massacres de Katyn par les Soviétiques) avait dit publiquement que ces réfugiés étaient porteurs de virus, de maladies transmissibles – donc, implicitement – constituaient un danger sanitaire pour les Polonais. On se serait cru au bon vieux temps d’Hitler qui considérait les Juifs comme des parasites, eux aussi porteurs de maladies dangereuses pour la population aryenne.

 

De Wever, qui n’en rate jamais une, vient d’écrire une lettre publique adressée à tous les partis européens de centre-droite, dans laquelle il prône, entre autres, le contrôle des frontières et des avantages de sécurité sociale à deux vitesses, accélérée pour les habitants du pays, avec effet retard pour les migrants. Et que ces migrants restent dans le premier pays d’accueil. Cachez ces migrants que je ne saurais voir. Si ça ne porte pas le nom de racisme, qu’est-ce qui est au fond du racisme ?

 

Ces politiciens populistes aux idées simplistes (vieille formule qu’utilisait avec tant de succès notre bon vieil Hitler jadis) sont faciles à comprendre. Leur message ne requiert pas plus de deux ou trois ans maximum d’études en primaires, ni de savoir lire ou écrire. Il suffit d’être capable de regarder la télévision et le tour manichéen est joué.

 

Finalement, il y a un effet miroir : le politicien lance des idées simplistes, les gens l’écoutent, le regardent, lui donnent raison. C’est un peu comme si leurs électeurs se miraient dans un miroir et s’éprenaient de ce qu’ils contemplaient. Sans se rendre compte que c’est là leur propre médiocrité et vil égoïsme qu’ils contempleraient. Via des gens qui leur ressemblent et qu’ils ont élu.

 

Oui, bravo aux dizaines de milliers de bénévoles, mais ceux qui tiennent le haut du pavé et vocifèrent et qui captent et retiennent l’attention, ce sont des politiciens bornés, aveugles, égoïstes, les neurones fixés sur la prochaine échéance électorale.

 

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