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07/01/2015

LE DÉCLIN DE LA FRANCE

Ante scriptum:  j’ai écrit ce texte au sujet de ce que je pense des idées de Finkielkraut, Houellebecq et Zemmour avant d’apprendre la nouvelle de l’effroyable tuerie à la rédaction de ‘Charlie Hebdo’ ce matin même.  C’est une abomination, un acte de terreur et de totalitarisme religieux que je condamne avec la plus grande véhémence.  Mais, cet acte abominable et que j’espère isolé, ne change rien à ce que j’ai écrit au sujet des idées que véhiculent ces trois nouveaux penseurs français, propagateurs d’un message de rejet plutôt que de cohésion, de compréhension et de partage.

 

                                               *

 

Quelles polémiques en France en ce moment!  Houellebecq, Zemmour, Finkielkraut, ont sorti l’artillerie lourde.  Certains de leurs détracteurs n’hésitent nullement à parler d’islamophobie, d’autres les placent d’emblée dans le camp du Front National.  À Bruxelles, comme souvent, on n’a nullement fait dans la dentelle puisque certains politiciens adeptes du politiquement correct souhaitaient interdire l’apparition publique de Zemmour dans une librairie ce mardi 6 janvier sous le fallacieux prétexte que sa venue aurait pu provoquer des manifestations et troubler l’ordre public!

 

Le pays (la Belgique), qui a accueilli en son temps Zola, Hugo, Baudelaire et tant d’autres exilés français qui avaient eu maille à partir avec leurs autorités pour des œuvres jugées contraires aux mœurs ou contraires à certaines opinions déjà politiquement correctes, aurait donc refusé l’entrée sur son territoire de quelqu’un qui a la liberté d’exprimer des opinions qui ne nous plaisent pas!

 

Ces trois hommes tiennent peu ou prou le même discours.  Tous trois sonnent les trompettes de l’apocalypse française, annoncent la fin des temps.  Surtout pour la France qui est le seul et unique sujet qui les préoccupe (vive l’ethnocentrisme !). Pas question pour eux de parler d’Ebola ou de ces maladies létales qui tuent des dizaines de milliers d’enfants africains, sud-américains et asiatiques chaque jour de l’année. Pas question pour eux de se soucier du sort de ces millions de familles dans ces pays déshérités qui vivent avec un revenu journalier d’un dollar.  Pas question pour eux d’aborder le fléau qui frappe ces enfants de sidéens ou de victimes d’Ebola et qui se retrouvent orphelins sans personne pour les aider.  Pas question pour eux de se pencher sur le sort de ces enfants en Afrique, Asie, victimes de malformations cardiaques ou handicapés et qui ne connaîtront jamais les bienfaits d’une chirurgie à visage social comme nous la connaissons dans nos pays de nantis.  Pas question pour eux de parler du sort des immigrés qui se noient en Méditerranée ou de penser un seul moment à ces millions de réfugiés syriens, irakiens, dans des camps, certains y vivant depuis bientôt trois ans.  Pas question pour eux de citer le sort des enfants palestiniens ayant subi des traumatismes de guerre avec épisodes répétés, à la suite des frappes israéliennes.

 

À les entendre et les voir on a l’impression de ce passage ‘Monte ici, que je te montre ce qui doit arriver par la suite’ (Apocalypse 4, ‘Dieu remet à l’Agneau les destinées du monde’ ; Nouveau Testament).

 

Ce sont des visionnaires, ils annoncent le déclin inévitable de la France, et les causes en sont multiples: c’est la faute aux Musulmans, aux femmes, à mai ’68, au multiculturalisme (lisez plutôt l’influence pernicieuse des Musulmans et la ghettoïsation et criminalisation accélérées des banlieues).

 

Tous les trois ont incontestablement raison, la France est en déclin.  Physique.  Quand je les regarde à l’écran, que je regarde leurs visages, leurs corps, leurs attitudes, que je les entends parler, que j’observe leurs tics, oui, la France est en déclin, elle s’en va à vau-l’eau et ces trois représentants de l’apocalypse en sont les meilleures et plus prégnantes émanations physiques.

 

Moi qui ai un sens de l’esthétique, je conserve à l’esprit cette photo de Baudelaire, figure altière, belle, une présence.  Dans un autre domaine, prenons des artistes comme Chéreau et Boulez, mêmes ports d’hommes de consistance, d’hommes ayant appris à vieillir sans décrépitude physique, d’hommes qui mettent à l’honneur le bien-porter, le bien-paraître.  Chez les femmes, prenons par exemple Catherine Deneuve, l’exemple même d’une femme qui reste physiquement digne, ou Claire Chazal sur TF1  Classe, élégance.  Prenons aussi la classe et l’élégance d’Harry Roselmack (que j’ai vu hier, formidable d’efficacité dans ‘Aux frontières de la vie’, une remarquable émission sur l’euthanasie et la fin de vie en France).

 

Houellebecq, lui, laid, sans élégance vestimentaire, sans élégance verbale, exhibe la face de quelqu’un pour qui l’hygiène de vie (savoir gérer sa vie sans verser dans des excès) semble avoir été un concept pour has been ou losers.  Il exemplifie à merveille le déclin qu’il annonce.  Sa manière aussi de biaiser de la tête, ce manque de regard franc, le rendent antipathique au possible.  Et ce qu’il dit, passons.

 

Zemmour est petit, laid et, s’il s’habille un rien mieux et porte bien ce qu’il a endossé, comme Houellebecq, il manque d’élégance verbale.  Quand il parle ou rétorque, on a l’impression d’avoir affaire à un roquet qui mord dès qu’on l’approche.  Il n’a pas l’aisance verbale naturelle d’un debater, d’un Besancenot et, hier soir au JT de RTL-TVI, quand on l’a vu oser une blague, il en a ri de la même manière que Sarkozy, rire de cabotin qui s’esclaffe de son propre humour qui ne fait rire que des followers manquant sérieusement de neurones et de sens critique et objectif.

 

Pour Finkielkraut, je fais une exception même si sur le plan de la condamnation du multiculturalisme il me fait vomir.  Finkielkraut a de la classe, il s’habille très bien. Il est ‘racé’. Il parle superbement bien, manie les longues phrases emberlificotées et retombe toujours pile là où il voulait arriver.  Je l’écoute avec intérêt et, du point de vue linguistique, même avec fascination.  Le seul problème est de nature physique, dès qu’on le contredit un peu trop ardemment, il se met à gesticuler, à trembler des mains, devient une vision pathétique de l’Ange (de l’Apocalypse: ‘L’Apocalypse, prologue 1, Nouveau Testament).  On l’a vu ainsi, fort pathétique, il y a quelques mois lors d’un débat sous la houlette de Taddeï et on l’a revu ainsi à la fin de son intervention au grand journal de canal Plus cette semaine.

 

La France intellectuelle et artistique est-elle en déclin?

 

Prenons l’industrie littéraire, elle se porte très bien.  Chaque année à la rentrée, plus de 700 titres sortent et il y a des auteurs qui se vendent bien, qui sont adulés, le salon du Livre à Paris draine chaque année des dizaines de milliers d’enthousiastes qui y viennent uniquement pour se régaler de ce contact avec le livre papier et des séances de signatures qui remportent toujours un immense succès. Évidemment, même si un auteur français a reçu le Prix Nobel de littérature, on ne peut pas dire que les milliers de titres qui paraissent chaque année soient tous porteurs de qualités littéraires incontestables.  Ce qui me frappe aussi et me réjouis, moi qui porte un intérêt certain et durable pour la littérature étrangère, c’est qu’on traduit de plus en plus et de mieux en mieux.

 

L’industrie du cinéma en France est florissante, la France est une des nations produisant le plus de films et séries (avec l’Inde, les States, etc.).  Bon, une bonne partie ne vaut pas tripette et sert d’amusement populaire, mais la France, outre ses gloires cinématographiques des années ‘60-80, a tout de même donné naissance à de vrais et nouveaux talents d’acteurs, je citerais par exemple Luchini, Bacri, Darroussin, Cluzet, Cotillard, Scott Thomas.  Ces acteurs, contrairement à certains des anciennes générations (Delon, etc…) font preuve de réels dons d’acteurs qui se remarquent à leurs expressions et mobilité faciales, bien meilleures que les expressions figées des grandes gloires du cinéma des années 60.  Certaines séries, comme celle de la France sous l’occupation sont bien fignolées, intéressantes, présentant des acteurs crédibles.

 

En France, il y a aussi le théâtre, surtout classique, qui draine également les foules, et, parallèlement au théâtre, il y a  parfois des bijoux qui ressortissent au monde du spectacle et dont la spécificité essentiellement française (liée à la langue, à la culture, françaises, à ces jeux de mots) réussit non seulement à divertir mais à faire rire, comme par exemple ‘L’Abribus’ ou ‘Le Sexe’ (la merveilleuse leçon d’histoire de cet organe par Michel Leeb).

 

Mais le domaine français qui me parle le plus et qui n’a jamais subi de déclin quelconque, c’est celui de la musique dite sérieuse (classique/opéra).  Parlons de festivals prestigieux tel celui des Chorégies d’Orange, prenons les journées de la musique au retentissement mondial: la Folle Journée (de piano) à la Roque- d’Anthéron, la folle journée de Nantes. Parlons des scènes d’opéra à Paris, de l’opéra de Lyon.  J’ai récemment vu Roberto Alagna (que je vis à l’opéra Bastille en février 1995) à l’émission de Drucker, chantant un peu de tout.  J’ai remarqué la superbe évolution de sa voix, devenue d’une profondeur d’expression, d’une maturité et précisions rares.  Il y a tant d’autres solistes français de talent: Dessay (qui abandonne la scène de l’opéra), Gens, Naouri, etc.  Pour le piano, Grimaud, les sœurs Queffélec, etc.  La France a l’apanage d’avoir parmi les meilleurs cuivres au monde, flûtes, trompettes surtout, certains des chefs d’orchestre les mieux cotés.

 

Mais il y a aussi le jazz et certains des jazzmen français ont un niveau et une réputation internationaux, notamment pour le piano et les saxophones.

 

Dans les années 90, il m’a été donné de voir et d’entendre représenter deux opéras de Puccini – jamais joués dans des salles d’opéra européennes - en versions concertantes à la Maison de la Radio, ‘Le Villi’ et ‘Edgar’, deux œuvres intéressantes, et les concerts étaient entièrement gratuits, la salle pleine et attentive.

 

Je vois deux domaines artistiques où la France est en déclin, celui des comiques et celui de la chanson française.  Pour qui a un peu le sens de l’humour et l’oreille musicale, il y a de ces aberrations, de ces lacunes, de ce manque de créativité véritable, qui blessent mon sens de l’art.

 

Mais ce qui fait aussi la grandeur de la France, c’est que dans ce pays et sur des plateaux, il peut encore y avoir des débats d’idées à très haut niveau (Calvi/Taddeï/le grand journal) et cela tient au fait que, contrairement à la Belgique qui invite surtout des politiciens adeptes de la langue de bois, c’est qu’en France, on fait le plus souvent appel à des spécialistes de certaines matières ou à des gens qui ont des idées, même si elles sont contraires aux miennes, mais ils reçoivent un droit d’antenne.

 

Quant au multiculturalisme, on critique les Musulmans qui se terrent dans des banlieues et y font régner la violence et la terreur quotidienne.  ‘Que celui qui n’a jamais péché jette la première pierre’, pourrait-on dire.  On oblige tous ces gens (Musulmans) à aller vivre terrés dans des HLM dans des banlieues et habitations insalubres, parce que du point de vue économique la France bienséante, bienpensante et ‘riche’ (par rapport aux couches de la population défavorisées) ne les accepte pas à Neuilly, aux Champs-Élysées, dans le 1e ou 7e à Paris, ou que ces gens ne peuvent se payer de tels loyers de riches, etc.  On leur refuse l’accès à l’emploi, l’accès égalitaire à tous les types d’éducation et d’institutions d’enseignement.  On les stigmatise d’un point de vue social, puis, car ils n’ont pas d’autres échappatoires que – parfois – le recours à des formes de subversion connues (attaques contre la police, petite délinquance, recours aux drogues dures, vente de drogues dures), on le leur reproche et on parle de déclin, par leur faute parce que ces gens ne s’intègrent pas.  En psychologie ou dans des expériences de laboratoires, on a constaté que quand on fourgue ensemble de trop grandes quantités d’animaux sur un espace trop limité, l’agressivité augmente.  Le même phénomène se passe dans nos pays surtout si, en plous, de la densité de population extrême, on applique des principes policiers de délit de sale gueule et de harcèlement sur la voie publique quand les gens n’ont pas la tête convenable.

 

 

Je terminerai par une phrase de Zemmour (citée dans De Standaard du 7/1/2015) ‘Je n’ai aucun problème avec les homosexuels mais bien avec tout le mouvement gay qui prêche la liberté, la gaieté.’  Lui, donc, l’archange de la liberté d’expression la refuse aux gays! Quel petit personnage gonflé d’une énorme importance, lui qui parle également du tort que féminisation de la société a causé à la France.

 

Voilà l’avenir d'une certaine nouvelle France intellectuelle qui porte à droite: xénophobe (pas contre les Juifs, l’exception qui confirme la règle), homophobe, misogyne, islamophobe, contre le multiculturalisme.

 

Ce qu’en psychologie on appelle au fond ‘la régression’.

 

Ces trois personnages, ces trois intellectuels, sont au fond des égocentristes, imbus de leurs visions apocalyptiques de faux prophètes, des gens qui refusent la société moderne, hybride, multiculturelle, diversifiée, des gens qui ont une idée de leur Nation, de son Identité, de sa Laïcité, aux antipodes de ce qui a fait vivre et vibrer la France de jadis: son ouverture aux influences étrangères, son accueil des artistes et populations étrangères, la liberté d’opinion et d’expression. N’oublions jamais que dans leurs colonies, les Français étaient les seuls qui se mariaient fréquemment avec des autochtones (Vietnam, pays africains, etc.) au contraire des Britanniques et des Belges.

 

Et, ce qu’ils ne comprennent pas, ces trois-là et tous ceux qui les soutiennent sur le plan intellectuel, c’est que ce retour à une France où il faisait bon vivre est un peu semblable à la France qui condamna Dreyfus et divisa la société entre dreyfusards et antidreyfusards (disons antisémites) , de cette France qui aida les Allemands dans leur traque aux Juifs durant la guerre. Sauf que maintenant le germe qui menace l’intégrité de la France, ce n’est plus le Juif mais le Musulman…et le symptôme est le même, le déclin du pays…

 

Ne vaudrait-il pas mieux que ces archanges de la déchéance programmée mettent leur talent et leur temps au profit des déshérités de la planète, au profit de ces infortunés qui ne connaissent ni soins de santé ni traitements de maladies chroniques ou létales, au profit de ces hommes, femmes et enfants, qui triment dans les champs, rizières ou plantations pour gagner un dollar par jour pour toute une famille

 

Il y a des combats qui apportent la noblesse, la grandeur d’âme, la dignité humaine, loin des spots ou des caméras de la télévision.  Mais, aussi, ces combats anonymes rapportent moins de fric…

 

Vanité des vanités et tout n’est que vanité…

26/10/2014

LE SILENCE COUPABLE DE LA N-VA

 

Le 6/11/41 le maréchal Pétain transmet un message aux volontaires SS français : «Sachant que bientôt vous entamerez les combats, je réalise avec fierté que vous emportez avec vous au travers du feu de la guerre une partie de la gloire française... Prenant part à cette croisade dirigée par l'Allemagne, en aidant à repousser la menace contre l'humanité que représente le bolchevisme, vous méritez de ce fait la gratitude du monde. Rappelez-vous que par cette guerre vous défendez votre terre et, simultanément, vous donnez de l'espoir à tous les peuples d'Europe unis dans une future réconciliation.»

Depuis quelques années, et surtout sous l’impulsion de la N-VA, certains politiques et patrons flamands ont de plus en plus tendance à mettre le socialisme sur le même pied que le marxisme. On a même dit que Di Rupo était marxiste!  On critique aussi ceux du PS qui chantent l’«Internationale», oubliant que le compositeur de ce morceau était Gantois (Degeyter-1888) et que, de ce fait, les Belges auraient plus de légitimité historique à chanter cet air que les anciens communistes d’URSS.

 

On connaît l’arbre généalogique et le fond d’idées assez troubles de certains politiciens de la N-VA.  Mark Eyskens ne le cachait pas (lors d’une interview entendue sur Canal Z il y a déjà un ou deux mois), «à la N-VA, tous sans exception ont un passé de collaboration». Le frère de Bart De Wever, Bruno, un historien de renom spécialiste de la collaboration en Flandres disait ceci à propos de la collaboration «Mais, n’oublions pas qu’un grand nombre des gens du Mouvement Flamand, également à présent auprès de la N-VA, viennent de familles qui ont collaboré durant la guerre.» (interview dans ‘Het Nieuwsblad’ du 15 octobre 2014).  On sait qu’en mai 2011, 30 Sénateurs de partis flamands  ont voté pour la prise en considération d’une proposition de loi «effaçant, pour l’avenir, tous les effets des condamnations et sanctions infligées du chef d’actes d’incivisme ‘prétendument’ commis entre le 10 mai 1940 et le 8 mai 1945 et instituant une commission chargée d’indemniser les victimes de la répression d’après-guerre ou leurs descendants pour le préjudice financier subi à la suite desdites condamnations et sanctions».

 

On sait maintenant que De Wever a proclamé haut et fort après l’accord pour un gouvernement ‘suédois’ qu’il était heureux et considérait comme une incontestable victoire d’avoir chassé le parti socialiste de tous les niveaux de pouvoir (Flandre et Fédéral).  Et qu’il souhaitait que cela le fût à jamais!

 

Et, partant, et tout en restant rationnel, on peut se poser la question de savoir si dans cette véhémence contre le PS, il n’y a pas un sentiment de haine rabique ancestrale contre le bolchevisme, un esprit de revanche pour un conflit perdu auquel ont participé de jeunes nationalistes flamands. Collaborateurs aidant les occupants à rafler les Juifs, les gens de gauche et les soi-disant résistants.  Waffen SS aidant l’Allemagne nazie à continuer sur une immense échelle son entreprise d’extermination des Juifs, des asociaux, des partisans et des bolcheviques.

 

Ce combat de revanche a posteriori, cette nouvelle croisade nationaliste flamande contre la gauche, fait penser à ce que nous avons connu dans les années 30 quand le bolchevisme était considéré comme une menace contre l’humanité. Sans qualifier la N-VA de nazie puisqu’il s’agit tout de même d’un parti assis sur des principes démocratiques et dont les membres sont élus d’une manière démocratique, il faudrait se pencher sur les rouages du pouvoir nazi, leurs méthodes, leurs diatribes, leurs délires paranoïaques, afin de comprendre certains des aspects actuels de la politique en Belgique.  Et se pencher sur le fait que nous n’avons jamais pu entendre haut et clair de gens de la N-VA une condamnation sans équivoque possible de l’Allemagne nazie, du génocide et des massacres qu’elle commit, et de tous ceux qui, à quelque degré que ce soit, ont collaboré à ce régime déclaré criminel par le Tribunal de Nuremberg (45/46). 

 

Pour pouvoir pardonner à ‘ceux qui savaient ce qu’ils faisaient’, à des traitres et criminels belges, Flamands comme Wallons et francophones, effacer la mémoire de leurs crimes, il faudrait demander à Zuroff (Centre Wiesenthal), à Klarsfeld pour les autorités internationales, à Rubinfeld ou au rédacteur-en-chef de RésistanceS pour la Belgique, ce qu’ils en pensent, eux qui ont repris pour leur compte l’énorme tâche de défendre la mémoire des victimes de la Shoah.

 

Et qu’en penseraient les associations d’anciens résistants ou leurs ayants-droit?  Ces ayants-droit de personnes tuées ou envoyées dans des camps par jalousie, haine, cupidité ou parce qu’elles étaient suspectées de bolchevisme?

 

Et, énonçons le clairement, il ne s’agit pas ici d’un problème communautaire, il s’agit ici, essentiellement, d’un problème de valeurs, d’humanisme et de mémoire.

 

02/09/2014

Paris est-elle déjà entrée au 21e siècle?

Paris est une ville incomparable dont on ne se fatigue pas.  Capitale de culture grâce à ses nombreux musées, c’est aussi une ville qui a des attraits architecturaux de haut niveau historique, de très beaux parcs, c’est une ville d’histoire où se sont en effet passés certains des événements qui ont créé le monde tel que nous le connaissons maintenant (je pense notamment à la Déclaration des droits de l’homme, au principe d’égalité, au Code Napoléon pour les principes de droit).

 

Je fréquente Paris depuis 47 ans et je ne m’en lasse jamais.  J’y trouve une cordialité chez les serveurs de cafés, bistros et restaurants (souvent des hommes, souvent encore avec le tablier blanc traditionnel) et un humour qui fait défaut ici en Belgique.  On dit des Parisiens qu’ils sont arrogants, froids, mais même quand j’achète un croissant dans une boutique de métro ou dans une boulangerie, l’accueil est chaleureux.  Que Paris soit une ville chère et surtout pour les boissons (19 euros par exemple pour deux verres de vin blanc dans le quartier latin) n’étonnera personne.  Par contre, celui qui veut boire ou manger à n’importe quelle heure n’a que le choix, je n’ai jamais vu une ville où il y avait autant de débits de boisson ou de restaurants.  Et on sait que la qualité de la nourriture dans certains établissements (je pense aux brasseries par exemple, comme Bofinger près de la Bastille, dont l’intérieur de style Art Nouveau est de toute beauté) y est incomparable.

 

Pourtant, abstraction faite des trésors de culture et de beautés architecturales qu’offre Paris aux millions de touristes, un récent séjour dans cette capitale européenne m’a laissé sur ma faim sur un certain nombre de plans.  Qui me font dire que Paris, pour aussi moderne qu’elle se targue d’être, n’est pas encore entrée de plain-pied au 21e siècle.

 

Un: le métro de Paris est fabuleux, rapide et pas trop cher (13 euros et quelques cents pour un carnet de 10 tickets).  Cependant, il faut être en très bonne santé et forme, ne pas être du tout handicapé ou diminué dans ses moyens physique, ne pas être une mère avec enfant en poussette pour le fréquenter.  Pratiquement aucun escalator (hormis à la Gare du Nord et aux Halles).

 

Souffrant d’un léger problème de ménisque interne (à opérer), j’y ai souffert dans ces fichus métros, avec parfois, un demi-kilomètre de dédales de corridors à parcourir (par exemple à la Station Châtelet pour sortir en direction de Beaubourg/des Halles), avec à chaque sortie de métro des dizaines et dizaines de marches d’escalier.  À Paris, c’est simple, je n’ai pas vu de handicapés ni dans les métros ni en surface.  Je présume que si on est handicapé à Paris, on reste chez soi. Je n’ai jamais vu non plus de mères/pères avec voitures d’enfant dans le métro. Je comprends que placer des ascenseurs dans certains stations serait inutile vu la longueur des corridors à emprunter, mais installer des escalators à certains endroits serait peut-être utile.  Question de se dire on est au 21e siècle, youpi!  Ou est-ce l’idée que la RATP se fait de la mise en forme obligatoire des usagers de métro?

 

Deux: les toilettes (W.-C.) dans certains cafés ou établissements (par ex. dans un café face au musée d’Orsay ou un autre en face de l’École militaire) ne sont pas encore au diapason d’une hygiène acceptable sur le plan européen, surtout si on compare ces lieux à certains pays dont la propreté est exemplaire (Pays-Bas par exemple).  Au Musée de l’Armée (Invalides), tant dans les toilettes pour hommes que pour dames, il n’y avait plus d’eau pour la chasse, les ‘choses’ s’accumulaient donc dans le pot du cabinet.

 

Trois: dans certains musées surtout fréquentés par les étrangers (le d’Orsay par exemple), les indications de titres et lieux d’œuvres picturales sont en français exclusivement.

 

Quatre: la gare du Nord est le seul endroit de départ que je connaisse au monde (j’ai visité plus de 50 pays) où les heures de départ ne sont affichées qu’un quart d’heure au grand maximum avant l’embarquement.  Évidemment, les voyageurs futés savent que les Thalys partent des voies 8 et 9.  Également, il y a très peu d’endroits où s’asseoir dans l’attente du départ.

 

Comme je suis curieux, un moment à Paris, j’ai regardé les annonces affichées sur les vitres d’une agence immobilière.  Et j’ai vu un appartement d’un peu plus de 8 mètres carrés en vente pour près de 80.000 euros.  J’ai l’impression que même Dutroux a une cellule qui doit faire plus de 8 mètres carrés (soit 4 mètres de longueur sur deux mètres de largeur par exemple).  J’imagine, moi qui me retrouverais seul et obligé d’aller vivre à Paris, ce que je pourrais caser dans une pièce aussi exiguë.  Avec mes centaines de livres à lire et centaines de livres dans mes deux bibliothèques (certains dans des coffres), mes centaines de CD, les vêtements et paires de chaussures…je serais obligé d’installer le tout verticalement (y compris le lit) et de séjourner peut-être dans un espace utile d’un mètre carré pour y vivre, pratiquer mes loisirs, manger, faire mes ablutions et dormir.  LE PIED!   Toutefois, un appartement d’une cinquantaine de mètres carrés allait dans les 270.000 euros, ce qui au fond est la surface d’un grand studio chez nous mais à un prix double.  Ce qui me fait dire que Paris et la France sont en passe de devenir un pays à deux vitesses.  Les nantis se paient des apparts incroyablement chers, les classes défavorisées migrent vers les banlieues et les problèmes tels qu’on les connaît dans les banlieues.

 

Paris, par contre (ville blessée, ville outragée, ville martyrisée…mais ville libérée) a, je crois, le plus grand nombre de jolies filles et femmes au kilomètre carré. Un régal pour les yeux, surtout pour quelqu’un comme moi qui ai fréquenté les rames de métro à 7 heures et demi du matin à Bruxelles avec les hordes de Flamandes laides et pressées d’aller dans leur administration. Et Paris a le plus grand nombre d’affiches dans les métros.  Et parmi les meilleurs musiciens de métro (sauf peut-être ceux de New York), j’y ai vu un mec jouer au soprano le morceau du film ‘Schindler’s List’ d’une façon belle et prenante.  Ce qui m’a frappé aussi à Paris, c’est que les tagueurs ne font pas de dessins, uniquement des graffitis et inscriptions ‘littéraires’. Pas d’œuvres d’art à vrai dire comme on peut les voir dans d’autres pays.  Ce manque de dessins tient-il à l’interdiction de peindre qui vaut pour les Musulmans?

 

Par contre, Paris est une ville qui vit, qui bouillonne, une ville toujours en émoi, une ville sûre, même si dans le deuxième métro que nous avons emprunté, nous avons vu une dame étrangère (polonaise je crois) qui a retrouvé son portefeuille tombé par terre et qui d’après sa mine, venait de se faire voler l’argent qui s’y trouvait.  Le plus amusant, c’est qu’elle était juste en face de mon épouse et de moi-même, puis elle a essayé d’ouvrir une fenêtre et tout à coup, son portefeuille qui roule à ses pieds, et ni elle ni nous n’avons constaté quoi que ce soit d’anormal.  On sait maintenant que ce sont surtout les étrangers, et plus particulièrement les Chinois, qui font l’objet de vols à la tire à Paris.  Peu de Chinois cette fois-ci à Paris mais beaucoup de Japonais individuels (pas en troupeaux) et des Russes qu’on reconnaît de loin à la mine rondelette et patibulaire du mari, nouveau riche.

 

Paris est aussi l’endroit où on peut trouver des romans (parfois des classiques) à 20 cents et ce ne sont pas les endroits de ce genre qui manquent, surtout au quartier latin. Paris est le lieu où quand on commande un vin (au verre) s’il est cher, toutefois en contrepartie le garçon apporte la bouteille à table pour le servir, il s’agit donc le plus souvent d’un bon vin.

 

Le Forum des Halles (la construction date des années 80) est en reconstruction totale, chantier terminé pour 2018.  Je ne comprends pas pourquoi les Français n’ont pas été capables de construire quelque chose de plus durable, trente ans c’est peu pour un ouvrage immobilier.  Encore une chose, le culte de héros pour Napoléon (Invalides, un bel endroit à visiter pour le lieu mais pas pour Napo), ce despote qui a mis l’Europe à feu et à sang, partant en Russie avec 120.000 hommes, en revenant avec 10.000, fuyant les champs de bataille quand il risquait de se faire tuer (retraite de Russie à la Berezina/défaite à Waterloo).  Mais l’endroit vaut le déplacement pour le Musée de l’Armée avec quantité d’uniformes et d’armes des principaux belligérants pour les deux guerres mondiales.  Et, au cimetière de Montparnasse, j’ai vu les tombes de Bruno Cremer et de Vergès, l’un à côté de l’autre!  Et j’ignorais que Petliura, dont le nom est associé à des pogromes en Ukraine du temps de la guerre entre Blancs et Rouges, fût enterré à Montparnasse!

12:20 Publié dans Passions, Perso | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : paris