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01/02/2014

La Seconde guerre mondiale, quoi d'autre?

En Lituanie, en Lettonie, en Estonie, on s’apprête à défiler en février et mars prochains.  C’est la saison des grandes marches en faveur de ces ‘patriotes’ qui soutinrent Hitler et son régime, se battirent aux côtés de la Wehrmacht ou donnèrent un coup de main pour la liquidation des Juifs.

 

C’est une tradition là-bas.  J’y étais allé en 2012, à Riga.  Pas de croix gammées, pas de bras tendus, pas d’adoration visible de Hitler, mais tout le monde savait que ce défilé était en l’honneur des ‘volontaires’ de la SS lettone.  Chez nous, on nous a appris que les SS c’était de la vermine y compris la Légion wallonne.  Là-bas, dans ces pays baltes, les SS, les collaborateurs des Allemands, ceux qui tuèrent des Juifs, ce sont des patriotes, des héros car antisoviétiques et antisémites.  Soutenus en plus par la population, les médias et les autorités en place.

 

L’histoire, la vraie, l’histoire contemporaine, veut que l’on se penche d’une manière impartiale sur les événements, événements qu’on repasse au crible de la critique historique.  En Allemagne fédérale, il a fallu attendre 1995 pour qu’ait lieu une exposition décrivant en photos, textes d’accompagnement et chiffres, l’ampleur des crimes de guerre et contre l’humanité que commit la Wehrmacht.

 

Parce que, encore maintenant nombreux sont ceux qui croient que la Wehrmacht s’était battue correctement, une armée capable de dérives, certes, mais qui dans, pour l’essentiel, avait été correcte, seule la SS – Waffen et Totenkopfverbände’ ayant été les ‘criminels’.

 

Pour ceux qui le pensent, je suggère la vision de la série faite par l’Allemagne diffusée en Allemagne l’année dernière, récemment en Hollande et bientôt sur la VRT ‘Unsere Mütter, unsere Väter’ (Nos Mères, nos Pères).

 

Elle est d’un niveau cinématographique, de conception et de vision, exceptionnels, tant par le jeu des acteurs, superbes, que par le scénario et par la crédibilité historique des faits, actes de guerre et histoires individuelles, présentés.  Tout y est crédible, tout y est comme on aimerait que chaque pays ayant trempé dans les crimes de guerre et contre l’humanité, soit capable d’assumer et de reconnaître sa part de culpabilité dans l’horreur.

 

Juste avant l’invasion de l’URSS, cinq jeunes amis, deux frères, Wilhelm et Friedhelm, soldats de la Wehrmacht de la même unité, Viktor, un Juif, Greta, la bonne amie de Viktor, aspirante chanteuse et Charlotte (amoureuse de Friedhelm) boivent à leur propre santé, se prennent en photo et promettent de se revoir quand tout sera terminé, l’invasion de l’URSS étant censée être terminée pour décembre 1941 comme l’avait promis le Führer.

 

Les scènes de combat en Union soviétique sont époustouflantes de réalisme, ne cachant nullement le fanatisme nazi d’une majorité de membres de l’unité de la Wehrmacht dans lequel un des deux frères est lieutenant, l’autre au début plutôt pacifiste, un pacifiste qui, confronté à l’horreur, la brutalité du conflit, les coups fourrés, devient non pas un acharné nazi mais un très bon combattant sans peur ni hésitation à tuer (même des civils, comme la suite du récit le prouvera).

 

Il n’y a pas d’interdits.  On assiste à des scènes de massacres de civils, des pendaisons, au rôle infâmes des Einsatzgruppen du SD en Ukraine, tout cela est conforme à ce que l’on sait, historiquement vrai mais aussi transmis selon un scénario crédible et qui donne envie de continuer à voir l’histoire.

 

Puis, après des péripéties, Viktor, le juif, se retrouvera dans un train de la mort vers les chambres à gaz, il s’en échappe et finira dans une unité de partisans de l’A.K. (Armia Krajowa, le plus grand groupe de partisans en Pologne, sous l’égide du gouvernement polonais en exil à Londres).  La série ne cache pas la haine qu’éprouvaient les partisans polonais à l’encontre des Juifs.  Il suffit d’ailleurs pour comprendre la profondeur de cette haine ancestrale de lire n’importe quel roman d’Isaac Bashevis Singer dont l’action se déroule dans la Pologne d’avant-guerre. La série fait sous-entendre par un échange de conversation que les résistants polonais liquidaient les Juifs qui n’étaient jamais considérés comme les ennemis naturels des nazis, mais comme une vermine dont il fallait se débarrasser.  Ce fait m’avait été indiqué jadis (il y a quarante ans) par un Juif originaire de Pologne et qui m’avait dit – lui qui avait combattu dans diverses unités de partisans tant polonaises qu’ukrainiennes puisqu’il était originaire de Lvov – que si ces types avaient su qu’il était juif, ils l’auraient liquidé.  La scène où des membres de l'AK refusent de libérer des Juifs d'un train qu'ils ont attaqué et dont ils ont tué les gardes allemands, est donc tout à fait vraisemblable.  Viktor, lui, ne peut renier ses origines juives et les libère.  Mais, même après la guerre, quand il reviendra à Berlin, dans l'appartement de ses parents, occupé par des Allemands qui l'ont accaparé (comme cela se faisait si couramment), il sera confronté à l'antisémitisme et à la haine.  Et, cerise sur le gâteau, il retrouvera un colonel de la Gestapo calmement occupé à travailler pour les autorités américaines, qui le savent et ne s'en offusquent pas.

 

Au fond, peu de gens chez nous savent que dans tous ces pays ou régions de l’URSS, en Ukraine, Bielorussie, pays baltes, mais aussi en Pologne, pour un Juif, les autochtones étaient parfois aussi dangereux que les SS, Feldgendarmerie ou SD.

 

J’ai vu mon premier grand film de guerre allemand en 1956, ‘Die Brücke’ qui montrait un groupe de jeunes de 15/16 ans appelés à défendre un pont contre l’armée américaine.  Il montrait déjà toute la bêtise, l’odieuse bêtise criminelle des dignitaires du parti nazi mais aussi des hauts dirigeants de la Wehrmacht, qui appelaient des vieillards et des enfants à défendre le Reich.  Une des dernières scènes de la série allemande, illustre également l’horreur de ces enfants appelés à combattre l’armée soviétique.

 

Ce que j’ai le plus apprécié dans la série, c’est qu’elle montre nettement le niveau d’antisémitisme et d’adhésion aux idées d’Hitler qu’une majorité de soldats mais aussi des segments importants de la population civile, éprouvaient quand tout allait bien.  Dans la série, deux des cinq amis sont pronazis et croient dur comme fer aux slogans et mots d’ordre du parti.  Puis, finalement, la prise de conscience de l’horreur et du caractère criminel du nazisme survient, pas à force de réflexion, mais à mesure que la défaite inévitable apparaît.

 

Si les Allemands de maintenant sont capables de faire de tels films, aussi bien, historiquement, qu’attendent les États baltes pour faire le ménage et réexaminer leur propre histoire et leur propre participation dans l’Holocauste?

 

Et, cerise sur le gâteau, on défile dans les rues de Kaunas, Vilnius, Tallinn et Riga, mais l’Union européenne, le Parlement, la Commission, notre cher et adulé Van Rompuy, restent de marbre.

 

Comme si la vérité historique ne les intéressait pas. 

 

Comme si encenser des nazis, des SS, des participants aux crimes de guerre et contre l’humanité, n’était pas de leur ressort.

 

Pauvre Europe et bravo à l’Allemagne!

04/07/2013

Et pendant ce temps-là dans le monde...

Et pendant de temps-là dans le monde…

 

Certains pensaient que toute une série de pays (Libye, Égypte, Tunisie, Maroc) avaient bien trop vite basculé dans l’escarcelle des intégristes (ou des Frères musulmans).

 

Bonnes nouvelles ces dernières semaines.  Le peuple égyptien a forcé le président Morsi à se retirer, avec l’aide de l’armée ayant pris fait et cause pour la révolte populaire.  Ce qui m’a frappé quand je regardais les images que les chaînes de télévision me transmettaient de manifestations et de manifestants, c’était de voir tant de femmes voilées, certaines portant même la burqa – que, souvent, nous dans notre ignorance occidentale crasse nous assimilons un peu trop rapidement à des ‘intégristes’ du côté des opposants au régime autoritaire et islamique du président Morsi.

 

En Turquie, même topo avec là, surtout des jeunes qui manifestent et des gens des classes moyennes.  Rappelons-nous, le fondateur de la république laïque turque, Atatürk, avait interdit le voile et le fez dans tous les espaces publics et à l’intérieur des universités.  Atatürk consommait de l’alcool.  Erdogan, le maître penseur de l’AKP, qui reste populaire auprès d’une partie de l’électorat de souche paysanne, avait voulu interdire toute vente d’alcool à Istanbul.  Il avait dit publiquement au Parlement à cet égard «l’ancienne loi sur l’alcool a été instaurée par deux poivrots, ne devrions-nous pas plutôt privilégier la Loi de Dieu ? » (cf. ‘Der Spiegel’  no. 26, et au sujet des deux poivrots il visait Atatürk et son successeur Ismet Inönü).  Erdogan  permit que les étudiants et les ressortissants à la fonction publique puissent à nouveau porter le  voile.  Remarquons qu’il se montrait souvent en public accompagné de son épouse voilée.  Ce mouvement d’opposition, laïc d’essence car il va bien au-delà de la simple défense d’un parc sur la place Taksim voué à la destruction, est un fait positif car il nous prouve, à nouveau, que le monde musulman n’est pas occupé à basculer en bloc et à jamais vers l’intégrisme et le retour à la charia, qu’il y a, parmi les Musulmans, une diversité qui, somme toute, n’est pas différente de celle qui est la nôtre dans nos pays laïcs.

 

En Iran, des élections libres ont installé un nouveau président modéré qui souhaite améliorer les relations du pays avec les puissances et peuples occidentaux.  Celui qui doit râler c’est Bibi en Israël qui aurait tant souhaité pratiquer des frappes sur les installations nucléaires iraniennes.

 

Et, en Tunisie, il y a encore des femmes courageuses qui osent s’opposer aux diktats d’Enahda, au risque de se voir assassinées ou d’aller croupir en prison.

 

Je ne comprends pas l’étonnement de tous ces gens, journalistes, politiciens, au sujet de l’affaire Snowden et des écoutes massives que pratique la NSA (National Security Agency).  Cela fait longtemps (années 70/80) que j’ai lu des livres sur l’espionnage militaire, sur la CIA, le KGB, MI6, etc.  Je sais donc que depuis les années 80 au moins, les États-Unis pratiquaient des écoutes téléphoniques systématiques dans le monde, avec souvent, quelques mots-clés susceptibles de faire ‘sortir’ une conversation téléphonique (mais aussi un télex, ou un fax) du lot et induire à une enquête (ou transcription) plus approfondie.  Si je me souviens bien, les Britanniques avaient une gigantesque station de captage des fréquences radios et des lignes téléphoniques à Cheltenham.  Comme quoi, chez les journalistes, il n’y a plus de culture mais aussi aucune mémoire, aucune connaissance de base.  Et puis, soyons honnête, il y a maintenant certainement encore des secrets militaires à dégoter, mais le plus important – notamment pour des puissances telles les USA et la Russie – réside dans le commerce.  Voler des brevets, des formules chimiques, des procédés industriels, savoir ce que pensent des partenaires commerciaux en préparation de futures négociations, voilà actuellement l’essence même de l’espionnage, du moins chez nous.  Ne nous leurrons pas, les Chinois et les Japonais s’y frottent également et pour les mêmes motifs mercantiles.

 

On a retiré l’immunité parlementaire (européenne) à Marine le Pen, pour avoir comparé les prières de Musulmans dans la rue, par manque de place à la mosquée, à une occupation.  On veut la poursuivre, semble-t-il, pour ‘incitation à la haine’.  Inciter = ‘pousser quelqu’un à faire quelque chose’.  Haine = ‘sentiment violent qui pousse à vouloir faire du mal à quelqu’un et à se réjouir du mal qui lui arrive’ (cf. Petit Robert, qui d’autre ?).  Je serai clair, j’ai horreur de la droite sous toutes ses formes, d’Hitler, des révisionnistes, du FN et de tout ce qui se rattache à cette engeance.  Toutefois, plutôt que de monter sur ses grands chevaux, les impénitents défenseurs du politiquement correct auraient pu se poser la question de savoir si cette phrase de Le Pen était bien en adéquation juridique avec ce qu’ils se proposent de faire?  A-t-elle appelé à exterminer ces Musulmans?  A-t-elle émis le souhait de vouloir leur faire du mal?  Je pense, personnellement qu’il y aurait là matière, plutôt, à délit d’opinion, quitte à un tribunal de trancher sur cette base.  Quand son père par contre, dit que les chambres à gaz étaient un détail de l’histoire, on aurait, là, pu en déduire, qu’il émettait une opinion négationniste, qui, incontestablement, relève de la juridiction pénale.

 

J’ai vu que le petit-fils de Mandela avait déjà tout bien ourdi pour s’approprier les funérailles d’avance (avec projet de développement du village natal du héros sud-africain, question d’engranger de futures entrées d’argent…).  Comme quoi si un être exceptionnel a l’étoffe d’un Héros (majuscule), génétiquement, il n’est pas dit que cette qualité rejaillira sur ses descendants…

25/03/2012

Fanatisme vs folie - amalgames, raccourcis, approximations

Les meurtres récents dont s’est rendu coupable Mohamed Merah ont suscité non seulement l’indignation populaire mais ont réussi à produire nombre d’amalgames et de raccourcis intellectuels, de déclarations de psys et d’approximations journalistiques, sans compter qu’il a fallu assister, presque en retransmission synchrone, à des déclarations de responsables politiques qui n’avaient rien trouvé de mieux à faire que de codiriger ce qui, au fond, aurait dû être une intervention de répression policière, à savoir le Fort Chabrol qu’on a connu ces 21 et 22 mars  dernier.

 

Quelles leçons tirer de tout cela ?

 

L’Antisémitisme

Après l’assassinat – de sang froid – d’un rabbin et d’enfants juifs, on a tout de suite qualifié le tueur d’antisémite.

 

Sémite se dit (cf. Petit Robert) « des différents peuples provenant d’un groupe ethnique originaire d’Asie occidentale et d’Afrique, présentant des caractéristiques communesles Arabes, les Ethiopiens, les Juifs sont des Sémites ».

 

Donc, dès le premier meurtre d’un militaire d’origine maghrébine, on aurait pu – à juste titre – parler d’acte antisémite.  Depuis la Shoah, il semble que l’ensemble des gens mais en cela y compris les journalistes, qui sont tout de même censés savoir de quoi ils parlent, utilisent abusivement ce mot d’antisémite pour désigner les seuls actes ou idées contre les Juifs ou Israéliens.

 

La Folie

‘Tueur fou’.  ‘Fou de Dieu’.  On a tout de suite entendu, à l’invitation des chaînes françaises, des psys venir d’emblée et sans même savoir de quoi ils parlaient décrire le profil du tueur ‘antisémite’ (qualifiant les seuls meurtres perpétrés dans l’école juive), parodiant ce qu’enseigne le FBI dans ses cours aux profileurs.

 

Qu’est-ce que la ‘folie’ selon le Manuel alphabétique de Psychiatrie Clinique et Thérapeutique du Dr. Antoine Porto (PUF – 1965) ?  « Il s’agit d’une expression ancienne et générale servant à désigner tous les dérèglements de l’esprit.  Cette appellation visait surtout les manifestations extérieures des désordres mentaux, leur apparence immédiate, à une époque où l’on n’avait pas encore pénétré leur mécanisme de production, leur conditionnement organique ou leur déterminisme psychologique, leurs formes évolutives. »

 

Que dit le Petit Robert ?  « Altération plus ou moins grave de la santé psychique, entraînant des troubles du comportement. »

 

Il y a évidemment des fous parmi les criminels, l’exemple typique c’est Ted Bundy qui était incapable de résister à ses fortes pulsions sexuelles, faisant en sorte qu’il se jetait sur de jeunes adolescentes, abusait d’elles puis les tuait.  Personnellement, je considère tous les pédophiles comme des cinglés.  Il faut l’être pour faire ce qu’ils font.  Mais n’oublions pas qu’une échelle de valeurs différente des nôtres peut aboutir – actuellement – à ce que des gays soient considérés comme anormaux (donc fous dans certaines acceptions) par certains fanatiques musulmans qui vont jusqu’à les tuer.  Ou tuer des jeunes filles qui n’acceptent pas une union maritale forcée, ou des femmes qui se seraient méconduites…

 

Le Comportement

Tout réside donc dans la notion de comportement, notion vague et qui, à mon sens d’amateur éclairé, dépend de la conscience collective, de la génétique en nous, des acquis sociaux, éducatifs, ceux de l’expérience et qui doit également être tributaire de la personnalité intrinsèque (le ‘caractère’), des goûts et dégoûts.

 

On considère généralement que quelqu’un qui se comporte comme tout le monde est normal.  Que quelqu’un qui ne détonne pas est ‘normal’.  Toutefois, ces comportements normaux sont culturels.  Quand un Asiate est mal à l’aise, il sourit ; même si on lui annonce une très mauvaise nouvelle ou si on l’insulte. Ce sourire nous rend perplexes, nous Occidentaux ; il ne représente pourtant qu’une expression faciale d’incompréhension, de refus, que nous ne comprenons pas.  Les Chinois et les Vietnamiens mangent du chien.  Cela nous dégoûte, nous Occidentaux.  Sont-ils fous pour autant ?  Les Juifs se déchirent les boutons des vêtements après un deuil et restent 7 jours à faire le deuil, souvent assis sur une chaise, mangeant et buvant peu.  Sont-ils fous ?  Certains hommes musulmans obligent leur femme à se voiler la face ou, parfois, le corps entier.  Certains prônent qu’une femme n’a pas le droit à l’éducation ni à la liberté de sortir de chez elle non accompagnée.  Ces valeurs sont évidemment aux antipodes de nos valeurs fondées sur la « Déclaration universelle des droits de l’Homme ».  Ces hommes sont-ils fous ?

 

Le problème c’est que parfois, certains jeunes gens, guidés par une idéologie d’origine religieuse bien ou mal interprétée peu importe, décident que tous ceux qui ne respectent pas leur conception des valeurs humaines sont des infidèles, des ennemis, poussant quelquefois le raisonnement au point de vouloir ‘détruire’ ces ennemis.  On ne les qualifie pas de fous, mais ce sont incontestablement des fanatiques.

 

Le fanatisme

Que dit le Petit Robert à cet égard ?  « Foi exclusive en une doctrine, une religion, une cause, accompagnée d’un zèle absolu pour la défendre, conduisant souvent à l’intolérance et à la violence. »

 

Faut-il un dessin pour savoir ce que sont des fanatiques ?  Depuis près de 50 ans avec la recrudescence de mouvements d’émancipation souvent d’origine musulmane, nous avons appris à vivre avec des fanatiques qui effectuent des prises d’otage, des meurtres sélectifs ou de masse, qui se font sauter avec une bombe ou une voiture emplie d’explosifs.  Avant eux il y avait déjà eu les pilotes japonais se sacrifiant avec leur avion en plongeant sur un bateau américain, puis du temps du Vietnam, les charges de kamikazes du Vietminh ou du Vietcong contre les positions françaises ou américaines, puis lors de la guerre entre l’Irak et l’Iran, les charges d’enfants iraniens qu’on envoyait au meurtre programmé à l’assaut des tranchées irakiennes…

 

Criminel

Ici, pas besoin de dictionnaire, un acte criminel est un acte qui contrevient aux dispositions légales ou morales (tu ne tueras point… par exemple), les plus courants étant le meurtre ou l’assassinat, les voies de fait, viols, atteintes à l’intégrité physique ou mentale de mineurs d’âge, vols, agressions caractérisées, etc.

 

Pourquoi faut-il, soit dans le langage populaire, soit dans la presse écrite ou télévisée, qu’on qualifie aussitôt de ‘fou’ quelqu’un qui transgresse ces interdits sociétaux ?  Comme on l’a fait avec Breivik, Mohamed Merah.  Pourquoi ne pas accepter que certains criminels, même notoires, ne sont après tout que des criminels ?  Et, souvent, pour des criminels et encore plus pour des avocats-vedettes, plaider la folie, fût-elle instantanée au moment où les actes criminels ont été commis, est une manière de faire échapper un client à une longue peine de détention, le coupable n’étant du coup plus coupable du tout mais momentanément dérangé, donc soignable, donc guérissable. Mais, surtout, échappant presque par miracle aux rets pénitentiaires.

 

Faut-il, lorsque nous sommes ahuris par la violence meurtrière de certains actes que nous ajoutions l’épithète ‘fou’ à celui trop réducteur du seul ‘meurtrier’ ?  Ne sommes-nous donc plus en mesure de différencier un fanatique – aussi violent, meurtrier, insensible, fût-il – imbu de ses convictions au point de tuer autrui, d’un véritable cinglé ?

 

Raid/GIGN

Sans être un spécialiste d’antiterrorisme mais ayant lu ma dose d’ouvrages sérieux sur des services antiterroristes tels les SAS britanniques, le SGS allemand et admiré certains exploits du GIGN (lors de la libération des otages à bord d’un avion de ligne, notamment), j’ai été effaré de voir la manière dont les membres du Raid se sont lancés à l’assaut de l’appartement qu’occupait Mohamed Merah, en plein jour, munis d’échelles !

 

Je me souviens des images de la libération d’otages détenus dans une ambassade arabe à Londres, effectuée par des hommes des SAS mais filmée en direct.  Ces experts du contreterrorisme ont attaqué de nuit (munis de lunettes à vision nocturne, ils sont descendus du toit en rappel, ont fait exploser les vitres, puis ont saturé les pièces de tirs précis, chirurgicaux.  La doctrine en la matière veut en général qu’on attaque quand le tonus mental du ‘terroriste’ est au plus bas, soit entre 3 et 5 heures du matin.  Onze heures vingt me paraît aberrant.

 

Sans être spécialiste mais connaissant un brin de cette matière qui m’a toujours intéressé depuis les premiers détournements d’avion fin des années 60 et les attentats des J.O )à Munich en 1972, je savais qu’il y avait des gaz incapacitants, et je me suis aussi posé la question, pourquoi envoyer des grenades lacrymogènes, pourquoi vouloir creuser un trou dans un mur alors que le plus simple aurait été de faire exploser la porte d’entrée de l’appartement avec une charge à explosion limitée puis de saturer l’appartement de gaz incapacitant.

 

Et, se pose la question, voulait-on vraiment le capturer vivant et entendre la propagande qu’il n’aurait pas manqué de faire au cours du procès ?  N’y a-t-il pas eu des ingérences politiques préjudiciables au bon cours d’une opération de répression policière ou antiterroriste ?