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31/08/2016

Pourquoi j'aime le candidat Trump

POURQUOI J’ADMIRE TRUMP

 

                                       Dédié à Kafka - qui d’autre ?

 

Pour les vrais démocrates et les personnes éprises des libertés fondamentales, Trump représente le candidat idéal pour la course à la Maison Blanche.

 

Je l’admire quand je le vois et l’entends. Il y a en premier lieu mais ce n’est pas la moindre qualité de la longue liste, son élégance naturelle, son port altier, la belle qualité des vêtements qu’il porte avec cette clase qui caractérise les esprits les plus fins de la Fifth Avenue. Comparez le à bobonne Hillary et à l’actuel président des States, et vous verrez qu’il les surclasse aisément sur les plans vestimentaire et de tenue. . Là où Obama paraît fade, effacé, peu disert, et qui aurait fait à la rigueur un honnête quoique peu talentueux présentateur de spectacles à Broadway, dès que Donald Trump paraît, rien que sa démarche triomphale où l’on retrouve le Rocky des premières et meilleures années ou le Mohamed Ali des triomphes, on sait que la partie est gagnée et qu’Hillary peut aller à la retraite qu’elle mérite. Elle n’a aucune mais aucune chance d’imposer son style arriéré de mémé en manque de tricotage. La coiffure de Trump est un autre atout. Impeccable, où pas un cheveu ne sort du lot - collée au crâne comme le sont ses incroyables et sidérantes idées chevillées à l’esprit - est un exemple de beauté indicible. Avez-vous déjà vu aussi la grandeur de ses mains, dignes de ce grand homme, dans tous les sens du terme, qu’il est, sans l’ombre d’un quelconque défaut physique ou mental ?

 

Cet homme d’affaires élégant donc, n’est pas que beauté physique superficielle. Il est un véritable tribun, un formidable débatteur, qui ne frappe jamais en dessous de la ceinture comme l’ont fait certains de ses adversaires républicains ou mémé Hillary. Un homme patient et qui prend toujours le temps nécessaire pour répondre de manière correcte, claire, longue, circonstanciée et approfondie, aux questions insidieuses de ces faux jetons de journalistes qui ne cherchent qu’à l’enfoncer, le ramoindrir, le salir. Là où un Obama ou une Hillary Clinton répondait à une question un peu dure par une tentative ratée de bagatellisation par l’humour, la dérision ou l’évasion existentielle, Trump met –toute sa considérable énergie, sa fantastique intelligence et sa connaissance légendaire des affaires de l’état et des affaires du monde, pour répondre poliment mais fermement, parfois longuement, mais toujours de façon analytique et enrichissante. En futur homme d’état, sans jamais s’énerver ou perdre contenance, intégrité intellectuelle ou sang-froid. Ce qu’on ne peut dire d’Obama et Hillary, les champions de la perte totale de sang-froid en public. Combien de fois Trump n’a-t-il pas ainsi coupé la chique à des journalistes plus concentrés sur le fait de lui faire perdre la face en public que d’informer le public, en les remettant à leur place, poliment, fermement, avec le respect dû à la profession journalistique, mais en les noyant par des faits irréfutables ?

 

Si on parle programmes et substantifiques vérités, là aussi le candidat à la Maison Blanche Trump surclasse aisément Hillary Clinton. Là où la vieillissante et usée Hillary sert du réchauffé de ce qu’elle a déjà servi en tant qu’épouse de son président de mari – quel loser ce Bill Clinton ! - et en tant que Ministre des Affaires Étrangères, le candidat Trump ose le nouveau, l’inédit, le jamais pensé. Ainsi, à l’égard de Poutine, honni par toutes les communautés mal-pensantes d’Amérique et d’Europe, Trump a osé affirmer qu’il l’admirait et que c’était un type bien. Trump a aussi indiqué, sans ambages, que les autorités chinoises avaient eu raison de réprimer les manifestations d’étudiants de Tien An Men jadis. Il faut aussi comprendre que pour Trump, homme d’affaires milliardaire et immense bâtisseur d’empire immobilier {petit pas pour l’homme mais grand pas pour l’humanité}, l’ordre en toutes choses mais surtout l’ordre public est primordial. Il faut de l’ordre pour bâtir des buildings, tout comme pour dégoter une super nana blonde d’épouse et de partenaire à part entière qui sait écrire toute seule ses discours, il faut de l’ordre pour rétablir la grandeur de l’Amérique en plein déclin économique, social et sociétal. Il ne faut pas que n’importe qui, de n’importe quelle croyance, couleur de peau ou mouvance politique, puisse émettre en public des opinions contraires à l’ordre public. C’est ça la démocratie, savoir où est la place de chacun et chacun à sa juste place et Trump à la présidence. C’est d’ailleurs pour cela que le modeste et timide candidat Trump défend le principe de l’armement individuel de tout Américain, conformément à un amendement de la Constitution. Il faut se prémunir contre les sauvageries d’inspirations mexicain, musulmane et noire, des ghettos urbains, des saute-clôtures, des passe-frontières. Il faut sévir d’urgence contre ces criminels qui donnent une fausse image des USA et menacent son tissu social qu’emportèrent avec eux les premiers pionniers blancs du Mayflower. Citoyens américains de bon crin, il faut s’armer contre la tyrannie de la violence ethnique et communautaire. Ce ne sont pas des hommes qui tuent d’autres hommes avec des armes, mais des armes qui le font. Indépendamment parfois de la volonté de leur propriétaire mais toujours dans l’intérêt de la Nation. Un policier qui tue un délinquant noir ne tue pas un Noir mais il tue un délinquant. C’est cela la vérité que ni Obama ni Hillary ne veulent avouer. Car ce sont des lâches, des peureux, des faux jetons ces deux là, et, de plus ils ont besoin des votes de ces minorités criminelles alors que le candidat Trump assoit sa légitimité électorale sur le plus grand commun dénominateur des bien-pensants et des partisans de l’ordre et de la discipline, partisans aussi de l’adage biblique qui dit que « qui aime bien châtie bien. », les armes à la main s’il le faut {la Bible est mal fichue à certains endroits}.

 

Quant aux illégaux, pourquoi Trump devrait-il les admettre aux USA, les tolérer dans le pays, alors qu’un état lilliputien comme la Belgique les renvoie d’où ils viennent ? Ou, ce petit pays lilliputien qui a nom Belgique souhaiterait-il prendre dans ses frontières les dizaines de millions d’illégaux mexicains qui sèment la terreur, le crime et la violence aux States, tout comme ces Musulmans en quête de djihad ou ces millions de criminels noirs qui violentent les cités et villes américaines ?

 

Du point de vue économique aussi, j’admire la clarté des propositions du candidat Trump. Baisser les impôts des sociétés et des classes moyennes. Donner au xriches ce qu’on retire aux moins nantis. Là aussi, ce pays lilliputien qu’est la Belgique a montré l’exemple. Pourquoi dès lors s’offenser si on propose la même chose dans un pays qui est et restera le maître incontesté du monde si Trump accède à la présidence, ce que je lui souhaite.

 

Je le vois déjà Président des States et traiter avec Merkel et Hollande. Ils auraient très vite compris et se feraient tous les deux tapis, charmés et abasourdis par l’intelligence, la clarté de vision mondiale et l’extrême efficacité de ce que le nouveau président des États-Unis proposerait. Flashés.

 

Avez-vous également remarqué la manière élégante mais appropriée avec laquelle il a remis à sa juste place cet ex-Pakistanais Kahn qui d’une façon purement gnangnan et démagogique parlait de la mort de son fils en Irak, naturalisé américain, comme s’il fallait être américain et mort pour être quelqu’un de valeur ? Il avait perdu l’essentiel de vue ce Kahn, devenu citoyen américain tout comme son fils. C’est qu’avec un Trump au pouvoir et installé dans le fauteuil présidentiel, son fils ne serait pas mort pour les USA car il n’aurait eu aucune chance de devenir citoyen américain. Être ou devenir citoyen américain n’est pas à la portée de n’importe qui. Là où auparavant, on laissait l’accès à la citoyenneté à la lie de l’humanité, dès le premier jour de son mandat présidentiel Trump veillera à mettre en place des mesures sélectives plus rigoureuses, sans discrimination de race, religion ou couleur, mais fondées sur des critères objectifs que lui seul déterminera et qui ne tiendront évidemment aucun compte d’une prétendue diversité raciale, sociale ou sociétale comme aimaient l’imposer les élites de la Côte Est des States. Fifth Avenue à New York constituera le socle social sur lequel sera bâti l’accès à la future citoyenneté américaine.

 

Le président Trump remettra à l’honneur les libertés fondamentales, comme celle de penser, d’agir et de se comporter comme lui. C’est cela la démocratie et c’est pourquoi il faut réapprendre à encenser des démocraties véritables telle la Russie et rejeter fermement le dumping généralisé de ses sous-produits que pratique la Chine. Et l’Europe, on la laissera croupir dans ses marasmes financier, économique et social. On sera, pensera et agira comme des Américains, sans tenir compte du monde extérieur. Qui par ailleurs enviera la grandeur restaurée de ce grand pays, le berceau de la civilisation et des libertés fondamentales. Le bastion de l’intelligence active et ferme.

 

Ainsi, avec Trump en selle, la population américaine dans son ensemble sera entre de bonnes et expertes mains. Il les guidera comme il a fait construire des gratte-ciel, il les inspirera comme il a su le faire lors de ses nombreux discours et débats télévisés : avec force d’âme et de conviction, élégance, respect et connaissance approfondie des dossiers et des faits ; il saura remettre de l’ordre et de la discipline dans une société gangrénée par le multiculturalisme, la pluralité religieuse et sociétale.

 

Avec lui, enfin, la Nation américaine parlera d’une seule et unique voix.

 

La Sienne !

 

Dieu soit Loué !

20/03/2016

Le Parti républicain (américain) le GOP

Le parti (américain) républicain (USA), surnommé le GOP (Grand Old Party) fut créé en 1854.

 

Il connut certains présidents prestigieux dont Lincoln reste l’exemple le plus frappant, attachant et emblématique puisque c’est lui qui fit une affaire d’honneur d’instaurer la fin de l’esclavage, ce qui coûta au pays quatre années d’une guerre particulièrement sanglante {et que ceux qui souhaitent se faire une idée de cet aspect sanglant du conflit regardent l’excellent long métrage Gettysburg} et au président, sa propre vie. Plus proche de nous, parmi les présidents républicains, il y eut la figure d’Eisenhower. Généralissime des troupes alliées lors du débarquement de juin 44, la reconquête des territoires occupés et la conquête de l’Allemagne. S’il ne fut pas l’un des meilleurs stratèges militaires de la 2de guerre mondiale (comparé à Joukov côté soviétique, Guderian, Rommel, von Rundstedt, côté allemand), il sut tenir la coalition et tempérer des têtes aussi fortes voire chaudes que les généraux Montgomery et Patton. Sa présidence (1952-1960) a été qualifiée de période de léthargie sur les plans intellectuel et culturel. On lui doit toutefois certaines décisions courageuses pour la défense des droits civils des Noirs : l’envoi de troupes fédérales le 24 septembre 1957 à Little Rock en Arkansas où le gouverneur Faubus avait tenté de s’opposer à la mixité blancs/noirs dans une école de ce patelin.

 

Ensuite, commence le déclin du parti qui voit se succéder à la tête du pays une série de Républicains certes élus à la présidence mais dont les capacités sont soit mises en doute pour des faits illégaux (Nixon dans l’affaire Watergate, Bush Jr. qui a imaginé les armes de destruction massives en Irak, les écoutes massives et cautionné la torture en tant qu’arme de renseignements, etc.), soit parce que eh bien ils n’étaient pas tout à fait à la hauteur d’un point de vue intellectuel tel Reagan, acteur moyen de profession, qui avait une durée d’attention de deux minutes maximum; quand on lui présentait des briefings oraux, cela devait se résumer à une ou deux pages dactylo pas plus. Inutile de s’attarder sur ses capacités intellectuelles, des chercheurs cherchent encore toujours…

 

Deux figures présidentielles récentes tout à fait acceptables car décentes, des gentlemen: Gerald Ford et Bush senior.

 

Mais, depuis qu’Obama est arrivé au pouvoir, le parti républicain, aidé en cela par la chaîne TV Fox News a commencé une guérilla d’opposition systématique contre ce président « noir », même quand parfois certains projets présentés par Obama et son parti démocrate avaient à l’origine été imaginés par le GOP ! Ne parlons pas des 7 années durant lesquelles Fox News et certains hérauts du GOP ont déversé leurs tonnes d’inexactitudes à propos d’Obama: il est musulman, il n’est pas un vrai américain, il n’a même pas été à l’université car aucun de ses soi-disant anciens condisciples le connaît, etc. Rarement, des campagnes politiques auront été aussi haineuses, basses et dénuées de fondements que certaines des thèses entendues du côté républicain et dans leurs apôtres des médias. Et pendant bientôt huit ans, les républicains, en majorité aux chambres depuis trois ans et demi ont systématiquement opposé tout projet de loi, toute initiative du président, pratiquant des combats à l’usure notamment contre la proposition Medicare. Menaçant de paralyser le gouvernement par défaut d’approbation de tranches budgétaires, etc.

 

Actuellement, on trouve dans le parti républicain un ramassis d’élus qui défendent les thèses les plus arriérées qu’on puisse imaginer: opposants de Medicare, opposants de l’emprise fiscale de l’état fédéral de Washington, opposants de l’avortement, opposants du mariage gay. Mais en faveur du capital, des riches et des nantis, reprochant à ceux qui n’ont rien de n’avoir rien. Et, en ce qui concerne les candidats du GOP, ils ont pratiquement tous dit que s’ils devenaient président des States, ils reviendraient en arrière pour les lois sur Medicare, l’avortement et la décision de haute cour de justice justice ayant autorisé le mariage gay, entre autres. Ce qu’ils feront aussi, c’est détaxer les riches et pomper de l’argent au sein des couches sociales les plus défavorisées. Et, ils s’opposeront à la nomination du nouveau juge par Obama, pour la Cour Suprême alors que cet acte est dans ses prérogatives légales.

 

Trump qui risque de dégoter l’investiture républicaine l’été prochain a, en plus des autres candidats républicains tout aussi rétrogrades sur le plan des droits civils élémentaires et du progrès que Medicare a représenté pour ces franges sociales défavorisées se chiffrant par dizaines de millions de personnes, un comportement ce qu’il y a de plus hideux, bas et vulgaire non seulement dans la politique américaine mais dans la vie américaine. Ses attaques incessantes contre la journaliste Megyn Kelly de Fox News (une chaîne populiste qui devrait être de son côté) montre à quel point, ce personnage aux opinions non égalitaristes peut être tatillon quand on le taraude sur ce qu’il pense des femmes. On sait que Trump est le maître des one-liners (une phrase courte, percutante, populiste mais sans fondement du genre les Noirs sont paresseux, les Mexicains sont des violeurs, etc.). Quand un homme a essayé récemment, lors d’un meeting public, de monter sur le podium pour l’interpeller ou le frapper, par après Trump a affirmé que c’était quelqu’un de Daesh. Et la foule d’applaudir et un tas d’Américains incultes, ne connaissant rien à la politique outre ce qui se passe dans leur bled, n’ayant jamais mis les pieds à l’étranger ou même déjà vu un Musulman, lui donneront raison et trouveront là une raison de plus de voter pour ce magnat de l’immobilier.

 

Trump n’a pas de programme, pas de ligne de conduite cohérente, pas d’idées en ce qui concerne la politique étrangère. Il surfe sur cette vague populiste qui fait que les white trash (petits blanc pouilleux), les besogneux blancs qui pensent qu’ils paient trop d’impôts à Washington, les racistes en herbes (contres les Noirs, Latinos, Arabes, etc.), les adhérents des États du Bible Belt (états de la ceinture biblique) se rallient à ses points de vue simplissimes. À ses one-liners. Bref, il surfe sur toute cette mouvance anti-intellectuelle, anti côté Est, antiétatique, antimusulmane, anti-latino, anti-noire, qui n’y connaît rien en politique intérieure ou extérieure mais qui dispose d’une arme redoutable: le vote. Et le droit de voter pour n’importe quel crétin.

 

C’est triste de constater qu’à côté de Trump, même une Marine Le Pen, même un Orban, pourraient nous paraître acceptables car si je ne partage en aucun cas leurs idées, du moins, leur comportement humain n’est pas encore tombé au niveau d’un Trump. En psychologie, ce que fait là Trump, on pourrait dire que c’est un comportement régressif, c’est-à-dire retournant vers ce qu’il y a plus primitif chez l’homme, proche de son origine animale. C’est triste de constater qu’à côté de présidents républicains qui ont donné le meilleur pour leur pays et dont l’histoire a retenu le nom, on sombre maintenant du côté du Grand Old Party non pas uniquement dans le populisme le plus abject, mais dans l’illettrisme politique, dans le crétinisme social d’un niveau tellement bas qu’on se situe même en dessous du darwinisme élémentaire qui a pu attirer les nazis.

 

Certains ont dit de Trump qu’il est fasciste. Il n’est pas fasciste. C’est un businessman qui a réussi du point de vue commercial {je me suis rendu plusieurs fois dans la Trump Tower sur la 5e Avenue en 2013 et y ai admiré les couloirs et la chute d’eau dont les murs sont en pur marbre d’Italie}, mais pour le comprendre, il faut recourir à la psychologie, une fois de plus. Il est narcissiste et réduit le monde à l’image de soi. Tout part de lui et tout aboutit à lui. À lui seul ! Mais était-ce différent avec Sarkozy? Est-ce différent chez Poutine? Erdogan?

 

Au fond, malgré tout l’étalage médiatique à son sujet, j’ignore ce qu’il pense de l’avortement, du mariage gay, de Medicare. Y a-t-il des femmes ou des Noirs dans le management de ses entreprises ? Par contre, je sais déjà ce qu’il pense des femmes, Kelly de Fox TV devait avoir eu ses règles un soir où elle lui posa des questions hard, a-t-il déclaré. Je sais ce qu’il pense des handicapés puisqu’il il s’est moqué d’ un journaliste légèrement handicapé en l’imitant vulgairement lors d’un meeting public. Que pense-t-il en réalité des Noirs, des Chicanos, des Musulmans ? Tous à mettre à la poubelle : paresseux, villeurs, terroristes 

 

Et, là, on atteint des profondeurs abyssales qui feraient de lui non pas un président narcissique mais un danger pour l’humanité.

 

Let’s keep our fingers crossed (gardons les doigts croisés), on a déjà assez de tarés à la tête de pays dans le monde.

03/01/2016

Un renouveau de fascisme dans les pays de l'Est

Un renouveau de fascisme dans les pays de l’Est

 

Vendredi passé, le 1er janvier, une manifestation s’est déroulée dont peu de médias ont parlé, peut-être par ignorance du poids sanglant de l’histoire dans les pays de l’Est ou, peut-être, parce que cette manifestation allait à l’encontre du politiquement correct qu’une certaine langue de bois en usage parmi des journalistes, intellectuels de bon cru et bobos, aiment diffuser quand il s’agit du combat pour la liberté d’opinion et la lutte pour l’émancipation d’un peuple.

 

Vendredi donc, en ce premier jour de 2016, des milliers de manifestants, principalement de deux groupes, ont clamé leur amour pour un ancien leader politique. Les groupes soutenant cette manifestation bien orchestrée avaient nom Svoboda {liberté en russe comme en ukrainien} et Pravy Sektor (pravy veut dire de droite et sektor se passe de traduction}. Le lieu : Maïdan, cette place emblématique et symbolique à Kiev. Le héros dont on célébrait l’anniversaire de la naissance : Stepan Bandera.

 

Nos jeunes pousses journalistiques à RTL ou à la RTBF, voire à la VRT ne savent sans doute pas de mémoire qui est Bandera.

 

Bandera était un nationaliste ukrainien, il forma l’O.U.N. une armée ukrainienne antisoviétique, se réfugia à Berlin et collabora activement avec les nazis. Si au début, les troupes qu’il inspira combattirent contre le Soviétiques, par la suite, quand il fut évident que les nazis allaient perdre la guerre, ses combattants – dont certaines unités calquées sur le mode des partisans – se tournèrent aussi bien contre les soldats de l’Armée rouge que de la Wehrmacht. J’ai connu personnellement un Juif, rescapé du ghetto de Lvov {Lemberg en allemand, Lviv actuellement, la ville de Bandera en fait} qui a combattu dans une unité de partisans de Bandera. Il m’a confié que si ces combattants avaient su qu’il était juif, il aurait été tué sur-le-champ. Car ces nationalistes ukrainiens étaient également férocement et farouchement antisémites, un antisémitisme primaire, viscéral qui conduisit maintes fois à des poussées de violences à l’égard des Juifs ou même de pogroms spontanés en Ukraine.

 

Les Ukrainiens actuels ont toutes les raisons historiques de haïr les Russes. Sous Staline et à son instigation, une gigantesque famine fut orchestrée en Ukraine au début des années 30. L’Ukraine était déjà alors le grenier à blé du pays tout entier. Et, le Parti communiste aidé par le NKVD et des milliers de membres du parti enthousiastes aux pouvoirs de vie et de mort sur les Ukrainiens, partirent donc dans cette république socialiste ukrainienne pour voler – au profit de la Russie - tout son stock de blé, d’autres produits agricoles et bétail. Les gens – les Ukrainiens – crevèrent de faim par millions. Et ceux qui refusaient de céder leurs provisions étaient fusillés sur-le-champ. Il y a sur la Toile des photos de cette époque, de gens morts en rue, de famine. Orchestrée par Staline.

 

Facile donc de comprendre la haine actuelle des Ukrainiens envers les Russes. Mais facile aussi de comprendre la haine des Russes et russophones de l’est de l’Ukraine à l’égard des Ukrainiens, car en Ukraine, les Allemands furent accueillis en libérateurs, avec des fleurs et du pain et du sel. Les Ukrainiens collaborèrent en masse avec les nazis, hommes engagés dans les deux branches indépendantistes, mais aussi dans des divisions SS ainsi qu’en tant que Hilfswilliger {‘volontaires’ formés au camp de Trawniki, dans le langage historique de l’Holocauste, on les qualifie du diminutif Hiwi(s)). Je lis actuellement un livre historique sur le camp d’extermination de Belzec en Pologne {là où périt toute la famille de ce Juif de Lvov que j’ai connu}, outre les SS, les gardes du camp qui participèrent à la conduite vers les chambres à gaz et au vol organisé des biens des Juifs étaient des Hiwis ukrainiens. Réputés pour leur barbarie à l’égard des détenus ou condamnés à mort juifs. Et pas seulement à Belzec, ils furent également à Sobibor et participèrent aux rafles du ghetto de Varsovie de juillet à septembre 1942.

 

Ce qui m’avait déjà frappé à l’époque des manifestations de Maïdan {on ne dit pas place Maïdan, c’est un pléonasme}, c’est qu’un jour une caméra avait capté et m’avait montré un mot écrit sur un mur de cette place emblématique de la lutte pour l’émancipation et la démocratie des Ukrainiens : СОТНЯ. Sotnya {littéralement ‘une centaine’ soit escadron de Cosaques} est un mot chargé de douleur pour les Juifs car les escadrons (sotnya) de Cosaques avaient une spécialité : les pogroms. Qu’en pleine révolution que chantèrent et louèrent nos chantres bobos de Paris, on ait pu voir un tel graffito indique à suffisance que l’antisémitisme presque ancré dans l’ADN ukrainien n’était pas mort du tout.

 

Que maintenant des groupuscules fascistes soutenant le gouvernement actuel de Kiev puissent en toute légalité et impunité défiler pour honorer le centenaire de la naissance de leur héros Bandera, que ce même Bandera ait sa statue à Lviv {Lvov, Lemberg} tolérée par les trois derniers présidents ukrainiens, n’étonneraient que les bobos parisiens chantres des talk shows télévisés pour qui le poids de l’histoire est de peu de poids quand il s’agit de faire des raccourcis. Lvov est une ville symbole où fin juin 1941, entre 4.000 et 5.000 Juifs furent les victimes d’un pogrom spontané commis par des Ukrainiens. Et qu’une statue de Bandera soit plantée là dans cette ville à l’histoire sanglante, la statue d’un homme dont les partisans n’hésitèrent jamais à tuer des Juifs, est un camouflet pour la démocratie et le respect des valeurs humaines. En 2009, des calicots honorant la division SS ukrainienne ‘Galicie’ furent exhibés aussi à Lviv,[1] et une marche en l’honneur de ces glorieux combattants SS fut à nouveau organisée dans cette ville en 2013. Dans son livre sur l’EI (IS), l’ex-journaliste maintenant pensionné Jef Lambrecht parle aussi d’autres événements récents. Que dit-il à propos du leader de Svoboda Son leader, Oleh Tyahnybok, qui voulait libérer son pays de la mafia juive-moscovite…’ {page 227, traduit par moi du néerlandais}.

 

On peut comprendre que nombre de pays de l’Est libérés du joug soviétique et qui ont compté leurs victimes du Stalinisme et de ses successeurs par dizaines de millions, éprouvent de la haine à l’égard de la Russie et également à l’égard de cette Russie de maintenant de Poutine qui – à leurs yeux – se distingue à peine du grand-frère soviétique. Et je suis d’accord avec eux. La souffrance des victimes du communisme est égale à ce qu’ont subi les victimes du nazisme, même si les méthodes furent essentiellement différentes, mais la douleur n’a pas de frontières.

 

Mais, il y a une ligne rouge à ne pas franchir. Reconnaître que les victimes du communisme peuvent se compter par dizaines de millions ne doit pas aboutir à honorer, par pur esprit rétrospectivement revanchard, le nazisme et les collaborateurs des nazis dans les pays baltes, en Ukraine, Biélorussie, Slovaquie, Hongrie. Cette équité avec des relents pronazis et protofascistes qu’imposent certaines ex-républiques soviétiques est criminelle. Vouloir parler des victimes du communisme en mettant en exergue des collaborateurs nazis est une falsification et une réécriture de l’histoire, qui échappe à nos bobos parisiens et journalistes belges.

 

Pourquoi voit-on maintenant des statues de personnes au passé fasciste apparaître dans certains pays de l’Est : outre Bandera à Lviv, Horthy à Kereki en Hongrie {l’amiral Horthy fut le chef du gouvernement collaborateur}, sinon par nostalgie du bon vieux temps où on était pronazi ? En Lettonie, outre une statue en l’honneur des SS à Bauska et la marche annuelle du 16 mars, on a honoré le fasciste Cukurs, un criminel de guerre, second du Kommando Arājs responsable de dizaines de milliers de meurtres de Juifs en Lettonie et dans des pays limitrophes. Un musical en son honneur a été un succès en Lettonie. En Lituanie, un film en l’honneur des Frères de la Forêt a été un immense succès de même qu’aux USA. Les Frères de la Forêt, ce sont ces hommes, ces Lituaniens opposés au communisme qui ont combattu dans le maquis, après l’occupation par l’URSS de leur pays, contre les troupes du NKVD et plus tard le MVD.[2] Le seul problème, et tous les observateurs juifs sont d’accord à ce sujet, c’est que ces Frères de la Forêt n’acceptèrent jamais de Juifs dans leurs unités de ‘partisans’ durant la Seconde guerre mondiale, ou les tuaient quand ils savaient que des rescapés de ghettos ou de camps de la mort étaient Juifs. Par antisémitisme rabique.

 

Qu’est-ce que le fascisme ? ‘Système politique visant à instaurer un régime autoritaire, nationaliste, totalitaire, comparable au fascisme.[3]

 

Sans que certains pays de l’Est ne puissent vraiment être catalogués comme fascistes, on ne peut s’empêcher de constater avec horreur dans quelles dérives totalitaires, parfois antidémocratiques et souvent nationalistes, des nouvelles démocraties comme la Hongrie, la Pologne, se sont engagées récemment. Toutes deux maintenant franchement xénophobes avec en Hongrie le parti Jobbik lui antisémite en plus. Le flirt nostalgique pour des figures de collaborateurs des nazis qu’entretiennent certains pays comme la Lettonie, la Lituanie, l’Estonie, l’Ukraine, devrait nous faire frémir.

 

Mais, la vue à court terme parmi nos intellectuels bobos, bien-pensants et partisans du politiquement correct, c’est que l’Ukraine, par exemple, est engagée dans un processus démocratique que nous devon soutenir. Les Ukrainiens sont les nouveaux chevaliers blancs de l’Europe qu’il faudrait intégrer à l’UE et à l’OTAN. Quitte à gommer son passé peu glorieux et cet effroyable soutien que les trois derniers présidents du pays vouent à des personnages pronazis tels Bandera, cet honneur qu’ils ont rendu aux valeureux combattants de la division ukrainienne SS ‘Galicie’, cette tolérance totale vis-à-vis de mouvements vraiment fascistes et antisémites tels Svoboda et Pravy Sektor. C’est purement dégoûtant et quand des spécialistes de ces problèmes, tel le journaliste et historien Alexandre Adler par exemple, paraissent sur un plateau et remettent les pendules à l’heure de la vérité historique, certains bobos le considèrent comme prorusse.

 

Même si on critique et à juste titre Poutine pour le danger et les actes internationaux criminels qu’il a soutenus, doit-on automatiquement embrasser des causes pronazies ou des démocraties aux relents peu démocrates quand il s’agit de respecter certaines valeurs humaines et le respect dû aux victimes du nazisme ?

 

C’est là un raccourci intellectuel dangereux pour la démocratie, les valeurs humaines et le respect que l’on doit tant pour les victimes du communisme que de celles du nazisme.

 

[1] Article sur le Net dans ResistanceS, de 2009

[2] Police secrète soviétique

[3] Petit Robert