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05/01/2012

On ne joue pas de théâtre sur un cimetière

« On ne joue pas de théâtre sur un cimetière »

 

Voilà la phrase qui était placardée sur des affiches dan le ghetto de Vilnius (Lituanie)

 

Alors que les habitants juifs de Vilnius et des bourgades environnantes avaient été regroupés dans un ghetto et que les premiers massacres avaient déjà eu lieu, alors que les Juifs devaient « produire » et travailler au sein d’Arbeitskommandos, la vie culturelle s’organisait.  On avait créé des écoles, des orphelinats, des clubs de jeunes, puis on créa un théâtre qui, lui, fit l’objet de critiques.

 

Quand je lisais des ‘journaux’ tenus par des Juifs ayant connu les affres du ghetto de Varsovie ou que je lisais des récits historiques ou de survivants à ce sujet, j’ai toujours été frappé par l’effervescence de l’activité culturelle que les Juifs prisonniers de ghettos y déployaient.

 

C’était un peu comme s’ils n’avaient pas pu vivre sans culture.

 

On sait que dans les stalags et oflags, on organisait aussi et de manière très régulière, des soirées culturelles.  On sait que certains prisonniers dont l’expertise dans certains domaines était reconnue ou avérée, donnaient des cours aux autres prisonniers de guerre.  Dans cet univers carcéral – certes moins effrayant que celui des ghettos ou de Birkenau puisque l’objectif n’y était pas l’extermination -, il y avait donc, d’une part des hommes soucieux d’inculquer ce qu’ils savaient et, d’autre part, d’autres hommes soucieux d’apprendre.

 

Soljenitsyne écrivit une bonne partie des récits de zeks qu’il entendit du temps de son incarcération dans l’engrenage du goulag dans sa tête. Evguenia Guinsbourg (ayant décrit l’univers impitoyable de la Kolyma) fit de même car les zeks étaient astreints à des fouilles régulières. D’autres détenus des geôles soviétiques composèrent des œuvres poétiques, voire littéraires, dans leur tête.

 

J’ai un jour lu en anglais le récit d’un Américain qui a fait du goulag.  Durant des semaines, il a subi des tortures psychologiques et physiques.  Par exemple, durant des semaines, on lui interdit de dormir.  Ingénieux, notre gars mit en place un système astucieux qui lui permit de dormir des microsecondes, voire microminutes.  Et, par ailleurs, pour se tenir en forme, il tenta – avec succès – de se rappeler ses cours d’université.

 

Cela laisse rêveur…

 

Ce courage, cette foi en la postérité, ces faits de mémoire assez prodigieux, ce besoin qu’ont certains êtres d’exception de se tenir en formes physique et mentale.  Cette volonté de demeurer un animal cultivé alors qu’autour de soi l’univers est constitué de bêtes qui en sont réduites à leurs plus bas instincts, tout cela c’est admirable.  Ou, dans les ghettos, alors que la mort menaçait à tout moment, ces gens trouvaient encore l’énergie spirituelle suffisante pour produire de la culture ou en recueillir les fruits.

 

Et, mon rêve s’arrête brusquement lorsque je pense à notre époque actuelle.  Si Goebbels vivait encore, il ne devrait plus tirer son revolver de son étui pour combattre cette culture qu’il vilipendait.

 

Aucun besoin, la culture a fichu le camp, toute seule.

 

Il suffit pour s’en convaincre de lire ce que bloggeurs et apprentis-politologues écrivent sur les différents forums que nous distille internet.  Outre l’orthographe dont il vaut mieux ne pas parler, souvent, on ne lit que des platitudes d’un niveau dont on doute qu’il puisse être au minimum celui de quelqu’un qui aurait terminé ses humanités avec fruit.  Arguments de piliers de bistrots, insultes gratuites et en tous genres, revendications sans pour autant qu’il y ait chez une majorité d’internautes donneurs d’avis la moindre substance politique, historique, sociale ou culturelle à la base pour étayer ce qu’ils affirment péremptoirement.

 

Mais, quand on examine ce que nous offre le média le plus utilisé par l’homme de notre temps – la télévision – et quelles sont les émissions les plus regardées, on peut à vrai dire se poser la question : pourquoi les cinquante/soixante années qui séparent de nous ces prisonniers de ghettos ou de goulag épris de culture au point d’y consacrer leurs maigres forces, ont-elles tant changé les mentalités ?

 

Ou, pour conserver le désir de se cultiver envers et contre tout, faut-il des circonstances particulières ?  Et, quand on cherche à se cultiver au sein de ce désert d’acculture généralisé, est-on nécessairement un Martien, un anormal ?

 

Depuis les années soixante, notre monde moderne n’a eu de cesse de prôner la civilisation des loisirs.  Je suis le premier à y croire et depuis des décennies.  Puisque déjà, du temps de mon activité professionnelle, je me cultivais passivement (lecture, musique, opéra, concerts, visites de musées ou de villes culturellement intéressantes) et, aussi, j’écrivais et je faisais de la musique en musicien amateur.  Depuis que je suis pensionné, j’ai accru ces types d’activité.  Je connais d’autres personnes qui, arrivées à l’âge de la retraite, ont conservé une activité considérable sur le plan culturel.

 

Peu, c’est vrai.

 

Néanmoins, il ne faut pas se leurrer.  Lorsqu’on voit que Pirette est l’un des comiques préférés des Belges ; lorsqu’on voit certaines images de bêtisiers que l’on passe comme des musts télévisés ou qu’on voit le succès d’une émission comme ‘the Voice Belgique’, lorsqu’on voit les taux d’audiences de séries d’un misérabilisme culturel crasse, on peut se poser des questions sur le niveau culturel moyen de nos concitoyens.  Arte qui était un outil culturel tombe dans le tohu-bohu du nivellement par le bas.  Il y tant d’anciens films à haute teneur culturelle (je pense aux Cassavetes, Bergman, Buñuel, le père Penn etc.), il y a tant de documentaires culturels, sociaux, historiques, il y a tant de versions filmées d’opéras ou de concerts de jazz, de concerts de grands chefs ou de solistes d’exception de musique classique (pensons à Rubinstein, Heifetz, Oïstrakh, du Pré, etc…).  On pourrait, idéalement, remplir des programmes de chaînes grand public durant des mois de films, documentaires, retransmissions de concerts ou d’opéras, sans jamais lasser un public averti.  Et, surtout, en ne passant pas que cela puisqu’il faut du divertissement (entertainment).

 

Public averti ?

 

Y a-t-il en l’être humain contemporain un gène régressif pour la culture ?

 

Ce qui, en d’autres mots, voudrait dire que nous naîtrions nanti d’un solide bagage génétique à vocation culturelle et que, grandissant dans un monde aculturé (alpha privatif) à outrance, les jeunes de maintenant en viendraient avant tout à privilégier le clinquant, le kitsch, le bling-bling, le superficiel, le fun, le divertissement populaire plutôt que la culture.  Parce que – et j’en sais quelque chose – s’astreindre à la culture, c’est y consacrer des heures et des heures qui se comptent par milliers, d’écoute attentive, de vision intéressée, de lecture captivante, di visites de musées et/ou de monuments.  L’esprit sans cesse en éveil, sans cesse à la découverte du neuf, de l’inédit.  Sans tenir compte des modes, des suggestions de magazines spécialisés ou de cotations.

 

Récemment, je disais à une amie de mon épouse que j’étais capable de reconnaître des musiciens de jazz qui ont marqué l’histoire de cette forme d’art de leur passage (Charlie Parker, John Coltrane, Eric Dolphy, Coleman Hawkins, Art Tatum, Sidney Bechet, Johnnie Dodds, Oscar Peterson et Keith Jarrett, Petrucciani en piano solo) ; je puis aussi reconnaître certaines œuvres classiques ou extraits d’opéras dès les toutes premières mesures.  Il ne s’agit pas là de quelque chose d’exceptionnel de ma part ; cela résulte du fruit de milliers d’heures d’écoute de musiques en tous genres, d’accoutumance musicale et de culture.  Car, la musique pour moi – hormis le fait que je sois musicien amateur sans pour autant avoir l’oreille absolue -, ce n’est pas un hobby ou une occupation.  C’est une passion dévorante, multiforme et essentielle pour ma survie mentale.

 

Lorsqu’on voit qu’un public de téléspectateurs a pu s’engouer pour la Star Ac’ ou maintenant pour ‘The Voice’, (remisant ces émissions dans le domaine ‘culturel’), sans disposer des bases musicales nécessaires à une correcte évaluation des ‘performances’ ou à la jouissance de morceaux bien chantés, simplement parce qu’il s’agit ici d’une forme de voyeurisme, de culture de bistrot, d’appât superficiel, de show.

 

Et puis, plus on se cultive, plus on apprend, mieux on est capable d’évaluer ce qu’on nous passe comme produits culturels.  Dans ma jeunesse, alors que mon oreille musicale était aux antipodes d’une perfection, je n’aimais pas Elvis Presley.  Pas du tout.  Rien de lui.  Après avoir fait évoluer mon oreille surtout grâce à la Callas et à la fréquentation du monde de l’opéra (de Tchaïkovski à Alban Berg en passant par Wagner…), je me suis dit qu’Elvis chantait juste, qu’il avait une belle voix de baryton et une tessiture assez étendue.  Et moi qui aimais les Beatles lorsque j’étais adolescent, je ne peux pratiquement plus les écouter, à cause de leur manque de justesse surtout.

 

En littérature, c’est la même chose.  Certains auteurs sont adulés (Nothomb, Modiano, etc.).  Je les ai lus et je dois dire honnêtement que tant pour la Nothomb que pour le Modiano, s’ils écrivent bien, je considère que leurs œuvres manquent de pertinence culturelle durable.  Quatre mois après avoir terminé la dernière page, on ne se souvient même pas de ce à quoi cela avait eu trait.  Tandis que ‘Ulysse’ de James Joyce que je lus pour la première fois en anglais au début des années 70, ou ‘Orange Mécanique’ de Burgess, lu à la même époque, me sont restés en tête tels des balles incrustées dans ma mémoire éternelle.  Je connais Joyce Carol Oates depuis la fin des années 60 et quand je lis une nouvelle œuvre de cet écrivain qui aurait déjà mérité le Nobel depuis belle lurette, je suis à chaque fois ébahi de son talent, de sa prodigieuse capacité de production dans des genres et styles différents.  Je lis en ce moment ‘’What I lived for’ (Ce pourquoi j’ai vécu) où cette remarquable femme crée un personnage d’homme, de politicien américain d’origine irlandaise, un fornicateur impénitent, blasphémateur, buveur, prompt à s’exciter, un mec qui est sur une pente de dérapage psychologique dangereuse, un portrait vraiment d’une réussite humaine étourdissante, et je crois que ce roman me restera en tête comme un phare indestructible.  J’éprouve la même admiration émerveillée lorsque je lis ce que Philip Roth continue à produire en termes d’excellents romans.

 

Mais voilà, la publicité, le bling-bling, l’attrait de la superficialité des choses, font en sorte que les téléspectateurs actuels, les lecteurs actuels, les ‘mélomanes’ actuels, se rueront plutôt sur ce dont on parle plutôt que sur les véritables objets culturels.  C’est pourquoi aussi, l’offre vraiment culturelle à la télévision est à la baisse.  On ne rend pas les gens idiots, on répond à un besoin d’idiotie.

 

Savez-vous qu’en Flandres on vend énormément de livres ?  Dont la majorité est constituée de livres de cuisine !  Et, par ricochet, on en assimile presque la cuisine à de la culture puisque maintenant en lieu et place d’émissions culturelles, la nouvelle vague veut qu’on assiste à ces scènes de ‘chefs’ préparant leurs mets que des personnes triées sur le volet dégusteront.  Quelle est la valeur culturelle de tels programmes ?  Regardez la liste des films les plus populaires aux States : rien que des films d’aventures dans le futur, ou des films d’action que des neurones paresseux peuvent suivre sans aucune difficulté.  Regardez la liste des émissions francophones les plus suivies en Belgique ?

 

À se flinguer !

 

Avant, dans les ghettos, au goulag, dans les stalags et oflags, on se cultivait.

 

Actuellement, on remise la culture dans des ghettos culturels pour une élite en voie de disparition.

 

Et, quand on a le malheur d’être cultivé et de vouloir continuer à le faire, envers et contre tous, on a l’impression d’être des rejetés, des handicapés mentaux…

 

Pauvres hommes !

12:22 Publié dans Belgique, Culture, Perso | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : culture

18/12/2011

'The Pacific', série US sur la guerre contre les Japonais

Je viens de regarder – en retard comme souvent – la série américaine ‘The Pacific’ et je dois dire que j’ai été renversé.  Émotionnellement.  Intellectuellement.  Artistiquement.  Rarement ai-je eu le privilège de voir une série américaine de guerre aussi réussie, tant du point de vue de la trame (car il n’y avait pas que des combats incessants), que de la perfection du choix des acteurs et des destins – fondés sur ceux de soldats réels – qu’elle met en exergue.

 

Il est de bon ton, souvent parmi les milieux de gauche ou gauchisants, de dénigrer tout ce qui vient des States et, a priori, les films de guerre.  Pour s’en convaincre, il suffit de lire les commentaires rédactionnels de Moustique (« Notre avis »), quand il s’agit de films de guerre US, commentaires souvent inspirés non pas d’un sens de la critique cinématographique pure mais d’un antiaméricanisme primaire.  Ainsi dans le no. 48 pour ‘Black Hawk Down’, ils indiquaient « Un film de guerre efficace mais tendancieux ». {assez bizarrement le même commentaire mot à mot revient dans le no. 49 pour « Les Messagers du vent » comme si Moustique n’avait en fait qu’un label – gauchisant  pour les films du guerre US }.  Black Hawk Down’ est un film certainement tendancieux mais raté.  Lorsqu’on voit les scènes de combat qu’il décrit et qu’on a déjà lu des centaines de récits réels de guerres et vu des documentaires réels, on se rend tout de suite compte de l’imbécillité de la mise en scène.  Que le film ait été tendancieux, oui avec un grand oui puisque d’une ignominieuse défaite (près de 12 heures de combat pour sortir un ‘platoon’ d’un encerclement par des amateurs africains armés – aucun racisme larvé ici, les Africains, d’un point de vue strictement militaire ne sont pas très efficaces), ce film en refit une victoire US éternelle.  Ou comment récrire l’histoire mondiale !

 

Moi-même qui ai toujours eu un grand intérêt pour les films de guerre, j’ai souvent été déçu lorsque je voyais des films de guerre américains, sauf pour certains d’entre eux sortis il y a très très longtemps, dans les années 50 comme par exemple ‘Pork Chop Hill’ sur la guerre de Corée,  The Battle of the Bulge retraçant la bataille des Ardennes avec un décor neigeux s’il-vous-plaît.

 

Il a fallu attendre l’avènement des premiers films sur la guerre du Vietnam (‘Platoon’, Hamburger Hill’, ce dernier réalisé par un Britannique) pour que les films de guerre américains dépassent le stade de l’approche parodiquement comique.  Ce réalisme du film de guerre semblant authentique, d’autres nations cinématographiques l’avaient réussi de manière bien plus prenante.  Pour la Première guerre mondiale il y eut notamment les inoubliables et classiques « 4 de l’infanterie » de Pabst, « A l’Ouest rien de nouveau » de Lewistone, et « Les Croix de bois» réalisé en 1931 qui contient de superbes scènes d’attaques d’infanterie française et de combats rapprochés.

 

Quant à la Deuxième guerre mondiale et de certains conflits coloniaux, il y eut l’allemand ‘Die Brücke (le Pont, que je vis à l’âge de dix/11 ans !), le soviétique ‘Osvobojdenye’ (Libération), le français ‘La 317e Section’, le réalisateur italien qui a réalisé ‘La Bataille d’Alger’, ou ‘L’ennemi intime’ ces deux derniers sur le conflit en Algérie.  Deux très bons films furent également réalisés sur la guerre civile en Espagne, ‘Land and Freedom de Ken Loach, le second un véritable chef-d’œuvre méconnu « Libertarias’ de Vicente Aranda (sorti aux States sous le titre de « Juegos de Guerra »). Puis, pour l’Holocauste, il y eut l’inoubliable, ‘La Liste de Schindler’ de Spielberg.  Un film certes destiné à sortir les mouchoirs mais qui eut l’éminent mérite de montrer ce que furent les véritables rouages de la machine nazie à tuer des Juifs.

 

Stephen Spielberg réalisa ce fameux film sur le débarquement en Normandie et la recherche du soldat Ryan, avec Tom Hanks en vedette plus réelle que nature.  Un film époustouflant de réalisme, aux antipodes de cet autre film relatif au débarquement (Le Jour le plus long) avec John Wayne et tant d’autres vedettes, célébrant l’héroïque débarquement anglo-saxon en Normandie avec l’accent bien plus sur l’héroïsme des troupes alliées que sur la réalité des combats et le fait que la réussite de cette incursion militaire n’ait tenu qu’à très peu de choses puisque les soldats allemands étaient tout autres que les parodies qu’on montrait d’eux.

 

Puis, autre miracle, St. Spielberg et T. Hanks s’associèrent pour produire ‘Band of Brothers’, une série de HBO décrivant l’âpreté des combats ayant mené à la victoire sur le front de l’Ouest.  Une série qui rencontra un succès bien mérité et qui montrait les Allemands comme combattants audacieux, courageux mais fanatiques.

 

Je me suis intéressé depuis ma préadolescence à ce qui était anglo-saxon, à l’anglais, ce qui fit que très naturellement, je m’intéressais à ce que les Américains ont appelé « le théâtre des opérations du Pacifique », c’est-à-dire à la lente et sanglante reconquête d’îles et d’îlots tombés aux mains des Japonais dès après l’attaque surprise de Pearl Harbor.  Que les Japonais aient été fanatisés à outrance, on le sait.  Mais bien peu de gens savent à quel point l’endoctrinement des militaires et des civils japonais fut d’une profondeur sans égale, endoctrinement qui eut inévitablement un impact sur la manière de se battre des ‘Japs’.  Lors de l’attaque de Pearl Harbor le 7 décembre 1941, le Japon avait à peine émergé depuis près de 80 ans d’un isolement culturel, social, économique, l’ayant rendu proche de l’autarcie absolue.  Les soldats, marins, aviateurs, nippons du début des hostilités (commencées en Mandchourie et par le viol de la Chine elle-même vers la fin des années 30), étaient encore tout droit imprégnés de l’esprit du bushidō et de celui guidant les actions des samouraïs.  L’Empereur du Japon était de descendance divine, sa parole était sacrée et exigeait l’obéissance absolue.  Les gouvernements fasciste au pouvoir étaient dirigés par des militaires qui n’avaient qu’une idée en tête, refaire du Japon une puissance mondiale et mettre sous mandat économico-militaire tous les territoires du Pacifique à l’Asie du Sud-Est.

 

La série ‘The Pacific’ indique d’une façon réaliste et parfaite comment de jeunes volontaires idéalistes et naïfs engagés dans le ‘US Marine Corps’ descendent petit à petit toutes les marches conduisant à l’enfer.  L’enfer personnifié par  les soldats japonais qui se battent jusqu’à la mort, qui font des charges aux cris de banzaï (qui signifie en japonais ‘mille vies’ : destinées à l’Empereur), qui usent de subterfuges, dissimulant des grenades sous des blessés, des morts (des booby traps), usant parfois de civils derrière lesquels ils s’abritent pour mieux surprendre les Marines, faisant semblant de se rendre pour se faire harakiri, collectivement avec quelques soldats US par la même occasion.

 

Cette série montre ainsi comment des Américains moyens passent d’une forme humaine de combats, se transforment peu à peu en machines à tuer du Jap pour, finalement et dans certains cas, revenir à une forme d’humanisme.

 

Stanley Kubrick avait réalisé un film sur les Marines (‘Full Metal Jacket’), mettant surtout l’accent sur cette forme d’endoctrinement durant boot camp (l’instruction militaire) qui, chez les Marines est l’une des plus déshumanisantes formes de modelage de soldats existantes (n’oublions pas qu’à la Légion étrangère, chez les anciens Spetsnaz soviétiques, les SAS britanniques, les Rangers américains, etc. ce n’était pas triste non plus), mais ce que Kubrick passa sous silence c’est que chez les Marines l’esprit de corps aboutissait à une véritable camaraderie entre soldats volontaires, une camaraderie qui allait jusqu’au sacrifice de soi pour sauver d’autres vies de ‘fellow Marines’.  L’antimilitarisme à outrance de Kubrick lui avait fait perdre de vue que chez les Marines, il pouvait y avoir des formes d’humanité, entre eux et pour eux, au mépris de leur propre vie toutefois.  La coda du livre ‘Citadel’, de Dale Dye, dont le film s’inspirait, était à cet égard frappante.  De nombreux soldats risquèrent leur vie et moururent ou furent blessés pur sauver l’un d’entre eux, touché en premier.

 

Dale Dye que l’on a retrouvé d’ailleurs en tant que conseiller militaire pour cette série ‘The Pacific’.

 

Dans cette série, outre le destin malheureux de John Basilone, héros malgré lui, embarqué dans une entreprise de récolte de fonds d’état américains pour la guerre (US War Bonds) mourant de manière héroïque à Iwo Jima, j’ai surtout aimé la figure et le destin d’Eugene B. Sledge, cet Américain tranquille, pas trop viril, souffrant d’un souffle au cœur l’empêchant de s’engager puis qui le peut lorsque son père médecin a constaté qu’il n’y a plus de souffle au cœur.  La descente aux enfers de Sledge commence à Peleliu et se terminera à Okinawa.  Confronté à la violence aveugle et fanatique des soldats japonais, Eugene descendra graduellement mais sûrement tout aussi bas qu’eux et ne pensera désormais plus qu’à une seule chose, tuer le plus possible de Japs tout en préservant sa propre vie et non son âme car dans un tel univers qui pourrait jamais parler d’âme ?.  Finalement, confronté à une mère japonaise mourante – après que son enfant eut été recueilli par un Marine - qui le suppliait par gestes de la tuer, Eugene B. Sledge refusera et, de manière surprenante, la serrera contre lui pendant les derniers moments de sa vie.  Et, pour confirmer cette lente remontée vers l’humanisme, il refusera de tuer un adolescent nippon se rendant (enguirlandant un autre Marine qui se l’est fait comme lors d’un tir aux pipes), puis, rendu à la vie civile, refusera de tuer des animaux à la chasse avec son père, craquant, pleurant.

 

La série HBO décrit d’une manière hyperréaliste l’âpreté des combats, l’engrenage vicieux d’une sauvagerie réciproque (des Américains qui détroussent des cadavres japonais de leurs dents en or…), le retour presque normalisé de la loi du talion, le lent cheminement vers la robotisation du meurtre en série en tant que réflexe des Marines, la fatigue débilitante, les maladies exotiques, l’adversité du climat, la gadoue, la pluie parfois incessante.

 

Mais, d’autre part, pour moi qui aime l’anglais, j’ai remarqué que le vocabulaire utilisé était bien celui des Marines (basé sur celui de la Navy), comme quand par exemple quand on dit ‘Gunny’ au sergent-instructeur au lieu de ‘Sergeant’, ‘Corpsman’ pour ‘Medic’, Skipper’ au lieu de ‘Captain’ ‘Chow’ pour ‘Food’, « Deck » pour ‘sol’ ‘par terre’.  Ce qui se dégageait aussi de cette série, c’était que les Marines conservaient une certaine forme d’humour noir et cynique, une façon pour eux d’évacuer leurs stress et peurs.

 

J’ai aussi beaucoup aimé la figure de ‘Snafu’ (qui, en argot américain signifie : situation normal, all f…ed up’ = situation normale toute chaotique), un dur des durs, insensible à tout, avec un accent du sud typique.  Et, vers la fin, quand Sledge apprend via une lettre qu’il a perdu son chien et qu’il en est tout triste, Snafu se rapproche de lui au point de se coller contre lui, une forme de camaraderie et d’empathie par touches fines qu’ont parfaitement réussies les réalisateurs de cette série.

 

Une des autres réussites de cette série à l’opposé de ‘Band of Brothers’, c’est qu’elle montre les principaux personnages de la série dans leur vie civile préalable à l’engagement, elle les montre se transformant en machines de guerre, puis elle relate leurs difficultés (surtout Eugene Sledge) lors du retour à la vie civile et comment, pour certains, passer d’un état de vigilance permanente vingt-quatre heures sur vingt-quatre à ne rien faire, à ne se faire aucun souci, à ne plus être commandé en permanence ni risquer sa vie à chaque instant, put être déconcertant pour certains.

 

Et cerise pour le gâteau pour moi, j’ai ainsi appris que les Marines Sledge et Leckie (autre héros torturé apparaissant surtout dans la partie ayant trait à Guadalcanal et dans la partie psychiatrique du récit) ont mis leurs récits par écrit, livres que j’ai bien évidemment commandés via Internet.

 

Il ne faut tout de même pas mourir idiot ni aveugle !  Parce que, au fond, c’est grâce au courage et à l’abnégation de types comme Basilone, Leckie, Sledge, Snafu, que nous devons d’être et de vivre libres en Belgique.  S’ils n’avaient pas enduré ces énormes sacrifices humains et mentaux, nous en serions encore à saluer le drapeau à swastika…

 

25/11/2011

Alexandre Soljenitsyne - l'écrivain et penseur

Alexander Soljenitsyne est un écrivain que j’apprécie à sa très juste valeur.  Beaucoup de lecteurs et de critiques, obnubilés par son œuvre magistrale ‘L’Archipel du Goulag’ ont eu tendance à minimaliser ses qualités de romancier.  D’autres, ont imputé son Prix Nobel à son courage et son combat politiques et non à ces qualités d’écrivain, de romancier.  Ce ne serait pas la première fois.  Je lis en ce moment Orhan Pamuk, l’écrivain turc, autre Prix Nobel ; et, malheureusement pour moi qui ai une expérience de plus de 50 ans de lecture sérieuse d’auteurs, dans 5 langues différentes, je ne vois a priori, rien chez lui du point de vue du style ou des trouvailles linguistiques qui eût mérité un Prix Nobel.  Sauf, que dans « Neige » par exemple, il parle du danger intégriste en Turquie, du port du voile, du combat entre gouvernement tendant vers les ‘islamistes’ et opposition de gauche ou athée de plus en plus démunie contre la montée des extrémismes, sujets intéressants.

 

Chez Soljenitsyne j’ai aimé « Une journée de la vie d’Ivan Denissovitch », un petit roman remarquable car il montrait ce qu’était en réalité une journée complète au sein du Goulag, il montrait combien de petites joies (un peu de nourriture de rabiot, un endroit à l’abri du vent pour travailler à des travaux de maçonnerie et un poêle où se réchauffer de temps à autre, des codétenus corrects…), étaient susceptibles de faire oublier un jour de plus dans ce premier ou deuxième cercle de l’enfer.  Un autre de mes romans favoris reste ‘Août 14, un chef-d’œuvre incontestable.  Il dépeint le début de la campagne russe de Tannenberg en Prusse orientale lorsque, dès le début de la Première guerre mondiale, un peu par hasard, les troupes russes battirent les troupes allemandes, les repoussèrent, ensuite survinrent ces grains de sable d’inorganisation, de manque de renseignements (ou d’idées), de suffisance, de têtes dures, qui firent en sorte que de victoire absolue, cette campagne se solda par un échec cuisant.  En la figure centrale d’un officier russe, envoyé secret du Grand-Duc (qui souhaitait être informé par quelqu’un de confiance de la situation réelle sur le terrain), on a là un héros digne des meilleurs romans, un idéaliste, un homme courageux qui n’hésite pas à prendre des initiatives, à organiser lui-même des points de défense, ou des retraites ordonnées, sans lésiner sur sa propre vie.  Un ‘héros’ un peu pareil à Pierre dans ‘La Guerre et la Paix’, permettant via son regard d’observateur indépendant de se faire une idée précise d’une campagne désastreuse pour la Sainte Russie.  Tout cela écrit dans une belle langue.

 

Pourtant, si j’aime Soljenitsyne, le romancier, l’auteur du ‘Goulag’, il y a certaines de ses opinions qui me donnent envie de vomir.  Dans le tome 3 de ‘L’Archipel du Goulag’ (que je relis pour une dernière fois), je suis tombé sur les passages suivants :

 

-         « sont particulièrement proches de mon âme, les Estoniens et Lituaniens (…) Ils ne faisaient de mal à personne, vivaient paisiblement de façon organisée, avec plus de moralité que nous…(…) à l’égard des Lettons, mon attitude est plus complexe.  Il y a dans leur cas, une sorte de fatalité.  Car c’est bien eux qui ont semé. »

-         « Et les Ukrainiens ?  Nous avons cessé depuis longtemps de dire «’nationalistes ukrainiens’, nous nous contentons de dire ‘bandéristes’, mot qui est devenu à ce point injurieux que l’idée ne vient même plus à personne d’essayer d’aller au fond des choses. »

-         « Et même au printemps de 1943, c’est encore un élan général qui accueillit Vlassov dans ses deux tournées de propagande (…)  Je prendrai sur moi de dire : mais enfin, notre peuple n’aurait rien valu, c’eût été un peuple d’incurables esclaves s’il avait raté une pareille occasion, fût-ce de loin, de menacer de son fusil le gouvernement stalinien, l’occasion au moins de brandir son arme et de lâcher une bordée à l’adresse du Père entre les pères. »

 

 

Là, nous avons affaire non pas au Soljenitsyne spécialiste incontesté de l’âme et des méandres du « zek » (détenu) du Goulag, mais au Soljenitsyne rétrograde, celui qui en vertu de son antisoviétisme absolu – que je respecte puisqu’il en a souffert plus que d’autres, dans sa chair comme dans ses corps et âme -, associe tout ennemi de Staline et en fait par un preste tour de passe-passe un ‘ami’ ou, à tout le moins, une cause qui peut être défendue intellectuellement parlant.  Et s’il n’aime pas les Lettons, ce n’est pas à cause de leur antisémitisme, de la collaboration avec les nazis, des meurtres de Juifs perpétrés par des groupements autochtones, au cours de la Deuxième guerre mondiale, non, c’est plus prosaïque.  En 1917, les Lettons formèrent un ‘bataillon letton’ qui devint la faction de gardes du corps de Lénine lui-même.  Dans ce pays libéré du communisme depuis vingt ans maintenant, on peut encore voir à Riga une statue à la gloire de ces ‘fusiliers lettons’.

 

On pourrait excuser certaines des idées de Staline, dont notamment celles reprises ci-dessus, s’il avait écrit son œuvre magistrale (et qui le reste en dépit de certaines critiques à émettre) immédiatement après sa libération ; or ce livre a paru au début des années 70.  Au début des années 70, soit près de 25 ans après la fin de la guerre, on devait tout de même savoir certaines choses en URSS sur les atrocités dont s’étaient rendu coupables les nazis et leurs suppôts dans certains pays. Le livre de Kouznetsov sur ‘Babi Yar’ était déjà paru, il y avait le samizdat, on savait qu’Ehrenbourg et Grossman avaient eu des ennuis pour la publication de leur ‘Livre noir’ relatant les massacres de Juifs en URSS et dans les états annexés par Staline à l’issue de la guerre.  Quels suppôts du régime nazi ?  Les collaborateurs estoniens, lituaniens, lettons, ukrainiens, de Biélorussie, ou de chefs rebelles tels que Bandera (le nationaliste ukrainien) et le général Vlassov.  Soljenitsyne ignorait l’ampleur des meurtres commis par ces collaborateurs et surtout à l’égard des populations juives.  Mais, a-t-il jamais voulu les connaître, lui qui, d’autre part, ne s’est jamais distingué par sa sympathie outre-mesure à l’égard des Juifs ?

 

Un petit rappel : La Shoah par balles (perpétrés par les Einsatzgruppen et des collaborateurs occasionnels ou engagés en Estonie, Lituanie, Lettonie, Ukraine) :

-           80.000 Juifs en Lettonie

-             1.000 Juifs en Estonie

-         135.000 Juifs en Lituanie

-         1 million de Juifs en Ukraine, Russie et Biélorussie.

 

A cela il faut ajouter les communistes, « commissaires politiques » et « partisans », abattus, pendus ou tués par balles, sans sommation et sans procès.  Et, parfois, sous le terme de « partisan », on pouvait y mettre n’importe quel voisin qu’on n’aimait pas, n’importe qui suspecté du délit de ‘sale gueule’, n’importe qui de gênant ou de qui on voulait se débarrasser.

Dans les 3 pays baltes (Estonie, Lituanie, Lettonie), 90 % des Juifs furent exterminés, souvent avec le concours enthousiaste d’une population autochtone franchement antisémite et heureuse de rafler les biens des Juifs tués.

 

Le général Vlassov défenseur héroïque lors de la bataille de Moscou, fut fait prisonnier par les Allemands lors d’un encerclement ; il lui fut proposé de former une armée antisoviétique. Il accepta et combattit avec ses hommes – les vlassoviens, qui, en russe est un terme d’insulte – sous uniforme allemand.  Bien, on aurait pu comprendre à la limite qu’un Russe combattît des Soviétiques avec qui il avait un compte idéologique à régler.  Sauf que souvent, quand on lit la littérature sur l’Holocauste, on rencontre ce terme de ‘vlassovien’, lors de massacres de Juifs, ils ont souvent été utilisés comme gardes de camps de la mort, etc.  Ils furent également employés pour combattre les ‘partisans’ soviétiques.

 

Voici un extrait - situé en Ukraine et conté par une survivante juive (Génia Gouralnik) d’un massacre par balles -  de « La Fosse – La Ferme aux Poux et autres témoignages sur la Shoah en Lettonie et en Ukraine rassemblés par David Silberman », édité récemment – en tirage limité aux historiens, par « The Beate Klarsfeld Foundation » :

 

« Tout annonçait une libération prochaine : les fascistes qui se préparaient pour l’évacuation (…) Le soir arrivèrent, venant du bois, cinq traineaux avec des soldats de Vlassov qui se conduisirent comme les Allemands : ils battaient les passants, pillaient, tiraient.  Les gens se cachèrent dans les fosses, les caves ; quelques-uns filèrent dans la forêt.  Okasana, Marco et moi, nous sommes descendus dans un gourbi creusé dans la cour (…)  Après avoir pillé tout ce qu’ils pouvaient les hommes de Vlassov se dirigèrent vers Popelnia.  Tout redevint tranquille. ».[1]

 

Quant à Bandera, ce nationaliste ukrainien profita de l’arrivée des nazis pour lever une armée de ‘résistants’ qui combattirent les Soviétiques mais qui, par la suite, lorsqu’ils eurent été déçus par l’attitude des nazis, tournèrent leurs armes contre les uns et contre les autres.  Le seul témoignage que j’ai eu de quelqu’un qui a connu les ‘banderovtsy’ de près (autre terme de dénigrement dans la langue ruse) est l’un de mes anciens patrons juifs originaire de Lvov en Galicie orientale, rescapé de ce ghetto et qui fut obligé daller ‘dans la forêt’ pour y rechercher des groupes de partisans.  À l’âge de 16 ans !  De ceux sous la houlette ukrainienne de Bandera, il m’a simplement dit que s’ils avaient su - quand il combattit avec eux, Soviétiques et Allemands – qu’il était juif, ils l’auraient tout de suite tué, car ils étaient d’un antisémitisme basique mais létal.

 

Voilà ce que l’on peut dire de Soljenitsyne.  Un immense écrivain, l’un des tout grands littérateurs du XXème siècle, un documentaliste du goulag exceptionnel.  Cependant, quant à certaines de ses opinions rétrogrades ou insuffisamment informées, il faut les prendre avec des pincettes parce que, excuser un tant soit peu les collaborateurs des nazis – des gens qui causèrent des centaines de milliers de morts d’innocents (rien qu’en Lettonie, on estime que près de 100.000 Juifs furent tués par des collaborateurs lettons, Juifs de Lettonie mais aussi Juifs d’autres pays déportés en Lettonie), – parce qu’ils avaient décidé de prendre les armes contre Staline, excusez du peu, mais cela frise le révisionnisme le plus abject.

 

Il y a actuellement un processus intitulé le « Processus de Prague » qui a fait l’objet de résolutions et de propositions au Parlement européen et au sein de la Commission européenne, tendant, entre autres, à « mettre sur un pied d’égalité victimes du communisme et victimes du nazisme. »   À la base de ces initiatives, il y a les pays baltes, la Hongrie, la Pologne, la Tchéquie, la Bulgarie, la Roumanie, des pays qui ont connu à leurs tragiques dépens l’univers concentrationnaire et la privation de liberté instaurés sous Lénine, devenus système magistral (au sens premier = émanant du Magistère) gigantesque sous Staline et perpétrés par Brejnev.  Bien.  On en arriverait ainsi à retrouver, disons un Letton, qui aurait œuvré durant la Deuxième guerre mondiale comme ‘Schutzmann’ (= policier, c’est la dénomination usuelle des collaborateurs lettons des nazis, engagés volontaires dans ces groupes de tueurs de Juifs), puis qui aurait souffert du communisme, comme victime directe ou indirecte.   Et par un autre tour de passe-passe magique, il faudrait l’honorer – lui le tueur de Juifs – au même titre que ses victimes !  Ou honorer ces volontaires SS lettons qui défilent chaque année à Riga le 16 mars.  Ces SS qui, même s’ils n’ont pas trempé dans les massacres de Juifs, ont, par leur pugnacité à se battre contre les Soviétiques, retardé la libération des quelque 10 % de Juifs rescapés des massacres par balles.

 



[1]Pour ceux que cela pourrait intéresser, j’aurai un article qui paraîtra, sous mon vrai nom, en février 2012 dans la Revue Générale, sous le titre ‘Serge Klarsfeld – l’homme » où je relate l’historique de la parution de ce livre de témoignage de survivants de la Shoah, rédigé par David Silberman et où je dresse le portrait de ce chasseur de nazis, historien/documentaliste de l’Holocauste qu’est Serge Klarsfeld.