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01/04/2013

Quelques dessins...

On dit que certains singes sont capables de dessiner.  Voici quelques dessins un rien inspirés de l'expressionnisme et le contraire de natures mortes, sauf qu'il pourrait s'agir de personnes que je vois mortes de leur vivant...

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20:45 Publié dans Culture, Passions | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : dessins

02/01/2013

Notre pays a besoin de héros

Je souhaite une très bonne année 2013 à mes lecteurs.  Merci de m’accorder un peu de votre temps pour me lire.

 

                                                        *

 

J’ai toujours été fasciné par les comportements héroïques.

 

Dans notre monde actuel dominé par les platitudes habituelles de politiciens routiniers, par l’arrogance et la fatuité des personnes people et VIP n’ayant en vérité rien à confier, lorsqu’on voit à l’occasion d’un fait dramatique que des personnes font fi de leur propre vie et, parfois, en payent les conséquence, cela me laisse admiratif.

 

Ainsi, lors du massacre récent à Newtown dans le Connecticut, la directrice et la psychologue de l’établissement scolaire se sont avancées vers le tueur dès qu’elles ont entendu retentir les premiers coups de feu, pour essayer de discuter avec lui.  Elles ont payé le prix lourd comme certaines institutrices qui ont eu de bons réflexes au bon moment (celui, essentiel, de sauver la vie des enfants qui leur avaient été confiés), l’un d’entre elles ayant également perdu la vie.  Des comportements altruistes face au danger digne de notre reconnaissance et admiration.

 

IL y a près de 30 ans, un accident d’avion dramatique s’était produit à Washington D.C.  Par temps de forte tempête de neige, un avion prêt à décoller ayant fait dégivrer les ailes avait dû attendre trop longtemps avant le décollage ce qui fit que les ailes étaient à nouveau gelées.  Au moment du décollage il était trop lourd et s’écrasa bientôt dans le fleuve Potomac.  Des témoins oculaires virent un homme s’extraire de la carlingue, sauver une personne, puis une deuxième, ensuite une troisième, une quatrième et une cinquième.  Et après avoir tenté de sauver une sixième personne, l’inconnu se noya dans les eaux glacées du fleuve.

 

En septembre 2011, de courageux passagers du vol 93 d’United airlines tentèrent de reprendre le contrôle de l’appareil détourné par des terroristes islamiques.  L’avion s’écrasa mais l’histoire aura retenu les noms des héros qui tentèrent le tout pour le tout.

 

Lisant récemment un livre d’un rescapé du ghetto de Varsovie, je me faisais une réflexion.  Parmi les Juifs qui se liguèrent en automne 1942 et décidèrent de résister à la déportation les armes à la main (la révolte débuta le 19 avril 1943 comme on le sait), il est établi que la plupart des combattants juifs armés étaient jeunes, non mariés et sans charges de famille. Ce furent incontestablement des héros.

 

Par contre de nombreuses voix critiquèrent les Juifs qui se laissèrent déporter dans les camps de la mort comme des moutons.  Et, bizarrement, ce type de critique qu’on pourrait trouver déplacée, se faisait entendre en Israël même, en provenance des Sabras (Juifs nés en Palestine ou Israël) à l’égard des survivants de la Shoah.  Des  critiques qui se turent lors du procès d’Eichmann à Jérusalem, retransmis en direct à la radio, quand les Israéliens de souche réalisèrent l’ampleur et l’horreur de l’Holocauste et l’impossibilité matérielle de se sauver qu’avaient eue les masses de population.  Personnellement, par opposition aux héros de la révolte de Varsovie, je pense qu’un père de famille par exemple, conscient de la charge et de la responsabilité qu’il devait assumer envers son épouse et ses enfants, choisir de ne pas les abandonner alors qu’il aurait pu survivre en les laissant seuls, était en fait un acte de courage, un fait héroïque tout aussi admirable que la révolte du ghetto de Varsovie de l’OJC[1], ou de celle des révisionnistes.[2]

 

J’ai travaillé dix-sept ans dans une firme dont les patrons étaient juifs.  Le plus jeune né en 1927 avait 15 ans lorsqu’il s’échappa du ghetto de Lvov, cette ville polonaise à l’époque située en Galicie orientale. À cet âge-là, il rejoignit les troupes de partisans dans les forêts et, comme il me l’avait dit à de nombreuses reprises, tant pour certains des groupes de partisans polonais que pour les partisans ukrainiens (Lvov, une ville maintenant ukrainienne était alors peuplée à un tiers d’Ukrainiens), s’il avait révélé qu’il était juif, il aurait été tué tout de suite, tant l’antisémitisme y était non seulement répandu mais d’une virulence qu’on ne peut imaginer maintenant.  Puis, il combattit l’arme à la main durant des mois, des années, jusqu’à la libération du pays par l’Armée Rouge.  À l’âge de 15, 16, 17 ans !  Obligé de se battre avec ceux qui l’auraient tué s’ils avaient su qu’il était juif et contre les allemands qui l’auraient tué également pour la même raison.  Une autre fois, m’avait-il confié, son groupe de partisans avait été encerclé par les Allemands, seuls deux partisans survécurent, un autre Juif et lui-même. Quand on pense qu’il n’était qu’adolescent à l’époque !  Un vrai héros.  Méconnu comme des centaines ou des milliers d’autres à cette époque.

 

Pourquoi cette admiration pour des héros, pour des actes héroïques?

 

Sans doute parce que mon père ne fut pas et jamais un héros, quelqu’un digne d’être admiré ?  Et que dans ma vie et surtout dans ma seconde carrière au sein d’une administration fédérale, j’ai été confronté à tant de veulerie et de lâcheté hiérarchique que j’ai besoin de ma ration vivifiante de héros et d’actes héroïques.

 

N’ai-je pas lu il y a quelques semaines qu’un homme était entré dans une maison en flamme pour y sauver des personnes et qu’il avait réussi?

 

N’ai-je pas lu il y a quelques semaines qu’un photographe a filmé à New York la mort d’un homme projeté sur les rails du métro alors que s’il avait fait fonctionner ses neurones au lieu de son appareil à souvenirs marquants, il aurait pu sauver cet infortuné?

 

Malheureusement à une certaine époque, la mode, l’orthodoxie politique, firent en sorte qu’on prit pour modèles de héros des gens qui n’étaient après tout que des serial killers ou des suppôts de serial killers : Che, Mao, Hô, Castro.  Ne parlons pas de ceux qui dans la Russie actuelle ou dans l’ancienne Allemagne de l’est ont la nostalgie du bon vieux temps du communisme.

 

J’ai eu à traduire récemment pour une ONG un article édifiant, d’un chirurgien parti pour quelques semaines dans un hôpital de campagne à Kunduz en Afghanistan.  Relatant ce qui faisait son ordinaire : la chirurgie de guerre, la chirurgie des accidentés de la route et par balles.  Et qui concluait en disant que cela avait été une expérience intéressante, à renouveler.

 

Si on cherche autour de soi, des héros on en trouve en grand nombre.  Femmes seules au foyer qui se débrouillent tant bien que mal pour subvenir aux besoins élémentaires de leur(s) enfant(s), parfois sans aide financière, prestant des heures impossibles, menant une double ou triple vie.  Médecins, infirmières et personnel logistique qui sacrifient une possibilité d’avoir un salaire plantureux et des perspectives de promotion en Belgique pour aller œuvrer au sein d’une ONG en Afrique, Asie et dans ces pays ensanglantés qui font l’essentiel des news mais attirent peu les vocations.  Les pompiers des services d’urgence du 112 qui de jour et de nuit sont sur la brèche pour aller chercher les accidentés de la route, les victimes d’accidents ou de malaise à la maison, toujours de bonne humeur (et j’y ai eu recours deux fois cette année pour ma mère ainsi que des voisins pour ma mère également en notre absence), toujours serviables, toujours professionnels.  Je citerais aussi ces médecins urgentistes qui posent souvent le bon diagnostic et ces chirurgiens d’urgence qui sont là quand un corps a besoin en hâte d’une opération.  Je citerais également ces policiers de la route et de patrouille qui ne pensent pas à verbaliser les délits mineurs (voiture mal garée ne présentant aucun danger pour la circulation…) mais ont à cœur de combattre la vraie criminalité, celle qui met à mal la fibre sociale de notre société, parfois au risque de leur vie.  Comme héroïnes, je citerais aussi ces trop nombreuses femmes victimes de violence familiale et qui, souvent, restent associées à un homme violent pour le bien des enfants.  J’en sais quelque chose puisque ce fut le cas de ma mère…

 

Et peut-être pour faire comprendre ce que ce terme de « héros » n’englobe pas, je citerais ce titre d’un article dans Paris Match du 20 au 26 décembre 2012 : « La Berezina fut une victoire sur l’adversité, celle d’un Empereur de génie secondé par des hommes d’exception » (le texte va malheureusement dans le même sens laudatif que le titre) par Jean-Marie Rouart de l’Académie Française.

 

Curieux !  Alors que les Français considèrent Hitler – qui envahit leur pays en mai 1940 – comme une bête immonde, ces mêmes Français considèrent encore toujours Napoléon comme un héros.  Et lui qu’allait-il donc faire en Russie, son incursion sur un territoire indépendant n’était-elle pas pareille à celle d’Hitler ?

 

Comme quoi notre monde n’a pas seulement besoin de héros, il a besoin de gens capables de déterminer ce qui fait l’étoffe du véritable héroïsme…

 

 



[1]Organisation Juive de Combat, dont Mordechai Anielewicz fut le chef, constituée principalement de jeunes femmes et hommes de gauche, membres en majeure partie du Hashomer Hatsaïr ou du Bund

[2]Pour des raisons idéologiques et de manque de coopération, les «révisionnistes », admirateurs de Jabotinski, créèrent l’Union militaire juive qui combattit aussi avec fermeté et courage à Varsovie mais sous commandement séparé.

12:09 Publié dans Autres, Culture, Perso | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : héroïsme, héros

01/10/2012

Tallinn, capitale de l'Estonie

Tallinn, la capitale de l’Estonie découverte par une fine pluie, un ciel bas et très peu de gens dans la vieille ville, classée patrimoine historique de l’Unesco, ne m’a pas fait une impression délirante de beauté au premier abord.

 

J’avais déjà eu l’occasion de visiter Riga (Lettonie), capitale mondiale de l’Art Nouveau, puis Vilnius (Lituanie), une ville découverte en plein mois de janvier sous la neige, mais jolie et prenante avec de petites rues arborant de jolies maisons colorées et de grands espaces plus classiques de style.

 

L’Estonie est proche de la Russie et de la Finlande et cela se sent.  D’un point de vue linguistique, l’estonien est de finno-ougrien de souche donc comme le finnois, le hongrois et le turc, incompréhensible car il ne recèle que peu de mots semblables à ceux que l’on retrouve communément dans les langues européennes.  Et la proximité de la Russie se ressent à un autre point de vue puisque près de 25 % de la population autochtone de l’Estonie est constituée d’anciens russophones laissés pour compte quand le grand chambardement de la seconde indépendance du pays a été proclamée.

 

Comme d’autres pays de l’Europe de l’Est, l’histoire de l’Estonie a été chahutée, avec l’invasion du pays par les nazis, une certaine forme de collaboration morale et armée avec le Reich, puis la déferlante de l’armée rouge et l’occupation du pays jusqu’à l’indépendance au début des années 90.

 

Ma première impression de Tallinn c’est que cette ville et surtout la vieille ville basse, me fait penser à une cité hanséatique avec ses quantités de maisons à pignon pointu (triangulaire) – typiquement des maisons de commerçants aisés - datant du XVe siècle, des maisons à balcons avec toits étagés aux tuiles rouges, ou encore des maisons à trois/quatre étages de teinte pastel et de style vaguement art nouveau.  Les ruelles sinueuses ont des pavés pires que ceux de l’enfer du Nord (de la France).  La place principale de l’hôtel de ville (Rakoeja plats) est belle mais bordée de terrasses de cafés/restaurants avec un hôtel de ville de style gothique que l’on verrait très bien recelant plein d’oubliettes dans lesquelles croupiraient ceux qui avaient eu l’heur de déplaire au seigneur du lieu.  Une jolie place mais qui n’égale pas la Grand-Place de Bruxelles, plus flamboyante, plus ‘brugeoise’ par certaines de ses maisons.

 

Pignons pointus.JPGRaekoja.JPGRuelle.JPG

 

Le premier contact humain avec les habitants de la ville est éminemment positif ; ils parlent un excellent anglais plutôt américain de prononciation avec un vocabulaire qui n’est pas limité au strict minimum touristico-culinaire comme dans nombre de pays.  Les gens semblent fort accueillants et gentils, d’une gentillesse naturelle.  Ma chambre d’hôtel – 4 étoiles, à 50 mètres de Rakoeja plats) est une pure merveille, aussi grande que le studio que nous avons à la Côte et vers 18 heures on m’apporte une bouteille d’eau minérale et un chocolat.  Le petit-déjeuner est une merveille, buffet froid où je me suis régalé de hareng (maatjes en fait) et autres poissons ; on avait aussi la possibilité d’avoir sur commande une omelette, des œufs brouillés agrémentés de protéines au choix, ou des pancakes.

 

Le deuxième jour, bottines aux pieds – nécessaires, les chaussures molles et hauts talons pour le sexe féminin, seraient à proscrire – j’entame la visite complète de la ville basse, qui ne dure pas plus d’une heure, car l’essentiel de ce qu’elle comprend de plus intéressant en matière de maisons, bâtiments et églises, se concentre sur quelques rues à peine, les rues Pikk (qui veut dire long), Lai (qui veut dire large), la rue Vene (qui je crois veut dire ‘russe’), la place de l’hôtel de ville elle-même et quelques rues avoisinantes qui sont intéressantes et comprennent de fort beaux bâtiments.  Beaucoup de maisons  colorées à façades à pignons pointus, de maisons à trois/quatre étage de style pseudo art nouveau pou de maisons à balcons et toits étagés aux tuiles rouges, sont belles.  De loin.  Car l’une des choses qui m’a d’emblée frappé quand j’ai vu les habitations typiquement colorées des rues de la vieille ville, la ville basse, c’est que du point de vue de la rénovation, Tallinn est en retard par rapport à Riga, Prague, Vilnius, Cracovie.  Beaucoup de maisons ont des façades en mauvais état et mériteraient un sérieux ravalement.  Quant aux autres maisons à toits étagés aux tuiles rouges ou les maisons de trois/quatre étages en style vaguement art nouveau, elles sont jolies sans être étincelantes de beauté

 

 La religion dominante du pays étant d’essence luthérienne, les églises sont sobres, on n’y trouve pas ces amoncellements – que je trouve horribles personnellement - d’effets baroques, cette outrance superfétatoire.  Celle du Saint-Esprit, près de la Rakoeja plats, m’a plu par ses très beaux vitraux dont certains d’essence contemporaine, intéressante.  eglise du saint-esprit.JPG

 

La ville haute – Toompea (une voyelle doublée rallonge la valeur du son) – a certains charmes isolés, car l’ensemble ne m’a pas sidéré d’une  beauté extraordinaire.  J’y ai relevé surtout la Cathédrale Newski de toute beauté tant intérieure qu’extérieure, qu’on ne peut photographier ni filmer comme dans tous les lieux orthodoxes.  Le Parlement en face est un joli palais baroque rose.  Et le lieu d’où on peut apercevoir la ville, au loin le Golfe de Tallinn avec quelques paquebots ancrés dans les espaces portuaires, est grandiose de beauté surtout que j’ai eu la chance d’avoir du soleil les deux occasions où j’y suis allé.  Il y a aussi la vue très connue – et photogénique - de tous ces toits de tuiles rouges, qui est, je crois, l’une des caractéristiques de ce qu’on montre généralement de cette ville de Tallinn en partie moyenâgeuse.  Dans cette ville haute, j’ai également vu la Tour dont le nom – pour nous Belges comprenant le néerlandais y compris les parlers dialectaux – est assez comique, la Tour ‘Kiek in de Kök qui veut dire ‘regardez dans la cuisine’. Et ce ‘kiek’ est très proche du west-flandrien ‘regarde’, ce qui prouve que Tallinn a conservé de nombreuses traces des occupations danoises et allemandes.  nevski.JPGvue sur le golfe.JPG

 

J’ai pourtant été un brin déçu du point de vue architectural.  On disait qu’à Tallinn, hormis les demeures de style hanséatique et moyenâgeux, il y avait des bâtiments d’art nouveau ou d’art moderne, intéressants. Ce que j’y ai vu était décevant, aucune comparaison avec les maisons de Riga ni de Prague ou du Jugendstil à Vienne.  L’aspect global de cette cité est celle de demeures cossues de commerçants aisés qui eurent à cœur d’y faire construire de jolies demeures, mais non des demeures imprégnées d’art ou de culture.  Un autre aspect de cette capital européenne que je trouve détestable, c’est que nombre de magasins du centre historique sont du type « suveneriid » axés sur les zozos de touristes qui y achèteront de l’ambre (qui me parut chère comparé à Riga et Vilnius) ou d’autres souvenirs n’en valant pas la peine.

 

J’avais lu qu’en été, de 30 à 40 ferries journaliers débarquaient leur lot de Finlandais en quête de boissons alcoolisées (la réglementation dans ce pays y est très sévère quant à la consommation d’alcool).  Je n’ai pas eu la chance de rencontrer ces Finlandais en goguette.  Par contre pour les touristes, j’ai rencontré pas mal de touristes russes.  Faciles à reconnaître de loin.  De super nanas, très jolies, style revue féminine, et à côté d’elles, leur mec, tête rondelette, taillée à gros traits, le genre de tête de mafioso qui ne déparerait pas un film de catégorie B-, un corps sans grâce, mais de grands pieds (et sans doute un portefeuille garni).  Quant aux Russes autochtones (si on peut dire puisque l’état estonien rechigne quelque peu à leur accorder automatiquement la nationalité estonienne du simple fait qu’ils habitaient en Estonie au moment de la deuxième indépendance du pays), on les reconnaît tout autrement que les touristes de Russie.  Ils ont l’air d’appartenir à un sous-prolétariat, des laissés pour compte, les hommes portant des habits anciens, passés de mode, portant encore parfois ce type de béret à la mode du temps de la révolution de 1917 (cf. le couvre-chef de Lénine, les babouchkas étant restées identiques à ce qu’elles ont toujours été tout au long de l’existence de la Sainte Russie.  Elles semblaient également spécialisées dans la vente de lainages divers du côté de la porte de Viru, à l’ouest de la vieille ville.  Et au-delà de cette porte, j’ai vu un shopping centre à étages fabuleux, 4 étages de boutiques hypermodernes.

 

À la longue, je me suis un peu attaché à ces maisons hanséatiques, à ces maisons colorées, à ces toitures rouges, à ces Estoniens qui me faisaient penser à des Finlandais du point de vue morphologique et auditif.  Mais, après l’exploration de la Tallinn classique, j’ai opté pour le culturel.  J’ai découvert un superbe musée, le KUMU.  Qui se trouve dans un assez grand espace vert appelé le ‘Kadrioru Park’.  On y trouve tout d’abord un Palais – de Kadriorg -  qu’y fit construire Pierre le Grand en tant que résidence d’été, à tons rosés et beiges. Kadriorg.JPG

 Le musée KUMU, à quelques centaines de mètres de là est une réussite d’architecture très contemporaine, hypermoderne mais jolie. Il ne renferme que des œuvres de peintres estoniens et, le visitant, j’ai été étonné de voir à quel point certains des peintres exposés étaient originaux.  J’y ai notamment noté les tableaux expressionnistes de Märt Laarman (mort en 1975), classique moderne d’Alexandra Bejova (morte en 1981) et des dessins de ton expressionniste de buveurs d’absinthe et une femme nue d’Eduard Wiiralt (mort en 1954).  Ces derniers, me firent penser aux meilleurs œuvres de peintres comme Dix, Grosz ou Beckmann. Il faut dire que j’ai un faible pour les expressionnistes allemands.  Mais, il y avait d’autres œuvres et peintres fort intéressants que je n’ai pas notés mais qui valent incontestablement le déplacement.

 

Je suis allé au Musée de l’Occupation, non pas par intérêt, mais parce que je connais le rôle de l’Estonie durant la Deuxième guerre mondiale.  Je n’ai pas été déçu.  J’ai pu prendre trois photos d’un documentaire montrant l’accueil enthousiaste réservé par la population – surtout féminine – aux envahisseurs allemands de juillet 1941.  Il faut savoir que l’URSS, à la suite de clauses demeurées secrètes du fameux accord Molotov-Ribbentrop du 23 août 1939, avait envahi les trois états baltes, après une soi-disant demande d’assistance par les parlements respectifs.  Et, à leur manière inimitable, les Soviétiques avaient arrêté, interrogé et déporté vers la Sibérie nombre d’Estoniens réputés ennemis du peuple.  Nous avons une autre conception des choses en Europe de l’Ouest.  Entre deux maux, un qui a nom communisme à la sauce soviétique et l’autre qui a nom fascisme à la sauce hitlérienne, les vrais patriotes parmi nous n’auraient jamais hésité et n’auraient jamais levé le moindre doigt pour aider ce régime qui décida de faire une différence entre les seigneurs et les Untermenschen et, comme ce n’était déjà pas suffisant en soi, de commencer à les exterminer, Juifs et autres, d’une manière industrielle.

 

J’ai vu aussi sans plaisir et sans fierté qu’un Belge appelé Léon Degrelle, dont la photo en uniforme de la SS, croix de fer bien apparente, trône en page  49, avait combattu en Estonie avec son unité « Wallonie ».  Contre les Soviétiques, sur le front d’Emajõgi.  « Le bataillon de Léon Degrelle fut absolument remarquable dans ces batailles. » (cf. ‘Estonia in World War II’ par Mart Laar, acheté au musée même).  Sur un panneau, près de l’entrée du musée, on parlait de l’occupation du pays par les nazis en ces termes : « Comparée à d’autres pays, l’occupation allemande fut considérée plutôt légère. »  Au musée, il n’y a pas un mot sur le sort des Juifs, peu nombreux dans le pays (4000 environ) dont 90 % furent exterminés.  L’Estonie recelait des camps de concentration, tel Klooga par exemple, où des Juifs d’autres pays furent envoyés pour y connaître le sort habituel des Juifs, tués sur place, affaiblis par la faim ou déportés quand tout commença à aller de mal en pis pour le IIIe Reich.  Il paraît que chaque année, les nostalgiques de la Division SS estonienne défilent en grandes pompes à Tallinn.  Autres pays, autres mœurs !

 

La vie est chère à Tallinn, les prix dans les restaurants et les prix des boissons sont quasi équivalents à nos prix en Belgique, plats entre 10 et 22 euros ; 6,5 euros pour un verre de vin, café entre 2 et 3,5 euros.  Mais les serveurs sont généralement accueillants, souriants et parlent bien l’anglais (souvent aussi le russe).  Mais j’y ai bien mangé ; mon regret c’est qu’à cause de leur antisoviétisme notoire, on y trouve difficilement de la vodka russe (genre ‘Russkii Standart’, ma préférée que je bois ‘sec’).

 

J’ai voyagé avec Estonian Air et je m’en suis réjoui, j’ai même reçu à l’aller et au retour une collation légère et gratuite, les sièges font 79 centimètres d’espace (ce qui est confortable pour mon mètre quatre-vingts) et le personnel de bord extrêmement poli et serviable.  Les avions étaient à l’heure à l’arrivée.  L’aéroport de Tallinn est petit avec peu d’activité aérienne.

 

Ah oui, les femmes estoniennes sont plutôt jolies, pas grosses, parfois grandes, et les jeunes gens sont aussi grands, le blond domine pour les deux sexes.  C’est un peuple d’apparence exubérante, gaie, qui me fait penser aux Finlandais, mélange de vie intérieure intense et d’extraversion tout aussi intense.  porte Viru.JPG

 

À voir, mais trois jours suffisent, car en un jour et demi, on fait facilement le tour de tout ce qu’il y a à voir, les distances entre lieux touristiques sont extrêmement réduites.  Et avec la Tallinn Card, accéder à certains lieux plus lointains par tramway ou trolleybus (Kadriorg, mais aussi le zoo qui recèle un super tigre de l’Amur malheureusement mal installé, et de superbes ours blancs, tout aussi mal lotis, mais le zoo promet de leur aménager de nouveaux espaces quand ils auront trouvé les fonds) ne prend pas plus d’un quart d’heure ou vingt minutes et la fréquence y est très convenable.  Et les arrêts sont indiqués dans les trams ou trolleybus.