Blogs Lalibre.be
Lalibre.be | Créer un Blog | Avertir le modérateur

18/08/2013

La N-VA conquérante

Au hasard de mes lectures, j’ai trouvé ces deux perles qui, toutes deux, parlent de propagande et de la manière de réussir une propagande électorale.

 

«…une propagande qui se veut réussie doit lier simplification et répétition.  Elle doit se concentrer sur peu de points et les répéter inlassablement. »

 

«Entièrement égal s’ils rient de nous ou nous injurient, l’essentiel c’est qu’ils nous mentionnent, qu’ils s’occupent sans cesse de nous. »[1]

 

Cela fait fameusement penser à la N-VA, non? Eh bien, oui.  Fameusement!

 

Je n’irais pas jusqu’à dire qu’il y a là une manière consciente, délibérée, de la part de la N-VA d’appliquer les méthodes qui ont si bien réussi à Hitler au début des années 30, avant qu’il ne prenne le pouvoir, mais si vous repensez à certaines des déclarations les plus fracassantes de la N-VA des ces derniers temps, n’oubliez pas qu’il réduit le gouvernement fédéral constitué de six partis (socialistes, libéraux et sociaux chrétiens des deux côtés de la frontière linguistique) au seul PS et à la seule personne de Di Rupo, le Diable personnifié.

 

Di Rupo est un marxiste.  Le PS et Di Rupo veulent encore toujours dominer la Flandre et pérenniser les transferts du nord vers le sud. La Wallonie (donc Di Rupo et le PS) fonctionne à une vitesse différente (moindre) que la Flandre. Les Wallons (visez Di Rupo et le PS) ne veulent pas activer les chômeurs ni les personnes dépendantes de CPAS.  Les Wallons (visez Di Rupo et le PS) soutiennent à outrance la famille royale et la personne du Roi contre la volonté de la Nation flamande.  Les Wallons (visez Di Rupo et le PS) ne désirent nullement limiter l’activité du Roi à un seul rôle protocolaire, contre la volonté de la Nation Flamande.  Toujours selon la N-VA, le gouvernement fédéral de Di Rupo n’a pas été assez loin dans les réformes constitutionnelles entreprises récemment.  Alors qu’on sait pertinemment que quand De Wever a eu l’occasion de former un gouvernement incluant son propre parti - lors des discussions en vue de la formation d’un gouvernement ayant démarré en 2010 -, il a refusé de manière calculée d’entrer dans un gouvernement et de mettre en œuvre ces réformes bénéficiant aussi et surtout à la Flandre.  Et on sait aussi que près de 60/70 % des réformes actuelles se trouvaient déjà dans un document préalablement approuvé par la N-VA.

 

On pourrait dire que la N-VA montre des signes de début de maladie d’Alzheimer, de dispersion, d’oublis, sauf que de toute évidence, il y a là derrière une stratégie de pourrissement et d’attaques virulentes –  dénuée de tous fondements économiques ou politiques réels sauf idéologiques – contre une cible bien déterminée.  Une stratégie de simplification et de répétition (cf. les mots mêmes d’Hitler) susceptible de plaire au plus grand nombre d’électeurs flamands. Bref, une stratégie grandiose, hitlérienne de conception, modulée à l’image de la Nation flamande qui aspire à son émancipation et qui pour arriver à cette fin emploie n’importe quelle manière, du moment qu’elle apporte en termes d’électorat passager.

 

Lors de discussions avec des amis ou des connaissances sur le sort de la Belgique et le spectre de la séparation en 2014, je dis toujours une chose essentielle: si on a mis plus d’un an et demi pour aboutir à la formation d’un gouvernement, combien de temps faudra-t-il pour convenir en commun – francophones, Wallons, Flamands, germanophones et Bruxellois – de la répartition des avoirs du Royaume Belgique, mais aussi et principalement, de la répartition équitable de la dette publique?  Et selon quels critères?  Population, richesse, surface de la région, mélange de différents facteurs?  Donc, nous francophones, nous ne devons pas trop nous en faire, ce qui ne veut pas dire que nous devons accepter des abus ou une incurie politique conduisant à de plus gros montants de transferts du nord vers le sud.

 

Il y a quelques jours un ami me disait que pour clore le bec aux Flamands (lui, d’ailleurs qui est flamand d’origine et est resté domicilié en Flandre), il faudrait que les francophones et Wallons fassent preuve de matière grise et cherchent à exiger la régionalisation de l’imposition de l’impôt fédéral en fonction du lieu du travail.  Comme il y a beaucoup plus de Flamands travaillant à Bruxelles que de francophones ou de Wallons, Bruxelles deviendrait ipso facto la région la plus riche du pays et une partie du contentieux serait réglée puisque la N-VA poursuit, en ce qui concerne l’avenir de Bruxelles, deux objectifs, la maintenir comme capitale de la Flandre mais l’étrangler économiquement et fiscalement.

 

Quelles sont les réalisations les plus marquantes de la N-VA en tant qu’édiles communaux?

 

Citons en vrac l’imposition du drapeau flamand sur les plaques de rues à Alost, la création d’un team d’inspecteurs toujours à Alost, chargés de débusquer la fraude sociale, surtout au niveau des bénéficiaires d’aide du CPAS, et encore à Alost la lutte accentuée contre l’invasion par les nouveaux Barbares que sont les Wallons et francophones.  À Anvers, après le vœu de taxe d’inscription augmentée pour les étrangers, passé à la trappe pour raison d’inégalité de traitement et de discrimination, il y aura maintenant une idée semblable, un ‘snel loket’, une procédure accélérée pour ceux qui seraient désireux de payer près de 200 euros pour un service d’inscription accéléré.

 

On dit que Reynders est attiré par une collaboration avec De Wever et qu’il aurait été vu du côté d’Anvers (certes pas du côté de chez Swann…).  Ce qu’on oublie c’est que Reynders et BDW sont tous deux partisans d’un capitalisme débridé, réduisant les acquis sociaux, dégraissant l’État, les pouvoirs publics, saquant là où résident les couches les plus démunies de la population, taxant les pauvres et épargnant les riches et les entreprises.  Il y a identité d’âme politicienne entre ces deux lascars, ce n’est pas pour rien d’ailleurs que pour le MR le PS et di Rupo constituent les plus graves dangers pour notre survie économique (refrain connu, cf. ci-dessus).

 

Et, bien plus que le danger d’une scission pour des motifs linguistiques ou pour les transferts nord-sud, la N-VA est dangereuse parce qu’elle voudrait ramener notre pays à un état de capitalisme sauvage ayant un système social détricoté où la majorité des travailleurs cotiserait à titre personnel pour l’essentiel de la pension, des assurances maladie-invalidité, etc.  Malheureusement, nos médias francophones axés sur le linguistique ne tiennent pas assez compte de cette donnée bien plus importante.

 

Au Royaume des aveugles…



[1] Extraits de déclarations d’Hitler repris dans « Hitler und Stalin – Parallele Leben » d’Alan Bullock

14:42 Publié dans Belgique, Perso | Lien permanent | Commentaires (0)

19/04/2013

Les jeunes qui partent en Syrie ne sont pas des héros

J’ai lu un article tout à fait fou dans la Libre Belgique en début de semaine.  Un type inconnu qui se prétendait ‘historien amateur’ (excusez du peu et de l’arrogance innée), ne voilà-t-il pas qu’il a pondu un texte de deux pages pour dire que ces jeunes Musulmans qui partent se battre en Syrie sont des héros ?  Qu’est-ce qu’un historien amateur d’ailleurs ?  Quelqu’un qui a lu quelques articles d’histoire dans Historia ou le Readers Digest et qui croit pouvoir pérorer sur n’importe quel sujet en tant qu’expert sans aucun doute?

 

Il ne se rend pas compte, le type !  Pas du tout.  Ces types, ces jeunes, ces dévoyés, ces fous d’Allah comme certains les appellent, quand ils auront acquis l’expérience de la guérilla urbaine et du maniement des armes là-bas en Syrie, et qu’après cela – s’ils survivent - quand ils reviendront en Belgique, ils seront extrêmement dangereux, ils voudront à toute force imposer la Charia dans notre pays, faire voiler toutes leurs femmes et mettre en péril les fondements mêmes de notre démocratie, quitte à commencer des attentats kamikazes et que sais encore ?

 

Non, on ne peut pas répandre de telles idées incendiaires.  La liberté de pensée et de la presse a des limites.  Et je trouve très bien que la majorité des commentateurs aient remis ce petit monsieur à sa juste place de défenseur d’un (faux) politiquement correct. Encore un qui se croit d’une énorme importance ! Il y a des gens, surtout parmi les milieux de gauche et d’extrême gauche, qui profitent de toute faiblesse ou silence radio de nos dirigeants politiques pour entrer en scène et lancer à brûle-pourpoint leurs idées folles, incendiaires ou franchement dégoûtantes.

 

Et je trouve que la télévision syrienne a eu parfaitement raison de féliciter la Belgique qui s’oppose à l’envoi de mercenaires en Syrie.  Ce n’est d’ailleurs pas tous les jours que la Belgique est à l’honneur.

 

Il faut prendre toutes les mesures utiles pour s’opposer à ce que ces jeunes fous  partent se battre en Syrie, par tous les moyens, policiers, dénonciations, interdiction légale, confiscation de carte d’identité, arrestation et autres.

 

C’est important de combattre le terrorisme sous toutes ses formes, et j’admire ces politiciens belges qui ont le courage de s’opposer à ce danger grandissant.  Comme s’il y avait une commune mesure entre des combats parfaitement légitimes et ces jeunes qui, en Syrie, iront apprendre les règles élémentaires du terrorisme d’influence salafiste…

16/02/2013

A propos des gays, des femmes, de sexisme

La RTBF a passé un programme intitulé ‘La Belgique est-elle homophobe ?’ le mercredi 23 janvier dernier.  Bien.  Le point de départ, ce sont les crimes et attentats contre des homosexuels en Belgique.

 

Une réflexion amère que je me fais, c’est que quand on tue une femme hétérosexuelle (qu’elle soit l’épouse, l’ex-épouse, l’amie, l’ex-amie, une inconnue), pas de marche blanche, pas de grosses initiatives populaires.  Ce genre de meurtres passe dans la rubrique des faits divers alors que quand un homosexuel est victime d’une attaque, d’une agression caractérisée ou d’un meurtre violent, cela fait la une, on se mobilise et on fustige la population qui serait homophobe.

 

Bien, a-t-on jamais fait de grosses émissions sur le caractère misogyne d’une partie des hommes ?  Quand on parle de discrimination à l’égard des homosexuels, a-t-on pensé que toute une série de délits pourtant graves contre les femmes font hélas partie de leur quotidien : voies de fait, gestes ou paroles déplacés, tentatives d’attouchement dans le métro ou dans des bus bondés, meurtre de l’épouse, de l’ex-épouse, de la compagne ou de l’ex-compagne, parce qu’elle déplaît, qu’on en a rencontré une autre plus sexy, ou qu’elle barbe, ou qu’elle n’obéit pas aux injonctions de son maître des céans mâle, ou qu’elle est devenue trop grosse, qu’elle n’aime plus regarder des matchs de foot, etc.

 

Ce qui me dérange le plus dans tout ce tamtam public et audiovisuel, ce n’est pas qu’on manifeste ou qu’on fasse des émissions pour fustiger l’homophobie ou la violence contre les gays, ce qui me gêne le plus c’est la disproportion entre faits homophobes et réalité quotidienne de la violence contre les femmes.

 

J’ai été l’un des premiers à soutenir et applaudir au mariage gay et à l’adoption d’enfants par les gays.  Je fustige évidemment l’attitude qu’une partie soi-disant ‘éclairée’ en France bien-pensante a assumée dans le débat sur le ‘mariage pour tous’ et la ‘procréation médicalement assistée’ ouverte aux gays.  Que n’a-t-on entendu comme absurdités pseudo-morales ou pseudo-laïques dans ce ‘débat’ dans un pays qui pouvait jadis se targuer d’avoir créé le siècle des lumières mais actuellement en panne d’électricité et, surtout, d’idées originales.

 

Mais, je pars du principe qu’un acte de violence contre un homosexuel est l’égal d’un acte de violence contre une femme hétérosexuelle.  Si on parle de discrimination et d’homophobie pour de tels actes odieux à l’égard des gays, soyons conséquents au moins et mettons les femmes battues, torturées, mutilées, tuées, sur le même pied d’égalité, parce que, hélas, elles sont bien plus nombreuses.

 

Quant à faire une émission spéciale sur l’homophobie, est-ce nécessaire ?  On sait qu’une majorité de Belges (ne parlons pas des cultures qui, traditionnellement, haïssent les gays et les vouent aux enfers) accepte les homosexuels du bout des lèvres, les termes ‘pédale’, ‘pédé’, ‘tapette’, ‘à voile et à vapeur’, janette’ (à Bruxelles et en Flandres) sont suffisamment éloquents à cet égard, de même que les blagues qui continuent à circuler à leur sujet, les sourires en coin, les sous-entendus, etc.  Pour les hommes, rappelons-nous notre propre enfance et ces compagnons de classe qui n’étaient pas suffisamment virils à notre goût ou avaient l’air chochotteke comme on disait jadis à Bruxelles, de quelles moqueries ou blagues de mauvais goût n’étaient-ils pas victimes ?  Et quelles questions ne nous posions-nous pas dans la vie professionnelle si un de nos collègues masculins vivait seul sans relation ?

 

De récents sondages ont mis en exergue qu’en Flandre parmi la population non allochtone, 10 % des jeunes acceptent la violence contre les gays ; parmi la population allochtone ce chiffre monte à 25 %.t  50 % des turcs en Allemagne sont contre les gays, et ne parlons pas de la Russie…

 

Qu’on le veuille ou non, une partie de nos sociétés sera toujours homophobe car trop de personnalités en vue – et pas uniquement au sein des religions - disent qu’être gay est contre nature ou s’ils ne le disent pas ouvertement, leur frilosité politique à l’égard du mouvement gay indique une retenue qui ne devrait plus être de mise à notre époque.

 

Mais, dans le monde hétérosexuel, tous les hommes sont pour les femmes.  Pourquoi dès lors, quand ces mêmes femmes énervent, n’obéissent pas, n’aiment plus, veulent partir, quitter le ménage ou ne pas se soumettre aux diktats des hommes, doivent-elles être victimes de coups, d’insultes, de voies de fait ou de meurtres ?  Pourquoi les femmes sont-elles les victimes choisies quand un homme a envie de prendre du plaisir sexuel sans payer ?

 

N’y a-t-il au fond pas quelque chose de pourri dans notre éducation d’homme qui fait que nous considérions la femme comme un objet d’assouvissement de nos désirs (sexuels, mondains, de standing..), une chose, taillable, corvéable et couvrable à souhait, qu’elle le veuille ou non ?

 

Et quand une femme refuse ou qu’elle a décidé de quitter un homme, pourquoi parmi certains de ceux-ci, cette perte d’ ‘amour’ signifie-t-elle la perte d’une propriété.  Lhomme se est-il si faible qu’il ait besoin d’un gage visible de sa ‘force’ ?  Et tel Samson dans l’opéra connu, ayant perdu les attributs de sa virilité, faut-il punir celle qui nous dérobe de notre virilité ?  Car une femme qui quitte son mari ou désire recouvrer sa liberté, c’est humiliant pour l’homme qui la considère comme une possession matérielle.

 

Ce n’est pas le ‘sexisme’ qu’il faut combattre (voir de la pub de femmes jolies et peu vêtues ne me fera jamais penser à les ‘posséder’, il faut être ‘anormal’ pour passer à l’acte), ce sentiment macho, car le sexisme n’est qu’un symptôme d’un mal bien plus insidieux, le mal qui fait penser à l’homme, à l’immense majorité des hommes, que la femme est en réalité un tantinet inférieure à l’homme puisqu’au fond elle est plus douée pour les tâches ménagères, faire à manger, élever les enfants et s’occuper en priorité de tous ces trucs un rien embêtants, une redistribution des tâches qu’une société patriarcale a imposées au fil des milliers d’années, permettant ainsi à l’homme de s’intéresser aux vraies choses de la vie, telles le football, la télé, la rubrique sports dans le journal, les films violents.

 

Ne dit-on pas d’ailleurs par moquerie ‘qu‘une femme qui est occupée ne « pense » pas, n’est pas en mesure de faire des comparaisons’.

 

Après tout, une femme n’est pas le miroir de l’homme, elle est son faire-valoir jusqu’au jour où elle souhaite recouvrer son indépendance, du coup son Samson de mari ou compagnon ou ami recourt parfois aux coups, aux insultes, au déni de payement de pension alimentaire, au meurtre…