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12/11/2014

DIKTATS, CONTRE-VÉRITÉS ET POSITIONNEMENT DE LA N-VA

La N-VA tient le haut du pavé pour le moment.  Elle est omniprésente, dans les interviews, dans les réactions à chaud, dans les prises de position sur n’importe quel problème soulevé sur le plan fédéral.  En Flandre elle surfe sur le succès touristique des commémorations liées à la Première guerre mondiale, comme s’il n’y avait au fond eu que la Flandre et les Flamands qui avaient souffert de la guerre et de l’occupation boche.  Une commentatrice flamande (dans De Standaard du 10/11/14) a d’ailleurs dit que l’histoire des pauvres soldats flamands qui ne comprenaient pas le français des officiers était incomplète, ces fils de paysans et d’ouvriers flamands n’auraient pas plus compris le beau néerlandais de leurs officiers.

 

Ces déclarations à l’emporte-pièce, souvent le fait du seul Bart De Wever, l’inévitable ténor et stentor du parti populiste flamand empêchent tout débat politique sur n’importe quel sujet.  Il suffit que le bourgmestre d’Anvers parle et le sujet est clos.  Ex-cathedra.

 

Légalisation du cannabis?  NEEN! du haut de la Tour d’Ivoire anversoise.  Débat clos alors que (et je ne suis pas partisan de la légalisation, je n’en ai jamais consommé, je laisse cela aux têtes creuses et bourgeois baba cool), en vérité, on pourrait demander l’avis des scientifiques et médecins, faire état d’études ou de rapports sur le sujet et sur le danger de dépendance accrue à des drogues plus dures, etc.

 

Taxer les fortunes ou les gros revenus ?  NEEN! du haut de la Tour d’Ivoire d’Anvers.  Pas question (par la voix de Jan Jambon cette fois-ci).

 

Tout cela marche bien en Flandre, car il dit ce qu’il pense De Wever des fainéants, parasites et assistés de Wallons, cela frappe l’esprit, et on retient ces prises de position mâles ou macho, car l’électeur flamand n’est plus du type à écouter ou lire des intellectuels, des articles de fond, à s’abreuver à différentes opinions contraires pour se faire sa propre idée.  Les preuves : (1) le journal le plus vendu en Flandres est ‘Het Laatste Nieuws’ ou les nouvelles présentées d’une manière populaire et simpliste avec beaucoup de photos, (2) les deux livres les plus vendus lors de la récente Foire du Livre à Anvers (terminée le 11/11) étaient deux livres de cuisine.

 

L’autre raison pour laquelle les déclarations de De Wever et de la N-VA ont tant de poids, c’est que ce parti populiste – se rapprochant à certains égards du poujadisme – a engrangé plus de 30 % des voix de Flamands, à la limite les seuls qui comptent encore en Belgique fédérale.

 

Récemment, il y a eu pire.  De Wever a déclaré que ce que font et disent actuellement les socialistes wallons est criminel.

 

Voyons voir ce que dit ce cher Robert à propos de criminel? «Qui est coupable d’une grave infraction à la morale, à la loi

 

Donc, récapitulons :

 

  • les socialistes wallons font des déclarations et ont des agissements criminels

  • par contre, quant il s’agit de la collaboration de Belges, une sommité dans ce domaine – Jan Jambon – a estimé que les ‘collaborateurs avaient leurs raisons’.

     

    Collaborateur = ‘personne qui travaille avec une ou plusieurs personnes à une œuvre commune.’

     

    L’œuvre commune dans ce cas c’était le nazisme avec son idéologie de race supérieure et de parasites à éradiquer.  Donc, ceux qui collaborèrent à cette œuvre commune, déclarée criminelle par le Tribunal de Nuremberg (1945/1946)sont des criminels par association.  Et, rappelons que ces crimes commis par les nazis allèrent d’arrestation et de déportation dans vers les camps de la mort de Juifs, résistants, gauchistes, etc.  De tueries arbitraires de civils (otages), de l’envoi de civils pour le travail obligatoire en Allemagne, y compris dans des usines d’armements, etc.  Outre le génocide des Juifs, la Wehrmacht, la SS et les forces occupantes, aidées par des volontaires locaux souvent regroupés en milices de collaborateurs, policiers auxiliaires ou personnes haut placées dans l’administration ou la police, se rendirent coupables de crimes de guerre, crimes contre l’humanité.  Oui, ces gens avaient leurs raisons, ça c’est sûr.

     

    Vous rappelez-vous ces photos de De Wever et Jambon posant avec leur idole, Jean-Marie Le Pen?  L’homme qui a un jour déclaré que ‘les chambres à gaz étaient un détail de l’histoire.’

     

    Ne trouvez-vous pas que chez toute une série de gens de la N-VA, il se dégage une odeur de soufre, une odeur pestilentielle.

     

    Mais, il y a pire aussi.

     

    Dans cette stratégie vocale tendant à occuper le terrain partout et tout le temps, dans cette stratégie de diabolisation d’un ennemi idéologique à qui on peut imputer tout ce qui ne marche pas ou tout ce qui empêche une évolution dynamique de Sa Propre Nation, dans cette stratégie de minimisations constantes des aspects négatifs de sa propre politique et maximation de sa propre personne, de son propre ego en tant que représentant de Sa Nation, je le regrette, je ne vois que l’ombre de Hitler, en tant que grand  et pervers stratège qui a réussi à atteindre une partie de ses objectifs (notamment ceux ayant trait à l’éradication des Juifs et des bolcheviques) grâce à une stratégie simpliste et simplificatrice, réductrice, pratiquant l’amalgame {fait d’englober artificiellement, en exploitant un point commun, diverses formations politiques afin de les discréditer[i]}, une stratégie fondée sur la répétition ad vitam nauseam des mêmes clichés, des mêmes a priori sans fondements, des mêmes stéréotypes populistes {les Wallons sont des fainéants, des profiteurs, des parasites, des assistés, des fraudeurs sociaux, etc.}, destinés à pratiquer du bourrage de crânes, du conditionnement psychologique.

     

    Je suis clair: De Wever et son parti ne sont pas des néonazis, mais ils utilisent certaines des méthodes qui ont permis à Hitler de réussir à conditionner le peuple allemand durant un peu plus d’une décennie.  69 ans après la fin de la guerre et alors que certains psychiatres et auteurs de renom ont décortiqué ces méthodes nazies réductrices et populistes (cf. par exemple Friedrich Hacker dans son libre sur l’Agression ou Wilhelm Reich), chez nous actuellement, je ne vois, n’entends et ne lis personne parmi les politiciens de l’opposition qui décortique ces stratégies de contre-vérités, réductions, slogans de la N-VA et fait face à ces innombrables diktats réducteurs de démocratie de quelqu’un qui semble ne voir dans la politique que la réalisation de ses seules et propres idées.  Comme Hitler.  Comme Staline.  L’ego amplifié qui réduit tout autour de soi afin que l’image que le miroir renvoie soit la seule image tolérée.  Une image qui incarne Sa Nation (flamande).

     

    Mon seul espoir c’est que je constate, parmi le cercle de mes amis ‘intellectuels’ ou ‘artistes’ sur Facebook, que certains musiciens, commentateurs voire écrivains/poètes, voient clair, qu’ils se manifestent, tout comme dans la presse écrite, on a déjà vu et entendu nombre d’artistes, d’intellectuels, dénoncer l’inconsistance, les aspects politiquement pervers et dangereux de cette nouvelle droite néolibérale, capitaliste, raciste larvée (à l’égard des Wallons et des Bruxellois francophones) et rétrograde sur le plan social qu’a nom la N-VA.

     

    Cela fait plaisir mais ce n’est pas suffisant.

     

    Quand Onkelinx a dit qu’elle entendait ‘le bruit des bottes’, elle n’était ni excessive ni criminelle.

     

    Il y a un bruit de bottes dans ce pays, décidément, et les Flamands ne s’en rendent pas compte ou bien auraient-ils la nostalgie des années ‘30 (= lutte contre le bolchevisme) et ‘40 (occupation, collaboration, déportations, engagements dans la SS de Belges…)?

     

    Car voter pour la N-VA, voter pour De Wever, c’est voter pour un révisionnisme historique – au-delà de la scission du pays et du thatcherisme de sa politique.  C’est pardonner et oublier l’impardonnable et ce qui ne peut en aucun cas être oublié.  Des actes et comportements criminels. De vrais! Et qui doivent le rester à jamais, pour que perdure la mémoire de ces crimes haineux et celle des innombrables victimes du nazisme et de ses collaborateurs!



[i]Toutes citations du Petit Robert édition 2015

26/10/2014

LE SILENCE COUPABLE DE LA N-VA

 

Le 6/11/41 le maréchal Pétain transmet un message aux volontaires SS français : «Sachant que bientôt vous entamerez les combats, je réalise avec fierté que vous emportez avec vous au travers du feu de la guerre une partie de la gloire française... Prenant part à cette croisade dirigée par l'Allemagne, en aidant à repousser la menace contre l'humanité que représente le bolchevisme, vous méritez de ce fait la gratitude du monde. Rappelez-vous que par cette guerre vous défendez votre terre et, simultanément, vous donnez de l'espoir à tous les peuples d'Europe unis dans une future réconciliation.»

Depuis quelques années, et surtout sous l’impulsion de la N-VA, certains politiques et patrons flamands ont de plus en plus tendance à mettre le socialisme sur le même pied que le marxisme. On a même dit que Di Rupo était marxiste!  On critique aussi ceux du PS qui chantent l’«Internationale», oubliant que le compositeur de ce morceau était Gantois (Degeyter-1888) et que, de ce fait, les Belges auraient plus de légitimité historique à chanter cet air que les anciens communistes d’URSS.

 

On connaît l’arbre généalogique et le fond d’idées assez troubles de certains politiciens de la N-VA.  Mark Eyskens ne le cachait pas (lors d’une interview entendue sur Canal Z il y a déjà un ou deux mois), «à la N-VA, tous sans exception ont un passé de collaboration». Le frère de Bart De Wever, Bruno, un historien de renom spécialiste de la collaboration en Flandres disait ceci à propos de la collaboration «Mais, n’oublions pas qu’un grand nombre des gens du Mouvement Flamand, également à présent auprès de la N-VA, viennent de familles qui ont collaboré durant la guerre.» (interview dans ‘Het Nieuwsblad’ du 15 octobre 2014).  On sait qu’en mai 2011, 30 Sénateurs de partis flamands  ont voté pour la prise en considération d’une proposition de loi «effaçant, pour l’avenir, tous les effets des condamnations et sanctions infligées du chef d’actes d’incivisme ‘prétendument’ commis entre le 10 mai 1940 et le 8 mai 1945 et instituant une commission chargée d’indemniser les victimes de la répression d’après-guerre ou leurs descendants pour le préjudice financier subi à la suite desdites condamnations et sanctions».

 

On sait maintenant que De Wever a proclamé haut et fort après l’accord pour un gouvernement ‘suédois’ qu’il était heureux et considérait comme une incontestable victoire d’avoir chassé le parti socialiste de tous les niveaux de pouvoir (Flandre et Fédéral).  Et qu’il souhaitait que cela le fût à jamais!

 

Et, partant, et tout en restant rationnel, on peut se poser la question de savoir si dans cette véhémence contre le PS, il n’y a pas un sentiment de haine rabique ancestrale contre le bolchevisme, un esprit de revanche pour un conflit perdu auquel ont participé de jeunes nationalistes flamands. Collaborateurs aidant les occupants à rafler les Juifs, les gens de gauche et les soi-disant résistants.  Waffen SS aidant l’Allemagne nazie à continuer sur une immense échelle son entreprise d’extermination des Juifs, des asociaux, des partisans et des bolcheviques.

 

Ce combat de revanche a posteriori, cette nouvelle croisade nationaliste flamande contre la gauche, fait penser à ce que nous avons connu dans les années 30 quand le bolchevisme était considéré comme une menace contre l’humanité. Sans qualifier la N-VA de nazie puisqu’il s’agit tout de même d’un parti assis sur des principes démocratiques et dont les membres sont élus d’une manière démocratique, il faudrait se pencher sur les rouages du pouvoir nazi, leurs méthodes, leurs diatribes, leurs délires paranoïaques, afin de comprendre certains des aspects actuels de la politique en Belgique.  Et se pencher sur le fait que nous n’avons jamais pu entendre haut et clair de gens de la N-VA une condamnation sans équivoque possible de l’Allemagne nazie, du génocide et des massacres qu’elle commit, et de tous ceux qui, à quelque degré que ce soit, ont collaboré à ce régime déclaré criminel par le Tribunal de Nuremberg (45/46). 

 

Pour pouvoir pardonner à ‘ceux qui savaient ce qu’ils faisaient’, à des traitres et criminels belges, Flamands comme Wallons et francophones, effacer la mémoire de leurs crimes, il faudrait demander à Zuroff (Centre Wiesenthal), à Klarsfeld pour les autorités internationales, à Rubinfeld ou au rédacteur-en-chef de RésistanceS pour la Belgique, ce qu’ils en pensent, eux qui ont repris pour leur compte l’énorme tâche de défendre la mémoire des victimes de la Shoah.

 

Et qu’en penseraient les associations d’anciens résistants ou leurs ayants-droit?  Ces ayants-droit de personnes tuées ou envoyées dans des camps par jalousie, haine, cupidité ou parce qu’elles étaient suspectées de bolchevisme?

 

Et, énonçons le clairement, il ne s’agit pas ici d’un problème communautaire, il s’agit ici, essentiellement, d’un problème de valeurs, d’humanisme et de mémoire.

 

19/09/2014

LA STRATÉGIE DE POURRISSEMENT DE CERTAINS PARTIS FLAMANDS

L’échec du oui au référendum sur l’indépendance de l’Écosse tempérera l’appétit de la N-VA pour tenter la même expérience.  Et encore, ce parti en a fait l’article majeur de son programme, mais selon de Standaard seuls 20 % des Flamands seraient réellement pour l’indépendance de la Flandre, donc la moitié des votes cumulés de la N-VA + Vlaams Belang + LDD.  Il faudrait toutefois ajouter que si, dans le débat sur l’indépendance de l’Écosse, on parlait des richesses (pétrole notamment, mais certaines fortes industries telle celle du whiskey par exemple ou le saumon) de ce nouveau pays, dans une Flandre indépendante, celle-ci serait lourdement hypothéquée de près de 60 % de la dette publique belge – soit à peu près 180 milliards d’euros pour la seule Flandre ! -, dès le départ et il n’y aurait ni pétrole ni whiskey ni saumon  pour amoindrir la charge des intérêts de cette dette.

 

On sait que la N-VA a une stratégie de pourrissement de l’État fédéral.  Prouver, même en participant au gouvernement fédéral, qu’une Belgique n’est plus gérable sur le plan fédéral – national -, est l’objectif de ce parti.  Un échec d’une telle coalition ou un désaveu massif (par exemple à la suite de grèves prolongées ou de détérioration de la situation économique) démontrerait a fortiori qu’il faudrait passer à l’étape suivante, la séparation de corps et de biens des entités belges.  Sauf que pour la N-VA Bruxelles – entité qu’elle ne reconnaît pas – serait placée sous tutelle des entités séparées, Flandre t Wallonie!

 

Récemment, on a chanté les louanges de Wouter Beke, le président du CD&V, qui a choisi de sacrifier Peeters, le futur 1er Ministre, pour permettre à Marianne Thyssen d’obtenir un poste de commissaire européen.  De Standaard a même écrit en titre d’un article laudatif que c’était là un ‘coup de maître’.  Je n’ai pas la même lecture.  Jai vu jadis dans une interview de Beke qu’il se disait ‘flamingant’ (son propre terme en néerlandais).  Je pense, moi, que Beke a un agenda caché.  Il regrette peut-être le cartel avec la N-VA et, donc, en sacrifiant le poste de 1er Ministre de Belgique, en permettant sans doute que ce soit l’une ou l’autre des personnalités francophones du MR qui l’endosse, on pourrait à terme, N-VA et CD&V tendrement réunis et confondus dans une même idéologie séparatiste, juger que la Belgique, dirigée par un 1er Ministre francophone ou wallon, est ingouvernable.  Sachant que ce gouvernement de centre-droite (mais où est le centre dans cette coalition ’suédoise’?) amènera inévitablement, à terme, des conflits sociaux et qui sait, peut-être même de la bisbrouille entre les partenaires.  Car Beke, ce faux grand maître croit que ce qui donne des voix à la N-VA, ce n’est pas son programme économique, mais surtout et uniquement leur désir d’indépendance pour la Flandre.  Il croit donc qu’en œuvrant en coulisse dans le même sens que les séparatistes, il regagnera des voix de la N-VA.

 

Je pense que Wouter Beke a choisi le camp de la N-VA et du pourrissement.  Je crois que lui aussi a choisi de manière délibérée – et sans le dire – le camp des indépendantistes, le camp de ceux qui lègueront à leur peuple une dette d’environ 180 milliards d’euros si jamais on devait arriver à un référendum et à une indépendance de la Flandre.  Que la N-VA refuse systématiquement le poste de 1er Ministre sur le plan fédéral en dit long sur leur stratégie.  S’ils veulent bien être associés par le biais à une participation au fédéral, ils ne souhaitent pas qu’un éventuel 1er Ministre de leur propre parti (et surtout pas De Wever) porte le chapeau de l’échec programmé de cette coalition suédoise. Car l’échec est déjà programmé, souhaité, voulu, ce sera la preuve, une fois de plus, que la Belgique a vécu son temps et qu’il est temps de passer à des entités fédérées ou indépendantes.  Que le MR soit aveugle ou insensible à cette stratégie délibérée est navrant, sauf que je pense que l’attrait de 7 postes ministériels demeure le principal leurre qui guide leurs choix et décisions politiques.

 

J’ai bien ri quand j’ai lu que Maggie De Block était la politicienne la plus populaire en Belgique, celle qu’on verrait volontiers – tant en Flandre, à Bruxelles qu’en Wallonie – 1er Ministre du Royaume.  Outre sa laideur intrinsèque et son poids, qui a mon sens, constituent un handicap pour les relations internationales de notre pays si elle devait être 1er Ministre en titre (quelle image de notre pays donnerait-on?), le pire c’est que pas une seule personne de celles qui ont été sondées pour le sondage d’opinion et qui la verrait à ce poste ne serait capable de décrire un seul point du programme, une seule idée politique, une seule ligne de conduite politique, que cette brave dame aurait.  J’ai lu que quand on lui a demandé quel sentiment cela donnait d’être citée comme 1er Ministre potentielle, elle a répondu ‘Dat is een tof gevoel’ (c’est un chouette sentiment).  Sauf que ‘tof’, pour elle qui est médecin donc censée être intellectuelle, c’est un mot que ni adolescents ni adultes flamands n’emploient, seuls des enfants en bas âge utilisent ce mot avant de passer, plus tard, à des termes un peu plus relevés.  Selon, De Standaard, tout ce simulacre autour de De Block en tant que 1er Ministre ne vaut que pour lui permettre d’avoir un ‘gros’ portefeuille dans le prochain gouvernement, car elle n’a aucune chance d’être 1er Ministre.  Heureusement pour l’image de la Belgique!

 

Marc Reynebeau, l’un des faiseurs d’opinions les plus intelligents et influents du Standaard (capable de beaucoup de traits d’humour aussi, il suffit de lire sa rubrique ‘De Week volgens Marc Reynebeau’ dans le supplément du Standaard du week-end) a, dans un article récent[A] fustigé tant le gouvernement fédéral en devenir que le gouvernement flamand, qui font abstraction de leur rôle d’arbitre neutre, et témoignent leur attachement unique aux valeurs et idées patronales, abandonnant ce qui avait toujours fait la grandeur de notre tissu social, le dialogue social, inscrit dans la loi et qui seul jusqu’à présent, et ce depuis automne 1944 -  a permis d’éviter des conflits comme en ont connu le Royaume-Uni sous Thatcher et la France.

 

Ce qu’il dit est intéressant et mériterait qu’on en fasse plus de publicité:

 

En cela, le gouvernement flamand – tout comme le futur  gouvernement fédéral de coalition, analogue sur le plan idéologique – n’est plus un arbitre neutre dans le champ classique des tensions sociales.  Il prend parti au contraire, ce qu’il démontre en reprenant le discours patronal et donc, son matériau idéologique (…)  Cela se trouve aussi écrit dans l’accord de gouvernement.  Il opte pour ‘une gestion par l’autorité’ d’économie de marché et reconnaît dans cette logique uniquement les entrepreneurs en tant que créateurs ‘de prospérité et d’abondance

 

Remarquons aussi que bien qu’il y ait de plus en plus d’économistes sur le plan international et belge, qui vont maintenant dans le sens d’un stop à l’austérité, nos partenaires à la coalition à la suédoise n’ont que ce mot à la bouche, évidemment puisque Bart De Wever – et le MR dans une certaine mesure – n’ont comme idoles et points de référence politiques que des gens comme Thatcher ou Cameron.  Les déclarations venimeuses récentes à l’égard des syndicats de certaines des têtes pensantes de la N-VA donnent à penser que le dialogue social est mort et qu’on entre de plain-pied dans une ère thatcherienne de diktats et de recul social.  La Flandre déjà diminue les subsides aux organisations culturelles et sociales, augmente le minerval dans les universités, supprime la gratuite de transport pour les seniors flamands et ce n’est qu’un début.  Retour aux années 70 et 80 et à cette ère néolibérale qu’illustrèrent Thatcher et Reagan.

 

Ce syndicaliste de l’ACV n’avait pas tort quand il a parlé d’une coalition ‘Monaco’ plutôt que suédoise.

 

Si l’avenir en Belgique ne s’annonce pas rose, il s’annonce décidément jaune et noir (N-VA) avec la participation enthousiaste du MR, ces renégats francophones, ces fossoyeurs de l’État belge!  Incapables de comprendre dans quel jeu de dupes ils se laissent entraîner ou plutôt les mirettes fixées sur ce Veau d’Or que constituent postes ministériels et cabinets ministériels.

 

Quant à Lutgen, il aurait dû participer à cette coalition, la participation de son parti aurait été un gage de démocratie face à ce tsunami néolibéral qui va bientôt nous engloutir!

 

Deux choses maintiendront l’unité du pays en l’état: (un) la Royauté, (deux) l’impossibilité constitutionnelle d’organiser un référendum séparatiste.

 

  



[A]De Standaard du 17/9/2014)