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13/09/2015

LA N-VA TOMBE LE MASQUE

LA N-VA TOMBE LE MASQUE

 

 

Récemment, j’ai lu un commentaire d’une amie sur Facebook – ancienne collègue par ailleurs dans mon dernier milieu professionnel – qui disait ‘il a tout à fait raison’ en commentaire d’une opinion que Bart De Wever (N-VA) avait exprimée: ‘quand des réfugiés arrivent en Belgique, on leur donne tout de suite un revenu, un logement et des allocations familiales.  C’est difficile à expliquer à des gens qui ont cotisé pour cela durant 50 ans.

 

Ma surprise provenait du fait que cette amie Facebook est wallonne et je me suis ainsi rendu compte de la dangerosité du discours pervers {dans le sens de celui qui déforme les faits} d’un maître des opinions serpentines et fielleuses comme l’est le bourgmestre d’Anvers.

 

Car, la déclaration que ‘tous ces gens qui ont cotisé 50 ans pour cela’, est totalement fallacieuse et DW doit le savoir.

 

Le revenu que reçoivent les étrangers en séjour légal est à charge des CPAS et dépend du fait qu’ils aient ou non des revenus ou sources de revenus (par exemple du travail) puisque c’est là un régime subsidiaire, donc à charge de l’assiette globale des budgets fédéraux et communaux, personne ne cotise pour cela mais tout le monde y contribue par le biais des impôts ou décimes additionnels.  Quant aux logements sociaux, les sociétés de logement sont financées par des capitaux propres en provenance de diverses sources, mais la plus importante provient évidemment des dotations communales, également à charge de l’assiette globale via les impôts et décimes additionnels.

 

Et pour les allocations familiales, ce que reçoivent des personnes sans revenus – ou à charge de CPAS comme on dit- ce sont des prestations familiales garanties, également un régime subsidiaire que paie l’ancien ONAFTS (actuellement Famifed), et ce sont les employeurs qui cotisent exclusivement pour ce régime à raison de 7 % des montants bruts des salaires/appointements.

 

Ce que voulait De Wever, par cette saillie populiste, c’était avant tout de rassurer l’extrême droite du son parti, cette mouvance issue du Vlaams Belang, des flamingants pur et dur crin, des idéalistes du Troisième Reich et les indépendantistes, car comme le veut la sagesse populaire (francophone et wallonne du moins), les Flamands sont des grippe-sous souhaitant que leurs deniers publics (les impôts ou cotisation) servent à bon-escient, c’est-à-dire reviennent en leur faveur sous l’une ou l’autre forme et surtout pas à des gens qui sont des étrangers.

 

Depuis quelques mois, on sent de plus en plus d’articulets ou d’articles ou d’opinions qui sont défavorables à la N-VA, et je suis bien placé pour le savoir puisque je lis De Standaard, et j’ai constaté que les rédacteurs de ce journal élitiste commencent à virer de bord, devenant de plus en plus critiques à l’égard des bourdes verbales ou déclarations à l’emporte-pièce de personnes en vue de la N-VA.

 

Ce qu’a ajouté le bourgmestre d’Anvers c’était que des personnes qui quittaient leur pays pour raison de guerre, ‘une fois qu’ils arrivaient dans un pays sûr {sous-entendu: Turquie, Liban, Jordanie}, c’était terminé, s’ils voulaient rejoindre l’Europe, ils devenaient de facto des "réfugiés économiques"’.

 

De Wever doit savoir pertinemment qu’il y a des personnes, des familles avec enfants, qui vivent sous tente depuis trois ans à la frontière turque, au Liban ou en Jordanie et le nombre est de près de 4 millions!  A-t-il une idée de ce que cela représente de vivre sous tente du point de vue de la dignité humaine, des valeurs humanitaires que nous professons?

 

Homans, l’égérie et passionaria du parti flamingant, elle, a déclaré que si un réfugié a une propriété dans son pays d’origine, il n’a pas droit à un logement.  Homans, qui est flamande et qui doit sans doute regarder de temps en temps soit des émissions de Canvas ou des chaînes hollandaises, devrait pourtant avoir vu des documentaires sur la guerre en Syrie ou dans le nord de l’Irak et savoir ce qui reste des propriétés dans les villes syriennes bombardées et assiégées, certaines telle Homs, depuis 4 ans et demi, ou dans les bastions du nord de l’Irak assiégés par l’EI.  Vous avez un appartement, Monsieur (…) ah, il n’en reste que des ruines, mais cela a tout de même une valeur immobilière, vous n’avez donc pas droit à un logement social en Belgique.  On dit d’Homans qu’elle est d’origine modeste et qu’elle a réussi seule.  Mais, elle en a gardé une rancune tenace vis-à-vis de tous ceux qui n’ont pas eu sa pugnacité et qui n’ont pas réussi à s’en sortir seuls.  Quelle écœurante mentalité que celle qui ostracise les victimes justement parce qu’elles sont victimes…

 

Et Kafka qui se retourne une fois de plus dans sa tombe en murmurant ‘la Belgique, la Belgique…’.

 

Le dernier zozo de la N-VA, député européen et vice-président du parti, dont je n’ai pas retenu le nom, lui, a dit ‘qu’il fallait refouler les bateaux vers leur lieu d’embarquement afin d’empêcher les gens d’arriver dans l’Union européenne’.  Un peu comme le font les Australiens.  Cachez ces réfugiés que je ne saurais voir…’

 

 

Beaucoup de gens, même des francophones et wallons ont été trompés par les discours électoraux de la N-VA.  Maintenant qu’on entend ces déclarations, qu’on constate comment le Secrétaire d’État à l’Immigration {certains humoristes flamands le qualifient déjà de Frankenstein} laisse volontairement pourrir les choses à Bruxelles et la manière désinvolte, frisant le sabotage délibéré, dont l’Office des Étrangers traite les dossiers, on sait, on connaît enfin le vrai visage de la N-VA:

 

un parti flamingant, indépendantiste, thatchérien, où pointe la haine/peur de l’étranger car du temps de la collaboration avec les nazis c’étaient les Juifs qu’on ostracisait, maintenant ce sont les Musulmans, car tous ces étrangers sont de mœurs contraires à l’esprit de clocher, à l’esprit délibérément anti-cosmopolite que défend ce parti, ramassis d’idéalistes pronazis, de nostalgiques du Vlaams Belang, d’indépendantistes pour qui la lutte contre les francophones et wallons a commencé dans les tranchées en 14-18, de ‘fourt’-votes ({votes de personnes contre le gouvernement précédent}, de capitalistes purs et durs qui ne jurent que par ‘Eigen Volk Eerst {notre Peuple d’abord}, bref un ramassis de gens qui ne forment nullement l’intelligentsia flamande mais qui surfent sur les déclarations à l’emporte-pièce, tape-à-l’œil, faciles à dire mais plus difficiles à prouver mais qu’importe, il faut tenir le haut du pavé, ici, là et là-bas, tout le temps, comme le fit Hitler qui avait déclaré que son parti devait être présent partout.  Et puisque c’est un historien qui est à la tête de ce parti haineux, il doit connaître l’histoire…

 

Dommage qu’il y ait chez les francophones et wallons des personnes qui soient sensibles à ces discours populistes, poujadistes et aux reflets racistes à peine voilés.

11:07 Publié dans Belgique | Lien permanent | Commentaires (0)

12/11/2014

DIKTATS, CONTRE-VÉRITÉS ET POSITIONNEMENT DE LA N-VA

La N-VA tient le haut du pavé pour le moment.  Elle est omniprésente, dans les interviews, dans les réactions à chaud, dans les prises de position sur n’importe quel problème soulevé sur le plan fédéral.  En Flandre elle surfe sur le succès touristique des commémorations liées à la Première guerre mondiale, comme s’il n’y avait au fond eu que la Flandre et les Flamands qui avaient souffert de la guerre et de l’occupation boche.  Une commentatrice flamande (dans De Standaard du 10/11/14) a d’ailleurs dit que l’histoire des pauvres soldats flamands qui ne comprenaient pas le français des officiers était incomplète, ces fils de paysans et d’ouvriers flamands n’auraient pas plus compris le beau néerlandais de leurs officiers.

 

Ces déclarations à l’emporte-pièce, souvent le fait du seul Bart De Wever, l’inévitable ténor et stentor du parti populiste flamand empêchent tout débat politique sur n’importe quel sujet.  Il suffit que le bourgmestre d’Anvers parle et le sujet est clos.  Ex-cathedra.

 

Légalisation du cannabis?  NEEN! du haut de la Tour d’Ivoire anversoise.  Débat clos alors que (et je ne suis pas partisan de la légalisation, je n’en ai jamais consommé, je laisse cela aux têtes creuses et bourgeois baba cool), en vérité, on pourrait demander l’avis des scientifiques et médecins, faire état d’études ou de rapports sur le sujet et sur le danger de dépendance accrue à des drogues plus dures, etc.

 

Taxer les fortunes ou les gros revenus ?  NEEN! du haut de la Tour d’Ivoire d’Anvers.  Pas question (par la voix de Jan Jambon cette fois-ci).

 

Tout cela marche bien en Flandre, car il dit ce qu’il pense De Wever des fainéants, parasites et assistés de Wallons, cela frappe l’esprit, et on retient ces prises de position mâles ou macho, car l’électeur flamand n’est plus du type à écouter ou lire des intellectuels, des articles de fond, à s’abreuver à différentes opinions contraires pour se faire sa propre idée.  Les preuves : (1) le journal le plus vendu en Flandres est ‘Het Laatste Nieuws’ ou les nouvelles présentées d’une manière populaire et simpliste avec beaucoup de photos, (2) les deux livres les plus vendus lors de la récente Foire du Livre à Anvers (terminée le 11/11) étaient deux livres de cuisine.

 

L’autre raison pour laquelle les déclarations de De Wever et de la N-VA ont tant de poids, c’est que ce parti populiste – se rapprochant à certains égards du poujadisme – a engrangé plus de 30 % des voix de Flamands, à la limite les seuls qui comptent encore en Belgique fédérale.

 

Récemment, il y a eu pire.  De Wever a déclaré que ce que font et disent actuellement les socialistes wallons est criminel.

 

Voyons voir ce que dit ce cher Robert à propos de criminel? «Qui est coupable d’une grave infraction à la morale, à la loi

 

Donc, récapitulons :

 

  • les socialistes wallons font des déclarations et ont des agissements criminels

  • par contre, quant il s’agit de la collaboration de Belges, une sommité dans ce domaine – Jan Jambon – a estimé que les ‘collaborateurs avaient leurs raisons’.

     

    Collaborateur = ‘personne qui travaille avec une ou plusieurs personnes à une œuvre commune.’

     

    L’œuvre commune dans ce cas c’était le nazisme avec son idéologie de race supérieure et de parasites à éradiquer.  Donc, ceux qui collaborèrent à cette œuvre commune, déclarée criminelle par le Tribunal de Nuremberg (1945/1946)sont des criminels par association.  Et, rappelons que ces crimes commis par les nazis allèrent d’arrestation et de déportation dans vers les camps de la mort de Juifs, résistants, gauchistes, etc.  De tueries arbitraires de civils (otages), de l’envoi de civils pour le travail obligatoire en Allemagne, y compris dans des usines d’armements, etc.  Outre le génocide des Juifs, la Wehrmacht, la SS et les forces occupantes, aidées par des volontaires locaux souvent regroupés en milices de collaborateurs, policiers auxiliaires ou personnes haut placées dans l’administration ou la police, se rendirent coupables de crimes de guerre, crimes contre l’humanité.  Oui, ces gens avaient leurs raisons, ça c’est sûr.

     

    Vous rappelez-vous ces photos de De Wever et Jambon posant avec leur idole, Jean-Marie Le Pen?  L’homme qui a un jour déclaré que ‘les chambres à gaz étaient un détail de l’histoire.’

     

    Ne trouvez-vous pas que chez toute une série de gens de la N-VA, il se dégage une odeur de soufre, une odeur pestilentielle.

     

    Mais, il y a pire aussi.

     

    Dans cette stratégie vocale tendant à occuper le terrain partout et tout le temps, dans cette stratégie de diabolisation d’un ennemi idéologique à qui on peut imputer tout ce qui ne marche pas ou tout ce qui empêche une évolution dynamique de Sa Propre Nation, dans cette stratégie de minimisations constantes des aspects négatifs de sa propre politique et maximation de sa propre personne, de son propre ego en tant que représentant de Sa Nation, je le regrette, je ne vois que l’ombre de Hitler, en tant que grand  et pervers stratège qui a réussi à atteindre une partie de ses objectifs (notamment ceux ayant trait à l’éradication des Juifs et des bolcheviques) grâce à une stratégie simpliste et simplificatrice, réductrice, pratiquant l’amalgame {fait d’englober artificiellement, en exploitant un point commun, diverses formations politiques afin de les discréditer[i]}, une stratégie fondée sur la répétition ad vitam nauseam des mêmes clichés, des mêmes a priori sans fondements, des mêmes stéréotypes populistes {les Wallons sont des fainéants, des profiteurs, des parasites, des assistés, des fraudeurs sociaux, etc.}, destinés à pratiquer du bourrage de crânes, du conditionnement psychologique.

     

    Je suis clair: De Wever et son parti ne sont pas des néonazis, mais ils utilisent certaines des méthodes qui ont permis à Hitler de réussir à conditionner le peuple allemand durant un peu plus d’une décennie.  69 ans après la fin de la guerre et alors que certains psychiatres et auteurs de renom ont décortiqué ces méthodes nazies réductrices et populistes (cf. par exemple Friedrich Hacker dans son libre sur l’Agression ou Wilhelm Reich), chez nous actuellement, je ne vois, n’entends et ne lis personne parmi les politiciens de l’opposition qui décortique ces stratégies de contre-vérités, réductions, slogans de la N-VA et fait face à ces innombrables diktats réducteurs de démocratie de quelqu’un qui semble ne voir dans la politique que la réalisation de ses seules et propres idées.  Comme Hitler.  Comme Staline.  L’ego amplifié qui réduit tout autour de soi afin que l’image que le miroir renvoie soit la seule image tolérée.  Une image qui incarne Sa Nation (flamande).

     

    Mon seul espoir c’est que je constate, parmi le cercle de mes amis ‘intellectuels’ ou ‘artistes’ sur Facebook, que certains musiciens, commentateurs voire écrivains/poètes, voient clair, qu’ils se manifestent, tout comme dans la presse écrite, on a déjà vu et entendu nombre d’artistes, d’intellectuels, dénoncer l’inconsistance, les aspects politiquement pervers et dangereux de cette nouvelle droite néolibérale, capitaliste, raciste larvée (à l’égard des Wallons et des Bruxellois francophones) et rétrograde sur le plan social qu’a nom la N-VA.

     

    Cela fait plaisir mais ce n’est pas suffisant.

     

    Quand Onkelinx a dit qu’elle entendait ‘le bruit des bottes’, elle n’était ni excessive ni criminelle.

     

    Il y a un bruit de bottes dans ce pays, décidément, et les Flamands ne s’en rendent pas compte ou bien auraient-ils la nostalgie des années ‘30 (= lutte contre le bolchevisme) et ‘40 (occupation, collaboration, déportations, engagements dans la SS de Belges…)?

     

    Car voter pour la N-VA, voter pour De Wever, c’est voter pour un révisionnisme historique – au-delà de la scission du pays et du thatcherisme de sa politique.  C’est pardonner et oublier l’impardonnable et ce qui ne peut en aucun cas être oublié.  Des actes et comportements criminels. De vrais! Et qui doivent le rester à jamais, pour que perdure la mémoire de ces crimes haineux et celle des innombrables victimes du nazisme et de ses collaborateurs!



[i]Toutes citations du Petit Robert édition 2015

26/10/2014

LE SILENCE COUPABLE DE LA N-VA

 

Le 6/11/41 le maréchal Pétain transmet un message aux volontaires SS français : «Sachant que bientôt vous entamerez les combats, je réalise avec fierté que vous emportez avec vous au travers du feu de la guerre une partie de la gloire française... Prenant part à cette croisade dirigée par l'Allemagne, en aidant à repousser la menace contre l'humanité que représente le bolchevisme, vous méritez de ce fait la gratitude du monde. Rappelez-vous que par cette guerre vous défendez votre terre et, simultanément, vous donnez de l'espoir à tous les peuples d'Europe unis dans une future réconciliation.»

Depuis quelques années, et surtout sous l’impulsion de la N-VA, certains politiques et patrons flamands ont de plus en plus tendance à mettre le socialisme sur le même pied que le marxisme. On a même dit que Di Rupo était marxiste!  On critique aussi ceux du PS qui chantent l’«Internationale», oubliant que le compositeur de ce morceau était Gantois (Degeyter-1888) et que, de ce fait, les Belges auraient plus de légitimité historique à chanter cet air que les anciens communistes d’URSS.

 

On connaît l’arbre généalogique et le fond d’idées assez troubles de certains politiciens de la N-VA.  Mark Eyskens ne le cachait pas (lors d’une interview entendue sur Canal Z il y a déjà un ou deux mois), «à la N-VA, tous sans exception ont un passé de collaboration». Le frère de Bart De Wever, Bruno, un historien de renom spécialiste de la collaboration en Flandres disait ceci à propos de la collaboration «Mais, n’oublions pas qu’un grand nombre des gens du Mouvement Flamand, également à présent auprès de la N-VA, viennent de familles qui ont collaboré durant la guerre.» (interview dans ‘Het Nieuwsblad’ du 15 octobre 2014).  On sait qu’en mai 2011, 30 Sénateurs de partis flamands  ont voté pour la prise en considération d’une proposition de loi «effaçant, pour l’avenir, tous les effets des condamnations et sanctions infligées du chef d’actes d’incivisme ‘prétendument’ commis entre le 10 mai 1940 et le 8 mai 1945 et instituant une commission chargée d’indemniser les victimes de la répression d’après-guerre ou leurs descendants pour le préjudice financier subi à la suite desdites condamnations et sanctions».

 

On sait maintenant que De Wever a proclamé haut et fort après l’accord pour un gouvernement ‘suédois’ qu’il était heureux et considérait comme une incontestable victoire d’avoir chassé le parti socialiste de tous les niveaux de pouvoir (Flandre et Fédéral).  Et qu’il souhaitait que cela le fût à jamais!

 

Et, partant, et tout en restant rationnel, on peut se poser la question de savoir si dans cette véhémence contre le PS, il n’y a pas un sentiment de haine rabique ancestrale contre le bolchevisme, un esprit de revanche pour un conflit perdu auquel ont participé de jeunes nationalistes flamands. Collaborateurs aidant les occupants à rafler les Juifs, les gens de gauche et les soi-disant résistants.  Waffen SS aidant l’Allemagne nazie à continuer sur une immense échelle son entreprise d’extermination des Juifs, des asociaux, des partisans et des bolcheviques.

 

Ce combat de revanche a posteriori, cette nouvelle croisade nationaliste flamande contre la gauche, fait penser à ce que nous avons connu dans les années 30 quand le bolchevisme était considéré comme une menace contre l’humanité. Sans qualifier la N-VA de nazie puisqu’il s’agit tout de même d’un parti assis sur des principes démocratiques et dont les membres sont élus d’une manière démocratique, il faudrait se pencher sur les rouages du pouvoir nazi, leurs méthodes, leurs diatribes, leurs délires paranoïaques, afin de comprendre certains des aspects actuels de la politique en Belgique.  Et se pencher sur le fait que nous n’avons jamais pu entendre haut et clair de gens de la N-VA une condamnation sans équivoque possible de l’Allemagne nazie, du génocide et des massacres qu’elle commit, et de tous ceux qui, à quelque degré que ce soit, ont collaboré à ce régime déclaré criminel par le Tribunal de Nuremberg (45/46). 

 

Pour pouvoir pardonner à ‘ceux qui savaient ce qu’ils faisaient’, à des traitres et criminels belges, Flamands comme Wallons et francophones, effacer la mémoire de leurs crimes, il faudrait demander à Zuroff (Centre Wiesenthal), à Klarsfeld pour les autorités internationales, à Rubinfeld ou au rédacteur-en-chef de RésistanceS pour la Belgique, ce qu’ils en pensent, eux qui ont repris pour leur compte l’énorme tâche de défendre la mémoire des victimes de la Shoah.

 

Et qu’en penseraient les associations d’anciens résistants ou leurs ayants-droit?  Ces ayants-droit de personnes tuées ou envoyées dans des camps par jalousie, haine, cupidité ou parce qu’elles étaient suspectées de bolchevisme?

 

Et, énonçons le clairement, il ne s’agit pas ici d’un problème communautaire, il s’agit ici, essentiellement, d’un problème de valeurs, d’humanisme et de mémoire.