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21/05/2017

Châle, voile, hidjab

CHÂLE, VOILE, HIDJAB

 

Depuis fin mars, j’emprunte journellement pour des raisons médicales la ligne de métro qui va du Midi à Simonis/Roi Baudouin, via Clémenceau, Lacroix,la Gare de l’Ouest, Beekkant, ensuite le bus 13 ou 14 jusqu’à l’UZ de Jette.

 

Et, je suis effaré de constater le nombre important de jeunes filles et femmes d’origine maghrébine qui porte le voile. Ne montrant pas un poil ou la moindre touffe de chevelure.

 

Je suis tolérant même en matière religieuse {tout en étant moi-même férocement athée}, je suis tolérant en matière vestimentaire, je suis tolérant quant au look des gens. Pour moi et c’est là un principe démocratique essentiel, tout le monde s’habille, se coiffe, paraît, comme bon lui semble et ce n’est ni à moi ni à un législateur à édicter des règles de conduite, d’habillement ou de comportement gestuel. Je n’interdirais jamais le voile même dans l’espace administratif même pour des employés communaux, provinciaux, régionaux ou fédéraux. Tout comme je ne voudrais pas que tout le monde ait le crâne rasé ou les tifs jusqu’à la taille, je ne souhaite pas un monde à la Huxley voire Orwell, ou à la nord-coréenne où tout le monde serait coiffé de la même manière et habillé de façon identique. De la diversité naît la liberté.

 

Toutefois, ce qui m’effare quand je vois ces toutes jeunes filles, mères de famille, ou étudiantes, voilées, c’est que je viens de voir des interviews de femmes iraniennes lors de l’élection du président, et chez elles on voyait la moitié de la chevelure. À Anderlecht, Molenbeek, Jette, pas un poil de visible chez ces jeunes.

 

Bon, je ne suis pas idiot. Je comprends ce message qui est loin d’être subliminal. «On vous vomit, vous les Belges racistes, nous on est du côté de nos frères et sœurs de la Bande de Gaza, nous avons de la sympathie pour les formes non violentes de la Sh’aria, nous sommes pour un Islam pur et dur, non mâtiné de ces formes décadentes de luxure et de perdition sexuelle que cherchent à toute force à nous imposer des mœurs libertaires et contraires à la bienséance que prône le Coran et l’Islam.»

 

Message reçu, Five on Five, Out.

 

Bon, mais à part cela, mes chères demoiselles et dames qui ressemblez maintenant non pas à de jeunes Iraniennes éperdues de liberté, mais plutôt à vos sœurs soumises en Afghanistan, au Pakistan, dans la Bande de Gaza, sous la férule du Hezbollah ou celle encore bien plus mortifère du califat de l’État islamique, vous rendez-vous compte qu’en vous cachant la chevelure en fonction d’une sourate du Coran {celle qui parle de cacher les "atours"}, vous rendez-vous compte que ce geste de vous mettre un châle ou un voile sur la chevelure, n’est nullement un signe d’émancipation mais plutôt un signe d’asservissement total à une société patriarcale dont l’origine remonte à bien plus loin en arrière que le Moyen-âge?

 

Dans nos pays occidentaux et puisque vous y vivez, vous devriez le savoir, la femme est égale à l’homme. Elle a constitutionnellement et dans les textes légaux et réglementaires les mêmes droits et devoirs que l’homme. La femme est libre de ne pas vivre en couple ou de le faire, de ne pas avoir d’enfants ou d’en avoir, d’ouvrir un compte bancaire à son seul nom, de s’habiller et de se coiffer comme elle le souhaite, tout comme fréquenter les gens – de quelque nature que ce soit – qu’elle souhaite. Les femmes dans nos pays de culture et de démocratie occidentales ne sont pas nécessairement des machines à produire des bébés inféodées à un mari dont aucun ordre ou commandement ne souffre de contradiction.

 

En portant le châle, le voile, le hidjab – et je ne parle pas de cette femme que j’ai vue au Midi portant le tchador -, au-delà du message politique que vous souhaiteriez porter à notre égard, vous transmettez également le message d’une femme reléguée au second rang de la société musulmane, une femme dont le père, le frère, l’époux, est d’une telle myopie religieuse qu’il ne supporte pas qu’un regard impie ou croyant puisse effleurer une simple chevelure. Car, dans cette optique frôlant la cécité religieuse, dans la retransmission orale mais non écrite de l’Islam, quiconque porterait un regard sur une chevelure de femme, pourrait avoir des idées de luxure, de lascivité, de stupre. Et pour éviter ce péché du regard, supprimons l’objet du regard, ergo la chevelure féminine.

 

Il est aussi significatif de devoir constater que dans cette retransmission orale d’une tradition qui n’est pas vraiment établie dans le Coran, les autorités religieuses musulmanes de même que les Anciens ou les Musulmans ayant de l’influence sur leurs communautés, n’ont pas cette même attitude prude, effarouchée et franchement discriminatoire, quant il s’agit de juger – et, éventuellement, de condamner dans les termes les plus énergiques et peu susceptibles d’interprétation contradictoire – ce comportement de certains jeunes Maghrébins qui insultent, harcèlent, touchent, crachent sur des jeunes filles habillées court ou arborant des vêtements que ces jeunes gens, névrosés sexuels, considèrent offensants ou contraires aux préceptes de l’Islam et du Coran. "Nique ta mère" ai-je un jour entendu près de le Monnaie à Bruxelles, l’insulte de deux jeunes Musulmans destinée à une jeune fille blanche en mini-jupe marchant devant eux. On connaît aussi le reportage époustouflant quant au comportement de certains hommes, qu’une jeune fille de Bruxelles tourna il y a quelques années en caméra cachée alors qu’elle se promenait dans les rues du centre de la ville en mini ou habillée d’une manière moderne et désinvolte.

 

Et, là aussi, cette double morale du monde de l’Islam qui tolère tout des mâles mais rien des femmes ou jeunes filles, est à fustiger.

 

Mais ce qu’on pourrait également fustiger c’est cette attitude de certains politiciens, principalement des élus de communes, à Bruxelles notamment, qui tolèrent consciemment ou ferment les yeux quand certaines dérives d’idéologie perverse circulent ouvertement ou dans un secret qu’il serait facile d’éventer, dans des communes à forte prédominance musulmane, parce qu’il est plus facile de ne rien faire contre ces montées salafistes pourvu que le plus grand nombre possible de voix rentre dans leur giron lors des élections communales. Du temps de l’ancien bourgmestre de Molenbeek, j’avais lu que lors du Ramadan, les policiers de la commune ne pouvaient pas chiquer en rue! Pour ne pas vexer la population musulmane!

 

On sait qu’il y a en Belgique un corpus d’idéologie wahhabiste-salafiste répandu par certains Imams déclarés ou clandestins. Que finance l’Arabie Saoudite, ce pays exemplaire quant aux droits des femmes. On sait que parmi une frange en rade de jeunes Maghrébins, ce type d’idéologie qui fournit une identité à ces délaissés et laissés pour compte, a du succès. S’ils ne partent pas tous faire la guerre en Syrie ou en Irak, beaucoup de jeunes sont influencés par cette idéologie prônant la pureté religieuse pure et dure face à la décadence qu’offre notre type de vie dissolue.

 

Un gouvernement, une autorité fédérale, une commune, belges, qui cèdent aux vues obscurantistes d’une frange musulmane misogyne et axée sur la mise en infériorité sociale des jeunes filles et femmes, ne peuvent avoir notre soutien. Que ce le soit en acceptant que seule la viande Halal soit dispensée dans les prisons, que des jeunes filles soient dispensées de cours de natation mixtes ou qu’elles refusent de suivre un cours où on parlerait de Darwin et du Big Bang. Une société et culture de type occidental ne peut pactiser ni faire de compromis avec ces poussées moyenâgeuses – et subversives - contraires aux principes de la Déclaration universelle des droits de l’homme. Sans vouloir ni interdire le port du voile dans les administrations ou dans la société civile, il faut par des actes, des paroles, de la communication, refuser cette situation de droits acquis qui pousse des décervelés et dévoyés religieux à embrasser soi-disant volontairement une culture du repli sur soi, de l’asservissement de la femme, et du rejet systématique d’une société de type occidental, de rêve de Sh’aria, préceptes et principes contraires à nos valeurs morales d’égalité et de liberté individuelle.

 

S’il ne faut pas fustiger l’Islam en bloc comme le font souvent les partis populistes et dont abusent certaines éminences de la N-VA en Belgique, du Front national en France, ou certains auteurs comme Zemmour, il faut avoir le courage élémentaire de séparer le bon grain de l’ivraie, de dire qu’il y a des comportements, un fonds d’idées moyenâgeuses, des pratiques discriminatoires au sein de cette communauté religieuse musulmane, qui sont haïssables et qui doivent être combattues de la manière la plus énergique. En premier lieu en interdisant de culte ou de prêche tous les notables religieux musulmans sous influence wahabbiste ou salafiste {puisqu’ils prônent une idéologie contraire à nos lois et à la Déclaration universelle des droits de l’homme} et en accentuant le contrôle – et la punition légale éventuelle - de tous ceux qui répandent impunément ces idées d’il y a 13 siècles, contraires à nos principes de droit d’égalité et de liberté individuelle de la femme notamment.

 

Je viens de voir hier à la télévision qu’en Afghanistan, cinq mille Mollahs avaient accepté de parler en Mosquée de la contraception, par pilule ou préservatif, étant donné que dans ce pays, la mortalité infantile {lire: jusqu’à 5 ans} est de 25 %. Un vent de modernisme souffle en Afghanistan, en Iran, alors qu’à Anderlecht, Molenbeek, Jette, on en revient à un obscurantisme moyenâgeux!

 

Quel paradoxe! Mais quel constat amer aussi de voir qu’un État de droit comme le nôtre ne fait rien pour contrer légalement, intellectuellement ou culturellement, ce retour en arrière que prônent tant d’esprits pervers. En vertu d’un principe de liberté religieuse et de culte. Qui n’a pas sa place dans notre société égalitaire quand ce qu’on prêche est en contradiction flagrante avec nos principes fondateurs.

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