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19/03/2017

Populisme égale simplisme voire crétinisme

POPULISME ÉGALE SIMPLISME VOIRE CRÉTINISME

 

La capacité d’absorption de la grande masse est seulement très limitée, sa compréhension petite, mais en contrepartie sa capacité à oublier grande. De ces faits, chaque propagande efficace doit se limiter à quelques points et ces slogans doivent être exploités aussi longtemps jusqu’à ce que le dernier, sous l’effet de telles paroles, puisse réaliser ce qui est voulu…

{Adolf Hitler – extrait de Mein Kampf}

 

Dès 1925, Hitler imputait déjà la défaite – le coup de poignard dans le dos - de l’armée allemande invaincue sur le terrain, à une conspiration judéo-bolchevique. 15 ans après et on le sait à présent, presque tous les Allemands, soldats et civils, étaient convaincus de cette vérité historique.

 

On a vu en Belgique que la N-VA se servait abondamment de cette arme de campagne électorale définie à l’origine par le futur Führer. En Belgique, dans cette Belgique à deux vitesses, ce sont les Wallons, et surtout le PS, qui constituent un frein à l’émancipation économique de la Flandre qui, sans ce boulet, se hisserait au niveau des meilleurs élèves commerciaux de l’Europe. Et, depuis que la N-VA est au gouvernement, ce parti populiste mais qui cherche à le cacher de manière habile, a ajouté des diatribes régulières servies par Francken, Homans et maintenant Demir, contre les migrants qui – sans doute par analogie avec le danger économique que représente la Wallonie – sont perçus comme susceptibles de parasiter la croissance économique de la Flandre bien-pensante.

 

Pourtant, quand on connaît le tréfonds du bagage idéologique tout autant que pervers véhiculé par le penseur Hitler, et qu’appliquèrent scrupuleusement ses séides, affidés, et aréopages de la société militaire, civile, voire mercantile, allemande – qui clamèrent par après haut et fort qu’ils n’en avaient rien su! -, on ne peut se départir de la conviction profonde que certains des nationalistes et populistes qui font actuellement la une de l’actualité internationale et qui ont pris le pouvoir ou risquent de le faire dans un certain nombre de pays, s’inspirent peu ou prou de ce propagandiste de talent que fut Hitler. Qui, dans la patrie même de Leibnitz, Hegel, Nietzsche, Heidegger, mais aussi d’Einstein, parvint à faire gober par tout un peuple désemparé quelques idées simplistes {les Juifs, les Français, les bolcheviques, sont à la base du déclin de la grande Allemagne}, mais parvint, à force de mesures légales graduelles ensuite de coups de force miliaires, à ce que tout un peuple soutienne ses politiques de génocide, d’extermination des Untermenschen et d’exploitation de prisonniers et déportés mutés en esclaves du Reich. Mais en plus de son talent unique de propagandiste, Hitler fut avant tout un manipulateur: de faits, d’idées, de concepts, qu’il s’accapara, transforma à son image. Hitler fut un nouveau démiurge et bien plus que Dieu qui fit l’Homme à Son Image, Hitler façonna tout un peuple à l’image de qu’il pensait que tout Allemand dût faire en face des ennemis du Reich.

 

Quand on lit sa prose maintenant, on se rend très vite compte des raccourcis intellectuels, historiques, sociaux et psychologiques qu’il utilisait. Cela peut même faire sourire, tant c’était simpliste, cru, vil et commun, sauf que ses folies imbéciles entraînèrent la mort de près de 50 millions d’êtres humains, y compris dans sa propre patrie dont il se voulait être le guide.

 

Geert Wilders, par exemple, a un programme qui tient sur une page A4, en 11 points, dont le renvoi des étrangers, la fermeture des mosquées, la fermeture des frontières et le retrait de l’UE. Marine Le Pen, même si elle y a ajouté quelques détails socio-économiques favorables au prolétariat, tient grosso modo le même discours simpliste, frontières fermées, retrait de l’UE et de l’euro, expulsion des étrangers illégaux, interdiction d’entrée des migrants, etc. Trump a plus ou moins le même programme, sauf qu’il y a un repli sur soi-même des USA, les mêmes mesures contre les parasites de la société {Mexicains, migrants, illégaux}, sauf qu’ici, comme il s’agit d’un homme d’affaires, il met l’accent sur la relance de l’économie ce qui se traduira par plus d’argent dans les poches des patrons et actionnaires et moins dans celles des assistés.

 

On peut se demander pourquoi ces minus intellectuels et culturels que sont les Trump, Farage, Orban, Kaszynski, Le Pen, Wilders, engrangent tant de succès électoraux? Pourquoi tant de personnes crédules tombent-elles sous le charme d’arguments simplistes, crétins, et qui, généralement, ne soutiennent jamais le poids d’un sain raisonnement dialectique?

 

Cela me paraît tout également simple.

 

Je suis issu d’une génération qui savait lire, écrire, mais aussi comprendre un texte dans ses ramifications de surface tout autant qu’en filigrane. Je suis issu d’une génération du Verbe {au sens biblique : «au premier temps fut le Verbe»}. Je lisais journaux, revues, romans et livres historiques, sociaux, etc. Ma culture fut et reste ramifiée par d’amples branches qui toutes sont porteuses de feuilles, de fleurs, qui imprègnent mon cerveau et y laissent des traces durables.

 

Je pense que parmi ceux qui vouent une sympathie électorale à ces figures de proue de la droite, de l’extrême droite voire de ces partis à tendances populistes affirmées sont, d’une part, des personnes qui ne s’informent pas à différentes sources, ne lisent plus ou jamais de journaux ou de revues sérieuses {Paris Match, par exemple, est une revue, justement, pour les masses amorphes qui aiment le bling-bling et les paillettes au détriment de l’information stimulant les neurones}, sont de ce fait incapables d’opposer un argument dialectique quelconque à une ânerie du genre «si on sort de l’Europe et de l’euro, tout ira mieux en France». Et, j’ajouterais pour cet exemple que les journalistes de télévision, par manque de culture ou d’esprit suffisamment critique, ne réussissent pas à contrer de tels arguments électoraux fallacieux tout autant que d’une bêtise crasse. Si la France devait sortir de l’euro, sa nouvelle devise perdrait ipso facto 30 à 40 % de sa valeur, puisque la dette extérieure française devra être remboursée en euros, et son rating bancaire chutera considérablement. Ce qui rendra ipso facto toutes les importations effroyablement chères d’autant plus qu’une sortie de l’Europe impliquera l’abandon simultané de toutes les clauses commerciales de coopération entre pays, garanties par des traités internationaux. La France paupérisée devra renégocier individuellement avec tous les pays avec lesquels elle commerce. Certains secteurs d’exportation (agricole, vins, alcools, fromages, parfums, aéronautique, etc.) y gagneront mais les bénéfices engrangés ne redescendront pas parmi la masse des gogos qui auront voté pour Marine Le Pen.

 

Et, d’autre part, il y a les mordus des réseaux sociaux, qui lisent quelques lignes introductives d’un article, l’acceptent ou le rejettent en entier par réaction viscérale, sans prendre la peine de disséquer le fond parfois fielleux, parfois nauséabond, souvent fallacieux de pamphlets d’extrême droite populiste. Comme si ces personnes devenues poissons avalaient amorce et hameçon de manière purement animale.

 

Aux States, on a calculé que renvoyer tous les Mexicains chez eux coûterait 1000 milliards de dollars à l’économie parce que la plupart de ces Mexicains ne sont ni voleurs ni violeurs comme se plaisait à les décrire Trump, mais travaillent dans les hôtels, cafés et diners, bars, stations d’essence, dans les champs, nettoient chez les particuliers, font des travaux de peine ou plus spécialisés, etc. En fait, une majorité de ces illégaux constitue un fondement important de l’économie américaine.

 

Au Royaume-Uni, le slogan qui a le mieux marché était double, restituer l’indépendance du pays et protéger ses frontières contre les migrants. Ceux qui sont déjà allés en Angleterre peuvent attester qu’il s’agit là, tout comme les States {si on s’y rend en avion}, d’un des pays les mieux protégés au monde. Et le Royaume-Uni a, depuis 1973, contrecarré la construction européenne, forçant exceptions sur exceptions, n’ayant par exemple jamais ratifié la clause sociale du traité de Maastricht ni intégré l’espace Schengen. Quant au retrait des Pays-Bas de l’Union, combien de Néerlandais savaient-ils que la Hollande est le 2ème exportateur de l’UE? Le 2ème, tout juste après l’Allemagne! Qu’auraient dit les patrons de ces entreprises exportatrices d’un pays dont l’économie marche très bien {près de 2 % de croissance} de perdre les avantages liés à des traités internationaux sous égide de l’UE leur garantissant des règles équitables – et des bénéfices - pour leurs produits?

 

Les leaders populistes actuels ont de manière sans doute inconsciente, repris les méthodes de propagande électorale éprouvées d’Hitler, martelant des slogans simplistes, sans preuves, sans chiffres, et, aussi, sans que ceux en face (journalistes de télévision, autres candidats) ne rétorquent eux avec des faits, preuves et chiffres à l’appui. Les masses non-pensantes gobent ces idées simplistes parce que, en premier lieu, elles plaisent à ce qu’il y a de plus crétin, de plus bas, de plus réducteur chez ces femmes et hommes dépourvus de sapience, ces gens qui déjà ne sont plus des Homo Sapiens, ces gens incapables de penser par eux-mêmes, ces gens qu’il faut guider mentalement comme le fit le Führer {le mot allemand signifie guide}, ces personnes qu’une société dont l’évolution sociale et des médias sociaux ainsi que télévisuels a lobotomisés au point de les rendre pareils à ce que devaient être les masses populaires crédules du temps de la Rome ou Grèce antiques.

 

À une époque, j’aurais appelé cela du conditionnement psychologique. Maintenant je qualifierais le jeu habile de ces leaders populistes de totalitarisme à tendance décidément fasciste.

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