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08/11/2016

LE TRIOMPHE DE LA HAINE

LE TRIOMPHE DE LA HAINE

 

Récemment, un commentateur a fait une comparaison – via un tweet - entre l’Allemagne d’Hitler et Trump, comparaison surtout fondée sur la haine que le candidat à la présidence américaine déverse tous azimuts.

 

La haine, me dit le Petit Robert est un sentiment violent qui pousse à vouloir du mal à quelqu’un et à se réjouir du mal qui lui arrive et, dans le sens second une aversion profonde pour quelque chose.

 

Hitler, on le sait, était haineux, son monde intérieur était fondé sur des principes de suprématie de race et de haine viscérale à l’égard des autres peuples et "races" Il a fixé ses concepts raciaux, fielleux et vindicatifs dan son opus Mein Kampf. J’ai cet ouvrage dans la version publiée par les Nouvelles Éditions Latines {Mon Combqat}, partant du principe que pour connaître le nazisme et en combattre les relents de moutures actuelles, il faut aller à la source. Il suffit pour comprendre l’étendue de la haine d’Hitler avant guerre, de sélectionner certains passages :

 

«C’est à cette époque {il parle de son séjour à Vienne qui, comme on le sait, fournit la genèse "mentale" à son antisémitisme} que mes yeux s’ouvrirent à deux dangers que je connaissais à peine de nom et dont je ne soupçonnais nullement l’effrayante portée pour l’existence du peuple allemand: le marxisme et le judaïsme » (page 32). Ou «L’histoire établit avec une effroyable évidence que, lorsque l’Aryen a mélangé son sang avec celui des peuples inférieurs, le résultat de ce métissage a été la ruine du peuple civilisateur» (page 285). Ou, plus explicite quand il parle du peuple juif «Il est et demeure le parasite-type, l’écornifleur, qui, tel un bacille nuisible, s’étend toujours plus loin, sitôt qu’un sol nourricier favorable l’y invite. L’effet produit par sa présence est celui des plantes parasites: là où il se fixe, le peuple qui l’accueille s’éteint au bout de plus ou moins longtemps.» (pages 304/305).

 

De Staline qui avait de profondes haines tout aussi raciales dans la tête, on sait qu’il ne les beugla pas sur les toits ou les fixa sur papier. On sait de longue date qu’il fut à la base de la répression contre les Koulaks, les Ukrainiens {famine artificielle au début des années 30 qui causa des millions de victime}, les Tatars, les Allemands, plus tard les Juifs, les médecins, etc. Il transmettait simplement ses désirs haineux – mais en secret - à ses affidés à la tête de la Tchekha ou du NKVD. Ou apposait son paraphe pour accord {avec ou sans commentaire} sur les listes journalières des personnes de renom à arrêter. J’ai ainsi en ma possession un facsimilé que le ministère de l’intérieur de la Russie actuel a mis à disposition du grand public. Il s’agit d’une lettre et proposition de mars 1940 {référence 794/Б}, signée par L. Beria, chef du NKVD et proposant aux membres du comité central et surtout au Camarade Staline d’appliquer la mesure de sanction la plus élevée – fusiller – à l’égard des quelque 35.000 officiers, sous-officiers, et autres professions polonais détenus en camps et prisons {connu sous le nom d’affaire des massacres de Kztyn}. Tous les membres du Comité central, Staline en tête ont indiqué "Za" (pour) suivi de leur paraphe et nom.

 

Actuellement, en politique, certains dérapages, s’ils ne rappellent pas les précédents d’Hitler ou de Staline (ajoutons du point de vue historique Mao, Franco, Salazar, et toute une série de despotes en Afrique et Asie) répondent au premier sens du dictionnaire, voire au second.

 

De Wever en Belgique déteste les Wallons et plus particulièrement le Parti socialiste. Il impute à ce parti et à cette partie de notre pays tout ce qui ne marche pas au fédéral, ou en Flandres. Est-ce là une opinion politique ou ligne de parti raisonnable ou bien fondée sur des faits prouvables? Non, il s’agit d’un réflexe haineux, irrationnel, une vérité sociale, économique, financière et historique, qu’il assène chaque fois qu’il le peut, comme récemment encore lors du refus de signature du CETA par le parlement wallon. De Wever est intelligent. Il sait qu’il ment de manière effrontée. Il sait que ce qu’il raconte au sujet des Wallons et de la Wallonie, ne repose que sur une volonté de concurrencer sur ce plan le Belang et de rameuter à lui le plus possible de voix électorales de flamingants et d’affidés du mouvement flamand {Vlaamse Beweging, références aux premières manifestations contre l’état belge lors de la Première guerre mondiale}. Mais cette haine dont il sait faire preuve dans des buts électoraux ne se limite pas toujours aux Wallons. Dans le passé, des prises de position nous ont prouvé qu’il savait faire preuve d’une intolérance proche de la haine, à l’égard du pouvoir actuele en Grèce qui défiait les diktats européens {Tsipras pour ne pas le citer} ou à l’égard des migrants prêts à envahir l’UE et notre pays. Le gouverneur de Flandre occidentale n’avait-il pas interdit naguère de nourrir les migrants !? Quand on voit avec quelle vigueur et inventivité un secrétaire d’état fédéral à l’immigration s’oppose à la venue d’enfants syriens en Wallonie étant entendu qu’une famille d’accueil les prendrait totalement en charge du point de vue financier -, on peut douter de sa volonté d’appliquer de manière sereine lois et arrêtés d’exécution et affirmer haut et fort que c’est du racisme, de la haine de l’étranger et particulièrement musulman, qui guident ses choix et propensions politiques.

 

En France, la haine est l’apanage du Front national, en Hollande, celle du parti de Wilders, en Grande-Bretagne, celle des suppôts de Farage, aux States, le domaine exclusif de Trump. Mais, cette haine n’est pas toujours dirigée contre des individus, races ou communautés. Le Pen, Wilders, Farage, haïssent l’Union européenne à laquelle ils font endosser tous les maux qui frappent leur économie nationale. Ils sont rejoints en cela par les dirigeants actuellement au pouvoir en Hongrie et Pologne. Trump tempête conte l’état fédéral et Washington qui pour les States a le même genre de connotation sulfureuse que Bruxelles pour les opposants de l’UE, ou Molenbeek pour les haïsseurs de Musulmans.

 

Toutefois, ces haines que fomentent et répandent des politiciens en vue, se focalisent parfois non pas sur des races, des peuples ou des institutions. On a vu aux States et en Europe, des manifestations d’hostilité parfois violentes à l’égard du mariage gay, de l’avortement, où des groupements spontanés ou organisés de citoyens, excités par le fiel constant de certains ‘orateurs’, vilipendaient, haïssaient, des personnes qui faisaient usage de leurs droits humains démocratiques élémentaires, celui de choisir avec qui elles souhaitaient former un ménage, ou ce qu’elles comptaient faire de leur grossesse. On a vu que dans certains domaines – et surtout ceux d’éthique -, il n’y a plus de débat possible. On se radicalise et s’ankylose de part et d’autre dans une opinion ferme, et on se coupe à tout argument adverse. Quand on a constaté avec quelle virulence et sauvagerie des gens ont manifesté en France contre le mariage pour tous, on peut se poser des questions sur ce pays où naquirent les Lumières. Il n’était plus là question de débats ni d’échanges d’opinions, mais d’une aversion profonde pour quelque chose, soit d’une haine.

 

Quand on regarde avec attention la bouche de Trump et qu’on coupe le son, on voit et sent le fiel, la haine incommensurable, qui en sort. Revoyons ce « Nasty Woman » {sale bonne femme !} dit à haute et intelligible voix lors du dernier débat à l’égard de Hillary Clinton. Débat? Échange d’idées, d’opinions? Non, de la haine à l’état pur.

 

Qui peut m’expliquer pourquoi, alors que nous avons un accès illimité à l’information la plus complète et dans toutes les langues de Babel, qu’actuellement, quand il s’agit de politique, de choix politiques ou éthiques, on en revient au cerveau reptilien qui, on le sait, ne connaît que deux branches d’une seule alternative {survivre}: fuir ou combattre?

 

Régression psychologique? Peut-être…

 

Que disait Hitler à propos de «la nécessité de diriger sur la grande masse les facultés de prosélytisme de la propagande»: «La faculté d’assimilation de la grande masse n’est que très restreinte, son entendement petit, par contre, son manque de mémoire est grand. Donc toute propagande efficace doit se imiter à des points fort peu nombreux et les faire valoir à coups de formules stéréotypées aussi longtemps qu’il le faudra, pour que le dernier des auditeurs soit à même de saisir l’idée» {Mein Kampf, ouvrage cité, pages 182/183}.

 

Reconnaissez-vous des politiciens actuels dans cette démarche politique?