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13/07/2016

La Croatie actuelle: terreau de fascime Ustasha

LA CROATIE ACTUELLE : TERREAU DE FASCISME USTAŠA

 

La Croatie, terre ensanglantée durant de nombreux conflits, est avant tout connue comme destination de vacances, victime de l’agression serbe lors de la guerre civile et pour son équipe de football arborant fièrement le fameux damier rouge et blanc.

 

À propos de l’équipe de football justement, Der Spiegel décrit certains des aspects les moins reluisants de la fédération de football croate et des supporters du team national. L’actuel boss de la fédération de football est Davor Šuker, l’ancien joueur de renommée internationale qui, en 1998, tint l’Allemagne en échec lors du championnat mondial. Šuker que des photos datant de 1996 montrent alors qu’il était allé à Madrid saluer la tombe d’Ante Pavelić, l’ancien leader Ustaša de l’État semi-autonome de Croatie instauré sous le régime nazi avec leur approbation. {note : j’emploie Ustaša au singulier, Ustaši au pluriel}. Quant à l’entraîneur adjoint de l’équipe nationale, Josip Šimunić, il est – toujours selon Der Spiegel - réputé avoir pris le micro après la qualification de la Croatie pour le championnat du monde en 2014 et crié "Za Dom" (pour la Patrie), cri de ralliement des Ustaši durant la guerre et leur collaboration avec les boches. Cri auquel répondirent les supporters en chœur "Spremni" (prêts). {informations factuelles et citations cf. l’article "Der Fluch des Vaterlands" -‘La malédiction de la Patrie’, no. 26/2016} Nous avons vu récemment en France le comportement de hooligans croates lors d’un match, se comportant d’une pure manière fascistes à la sauce Ustaša, 70 ans après la fin de la guerre.

 

Rappelons-nous les faits. Durant la guerre, la Croatie choisit le camp de l’Allemagne nazie et combattit donc contre les ennemis naturels du IIIème Reich : les Serbes, les Juifs et les Tsiganes. Même certains des plus hauts gradés de la Wehrmacht furent horrifiés par la cruauté des Ustaši. Ainsi, le plus haut gradé allemand en Yougoslavie, Edmund Glaise von Horstenau, mentionna dans un rapport destiné à sa hiérarchie à Berlin : « les cochonneries indescriptibles de cette bande de meurtriers et criminels. » En juillet 1941, il rapportait déjà : « Selon des rapports fiables des dernières semaines de nombreux militaires et observateurs civils allemands dans les villes et les campagnes, l’Ustase est devenue tout à fait folle. » Le camp de concentration le plus célèbre de l’état semi-autonome croate Ustaša fut Jasenovac. Des milliers de détenus y moururent, victimes de famine, sévices et exécutions. On estime que la Croatie Ustaša fut directement responsable de la mort de 30.000 Juifs, 29.000 Tsiganes et 600.000 Serbes. {informations factuelles et citations en italiques extraites de "Hitlers Buitenlandse Vrijwilligers" – ‘Les Volontaires Étrangers d’Hitler’, par Christopher Ailsby, éd. Deltas, en néerlandais}.

 

L’un des rares et infatigables combattants pour la vérité historique et la traque des criminels de guerre nazis et de leurs collaborateurs a été et demeure Efraim Zuroff, directeur actuel du Centre Simon Wiesenthal à Jérusalem. Alors que j’étais en contact mail avec lui en 2010, il eut la bonté, de me faire parvenir le manuscrit de la version révisée de son livre à propos de sa traque de 30 ans de criminels nazis et de leurs collaborateurs en Europe, intitulé ‘Operation Last Chance – One Man’s Quest to Bring Nazi Criminals to Justice’ - ‘Opération Dernière Chance – la quête d’un homme pour amener les criminels nazis devant la justice’. Le chapitre 13 est entièrement consacré à la Croatie post guerre civile.

 

À propos du premier président de la Croate indépendante, Franjo Tudjman, Zuroff écrivait « Mais quand il devint un politicien à la fin des années 80, il adopta une politique d’extrémisme nationaliste qui glorifiait les Ustasha et envoyait un message très négatif destinées aux minorités de Croatie. Dans l’un de ses discours célèbres, il exprima sa joie "Dieu merci, ma femme n’est ni serbe ni Juive". » Une initiative du président croate fut de faire de Jasenovac un « mémorial national de toutes les victimes croates de la violence politique. » Incluant donc également les victimes du communisme. Quel moyen idéal d’occulter les innombrables crimes de guerre et actes génocidaires dont les Ustaši se rendirent coupables !

 

Zuroff nous permet également d’avoir une idée de la mentalité des pires criminels croates, des décennies après qu’ils eurent commis leurs crimes. Il mentionne un extrait d’interview d’un des anciens dirigeants du camp de Jasenovac, Dinko Šakić, diffusée le 16 avril 1998 sur Channel 13 de la télévision argentine. À la question de l’intervieweur : « Comment expliquez-vous donc les atrocités cruelles qui eurent lieu, la terreur, les exécutions ? », la réponse de Šakić est de la pure logorrhée classique d’évasion de la réalité et d’autojustification : « Les personnes sont mortes de mort naturelle. Il y eut une épidémie de typhus, par exemple, mais il n’y avait pas de fours crématoires qui ont tué quiconque. Je pense que vous êtes celui qui ne comprend pas. Le vrai problème à Jasenovac est que nous n’avons pas pu finir le travail. Je dors comme un bébé. Si on m’offrait le même poste aujourd’hui, je l’accepterais. » {toutes informations factuelles et citations en italiques des trois paragraphes précédents extraites de ‘Operation Last Chance – a Man’s Quest to Bring Nazi Criminals to Justice’ par Efraim Zuroff}.

 

Zuroff a, de manière répétée, fustigé le noyau dur fasciste et pro-Ustaša de certains supporters de football croates, arborant parfois le U provocateur, ou hurlant des slogans rappelant la guerre et la collaboration {cf. le site www.DefendingHistory.com , auquel je collabore également}. Comme l’indique à juste titre Der Spiegel « Sur des joueurs (…) comme la star du Real Modrić repose le poids actuel de la malédiction de la mission imposée par la patrie : ils vivent à l’étranger, connaissent le monde, doivent cependant porter le maillot du dessin à damier d’une fierté nationale rabique comme l’Europe en connaît peu. » {citation de l’article "Der Fluch des Vaterlands", Der Spiegel 26/2016}.

 

Et, rappelons que l’emblème de drapeau et d’étendard du régime pronazi Ustaša d’Ante Pavelić était un damier blanc/rouge dont les carrés angulaires extérieurs étaient blancs, avec en alternance des carrés rouges/blancs à l’intérieur. Et pour la Croatie actuelle, le drapeau arbore un damier rouge/blanc, les couleurs des carrés angulaires extérieurs sont maintenant rouges, avec pour l’intérieur une alternance de carrés blancs/rouges. Et, rappelons aussi que la monnaie sous Pavelić était la kuna. Quelle est la monnaie actuelle de la Croatie démocratique : la kuna !

 

L’UE a accepté la Croatie en tant qu’état membre sans aucunes réserves. Un pays de plus dans l’UE dans lequel de dégoûtants étalages d’un passé nazi ou collaborationniste n’ont pas été effacés ou qui n’ont pas connu de perspective historique impartiale.

 

Les pères fondateurs de l’Union européenne doivent se retourner dans leurs tombes à voir que leurs formidables idéaux ont été salis par de médiocres politiciens qui sont aveugles devant la réalité dans de trop nombreux pays de l’ancien bloc de l’Est, de manifestations pronazies, d’actes antisémites et d’une nouvelle vénération – allant jusqu’à la pose de statues ou d’enterrements de dépouilles mortelles en grandes pompes – de personnes qui en fait furent et demeurent des criminels de guerre aux yeux de tout être humain démocrate qui a encore un sens de l’histoire et de la décence. Et une pensée pour les millions de victimes de ce fou, de ses peuples allemand et autrichien pleins de bonne volonté ainsi que des centaines de milliers d’enthousiastes collaborateurs, serviteurs dans les usines ou pelotons de la mort.

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