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18/05/2016

La N-VA gangrène l'État belge

LA N-VA GANGRÈNE L’ÉTAT FÉDÉRAL

 

Les vrais démocrates en Belgique avaient été choqués quand le MR avait, en octobre 2014, décidé de s’embarquer dans une opération de législature gouvernementale avec la N-VA non pas à cause du projet de ce parti flamand nationaliste de splitser le pays. Choqués, simplement parce que, en premier lieu, il colle encore une odeur fétide de collaboration avec les nazis des pères ou grands-pères   de nombre des dirigeants ou membres du parti. En deuxième lieu parce que ce parti est thatchérien dans l’âme et souhaite instaurer une austérité à la Merkel qui épargnerait pourtant les patrons de grosses et moyennes entreprises, tout comme il souhaite que soit abandonné le processus de consensus entre syndicats et entreprises en Belgique. Et, en troisième lieu parc que ce parti souhaite un ancrage de gangrène politique dans certaines institutions à caractère fédéral tel l’aéroport de Zaventem, la SNCB. Côté flamand, ce parti déteste le pluralisme et souhaiterait juguler la VRT au profit de VTM, la VRT étant encore bien trop à gauche selon les dirigeants du parti nationaliste flamand.

 

Le choc fut encore plus intense chez les démocrates de Belgique quand Charles Michel accepta d’offrir sur un plateau d’argent tous les grands postes régaliens à ce parti : Intérieur, Finances, Défense et last but not least, la vraie cerise sur le gâteau, l’Immigration {à un lascar dont une des dernières photos privées avant la prestation de serment était celle prise lors de la fête d’anniversaire d’un Oostfronter – un volontaire SS -, l’un de ces innombrables inciviques qui crut bon d’aller commettre des crimes de guerre et contre l’humanité en URSS, l’allié de la Belgique, de la France, des USA et de l’Angleterre.

 

Bon, la destruction de la Belgique n’était peut-être pas au moment de la formation de ce gouvernement anormal l’élément-clé puisque ce qui, officiellement, guida le choix de Charles Michel et des séides du MR, c’était l’affinité de programmes évidente entre MR et N-VA, leurs idoles communes étant – d’un point de vue économique – Reagan, Thatcher, et maintenant Cameron, soit « taxons et étranglons les moins nantis afin d’en faire profiter les mieux nantis et les chefs d’entreprise

 

Survinrent ensuite les attentats contre Charlie Hebdo, l’assaut à Verviers, les attentats de Paris le 13 novembre 2015 puis ceux en Belgique le 22 mars 2016.

 

Pour la Belgique, les séquelles furent à la fois simples et énormes, mortifères même. La Belgique fut qualifiée par la presse internationale unanime de failed State (état raté). Car, bien vite quand on se mit à creuser du côté de la police fédérale, des polices locales, de la Sûreté de l’État, de la coordination entre entités fédérales et entités parastatales, on s’aperçut très rapidement qu’il y eut, dans la période qui a mené de l’assaut à Verviers en janvier 2015 et à la réalisation qu’il y avait en Belgique des cellules djihadistes dormantes et les attentats de Zaventem et du métro Maelbeek le 22 mars 2016, d’énormes bugs. Pas informatiques. Humains. Erreurs de transmission d’informations vitales comme par exemple au sein de la police de Malines quand un indicateur donne l’information – postérieure aux attentats de Paris du 13/11/2015 - à un policier qu’un copain d’Abdeslam séjourne à Molenbeek et à l’adresse en fait où fut appréhendé Abdeslam, l’info restant enfouie dans un tiroir à cause d’un conflit entre le policier et son chef de corps {d’après des informations lues sur Teletext de la VRT et originaires de l’enquête du Comité P}. L’évidence aussi : quand des explosions ravagent le hall d’entrée à Zaventem un peu après 8 heures du matin, personne en haut lieu ne pense à faire stopper et évacuer le métro de Bruxelles et quand quelqu’un le décide finalement {aux alentours de 08 :50}, l’information ne peut être relayée car on ne sait pas très bien qui doit faire quoi, qui doit dire quoi à qui et quand et comment.

 

Jambon de la N-VA après une remise de démission théâtrale, zappe tous azimuts. « C’est pas moi le responsable, c’est l’agent de liaison en Turquie qui est le seul en faute » {un Wallon comme par hasard !}. « Oui, messieurs, dames, le jour de l’arrestation d’Abdeslam, des jeunes musulmans ont jeté des pierres sur les policiers. » « Oui, mesdames et messieurs, il est significatif de constater qu’on a dansé dans les rues de Molenbeek après les attentats du 22 mars. » Et Michel, engoncé dans son carcan nombriliste {PAPA, JE SUIS LE PREMIER MINISTRE DE BELGIQUE, CE QUE TU N’AS JAMAIS RÉUSSI !} laisse faire, sans réagir, sans tacler ce personnage qui prône ouvertement la discorde et émet des propos racistes, discriminatoires et insultants pour une communauté qui a également été durement touchée par les attentats du 22 mars. On a même laissé des extrémistes de droite venir manifester devant la Bourse peu de temps après les attentats, sans qu’on sache qui de la police de Bruxelles, fédérale, eût dû interdire cette manifestation d’extrême droite non autorisée. Et la phobie est telle qu’’il y a quelques jours, alors qu’une classe d’adolescents de 16 ans de La Panne avait décidé d’aller à Molenbeek pour se rendre compte en personne de la réalité du terrain, trois familles ont interdit à leurs enfants d’y participer ! {info du Standaard du 17/5}.

 

Après les attentats, la prise en charge de la sécurité peut faire rire. Ces files interminables à l’aéroport de Zaventem avec des cibles de choix bien groupées en masses pour des kamikazes intégristes, une entité fédérale incapable de trier et faire passer les gens par des fouilles corporelles et de bagages dans des délais rapides alors que l’entreprise privée Pairi Daiza peut le faire aisément, avec un nombre de portiques et de personnel sur place calculé en fonction du nombre d’entrées prévues ou prévisibles.

 

Alors qu’après 9/11 aux USA, le pays a réagi d’une manière unanime, population et politiciens compris {rappelons que Hillary Clinton a voté pour l’invasion de l’Irak et les opérations en Afghanistan, ce que certains lui reprochent maintenant}, que constate-t-on en Belgique ? Si la population a bien réagi avec dignité, notamment par les hommages devant la Bourse ou devant la station de métro Maelbeek et les témoignages immédiats (dons de sang, aide directe aux victimes, dépôts de bougies, de fleurs, de témoignages écrits souvent émouvants), dès le début ce fut une belle cacophonie au sein du gouvernement car passés les premiers moments d’hommage solennels et télévisés, la discorde, les fausses notes et la communautarisation du problème reprit le dessus, notamment quand nombre de grosses huiles de la N-VA firent remarquer que rien ne fonctionne en Belgique sur le plan fédéral et que la faute pouvait en être recherchée dans les législatures précédentes où dominait le PS. Des reproches qu’ont repris en chœur certains membres du MR, oubliant déjà qu’ils avaient fait partie des gouvernements précédents…

 

C’est vrai, cette incapacité notoire qu’ont nos services de police et de sécurité de l’État, ceux chargés de la menace terroriste, de prévoir ce que pourraient être des actions violentes de djihadistes et/ou de les empêcher par une politique bien conçue, coordonnée et exécutée, fait frémir. Mais, si nous nous penchons sur le passé durant les soixante dernières années, nous réalisons que cette indigence régalienne à gérer en bon père de famille les affaires de l’État n’est pas nouvelle car elle a déjà et à de nombreuses reprises, débouché sur des drames, par défaut de prévoyance au niveau législatif ou exécutif. Cela ramène à l’esprit le fiasco de la recherche de Julie et Mélissa, d’An et Eefje et des deux seules victimes de Dutroux et de sa bande retrouvées vivantes {Sabine et Léticia}. Cela fait penser au fiasco du Heysel en mai 1985 quand aucun politicien en charge de la sécurité, aucun chef de corps de la police ou de la gendarmerie, n’a pensé que l’impensable pouvait se produire. Cela fait penser au drame de l’Innovation en 1967 ou du Bois du Cazier d’août 1956 où, s’il y avait eu aux moments idoines des législations intelligentes et restrictives, bien conçues, appliquées et contrôlées, ces drames n’auraient peut-être pas eu lieu.

 

La N-VA se frotte les mains actuellement. Cette notoriété internationale qui taxe la Belgique d’État raté, tous ces bugs policiers et d’enquêtes non abouties préalables aux attentats de mars, tout ce remugle d’institutions fédérales dans l’incapacité d’agir vite et bien {même quand c’est le Ministre de l’Intérieur N-VA en cause comme pour l’information pour la fermeture des lignes de métro à Bruxelles}, tout cela engrangera en 2019 des votes supplémentaires de Flamands dégoûtés par le manque de punch du gouvernement fédéral, cette impossibilité régalienne de prévoir, concevoir et administrer au mieux les intérêts des citoyens.

 

La N-VA participe et contribue activement au processus de mise en liquidation, de mise en déliquescence politique organisée, de l’État fédéral. Elle profite de la largesse offerte d’interventions à la télévision ou d’articles dans les médias flamands, pour se profiler encore et toujours, comme le parti des doers (ceux qui agissent), le parti de ceux qui ont des avis et des idées tranchés (« durven » en néerlandais, soit oser). Ils osent s’attaquer aux bastions de l’État belge: les syndicats, le consensus et la concertation sociale entre syndicats et entrepreneurs, ils osent pointer du doigt tout ce qui ne fonctionne pas sur le plan fédéral, en imputant évidemment la faute au PS. Et, ils ont libre champ car Charles Michel tolère tous les excès de ce parti allié à condition qu’il puisse, lui, continuer à se mirer le nombril et à s’admirer, vanter ses mérites sur ondes et devant les caméras, et lister les innombrables réalisations gouvernementales. Et, ils ont le champ libre car ce brave Di Rupo est d’une indigence de chef du principal parti d’opposition qui frôle le vaudeville. De sa voix haute, presque gémissante, il est le champion des lapalissades et quand il veut s’indigner, on pourrait croire qu’il s’agit là tout au plus du pet discret d’un caniche de passage dans les environs immédiats. De Wever, dès qu’il y a quelque chose pour se profiler, il est là, en tweets, communiqués de parti ou sur antenne, comme hier quand il a imputé au parti socialiste et à son syndicat inféodé, les excès de destruction au ministère de la Justice.

 

Peu de gens disent haut et clairement que c’est Charles Michel le principal responsable de cet état avancé de déliquescence fédérale. Par égocentrisme, par pur nombrilisme {JE SUIS PREMIER MINISTRE !}, il tolère tout du parti allié pourvu qu’il puisse se cramponner au pouvoir et continuer à pérorer sur antenne ou devant les caméras et faire son auto-étalage de qualités et réalisations.

 

S’il nous faut combattre la N-VA par des faits et des reparties bien pensées {ce que je me suis attelé à faire dans mes blogs depuis l’été 2013}, il faut également appeler un chat un chat. Michel est coupable de la mise en liquidation de la Belgique, tout comme Di Rupo, tous deux chiffes molles incapables de tenir tête à des gens au passé de parents et grands-parents collabos mais qui ont eux, le mérite, d’avoir conçu des stratégies à court, moyen et long termes et d’utiliser tous les moyens légaux, sociaux et journalistiques pour faire aboutir leurs idées séparatistes, thatchériennes et réductrices du pouvoir régalien.

 

Ave Belgica, morituri te salutant !

 

 

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