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28/03/2016

LA HONTE

LA HONTE

 

Ces images d’hier de ces hooligans flamingants déferlant sur Bruxelles ne font pas mal au cœur, elles ne suscitent pas la colère. Un seul mot : dégoût. Dégoût de voir tous les hommages de citoyens nimbés de tristesse devant et aux alentours de la Bourse ternis par cette irruption d’extrême droite et de brutalité fasciste dans ce qui était devenu non simplement un lieu de pèlerinage mais le symbole d’un peuple où Belges et étrangers vivant dans notre pays se réunissaient pour dire qu’ils n’acceptaient pas le terrorisme et que face au terrorisme une seule solution était envisageable, celle d’une union sacrée en mémoire aux victimes et d’un sentiment de répulsion à l’égard de ceux qui basculent dans l’horreur et qui se font justiciers et tueurs en série, de faux démiurges et prophètes qui se camouflent derrière une interprétation simpliste et erronée d’une religion qu’ils disent défendre à l’égard des infidèles.

 

Ces hooligans d’hier à Bruxelles, était-ce là le fruit d’une manifestation spontanée ? Il faut savoir que dès mardi passé, aux abords de la station de métro de Maelbeek, des représentants du Vlaams Belang péroraient devant des micros de chaînes étrangères – dont CNN – pour dire que la Belgique ne fonctionnait pas et que cela {c’est-à-dire les attentats} en était la preuve.

 

Ces véritables manifestations spontanées depuis mardi devant la Bourse, ces flots d’émotion réelle, ces déclarations sincères de citoyens éplorés, dégoûtés par cette violence aveugle, tout cela devait faire mal aux membres et sympathisants du Vlaams Belang et de l’aile nationaliste la plus extrême de la N-VA. Voilà que soudain, on voit une union sacrée entre francophones, Wallons, Flamands et Maghrébins. Une union sacrée que soulignent et relaient toutes les chaînes de télévision et reporters de journaux les plus importants du monde entier. Hala Gorani {CNN} a campé en permanence de mardi soir à jeudi soir devant la Bourse. Elle a relayé tous les soirs ces images réconfortantes d’un pays que tout devrait désunir et qui en ces moments dramatiques réagit par une plus grande et plus profonde union.

 

Ne nous leurrons pas, ces soi-disant hooligans vêtus de noir et ayant tendu le bras droit pour montrer de quelle réelle mouvance ils sont issus, s’il y avait quelque chose de spontané dans leur brutale irruption à Bruxelles, cela devait être que cela s’était tramé dans les cerveaux de ces séparatistes du Vlaams Belang, du TAK et de toute cette mouvance soi-disant nationaliste mais fasciste en réalité, à laquelle on sait que continue d’appartenir la N-VA. Que De Wever ait refusé de s’associer à la déclaration commune des partis flamands critiquant cette monstruosité d’hier à Bruxelles, montre à suffisance que ce qui le guide avant tout c’est la hantise de perdre des centaines de milliers de votes s’il devait jamais signer une telle déclaration.

 

Je ne pensais pas devoir un jour voir à l’écran dans mon propre pays de telles horreurs qui rappellent malheureusement ce qui se passe dans d’autres pays à poussées fascistes : marches de SS ou de collaborateurs des nazis à Riga (Lettonie), Kaunas et Vilnius (Lituanie) en février et mars dernier, manifestations régulières de PEGIDA à Dresden en Allemagne, la victoire de « Alternative für Deutschland » dans des Länder allemands il y a quinze jours, ce dernier parti dont la présidente avait dit publiquement qu’elle envisageait qu’il faille tirer sur des migrants qui tenteraient de franchir « illégalement » la frontière allemande.

 

Il ne faut pas se leurrer, il y a une frange en Flandre qui n’est pas uniquement nationaliste mais qui se ceint des caractéristiques les plus évidentes du fascisme {haine des étrangers surtout de couleur, volonté d’avoir une Nation homogène et politiquement indépendante, refus net du multiculturalisme, solutions et slogans simplistes, etc.}. De Wever est historien. Il sait tout cela. Et, quand il doit choisir entre la décence, la dignité, les valeurs humanistiques – comme hier, s’il l’avait fait en acceptant de s’associer au communiqué commun des partis flamands -, il opte pour la fuite en arrière. Celle qui le ramène à la Bataille des Éperons d’Or…

 

Quelle fierté de voir tous ces anonymes à la Bourse, jeunes, adultes, vieux, moins jeunes, blancs, noirs, bruns, métissés, filles et garçons, tous unis contre la violence et pour un monde meilleur.

 

S’il me reste un petit espoir pour l’avenir de mon pays, ce sont ces anonymes qui, par milliers, me le donnent…

18:27 Publié dans Belgique | Lien permanent | Commentaires (0)

20/03/2016

Le Parti républicain (américain) le GOP

Le parti (américain) républicain (USA), surnommé le GOP (Grand Old Party) fut créé en 1854.

 

Il connut certains présidents prestigieux dont Lincoln reste l’exemple le plus frappant, attachant et emblématique puisque c’est lui qui fit une affaire d’honneur d’instaurer la fin de l’esclavage, ce qui coûta au pays quatre années d’une guerre particulièrement sanglante {et que ceux qui souhaitent se faire une idée de cet aspect sanglant du conflit regardent l’excellent long métrage Gettysburg} et au président, sa propre vie. Plus proche de nous, parmi les présidents républicains, il y eut la figure d’Eisenhower. Généralissime des troupes alliées lors du débarquement de juin 44, la reconquête des territoires occupés et la conquête de l’Allemagne. S’il ne fut pas l’un des meilleurs stratèges militaires de la 2de guerre mondiale (comparé à Joukov côté soviétique, Guderian, Rommel, von Rundstedt, côté allemand), il sut tenir la coalition et tempérer des têtes aussi fortes voire chaudes que les généraux Montgomery et Patton. Sa présidence (1952-1960) a été qualifiée de période de léthargie sur les plans intellectuel et culturel. On lui doit toutefois certaines décisions courageuses pour la défense des droits civils des Noirs : l’envoi de troupes fédérales le 24 septembre 1957 à Little Rock en Arkansas où le gouverneur Faubus avait tenté de s’opposer à la mixité blancs/noirs dans une école de ce patelin.

 

Ensuite, commence le déclin du parti qui voit se succéder à la tête du pays une série de Républicains certes élus à la présidence mais dont les capacités sont soit mises en doute pour des faits illégaux (Nixon dans l’affaire Watergate, Bush Jr. qui a imaginé les armes de destruction massives en Irak, les écoutes massives et cautionné la torture en tant qu’arme de renseignements, etc.), soit parce que eh bien ils n’étaient pas tout à fait à la hauteur d’un point de vue intellectuel tel Reagan, acteur moyen de profession, qui avait une durée d’attention de deux minutes maximum; quand on lui présentait des briefings oraux, cela devait se résumer à une ou deux pages dactylo pas plus. Inutile de s’attarder sur ses capacités intellectuelles, des chercheurs cherchent encore toujours…

 

Deux figures présidentielles récentes tout à fait acceptables car décentes, des gentlemen: Gerald Ford et Bush senior.

 

Mais, depuis qu’Obama est arrivé au pouvoir, le parti républicain, aidé en cela par la chaîne TV Fox News a commencé une guérilla d’opposition systématique contre ce président « noir », même quand parfois certains projets présentés par Obama et son parti démocrate avaient à l’origine été imaginés par le GOP ! Ne parlons pas des 7 années durant lesquelles Fox News et certains hérauts du GOP ont déversé leurs tonnes d’inexactitudes à propos d’Obama: il est musulman, il n’est pas un vrai américain, il n’a même pas été à l’université car aucun de ses soi-disant anciens condisciples le connaît, etc. Rarement, des campagnes politiques auront été aussi haineuses, basses et dénuées de fondements que certaines des thèses entendues du côté républicain et dans leurs apôtres des médias. Et pendant bientôt huit ans, les républicains, en majorité aux chambres depuis trois ans et demi ont systématiquement opposé tout projet de loi, toute initiative du président, pratiquant des combats à l’usure notamment contre la proposition Medicare. Menaçant de paralyser le gouvernement par défaut d’approbation de tranches budgétaires, etc.

 

Actuellement, on trouve dans le parti républicain un ramassis d’élus qui défendent les thèses les plus arriérées qu’on puisse imaginer: opposants de Medicare, opposants de l’emprise fiscale de l’état fédéral de Washington, opposants de l’avortement, opposants du mariage gay. Mais en faveur du capital, des riches et des nantis, reprochant à ceux qui n’ont rien de n’avoir rien. Et, en ce qui concerne les candidats du GOP, ils ont pratiquement tous dit que s’ils devenaient président des States, ils reviendraient en arrière pour les lois sur Medicare, l’avortement et la décision de haute cour de justice justice ayant autorisé le mariage gay, entre autres. Ce qu’ils feront aussi, c’est détaxer les riches et pomper de l’argent au sein des couches sociales les plus défavorisées. Et, ils s’opposeront à la nomination du nouveau juge par Obama, pour la Cour Suprême alors que cet acte est dans ses prérogatives légales.

 

Trump qui risque de dégoter l’investiture républicaine l’été prochain a, en plus des autres candidats républicains tout aussi rétrogrades sur le plan des droits civils élémentaires et du progrès que Medicare a représenté pour ces franges sociales défavorisées se chiffrant par dizaines de millions de personnes, un comportement ce qu’il y a de plus hideux, bas et vulgaire non seulement dans la politique américaine mais dans la vie américaine. Ses attaques incessantes contre la journaliste Megyn Kelly de Fox News (une chaîne populiste qui devrait être de son côté) montre à quel point, ce personnage aux opinions non égalitaristes peut être tatillon quand on le taraude sur ce qu’il pense des femmes. On sait que Trump est le maître des one-liners (une phrase courte, percutante, populiste mais sans fondement du genre les Noirs sont paresseux, les Mexicains sont des violeurs, etc.). Quand un homme a essayé récemment, lors d’un meeting public, de monter sur le podium pour l’interpeller ou le frapper, par après Trump a affirmé que c’était quelqu’un de Daesh. Et la foule d’applaudir et un tas d’Américains incultes, ne connaissant rien à la politique outre ce qui se passe dans leur bled, n’ayant jamais mis les pieds à l’étranger ou même déjà vu un Musulman, lui donneront raison et trouveront là une raison de plus de voter pour ce magnat de l’immobilier.

 

Trump n’a pas de programme, pas de ligne de conduite cohérente, pas d’idées en ce qui concerne la politique étrangère. Il surfe sur cette vague populiste qui fait que les white trash (petits blanc pouilleux), les besogneux blancs qui pensent qu’ils paient trop d’impôts à Washington, les racistes en herbes (contres les Noirs, Latinos, Arabes, etc.), les adhérents des États du Bible Belt (états de la ceinture biblique) se rallient à ses points de vue simplissimes. À ses one-liners. Bref, il surfe sur toute cette mouvance anti-intellectuelle, anti côté Est, antiétatique, antimusulmane, anti-latino, anti-noire, qui n’y connaît rien en politique intérieure ou extérieure mais qui dispose d’une arme redoutable: le vote. Et le droit de voter pour n’importe quel crétin.

 

C’est triste de constater qu’à côté de Trump, même une Marine Le Pen, même un Orban, pourraient nous paraître acceptables car si je ne partage en aucun cas leurs idées, du moins, leur comportement humain n’est pas encore tombé au niveau d’un Trump. En psychologie, ce que fait là Trump, on pourrait dire que c’est un comportement régressif, c’est-à-dire retournant vers ce qu’il y a plus primitif chez l’homme, proche de son origine animale. C’est triste de constater qu’à côté de présidents républicains qui ont donné le meilleur pour leur pays et dont l’histoire a retenu le nom, on sombre maintenant du côté du Grand Old Party non pas uniquement dans le populisme le plus abject, mais dans l’illettrisme politique, dans le crétinisme social d’un niveau tellement bas qu’on se situe même en dessous du darwinisme élémentaire qui a pu attirer les nazis.

 

Certains ont dit de Trump qu’il est fasciste. Il n’est pas fasciste. C’est un businessman qui a réussi du point de vue commercial {je me suis rendu plusieurs fois dans la Trump Tower sur la 5e Avenue en 2013 et y ai admiré les couloirs et la chute d’eau dont les murs sont en pur marbre d’Italie}, mais pour le comprendre, il faut recourir à la psychologie, une fois de plus. Il est narcissiste et réduit le monde à l’image de soi. Tout part de lui et tout aboutit à lui. À lui seul ! Mais était-ce différent avec Sarkozy? Est-ce différent chez Poutine? Erdogan?

 

Au fond, malgré tout l’étalage médiatique à son sujet, j’ignore ce qu’il pense de l’avortement, du mariage gay, de Medicare. Y a-t-il des femmes ou des Noirs dans le management de ses entreprises ? Par contre, je sais déjà ce qu’il pense des femmes, Kelly de Fox TV devait avoir eu ses règles un soir où elle lui posa des questions hard, a-t-il déclaré. Je sais ce qu’il pense des handicapés puisqu’il il s’est moqué d’ un journaliste légèrement handicapé en l’imitant vulgairement lors d’un meeting public. Que pense-t-il en réalité des Noirs, des Chicanos, des Musulmans ? Tous à mettre à la poubelle : paresseux, villeurs, terroristes 

 

Et, là, on atteint des profondeurs abyssales qui feraient de lui non pas un président narcissique mais un danger pour l’humanité.

 

Let’s keep our fingers crossed (gardons les doigts croisés), on a déjà assez de tarés à la tête de pays dans le monde.