Blogs Lalibre.be
Lalibre.be | Créer un Blog | Avertir le modérateur

20/03/2016

Le Parti républicain (américain) le GOP

Le parti (américain) républicain (USA), surnommé le GOP (Grand Old Party) fut créé en 1854.

 

Il connut certains présidents prestigieux dont Lincoln reste l’exemple le plus frappant, attachant et emblématique puisque c’est lui qui fit une affaire d’honneur d’instaurer la fin de l’esclavage, ce qui coûta au pays quatre années d’une guerre particulièrement sanglante {et que ceux qui souhaitent se faire une idée de cet aspect sanglant du conflit regardent l’excellent long métrage Gettysburg} et au président, sa propre vie. Plus proche de nous, parmi les présidents républicains, il y eut la figure d’Eisenhower. Généralissime des troupes alliées lors du débarquement de juin 44, la reconquête des territoires occupés et la conquête de l’Allemagne. S’il ne fut pas l’un des meilleurs stratèges militaires de la 2de guerre mondiale (comparé à Joukov côté soviétique, Guderian, Rommel, von Rundstedt, côté allemand), il sut tenir la coalition et tempérer des têtes aussi fortes voire chaudes que les généraux Montgomery et Patton. Sa présidence (1952-1960) a été qualifiée de période de léthargie sur les plans intellectuel et culturel. On lui doit toutefois certaines décisions courageuses pour la défense des droits civils des Noirs : l’envoi de troupes fédérales le 24 septembre 1957 à Little Rock en Arkansas où le gouverneur Faubus avait tenté de s’opposer à la mixité blancs/noirs dans une école de ce patelin.

 

Ensuite, commence le déclin du parti qui voit se succéder à la tête du pays une série de Républicains certes élus à la présidence mais dont les capacités sont soit mises en doute pour des faits illégaux (Nixon dans l’affaire Watergate, Bush Jr. qui a imaginé les armes de destruction massives en Irak, les écoutes massives et cautionné la torture en tant qu’arme de renseignements, etc.), soit parce que eh bien ils n’étaient pas tout à fait à la hauteur d’un point de vue intellectuel tel Reagan, acteur moyen de profession, qui avait une durée d’attention de deux minutes maximum; quand on lui présentait des briefings oraux, cela devait se résumer à une ou deux pages dactylo pas plus. Inutile de s’attarder sur ses capacités intellectuelles, des chercheurs cherchent encore toujours…

 

Deux figures présidentielles récentes tout à fait acceptables car décentes, des gentlemen: Gerald Ford et Bush senior.

 

Mais, depuis qu’Obama est arrivé au pouvoir, le parti républicain, aidé en cela par la chaîne TV Fox News a commencé une guérilla d’opposition systématique contre ce président « noir », même quand parfois certains projets présentés par Obama et son parti démocrate avaient à l’origine été imaginés par le GOP ! Ne parlons pas des 7 années durant lesquelles Fox News et certains hérauts du GOP ont déversé leurs tonnes d’inexactitudes à propos d’Obama: il est musulman, il n’est pas un vrai américain, il n’a même pas été à l’université car aucun de ses soi-disant anciens condisciples le connaît, etc. Rarement, des campagnes politiques auront été aussi haineuses, basses et dénuées de fondements que certaines des thèses entendues du côté républicain et dans leurs apôtres des médias. Et pendant bientôt huit ans, les républicains, en majorité aux chambres depuis trois ans et demi ont systématiquement opposé tout projet de loi, toute initiative du président, pratiquant des combats à l’usure notamment contre la proposition Medicare. Menaçant de paralyser le gouvernement par défaut d’approbation de tranches budgétaires, etc.

 

Actuellement, on trouve dans le parti républicain un ramassis d’élus qui défendent les thèses les plus arriérées qu’on puisse imaginer: opposants de Medicare, opposants de l’emprise fiscale de l’état fédéral de Washington, opposants de l’avortement, opposants du mariage gay. Mais en faveur du capital, des riches et des nantis, reprochant à ceux qui n’ont rien de n’avoir rien. Et, en ce qui concerne les candidats du GOP, ils ont pratiquement tous dit que s’ils devenaient président des States, ils reviendraient en arrière pour les lois sur Medicare, l’avortement et la décision de haute cour de justice justice ayant autorisé le mariage gay, entre autres. Ce qu’ils feront aussi, c’est détaxer les riches et pomper de l’argent au sein des couches sociales les plus défavorisées. Et, ils s’opposeront à la nomination du nouveau juge par Obama, pour la Cour Suprême alors que cet acte est dans ses prérogatives légales.

 

Trump qui risque de dégoter l’investiture républicaine l’été prochain a, en plus des autres candidats républicains tout aussi rétrogrades sur le plan des droits civils élémentaires et du progrès que Medicare a représenté pour ces franges sociales défavorisées se chiffrant par dizaines de millions de personnes, un comportement ce qu’il y a de plus hideux, bas et vulgaire non seulement dans la politique américaine mais dans la vie américaine. Ses attaques incessantes contre la journaliste Megyn Kelly de Fox News (une chaîne populiste qui devrait être de son côté) montre à quel point, ce personnage aux opinions non égalitaristes peut être tatillon quand on le taraude sur ce qu’il pense des femmes. On sait que Trump est le maître des one-liners (une phrase courte, percutante, populiste mais sans fondement du genre les Noirs sont paresseux, les Mexicains sont des violeurs, etc.). Quand un homme a essayé récemment, lors d’un meeting public, de monter sur le podium pour l’interpeller ou le frapper, par après Trump a affirmé que c’était quelqu’un de Daesh. Et la foule d’applaudir et un tas d’Américains incultes, ne connaissant rien à la politique outre ce qui se passe dans leur bled, n’ayant jamais mis les pieds à l’étranger ou même déjà vu un Musulman, lui donneront raison et trouveront là une raison de plus de voter pour ce magnat de l’immobilier.

 

Trump n’a pas de programme, pas de ligne de conduite cohérente, pas d’idées en ce qui concerne la politique étrangère. Il surfe sur cette vague populiste qui fait que les white trash (petits blanc pouilleux), les besogneux blancs qui pensent qu’ils paient trop d’impôts à Washington, les racistes en herbes (contres les Noirs, Latinos, Arabes, etc.), les adhérents des États du Bible Belt (états de la ceinture biblique) se rallient à ses points de vue simplissimes. À ses one-liners. Bref, il surfe sur toute cette mouvance anti-intellectuelle, anti côté Est, antiétatique, antimusulmane, anti-latino, anti-noire, qui n’y connaît rien en politique intérieure ou extérieure mais qui dispose d’une arme redoutable: le vote. Et le droit de voter pour n’importe quel crétin.

 

C’est triste de constater qu’à côté de Trump, même une Marine Le Pen, même un Orban, pourraient nous paraître acceptables car si je ne partage en aucun cas leurs idées, du moins, leur comportement humain n’est pas encore tombé au niveau d’un Trump. En psychologie, ce que fait là Trump, on pourrait dire que c’est un comportement régressif, c’est-à-dire retournant vers ce qu’il y a plus primitif chez l’homme, proche de son origine animale. C’est triste de constater qu’à côté de présidents républicains qui ont donné le meilleur pour leur pays et dont l’histoire a retenu le nom, on sombre maintenant du côté du Grand Old Party non pas uniquement dans le populisme le plus abject, mais dans l’illettrisme politique, dans le crétinisme social d’un niveau tellement bas qu’on se situe même en dessous du darwinisme élémentaire qui a pu attirer les nazis.

 

Certains ont dit de Trump qu’il est fasciste. Il n’est pas fasciste. C’est un businessman qui a réussi du point de vue commercial {je me suis rendu plusieurs fois dans la Trump Tower sur la 5e Avenue en 2013 et y ai admiré les couloirs et la chute d’eau dont les murs sont en pur marbre d’Italie}, mais pour le comprendre, il faut recourir à la psychologie, une fois de plus. Il est narcissiste et réduit le monde à l’image de soi. Tout part de lui et tout aboutit à lui. À lui seul ! Mais était-ce différent avec Sarkozy? Est-ce différent chez Poutine? Erdogan?

 

Au fond, malgré tout l’étalage médiatique à son sujet, j’ignore ce qu’il pense de l’avortement, du mariage gay, de Medicare. Y a-t-il des femmes ou des Noirs dans le management de ses entreprises ? Par contre, je sais déjà ce qu’il pense des femmes, Kelly de Fox TV devait avoir eu ses règles un soir où elle lui posa des questions hard, a-t-il déclaré. Je sais ce qu’il pense des handicapés puisqu’il il s’est moqué d’ un journaliste légèrement handicapé en l’imitant vulgairement lors d’un meeting public. Que pense-t-il en réalité des Noirs, des Chicanos, des Musulmans ? Tous à mettre à la poubelle : paresseux, villeurs, terroristes 

 

Et, là, on atteint des profondeurs abyssales qui feraient de lui non pas un président narcissique mais un danger pour l’humanité.

 

Let’s keep our fingers crossed (gardons les doigts croisés), on a déjà assez de tarés à la tête de pays dans le monde.

Les commentaires sont fermés.