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25/01/2015

A PROPOS DU DOCUMENTAIRE 'ISRAEL CONFIDENTIEL' (THE GATEKEEPERS)

Lorsqu’il s’agit d’aborder le conflit israélo-palestinien, il est rare que les personnes interrogées, spécialistes, ou témoins, appelés à dire ce qu’ils en pensent, ne parlent pas en termes de polarisation extrême qu’ils fussent Palestiniens ou Israéliens ou, chez nous, Musulmans versus Juifs.

 

Sur les réseaux sociaux, les avis sont pareillement tranchés; on constate une unicité de pensée d’un bord comme de l’autre et il est parfois difficile pour des amis d’Israël – comme je l’ai été au cours de ces 50 dernières années et le suis toujours – de dire ce qu’on pense de la politique gouvernementale israélienne (actuellement trempée à l’aune de l’extrême droite religieuse et des colonisateurs de territoires palestiniens) à l’égard des Palestiniens et de la population de Gaza, sans se faire taxer illico presto d’antisémitisme.

 

C’est pourquoi, un documentaire comme ‘The Gatekeepers’ (les’Gardiens ou Israël confidentiel’) permet une approche nouvelle, inédite et de sources israéliennes authentiques, ce qui est rafraîchissant et intéressant sur le plan intellectuel tout comme celui de la dialectique pure.

 

Six anciens chefs du ‘Shin Bet’ ont fait l’objet d’interviews en profondeur sur leurs actions, opinions et critiques.

 

Le Shin Bet, partie du Mossad a en charge la lutte contre le terrorisme, l’espionnage, ce qui inclut la collecte de données humaines (Humint), d’écoutes ciblées ou massives, de recrutement de collaborateurs arabes et, aussi, l’interrogatoire de détenus palestiniens, l’élimination préventive ou postérieure de terroristes avec ou sans l’assentiment du 1er Ministre ou d’un ministre compétent.

 

Les six interlocuteurs du Mossad de ce documentaire étaient :

Avraham Shalom (1980/1986)

Yaakov Peri (1988/1994)

Carmi Gillon (1994/1996)

Ami Ayalon (1996/2000)

Avi Dichter (2000/2005)

Yuval Diskin (2005/2011).

 

Ceux qui connaissent un peu l’histoire sanglante d’Israël comprendront que ces hommes, gardiens de la sécurité interne d’Israël, eurent à traiter en priorité les suites de la grande invasion du Liban de 1982, les attentats terroristes contre des bus ou d’autres cibles (restaurants), la 1e et la 2e intifada, etc.

 

Ce qui est extraordinaire, c’est l’énorme franchise avec laquelle ces hommes parlaient.  Leur dédain des politiciens au pouvoir (incluant tous les 1er ministres depuis le début des années 80, à l’exception de Rabin), leur scepticisme quant aux colonisations à outrance (passées de 100.000 à 220.000 colons en 10 à peine), leur critique de l’influence trop prépondérante des ‘rabbins’ (sous-entendu les ‘durs’ parmi les ‘durs’ qui veulent revenir à l’Eretz Israel biblique), leurs critiques du manque de politique stratégique des derniers gouvernements.  Nombreux parmi ces  six hommes de pointe furent ceux  qui considéraient qu’Israël faisait fausse route dans la manière dont il abordait et traitait les territoires occupés, leurs habitants et la lutte contre le terrorisme.  Comme le soutint l’un des ex-dirigeants, Israël ‘gagne chaque bataille mais perd la guerre’.

 

Tout au début, le ton est donné, un ex-dirigeant déclare que le cabinet souhaitait toujours des propositions binaires (noir versus blanc) alors que ces anciens du Shin Bet, avaient, à la longue (eux qui souvent connaissaient la langue arabe et connaissaient els territoires occupés), appris à distinguer tous les tons de grisés entourant les problèmes posés.  Selon eux, des gouvernements aux tactiques à court terme, aucune stratégie globale ni une volonté d’aller dans ce sens.

 

Toutefois, cette franchise, extraordinaire, venant d’hommes pour qui le silence, le secret, l’ombre, ont toujours été des vertus, a permis au téléspectateur de passer outre l’habituelle langue de bois et ces zones toujours noires ou blanches, bonnes ou mauvaises.  Ainsi, Avraham Shalom reconnaît que lors du bus-jacking ‘300’ de la compagnie Egged, l’armée a bien lynché deux Palestiniens capturés vivants et dont des photos ont été prises et diffusées alors qu’ils étaient emmenés hors du bus délivrés par des soldats israéliens.

 

Un ex-dirigeant du Shin Bet a aussi regretté qu’après l’arrestation d’un groupe important d’extrémistes israéliens qui voulaient faire exploser le Dôme du Rocher (en face de la Mosquée El-Aksa), les principaux protagonistes aient été libérés après quelques années à peine de détention (dont trois qui furent condamnés à perpétuité), mais comme il le disait, ces hommes – des terroristes juifs - frayaient parmi la société politique la plus haute et après leur libération, ils réintégrèrent rapidement cette société, cet écrin politico-religieux.  Un autre ex-dirigeant trouvait aberrant que souvent de jeunes soldats incorporés dussent décider de la vie ou de la mort de Palestiniens, dans des tâches de police ou de répression, sans avoir spécialement été formés à l’énorme complexité qu’impliquent de telles tâches.

 

Une anecdote amusante a trait à un bombardement ciblé du top politique du Hamas (en présence de feu le Sheikh Yacine).  Le Shin Bet avait appris (cet organisme, curieusement, n’a jamais manqué de collaborateurs palestiniens, mais il n’a pas été fait état des raisons qui les poussent à la trahison) que tous les dirigeants devaient se réunir dans un immeuble de deux étages.  Le dirigeant  du Shin Bet proposa de larguer une bombe d’une tonne sur l’objectif.  Le problème c’était que lors d’une frappe précédente, avec une bombe d’une tonne, il y avait eu des victimes innocentes – de l’ordre d’une dizaine –, et ici donc, le 1er Ministre Sharon ne fut pas d’accord et n’accepta qu’une bombe de 250 kilos.  Qui aplatit le 2e étage mais laissa intact le rez-de-chaussée où siégeaient les dirigeant du Hamas, qui survécurent tous.  On raconta même que le Sheikh Yacine parvint à sortir de la maison en courant sans qu’on dût le pousser en chaise-roulante.

 

Plusieurs interlocuteurs ont émis la proposition qu’Israël devrait commencer à parler avec ses ennemis, tous, Djihad Islamique, Hamas, etc.  Que ce serait là la seule façon de poursuivre ce qui avait été commencé avec les accords d’Oslo.  Qu’aucune paix n’est possible tant qu’on ne se parle pas.

 

La remarque peut-être la plus percutante fut faite par Shalom qui compara l’occupation des territoires occupés par Tsahal à celle des Allemands dans des pays comme la Belgique, la Pologne (ne tenant pas compte de l’Holocauste, évidemment)!

 

C’est réconfortant pour un ami d’Israël comme moi, qui a connu personnellement des gens de la gauche radicale dans les années 70 et qui a toujours admiré cet esprit de kibbutznik, déçu toutefois ces dernières décennies par le virage vers l’extrême droite religieuse, cette pensée unique, cet ethnocentrisme exacerbé, de lire (dans De Standaard du 15/1/15) que le célèbre écrivain Amos Oz déclare ‘les meurtres à Paris ont bien plus à faire avec les chrétiens violents et les racistes Juifs qu’avec les Musulmans pacifiques’.

 

Il y a encore des hommes de raison en Israël, des gens qui ont conservé cet esprit de jadis, celui des pionniers, des créateurs de l’État, celui des Ben Gourion, Meyer, Dayan, Peres, Rabin, des politiciens qui ne pensaient pas uniquement en termes de polarisation à outrance, de réductions mentales, de clichés religieux ou sociaux, des politiciens qui eurent le courage de parler avec l’ennemi, aussi haïssable fût-il.

 

Mais ils sont quelques fétus isolés au sein d’une mouvance portée sur la pensée unique en noir et blanc, sans nuances, sans créativité, axée sur le court terme, une pensée à la solde des milieux religieux les plus extrémistes, ceux qui sont le moins porté vers l’indispensable dialogue.

07/01/2015

LE DÉCLIN DE LA FRANCE

Ante scriptum:  j’ai écrit ce texte au sujet de ce que je pense des idées de Finkielkraut, Houellebecq et Zemmour avant d’apprendre la nouvelle de l’effroyable tuerie à la rédaction de ‘Charlie Hebdo’ ce matin même.  C’est une abomination, un acte de terreur et de totalitarisme religieux que je condamne avec la plus grande véhémence.  Mais, cet acte abominable et que j’espère isolé, ne change rien à ce que j’ai écrit au sujet des idées que véhiculent ces trois nouveaux penseurs français, propagateurs d’un message de rejet plutôt que de cohésion, de compréhension et de partage.

 

                                               *

 

Quelles polémiques en France en ce moment!  Houellebecq, Zemmour, Finkielkraut, ont sorti l’artillerie lourde.  Certains de leurs détracteurs n’hésitent nullement à parler d’islamophobie, d’autres les placent d’emblée dans le camp du Front National.  À Bruxelles, comme souvent, on n’a nullement fait dans la dentelle puisque certains politiciens adeptes du politiquement correct souhaitaient interdire l’apparition publique de Zemmour dans une librairie ce mardi 6 janvier sous le fallacieux prétexte que sa venue aurait pu provoquer des manifestations et troubler l’ordre public!

 

Le pays (la Belgique), qui a accueilli en son temps Zola, Hugo, Baudelaire et tant d’autres exilés français qui avaient eu maille à partir avec leurs autorités pour des œuvres jugées contraires aux mœurs ou contraires à certaines opinions déjà politiquement correctes, aurait donc refusé l’entrée sur son territoire de quelqu’un qui a la liberté d’exprimer des opinions qui ne nous plaisent pas!

 

Ces trois hommes tiennent peu ou prou le même discours.  Tous trois sonnent les trompettes de l’apocalypse française, annoncent la fin des temps.  Surtout pour la France qui est le seul et unique sujet qui les préoccupe (vive l’ethnocentrisme !). Pas question pour eux de parler d’Ebola ou de ces maladies létales qui tuent des dizaines de milliers d’enfants africains, sud-américains et asiatiques chaque jour de l’année. Pas question pour eux de se soucier du sort de ces millions de familles dans ces pays déshérités qui vivent avec un revenu journalier d’un dollar.  Pas question pour eux d’aborder le fléau qui frappe ces enfants de sidéens ou de victimes d’Ebola et qui se retrouvent orphelins sans personne pour les aider.  Pas question pour eux de se pencher sur le sort de ces enfants en Afrique, Asie, victimes de malformations cardiaques ou handicapés et qui ne connaîtront jamais les bienfaits d’une chirurgie à visage social comme nous la connaissons dans nos pays de nantis.  Pas question pour eux de parler du sort des immigrés qui se noient en Méditerranée ou de penser un seul moment à ces millions de réfugiés syriens, irakiens, dans des camps, certains y vivant depuis bientôt trois ans.  Pas question pour eux de citer le sort des enfants palestiniens ayant subi des traumatismes de guerre avec épisodes répétés, à la suite des frappes israéliennes.

 

À les entendre et les voir on a l’impression de ce passage ‘Monte ici, que je te montre ce qui doit arriver par la suite’ (Apocalypse 4, ‘Dieu remet à l’Agneau les destinées du monde’ ; Nouveau Testament).

 

Ce sont des visionnaires, ils annoncent le déclin inévitable de la France, et les causes en sont multiples: c’est la faute aux Musulmans, aux femmes, à mai ’68, au multiculturalisme (lisez plutôt l’influence pernicieuse des Musulmans et la ghettoïsation et criminalisation accélérées des banlieues).

 

Tous les trois ont incontestablement raison, la France est en déclin.  Physique.  Quand je les regarde à l’écran, que je regarde leurs visages, leurs corps, leurs attitudes, que je les entends parler, que j’observe leurs tics, oui, la France est en déclin, elle s’en va à vau-l’eau et ces trois représentants de l’apocalypse en sont les meilleures et plus prégnantes émanations physiques.

 

Moi qui ai un sens de l’esthétique, je conserve à l’esprit cette photo de Baudelaire, figure altière, belle, une présence.  Dans un autre domaine, prenons des artistes comme Chéreau et Boulez, mêmes ports d’hommes de consistance, d’hommes ayant appris à vieillir sans décrépitude physique, d’hommes qui mettent à l’honneur le bien-porter, le bien-paraître.  Chez les femmes, prenons par exemple Catherine Deneuve, l’exemple même d’une femme qui reste physiquement digne, ou Claire Chazal sur TF1  Classe, élégance.  Prenons aussi la classe et l’élégance d’Harry Roselmack (que j’ai vu hier, formidable d’efficacité dans ‘Aux frontières de la vie’, une remarquable émission sur l’euthanasie et la fin de vie en France).

 

Houellebecq, lui, laid, sans élégance vestimentaire, sans élégance verbale, exhibe la face de quelqu’un pour qui l’hygiène de vie (savoir gérer sa vie sans verser dans des excès) semble avoir été un concept pour has been ou losers.  Il exemplifie à merveille le déclin qu’il annonce.  Sa manière aussi de biaiser de la tête, ce manque de regard franc, le rendent antipathique au possible.  Et ce qu’il dit, passons.

 

Zemmour est petit, laid et, s’il s’habille un rien mieux et porte bien ce qu’il a endossé, comme Houellebecq, il manque d’élégance verbale.  Quand il parle ou rétorque, on a l’impression d’avoir affaire à un roquet qui mord dès qu’on l’approche.  Il n’a pas l’aisance verbale naturelle d’un debater, d’un Besancenot et, hier soir au JT de RTL-TVI, quand on l’a vu oser une blague, il en a ri de la même manière que Sarkozy, rire de cabotin qui s’esclaffe de son propre humour qui ne fait rire que des followers manquant sérieusement de neurones et de sens critique et objectif.

 

Pour Finkielkraut, je fais une exception même si sur le plan de la condamnation du multiculturalisme il me fait vomir.  Finkielkraut a de la classe, il s’habille très bien. Il est ‘racé’. Il parle superbement bien, manie les longues phrases emberlificotées et retombe toujours pile là où il voulait arriver.  Je l’écoute avec intérêt et, du point de vue linguistique, même avec fascination.  Le seul problème est de nature physique, dès qu’on le contredit un peu trop ardemment, il se met à gesticuler, à trembler des mains, devient une vision pathétique de l’Ange (de l’Apocalypse: ‘L’Apocalypse, prologue 1, Nouveau Testament).  On l’a vu ainsi, fort pathétique, il y a quelques mois lors d’un débat sous la houlette de Taddeï et on l’a revu ainsi à la fin de son intervention au grand journal de canal Plus cette semaine.

 

La France intellectuelle et artistique est-elle en déclin?

 

Prenons l’industrie littéraire, elle se porte très bien.  Chaque année à la rentrée, plus de 700 titres sortent et il y a des auteurs qui se vendent bien, qui sont adulés, le salon du Livre à Paris draine chaque année des dizaines de milliers d’enthousiastes qui y viennent uniquement pour se régaler de ce contact avec le livre papier et des séances de signatures qui remportent toujours un immense succès. Évidemment, même si un auteur français a reçu le Prix Nobel de littérature, on ne peut pas dire que les milliers de titres qui paraissent chaque année soient tous porteurs de qualités littéraires incontestables.  Ce qui me frappe aussi et me réjouis, moi qui porte un intérêt certain et durable pour la littérature étrangère, c’est qu’on traduit de plus en plus et de mieux en mieux.

 

L’industrie du cinéma en France est florissante, la France est une des nations produisant le plus de films et séries (avec l’Inde, les States, etc.).  Bon, une bonne partie ne vaut pas tripette et sert d’amusement populaire, mais la France, outre ses gloires cinématographiques des années ‘60-80, a tout de même donné naissance à de vrais et nouveaux talents d’acteurs, je citerais par exemple Luchini, Bacri, Darroussin, Cluzet, Cotillard, Scott Thomas.  Ces acteurs, contrairement à certains des anciennes générations (Delon, etc…) font preuve de réels dons d’acteurs qui se remarquent à leurs expressions et mobilité faciales, bien meilleures que les expressions figées des grandes gloires du cinéma des années 60.  Certaines séries, comme celle de la France sous l’occupation sont bien fignolées, intéressantes, présentant des acteurs crédibles.

 

En France, il y a aussi le théâtre, surtout classique, qui draine également les foules, et, parallèlement au théâtre, il y a  parfois des bijoux qui ressortissent au monde du spectacle et dont la spécificité essentiellement française (liée à la langue, à la culture, françaises, à ces jeux de mots) réussit non seulement à divertir mais à faire rire, comme par exemple ‘L’Abribus’ ou ‘Le Sexe’ (la merveilleuse leçon d’histoire de cet organe par Michel Leeb).

 

Mais le domaine français qui me parle le plus et qui n’a jamais subi de déclin quelconque, c’est celui de la musique dite sérieuse (classique/opéra).  Parlons de festivals prestigieux tel celui des Chorégies d’Orange, prenons les journées de la musique au retentissement mondial: la Folle Journée (de piano) à la Roque- d’Anthéron, la folle journée de Nantes. Parlons des scènes d’opéra à Paris, de l’opéra de Lyon.  J’ai récemment vu Roberto Alagna (que je vis à l’opéra Bastille en février 1995) à l’émission de Drucker, chantant un peu de tout.  J’ai remarqué la superbe évolution de sa voix, devenue d’une profondeur d’expression, d’une maturité et précisions rares.  Il y a tant d’autres solistes français de talent: Dessay (qui abandonne la scène de l’opéra), Gens, Naouri, etc.  Pour le piano, Grimaud, les sœurs Queffélec, etc.  La France a l’apanage d’avoir parmi les meilleurs cuivres au monde, flûtes, trompettes surtout, certains des chefs d’orchestre les mieux cotés.

 

Mais il y a aussi le jazz et certains des jazzmen français ont un niveau et une réputation internationaux, notamment pour le piano et les saxophones.

 

Dans les années 90, il m’a été donné de voir et d’entendre représenter deux opéras de Puccini – jamais joués dans des salles d’opéra européennes - en versions concertantes à la Maison de la Radio, ‘Le Villi’ et ‘Edgar’, deux œuvres intéressantes, et les concerts étaient entièrement gratuits, la salle pleine et attentive.

 

Je vois deux domaines artistiques où la France est en déclin, celui des comiques et celui de la chanson française.  Pour qui a un peu le sens de l’humour et l’oreille musicale, il y a de ces aberrations, de ces lacunes, de ce manque de créativité véritable, qui blessent mon sens de l’art.

 

Mais ce qui fait aussi la grandeur de la France, c’est que dans ce pays et sur des plateaux, il peut encore y avoir des débats d’idées à très haut niveau (Calvi/Taddeï/le grand journal) et cela tient au fait que, contrairement à la Belgique qui invite surtout des politiciens adeptes de la langue de bois, c’est qu’en France, on fait le plus souvent appel à des spécialistes de certaines matières ou à des gens qui ont des idées, même si elles sont contraires aux miennes, mais ils reçoivent un droit d’antenne.

 

Quant au multiculturalisme, on critique les Musulmans qui se terrent dans des banlieues et y font régner la violence et la terreur quotidienne.  ‘Que celui qui n’a jamais péché jette la première pierre’, pourrait-on dire.  On oblige tous ces gens (Musulmans) à aller vivre terrés dans des HLM dans des banlieues et habitations insalubres, parce que du point de vue économique la France bienséante, bienpensante et ‘riche’ (par rapport aux couches de la population défavorisées) ne les accepte pas à Neuilly, aux Champs-Élysées, dans le 1e ou 7e à Paris, ou que ces gens ne peuvent se payer de tels loyers de riches, etc.  On leur refuse l’accès à l’emploi, l’accès égalitaire à tous les types d’éducation et d’institutions d’enseignement.  On les stigmatise d’un point de vue social, puis, car ils n’ont pas d’autres échappatoires que – parfois – le recours à des formes de subversion connues (attaques contre la police, petite délinquance, recours aux drogues dures, vente de drogues dures), on le leur reproche et on parle de déclin, par leur faute parce que ces gens ne s’intègrent pas.  En psychologie ou dans des expériences de laboratoires, on a constaté que quand on fourgue ensemble de trop grandes quantités d’animaux sur un espace trop limité, l’agressivité augmente.  Le même phénomène se passe dans nos pays surtout si, en plous, de la densité de population extrême, on applique des principes policiers de délit de sale gueule et de harcèlement sur la voie publique quand les gens n’ont pas la tête convenable.

 

 

Je terminerai par une phrase de Zemmour (citée dans De Standaard du 7/1/2015) ‘Je n’ai aucun problème avec les homosexuels mais bien avec tout le mouvement gay qui prêche la liberté, la gaieté.’  Lui, donc, l’archange de la liberté d’expression la refuse aux gays! Quel petit personnage gonflé d’une énorme importance, lui qui parle également du tort que féminisation de la société a causé à la France.

 

Voilà l’avenir d'une certaine nouvelle France intellectuelle qui porte à droite: xénophobe (pas contre les Juifs, l’exception qui confirme la règle), homophobe, misogyne, islamophobe, contre le multiculturalisme.

 

Ce qu’en psychologie on appelle au fond ‘la régression’.

 

Ces trois personnages, ces trois intellectuels, sont au fond des égocentristes, imbus de leurs visions apocalyptiques de faux prophètes, des gens qui refusent la société moderne, hybride, multiculturelle, diversifiée, des gens qui ont une idée de leur Nation, de son Identité, de sa Laïcité, aux antipodes de ce qui a fait vivre et vibrer la France de jadis: son ouverture aux influences étrangères, son accueil des artistes et populations étrangères, la liberté d’opinion et d’expression. N’oublions jamais que dans leurs colonies, les Français étaient les seuls qui se mariaient fréquemment avec des autochtones (Vietnam, pays africains, etc.) au contraire des Britanniques et des Belges.

 

Et, ce qu’ils ne comprennent pas, ces trois-là et tous ceux qui les soutiennent sur le plan intellectuel, c’est que ce retour à une France où il faisait bon vivre est un peu semblable à la France qui condamna Dreyfus et divisa la société entre dreyfusards et antidreyfusards (disons antisémites) , de cette France qui aida les Allemands dans leur traque aux Juifs durant la guerre. Sauf que maintenant le germe qui menace l’intégrité de la France, ce n’est plus le Juif mais le Musulman…et le symptôme est le même, le déclin du pays…

 

Ne vaudrait-il pas mieux que ces archanges de la déchéance programmée mettent leur talent et leur temps au profit des déshérités de la planète, au profit de ces infortunés qui ne connaissent ni soins de santé ni traitements de maladies chroniques ou létales, au profit de ces hommes, femmes et enfants, qui triment dans les champs, rizières ou plantations pour gagner un dollar par jour pour toute une famille

 

Il y a des combats qui apportent la noblesse, la grandeur d’âme, la dignité humaine, loin des spots ou des caméras de la télévision.  Mais, aussi, ces combats anonymes rapportent moins de fric…

 

Vanité des vanités et tout n’est que vanité…