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04/05/2013

La famille normale versus une famille 'anormale'

Le récent débat sur le mariage pour tous en France a éteint les lumières qui y avaient été allumées lors du Siècle des Philosophes et plus tard lorsque la France se dota d’une législation sur les Droits de l’Homme.

Que n’a-t-on entendu comme idioties dites par les défenseurs de la famille traditionnelle ?  Certaines personnalités en France ou à l’étranger ont même ressorti des oubliettes de l’Histoire le fait qu’être gay devait ressortir à une maladie mentale sinon psychiatrique.  Pour ne pas dire une déviance !

Que des défenseurs de la famille de type traditionnel en soient même venus à s’attaquer aux forces de l’ordre lors de manifestations violentes, que par leurs actions fortes, incessantes et percutantes, elles aient fomenté un regain d’anti-homosexualité parmi certaines têtes de droite ou speedées au machisme bon ton, n’a pas eu l’air de déranger les intellectuels en France.  Que des maires de renom (d’obédience UMP) aient dit publiquement qu’ils ne célébreraient pas en personne de mariage gay en cas de passation de la loi, laisse rêveur.  Que font-ils ces gens-là de la démocratie, du rôle de l’Assemblée nationale ?

Dans ma jeunesse, alors que j’avais un vrai père et une vraie mère, mais un père violent, et que je me débattais avec des problèmes psychologiques que j’étais seul à pouvoir résoudre (à l’époque, il n’était pas de bon ton d’aller raconter ces vilaines choses sur la place publique), j’avais acheté le bouquin de Daco ‘Les merveilleuses victoires de la psychologie moderne’.  Et comme je le soutiens encore maintenant, c’est là un livre qui m’a sauvé la vie, qui m’a fait comprendre quels étaient les mécanismes inconscients à la base d’actes, d’actions, d’idées.  Un livre qui m’avait entre autres choses intéressantes appris que souvent, les personnes les plus violemment anti-homosexuelles étaient justement celles qui ressentaient en eux un fond d’homosexualité latente (que nous avons tous en nous en fait), qu’elles combattaient donc par son contraire et de manière virulente.  On citait déjà alors parmi les plus virulents opposants de l’homosexualité les bastions et groupements typiquement mâles tels l’armée, les milieux sportifs qui, traditionnellement, étaient les plus ancrés dans leur refus de cette différence.  Bien que, dans les années 50 et 60, alors que je grandissais, l’homosexualité était à vrai dire considérée comme une ‘déviance’ par le grand public. 

Mais que 50 ans plus tard des personnalités pourtant intelligentes en France et ailleurs en viennent encore à pratiquer ce combat d’arrière-garde laisse pantois.  Alors que des bastions du catholicisme tels le Portugal, l’Espagne, l’Argentine, ont voté des lois de mise à égalité des couples gays sans cet amoncellement verbal et sonore de bêtises jetées sur la voie publique auquel nous avons été confrontés ces derniers mois en France.  Et en Belgique, je ne me souviens même pas avoir écouté des débats à ce sujet.

Moi donc, qui ai connu un père violent qui frappait de temps en temps ma mère et l’insultait souvent, qui me menaçait verbalement de m’envoyer au travail si je ratais mes études, qui traitait ma mère de noms particulièrement violents et indignes devant moi et dès mon plus jeune âge, je me pose cette bête question, un couple gay aimant un enfant, l’entourant d’affection, d’amour, prenant du temps pour l’élever, le distraire, l’instruire, n’est-ce pas mieux qu’un couple ‘traditionnel’ qui se déchire sans cesse devant son enfant, lui présentant l’image déformée d’un monde peu conforme aux normes ?

Si je m’en suis sorti tout seul, sans séquelles psychiques (sauf une seule qui m’est restée, je ne supporte pas quelqu’un dans mon dos…), sans être devenu moi-même violent, si j’ai ‘fonctionné’ d’une manière normale dans la vie professionnelle, d’abord dans le secteur privé, ensuite dans l’administration, c’est à ma seule résilience naturelle que je le dois.  Personne ne m’a jamais aidé, et je n’ai jamais demandé à personne de m’aider.

Quand je vois parfois des interviews de couples gays (deux hommes par exemple) ayant adopté un enfant ou l’ayant recueilli via un accouchement par mère porteuse), et l’entourant d’affection, lui prodiguant amour, je ne suis pas jaloux, mais cette image d’un couple aimant colle tout à fait à l’image que je me fais de parents responsables, n’en déplaise à ces petits esprits français incapables de s’adapter à une réalité psychologique qui les dépasse.

Moi qui ai refusé tout enfant (sans doute aussi une des séquelles de ma jeunesse tourmentée), j’ai toujours soutenu que pour mettre au monde un enfant, il faut des moyens mentaux, financiers, sociaux et professionnels suffisants pour assurer à l’enfant une jeunesse heureuse et lui donner toutes ses chances dans la vie.

Mais en ce qui concerne ce pays au sud de la Belgique, pauvre France entrée tout à coup et de plain-pied dans le Siècle des Ténèbres !

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