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11/03/2013

Vive les enquêtes culinaires et de santé !

Dans une revue de vulgarisation pour les problèmes de santé, je lis sous le titre racoleur ‘On mange plus pendant la crise’ que dans une université américaine en fonction d’une enquête à effectuer on a partagé des volontaires cobayes en deux groupes en leur offrant des bonbons multicolores au chocolat ; aux premiers on a dit qu’ils étaient plus caloriques, à ceux du second groupe, qu’ils étaient moins caloriques.  Le résultat c’est que les participants  ont mangé (à 70 %) plus de bonbons caloriques que de bonbons « bons pour la santé ».

 

Je suis effaré !  Si je devais participer à une enquête et qu’on me disait la même chose, je n’hésiterais pas un seul moment, je me jetterais comme un fauve sur les vrais bonbons pleins de bon chocolat multicolore rempli de très mauvais sucre pour ma santé et pleins de bonnes choses pour le cerveau du primate que je suis et je les engloutirais sans complexes, comme un sauvage.

 

Pas parce que «c’est la crise» et que, comme l’indique la revue de vulgarisation française  « quand les ressources alimentaires se raréfient, on se tournerait donc vers une nourriture plous calorique pour faire des réserves», mais plutôt pour le plaisir humain de manger de bonnes choses.  Car tous ces distingués scientifiques imaginant, réalisant des enquêtes et en tirant des théories aussi ridicules, oublient une seule chose, j’aime le sucré et le chocolat.

 

Et je ne suis pas le seul.

 

J’ai un ami qui aime manger de grosses quantités par plaisir humain, culinaire, et cela n’a rien avoir avec un quelconque dérangement psychologique, un arrêt quelconque dans son développement lorsqu’il était enfant, une insatisfaction existentielle.  Il aime manger et de grosses quantités (400 grammes de viande).  Et nous sommes allés plusieurs fois en vacances avec lui et savons qu’il n’est pas un goinfre. Moi, d’ordinaire, je mange assez peu, en fonction de problèmes de reflux gastrique, mais quand je mange des frites, que j’adore, j’ai tendance à en manger beaucoup, sans me rendre malade.

 

Tous ces scientifiques faisant des enquêtes pointues oublient une chose essentielle. Nous sommes des êtres humains, nous n’avons pas besoin de faire des réserves pour l’hiver comme les écureuils, les renards, les ours, nous avons frigo, congélateurs et grandes surfaces ouvertes suffisamment de temps pour pallier les besoins urgents.  L’Homme donc, est un être rationnel ou non mais qui a des goûts culinaires marqués.  L’homme n’est pas un renard, il mange certaines choses dites nocives pour la santé, par goût, par envie, pour rassasier ses papilles gustatives.  Tout simplement.  Parce que ces choses lui plaisent, lui font plaisir, lui donnent un éminent sentiment de profonde satisfaction humaine.

 

Et pour cela, il ne faut pas faire des enquêtes ni se casser la tête à ce sujet.

 

Je lis tout ce qui se dit en termes d’enquêtes scientifiques ou pseudo-scientifiques, sur la santé.  Que n’ai-je pas lu ces derniers temps comme résultats d’enquêtes assez déconcertants ?

 

Partout on critique l’obésité, on indique souvent qu’une personne ayant un IMC supérieur à 30 met son avenir en danger.  Or je viens de lire que les personnes très obèses (IMC > 30) vivent plus longtemps que les autres et ont moins de problèmes cardiaques que les personnes moins grosses, elles sont aussi généralement plus heureuses (moins pessimistes).  D’autre part, elles sont exposées justement aux problèmes rénaux, de foie, aux atteintes cardio-vasculaires, etc. à cause du diabète de type 2 qui survient souvent pour raison d’obésité (entre autres).  Par contre me dit une autre enquête récente, en cas d’accident de voiture, ces obèses sont proportionnellement plus souvent blessés que des personnes à IMC normal (< 25).

 

Récemment, on a dit que manger beaucoup de sel est bon pour la santé (enquête belge du nord du pays), d’autres soutiennent que l’excès de sel nuit.  Pour le cholestérol pareil.  Un nouveau livre en France crée la polémique indiquant que le cholestérol et même un excès de cholestérol n’est pas mauvais pour la santé, au contraire.  Par contre, d’autre part, on dit que manger trop de viande rouge (cholestérol) est un facteur de risque pour développer certains types de cancers.  Fumer est dangereux pour la santé, et nous connaissons tous de ces fumeurs invétérés qui ne sont morts qu’à l’âge de 80 ans ou plus sans avoir jamais eu de cancer des poumons ni de rétrécissement d’artères ni de (gros) problèmes cardiaques.  Et parfois fumer était bien sûr jumelé à la picole, sans plus de problèmes notables.

 

Quant au chocolat, c’est bon pour le cœur (pour les papilles gustatives et l’intense sentiment de satisfaction qu’il procure, aussi, propos privé sans besoin d’une enquête).  Boire un verre de vin par jour est excellent pour la santé, nous dit-on.

 

Encore des enquêtes ou des bouquins ?  Manger (pour les jeunes) dans des fast food provoque de l’asthme, les jeunes ont trop d’hygiène, à cause de cela, il y a plus de jeunes qui souffrent d’allergies et ils ont moins de défenses naturelles.

 

Ne parlons pas des bouquins sur les régimes, certains prônent de bouffer autant de viandes qu’on peut, d’autres misent sur la pénurie, alors qu’on sait que des régimes seuls ne servent à rien, ils doivent être associées à d’autres règles d’hygiène alimentaire.

 

Ah, dans notre jeunesse, quand nous nous vautrions dans la boue et prenions notre bain dominical une fois par semaine s’entend, nous avions de ces défenses naturelles et les allergies nous étaient inconnues.  Ça c’était le bon temps.  Les grands-parents c’était même mieux, faits en béton armé, jamais chez le médecin, jamais chez le dentiste.  Jamais malades, sauf une fois à l’orée de la mort !

 

Il serait peut-être temps de fustiger tous ces soi-disant scientifiques qui font des enquêtes absolument inutiles, qui diffusent n’importe quoi comme conclusions « scientifiques » et, surtout, aux journaux et revues spécialisées qui ne font que du remplissage, sans jamais se poser la question de savoir si le résultat d’une enquête va ou non dans l’optique d’ un nécessaire bon sens.

 

Le bon sens ?

 

Manger trop, en excès, est nocif.  Pour les viandes, les sauces, mais aussi pour le chocolat, les frites, la mayonnaise, les hamburgers, les pizzas, les plats préparés ou plats faits maison.  On sait aussi que l’abus de sel peut conduire à certains types de cancers (estomac, cf. le Japon par exemple où les gens sont grands amateurs de poissons), que l’abus d’alcool mène à la cirrhose, à une atteinte du pancréas, voire au cancer de ces régions.

 

Ne pas trop manger – en dépit des provisions que nous devons faire en temps de crise – nocif pour la santé, pas besoin d’enquête pour le dire.

 

Pourquoi ?

 

Parce que cela fait grossir et quand on grossit disons de 10 kilos, c’est un peu comme si on avait gardé son poids normal mais qu’on portait en permanence – jour et nuit – une valise de 10 kilos, y compris durant les périodes de sommeil ou de repos assis devant la télé ou occupé à lire ou à écouter de la musique (comme le disait un ancien collègue jadis de 40 ans mon aîné, un vrai sage).  Et si on a 40 kilos de surpoids, alors, je conseille d’engager un porteur  de bagages ou deux, jour et nuit, jusqu’à la fin de sa vie…

 

Comme quoi ces enquêtes sur la santé ont du bon.  Elles tiennent mes neurones éveillés et me permettent de râler sur les lapalissades qui, souvent, ont engrangé de gros budgets alors que, justement et parfois, il suffit de faire fonctionner ces fameux neurones, il y a de ces évidences culinaires ou sanitaires qui s’imposent d’elles-mêmes…

 

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