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27/01/2013

Les animaux, il les aime dans son assiette, a-t-il dit

Un ‘ami’ Facebook a posté un commentaire à propos de deux photos de chiens adorables, d’amis réels cette fois-ci, que j’avais postées sur mon site, disant que « les animaux, il les aime dans son assiette. »

 

À l’origine de l’apparition de l’homme sur la Terre, il n’y avait évidemment ni restaurants ni snacks ni sandwicheries ni cafés servant des repas chauds ou de petites collations.  Nos hommes préhistoriques, carnivores il va de soi, durent se mettre à la chasse avec des outils inventés par eux (et sans le savoir ils étaient des pionniers à l’instar de nos grands scientifiques) et à la pèche.  Ils tuaient pour se sustenter, amassaient des réserves pour la mauvaise saison.  De prime abord, les premiers humanoïdes n’élevaient pas d’animaux dans le but de les manger, ils n’avaient pas non plus d’animaux domestiques.  Cela prit des dizaines de milliers d’année avant que ces premiers hommes en vinrent à la culture et à l’élevage de bétail, dans un double but, pour en retirer une substance immédiate lorsque ces animaux étaient pourvus de lait ou se faire des habits lorsque les bêtes étaient pourvues d’une épaisse fourrure, et par après les abattre pour les manger.

 

On voit qu’à cette époque préhistorique, il n’y avait nul plaisir, nulle réflexion, sur le sort réservé aux animaux.  Les humanoïdes tuaient comme des bêtes sauvages tuent, pour manger et uniquement pour manger ou en retirer un confort immédiat.

 

L’apparition des différents civilisation ultérieures, judaïque, juive, asiatique (en premier lieu la Chine mais plus tard le Japon, différents quant aux religions et aux coutumes bien que le Japon se soit fortement inspiré du Japon), musulmane, firent en sorte que le principe moteur des tueries d’animaux restât fondé sur la faim à satisfaire. 

 

Toutefois, après la révolution industrielle et les apparitions successives du capitalisme et du communisme, petit à petit, on en vint à exploiter les animaux en gros, dans le but de les faire abattre dans des abattoirs.  Au début du 20e siècle, Chicago fut ainsi le centre mondial de l’abattage d’animaux, une mégalopole de sang, d’abats et de quartiers de viande, sans compter les déchets animaliers impropres à toute consommation.

 

Puis survint une nouvelle révolution plutôt de type culinaire.  On se mit à élever des animaux uniquement dans le but de les faire abattre, de les laisser mourir hors de l’eau (poissons), puis de les distribuer aux consommateurs via des bouchers, des poissonniers, des grandes surfaces, sans compter les restaurants (je me souviens encore de ces cochons de lait qu’on faisait rôtir en entier dans les restaurants yougoslaves), etc.  Nous connaissons tous le sort de ces poules en batterie, de ces poulets destinés aux grandes surfaces ou aux marchés, de ces cochons et bœufs à engraisser, de ces oies qu’on gave pour les plaisirs de fin d’année, de ces homards et moules qu’on jette dans de l’eau chaude pour les ébouillanter, de ces grenouilles torturées avant d’être servies, des huitres que l’on mange cru (ou des caricoles à Bruxelles).  En Chine et au Vietnam, on mange du chien et on raconte que le dessus du crâne de certains singes est particulièrement apprécié des fines papilles gustatives.  Ailleurs, on mange du serpent, des insectes, entre autres.  Au Japon de la baleine.

 

L’année passée je suis allé loger dans un hôtel-restaurant dans les environs de Bruges et le soir j’ai été estomaqué de constater que pour les personnes qui commandaient du steak, une entrecôte ou du filet pur, les viandes avoisinaient les 400 grammes par personne.  Si on pense à toutes ces personnes dans nos pays ‘civilisés’ encore fondés sur le plat traditionnel,  pommes de terre, légumes et viande, et que ces gens mangent 400 grammes par personne (et je présume qu’il faut une sacrée habitude, car quand je mange de la viande, je me limite à maximum 150 grammes), on peut réaliser les dégâts qu’une telle goinfrerie – excusez du peu, mais il n’y a pas d’autre mot -, causent à la gent animale.  Si on ajoute à cela les poissons, crustacés d’élevage (un ami et voisin m’a dit qu’il y a maintenant du turbot d’élevage et que souvent on ne distingue pas la différence, affirme-t-il, lui qui est dans le secteur des traiteurs !), les saumons et les super-cargos de type japonais qui pêchent à la tonne en quelques minutes à peine, vidant des bancs entiers de poissons, on peut se demander si notre monde moderne n’est pas devenu irraisonnable et atteint d’une goinfrerie sans limites. Ajoutons-y, évidemment, les animaux qui servent d’offrande à Dieu et que l’on sacrifie par millions dans le monde le même jour.

 

Nous avons toujours eu un poulailler à la maison, depuis plus de quarante ans (et l’un de ses avantages, ce sont les œufs frais), et qu’il s’agisse de poules, coqs, de canards ou d’oies, nous n’avons jamais ni tué ni mangé un seul animal.  Chez nous, poules, canards et oies meurent de mort naturelle.  Nous avons eu des canards qui un peu à l’instar du comportement d’oies suivant Konrad Lorenz, nous connaissaient, reconnaissaient leurs noms quand on les appelait et ils nous suivaient dans le jardin ; et quand mon épouse devait creuser la terre, ces canards étaient près d’elle pour guetter les éventuels vers de terre.

 

Je dois dire, personnellement, si j’ai horreur des gros bouffeurs, de ceux qui contribuent à appauvrir la gent animale inutilement (en ce y compris les poissons), j’y étais prédisposé car dès le plus jeune âge, j’ai eu horreur de la viande dont je mâchais parfois un morceau de longues minutes avant de pouvoir l’avaler.  Seul l’américain (assez bizarrement une viande crue) et le poisson trouvaient grâce à mes yeux, sans doute à cause d’un foie rebelle ou d’un dégoût inné de certains types de plats (steak saignant, beuh !).

 

Cet ‘ami’ qui a dit que les animaux, il les préférait dans son assiette (et au départ mon post sur Facebook parlait des animaux domestiques – des chiens - et de l’amour qu’ils étaient capables de prodiguer à leurs maîtres ou aux gens gentils à leur égard), je pense qu’il a un comportement qui privilégie le cerveau reptilien – celui de notre origine animale et dans lequel restent centrés les instincts, les besoins de satisfaction élémentaires dont la faim.  Et manger reste un besoin élémentaire même s’il se travestit parfois sous la forme d’élégants dîners d’apparat, de caviar, foie gras, huitres, bref de ce qui fait chic sauf quand on pense à l’origine de ces délicieux mets.

 

Je le dis et je le répète, celui qui bouffe comme un porc et qui est aveugle et sourd à certaines formes de mises à mort d’animaux (homard, foie gras, poissons pêchés en mer, moules, huitres, mais aussi tout ce qu’on fait dans les abattoirs qu’ils soient traditionnels ou rituels), fait fi de ces siècles qui nous ont inculqué la civilisation et l’humanisme.

 

Pour moi, j’ai décidé et je reste constant, j’abomine toutes ces horreurs commises au nom de nos soi-disant ‘civilisations’ modernes, mais je ne suis pas et ne serai jamais un végétarien. 

 

Je mange de la viande, peu, et je mange du poisson, mais je me refuse à encore manger des homards, des moules (les huitres, je les ai toujours eues en horreur, manger un organisme vivant tout cru, beuh !), à consommer du foie gras, à manger du canard ou du lapin (j’an ai mangé deux fois dans ma vie, obligé, dont une fois au service militaire et une autre fois en pension complète en France).

 

Je me suis aperçu que ce que j’aime manger a très peu la forme d’animaux ou de poissons, ce n’est pas que je sois hypocrite et que je veuille masquer la réalité, non, le fait de penser à l’animal dont je mange une partie, à sa venue sur notre Terre uniquement pour rassasier quelques personnes, à la façon dont on l’a mis à mort, me dégoûte.  J’ai jadis mangé des moules par exemple, c’était ma mère qui les préparait.  J’en ai mangé jusqu’au jour où ma mère m’a fait remarquer qu’on les jette vivantes dans l’eau  chauffée.  Suis-je trop sensible ?  Non, j’éprouve de l’empathie et pas uniquement pour les êtres humains, j’y associe les animaux de toutes espèces (pas tellement les serpents ni les rats ni les crocodiles…).

 

Récemment, une ‘étude ‘ a révélé que les crabes ressentent de la douleur.  Quelle idiotie de faire une étude à ce sujet, il suffit de voir n’importe quel documentaire animalier pour savoir que des animaux capturés par des rapaces ou des bêtes carnivores crient, se plaignent, gémissent ; j’imagine volontiers que des crabes, des homards, des moules, s’ils ne peuvent s’exprimer éprouvent nécessairement quelque chose quand leur vie finit de manière abrupte ou à petit feu.

 

L’Homme est doté de la raison à la différence de l’animal mais quand il se conduit comme un animal et oublie les millénaires de civilisation et d’enseignements de valeurs humanistes, est-il différent des premiers humanoïdes ?

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