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05/05/2012

Styles littéraires

J’ai lu récemment une phrase en anglais qui m’a fait frémir de joie mentale.  « Mon père était un de ces hommes à qui la nature avait légué avec prodigalité les dons enviés de l’esprit et de l’imagination, puis fit en sorte que la barque de son existence fût contrecarrée par ces vents, sans y ajouter la raison en tant que gouvernail, ou le jugement comme pilote pour ce voyage. »  Cette superbe phrase a été écrite par Mary Wollstonecraft Shelley (1797-1851), épouse du célèbre poète anglais Shelley, extrait du livre « The Last Man » paru dans la première moitié du XIXe siècle.

 

J’ai toujours aimé le beau style, de belles phrases sonnant bien : « Souvent pour s’amuser les hommes d’équipage, indolents compagnons de voyage… » (Baudelaire) ou le superbe « les sanglots longs des violons de l’automne blessent mon cœur d’une langueur monotone… » (Verlaine).

 

On se souvient de la superbe phrase d’Aragon au début de son roman « Aurélien » : « La première fois qu’Aurélien vit Bérénice, il la trouva franchement laide ». D’emblée, on sait qu’il y a rejet physique, mais « la première fois » fait augurer une amélioration pour la suite du récit.  On connaît aussi la maxime qu’utilisa Tolstoï pour débuter ‘Anna Karénine’ relatant que « les familles heureuses n’ont pas d’histoire, que seules les familles malheureuses en ont une ».  Ce qui est la réalité du point de vue des récits intéressants.

 

En fait de premières phrases, celle de « Pour l’Inventaire » de l’Israélien Yaakov Shabtaï me semble aussi d’anthologie : « Le père de Goldman était mort le premier avril, tandis que Goldman s’était suicidé le premier janvier, juste à un moment où il lui semblait qu’à force de détachement et de repli, une nouvelle ère s’ouvrait enfin devant lui, qu’il s’était trouvé un début d’amendement grâce au ‘Bullworker’, à une vie bien réglée et surtout grâce à l’astronomie et à la traduction du Somnium. ».  Lorsque je lus initialement ce roman, j’en fus presque déprimé, or je suis aguerri à la littérature sombre, pessimiste, déprimante, puisque, souvent, c’est dans ce genre de littérature qu’on trouve les meilleures œuvres comme n’a pas manqué de le constater Tolstoï.

 

Une autre première phrase qui mérite le détour c’est celle de « La Disparition’ de Georges Perec : « Trois cardinaux, un rabbin, un amical franc-maçon, un trio d’insignifiants politicards soumis au bon plaisir d’un trust anglo-saxon, ont fait savoir à la population par radio, puis par placards, qu’on risquait la mort par inanition. ».  ‘Certains diraient à juste titre, « ben, ce n’est pas spécial »’, sauf que dans cette remarque précédente, j’emploie 8 fois la lettre « e » alors que ce roman de Perec est écrit sur le principe de l’absence absolue de la lettre « e ».  Faut le faire !  Perec dont « La Vie Mode d’Emploi » avait déjà été en soi un monument d’innovation littéraire (décrire la vie, simultanée mais aussi chronologique, des habitants d’un building, était une idée avancée à l’époque en France, s’inspirant quelque peu de cet écrivain américain des années 20 et 30, John Dos Passos…).  Par contre dans « L’Étranger » de Camus, le début du roman est déroutant : « Aujourd’hui, maman est morte. Ou peut-être hier, je ne sais pas.  J’ai reçu un télégramme de l’asile : ‘Mère décédée. Enterrement demain.  Sentiments distingués’.  Cela ne veut rien dire.  C’était peut-être hier. »  Certains critiques ou commentateurs littéraires ont trouvé que Camus n’avait pas de style à vrai dire.  Toutefois, ce qu’on admire chez lui, ce n’est pas son style, c’est la puissance de ses idées, les cheminements par lesquels il nous amène à faire le point sur la vie, sur le monde, sur l’Homme.  Et, du point de vue strict du style littéraire, je lui préfère le Sartre de la trilogie des « Chemins de la liberté », moderne mais inspiré d’un classique sans âge.

 

Stendhal, si je considère que son style n’est pas grandiose, a une façon d’exprimer des idées, de croquer des nations, des personnages ou des faits, que je trouve remarquable : « La volupté naturelle aux pays méridionaux avait régné jadis à la cour des Visconti et des Sforce, ces fameux ducs de Milan.  Mais depuis l’an 1635, que les Espagnols s’étaient emparés du Milanais, et emparés en maîtres taciturnes, soupçonneux, orgueilleux, et craignant toujours la révolte, la gaieté s’était enfuie. ». Ou « Nous avouerons que, suivant l’exemple de beaucoup de graves auteurs, nous avons commencé l’histoire de notre héros, une année avant sa naissance…Il venait justement de se donner la peine de naître lorsque les Français furent chassés… ». Ou « Le marquis professait une haine vigoureuse pour les lumières : ce sont les idées, disait-il, qui ont perdu l’Italie. »  (extraits de ‘La Chartreuse de Parme’).

 

J’ai toujours adoré Proust, pour la luxuriance de son style, la perfection quasi chirurgicale de son expression, la largesse des stimuli qu’il nous a légués et de son vocabulaire.  On peut le prendre au hasard, on est sidéré : « Si je voulais sortir ou rentrer sans prendre l’ascenseur ni être vu dans le grand escalier, un plus petit, privé, qui ne servait plus, me tendait ses marches si adroitement posées, l’une tout près de l’autre, qu’il semblait exister dans leur gradation ne proportion parfaite du genre de celles qui dans les couleurs, dans les parfums, dans les saveurs, viennent souvent émouvoir en nous une sensualité particulière.  Mais celle qu’il y a à monter et à descendre, il m’avait fallu venir ici pour la connaître, comme jadis dans une station alpestre pour savoir que l’acte, habituellement non perçu, de respirer, peut être une constante volupté. » (‘À l’Ombre des jeunes filles en fleurs, II’).  Proust représente l’essence même de la luxuriance littéraire, des textes à consommer par petites quantités dosées sous peine d’indigestion.

 

Proust a eu ses émules (dont je fus dans certains de mes écrits privés, d’aucunes mauvaises langues critiquant parfois mes phrases trop longues et bougrement ponctuées, surtout quand je fus dans l’administration avec un directeur qui aimait les phrases du style ‘sujet/verbe/complément’), s’inspirant de près ou de loin de ce maître incontesté ; ainsi la première phrase de « La Motocyclette » d’André Pieyre de Mandiargues « Maintenant que les cris d’oiseaux se sont tus, et qu’il faut faire attention à conduire prudemment la motocyclette, car un cycliste pourrait déboucher comme un fou à cette heure où les rues n’ont pas de circulation, Rébecca Nul se détache peu à peu du rêve avec lequel son départ est si étroitement lié qu’il se distingue à peine des choses de la nuit.  Ainsi allait son rêve, ou du moins ce qu’elle se rappelle encore : elle se trouvait portée par l’une des hautes branches d’un arbre très haut, sous un ciel inégalement sombre, comme si le soleil n’arrivait pas à percer les nuages, et elle avait conscience d’avoir été mise là pour figurer la fleur de l’arbre et pour offrir son épanouissement au soleil quand les rayons triompheraient du brouillard. »

 

Alain Gerber, ce remarquable écrivain et connaisseur de jazz, a, semble-t-il, aussi succombé à la volupté de la luxuriance littéraire mais mâtinée d’un recours à la concision inspirée des modernes à la Sarraute : « La neige est bleue.  Le rite commence.  Voyez le masque posé sur l’agonie du ciel.  L’aveugle masque d’or au vieux sourire éternel.  Nul ne songe à l’étrange mélancolie des vaincus quand le jour va et vient. L’éclat qui dénonce les contours de la terre, pour eux c’est un couteau brandi.  La vacillante lueur plongeant derrière les montagnes ; un adieu à tout ce qu’ils peuvent encore perdre (car il reste quelque chose aux vaincus, toujours, afin que nous puissions les vaincre encor une fois).  Nul ne sait le poids de certains crépuscules, couleur de violette et d‘abricot, sur des hommes qui marchent.  Chacun de leurs pas les emporte plus loin d’un amour qui n’est pas permis. » (extrait de «Le Lapin de Lune »).

 

Il y a des écrivains étrangers, peu connus ou inconnus, remarquables : « À l’aube, les sirènes des usines hurlaient au-dessus de la ville.  Dans les ruelles se traînait un dépôt gris de brumes, de bruine et de nuit ; il se diluait dans l’aube – il indiquait que l’aube serait morose, grise, bruineuse.  Les sirènes hurlaient longuement et lentement – une, deux, trois, beaucoup – elles se confondaient en une plainte grise au-dessus de la ville : c’étaient les sirènes des usines qui hurlaient dans le silence du petit matin, mais des faubourgs montaient les sifflements stridents et lancinants des locomotives – et il était parfaitement clair que ce qui hurlait dans ces sirènes, c’était la ville, c’était son âme à présent entachée par ce dépôt de brouillard. »  Ce sont ici les deux premières phrase de « Le Conte de la Lune non éteinte » de Boris Pilniak, une œuvre quasi inconnue qui dépeint l’énorme machine à broyer stalinienne.  On constate tout de suite qu’au-delà de l’aspect « prolétaire » du récit, il y a une atmosphère qu’on ne retrouvera jamais dans un roman français, le fait de parler de l’âme d’une ville n’y étant pas étranger.  Dans le même genre époustouflant, j’ai lu « Viktor Vavitch » de Boris Jitkov, encore un de ces romans que Staline avait voués au silence, un roman digne d’un tout grand écrivain, alternant phrases sans verbes (oh horreur quand jadis dans une disserte en humanité  j’avais osé écrire une phrase sans verbe !), phrases luxuriantes, un roman qui traite de la tentative de révolte en 1905 lorsque communistes et partisans d’une démocratie constitutionnelle crurent que l’heure de la liberté avait sonné.  À recommander de toute urgence !

 

Je parlais récemment avec une amie de littérature japonaise, disant que j’avais lu des centaines de romans japonais afin de me préparer aux voyages au Japon que j’y fis en 1999, 2000 et 2001.  Dans la littérature japonaise, il n’y a que des gens, des âmes, des couples, torturés.  Homme et femme vivent l’un à côté de l’autre sans union mentale, sans osmose, sans échanges.  D’une certaine manière, c’est le monde de l’absurde mais un monde apparu bien avant Ionesco ou Beckett, des œuvres intéressantes écrites dans des styles décrivant une vie, une société, absurdes, non pas en fonction d’un mouvement littéraire, mais plutôt en tant que portraits hybrides d’une société où les codes de conduite, de cohabitation, de fonctionnement sociétaires, étriqués, étouffent les êtres plutôt que les aider à vivre sainement. 

 

Un exemple : « Il tourna au coin, s’engagea dans une étroite ruelle et reconnut sa femme qui était debout devant la porte de la maison.  Elle regardait dans sa direction.  Mais dès que l’ombre de Tsuda eut dépassé l’angle, elle regarda droit devant elle, comme pour mieux voir quelque chose en l’air.  Elle ne changea pas d’attitude jusqu’à ce qu’elle fût rejointe par Tsuda. » (« Clair-obscur » de Sôseki).  On remarque la concision du style, le peur d’adverbes ou d’adjectifs.  On a là un style presque cinématographique, comme un scénario, pas d’affèteries littéraires ou de ‘fioritures’ à la Proust.  Mais il s’agit ici de l’histoire de la décomposition d’un couple se faisant sentir dès la page 3 (sur 470).  De mémoire, je dirais que la seule scène d’un couple japonais heureux, que j’aie jamais lue, était dans un recueil de nouvelles de Yukio Mishima (qui aurait mérité le Nobel bien plus que Kawabata), je pense que le récit s’intitulait « Patriotisme » : un officier a décidé de se suicider parce que son unité s’est mutinée je crois en février 1934  – en son absence, il était en congé militaire.  Alors, pour laver son honneur de militaire il décide donc de faire seppuku.  Mais, avant de le faire, lui et son épouse font l’amour, sans penser au temps qui passe, puis ils procèdent à leurs ablutions rituelles avant le harakiri.  Lui se suicide rituellement en s’ouvrant le ventre, elle le suit dans la mort en se tranchant la jugulaire d’un coup de dague.  C’est remarquable, très bien écrit, mais d’une morosité caractéristique de toute la littérature (et le cinéma) japonais. 

 

Mishima lui-même émule d’un pouvoir impérial fort, fonda une faction mi-civile, mi-militaire et, en novembre 1970, après avoir tenu en otage un général et harangué une foule d’aspirants- officiers s’ennuyant, Mishima fit seppuku.  Mishima que je considère l’un des grands noms de la littérature du XXe siècle était d’une nature ambiguë, marié mais fréquentant les bars gays.  Et cette ambiguïté apparaît dans certaines de ses œuvres (mais à cette époque, on ne parlait pas encore de ‘coming out’).  Sa dernière œuvre, une tétralogie (La Mer de la Tranquillité) dont il écrivit les dernières lignes juste avant sa révolte et suicide programmés, est d’un tout grand cru, brassant idées, envolées stylistiques luxuriance, parlant de métempsychose, une œuvre dense, compacte, extraordinaire.  À lire !  Quant à Kawabata, je n’aime ni son style ni ses romans.  On a dit de lui qu’il se serait suicidé à cause d’une liaison qu’il aurait eue à un âge avancé avec une petite nièce, mineure sur le plan légal.  Cela ne m’étonnerait pas.  J’ai toujours considéré qu’il y avait chez Kawabata, tout comme chez Mishima dans une certaine mesure, un peu de cette mentalité de voyeur, de vieux vicieux, sauf que je préfère de loin le style de Mishima en traductions anglaise ou française.  Toutefois, en littérature, je pars du principe que mes sentiments personnels ne doivent pas jouer si je lis des romans et que je juge les qualités d’un  auteur.  C’est ainsi que j’ai horreur de la droite et de l’extrême droite, mais que j’adore lire Pierre Drieu La Rochelle.  Et que je lirai Brasillach puisque on a dit de lui qu’il était une excellente ‘plume’ et ce n’est pas Marine ou son père qui m’y inviteront, mais les vertus d’un bon style.

 

Parmi les auteurs contemporains vivants, de France ou de Belgique, il n’y en a plus guère qui suscitent ma curiosité intellectuelle.  Je déteste ces Modiano, Nothomb, Harpman (que j’ai – hélas – lus), qui produisent d’une manière industrielle, mais qui n’ont jamais laissé en moi la moindre trace d’admiration pour les vertus de leur style ou la moindre trace durable dans mon esprit.

 

Philippe Claudel, lui, me plaît, par son style, son ton, sa façon d’annoncer un récit ou un chapitre : «Au matin, une pluie féroce se mariait à quelques rais de lumière oblique. Les gouttes d’eau prenaient une teinte laiteuse.  La ville était à tordre.  Je suis sorti de l’hôtel où pas une âme ne semblait vivre. » (page 25 de « Quelques-uns des cent regrets »).  À noter l’usage de l’adjectif de négation « ne » dans la dernière phrase, un adjectif qui, dans le langage courant (même au niveau de Ministres ou du Président de la république françaises, ou chez nous de journalistes ou présentateurs du journal télévisé), tend à disparaître du français correct.  Quant à Jonathan Littell et ses « Bienveillantes », si j’ai aimé ce roman et admiré le propos et les connaissances encyclopédiques de l’auteur au sujet du nazisme et de la Deuxième guerre mondiale, s’il a bien reçu un prix prestigieux peut-être mérité, son style, correct, appliqué, passe-partout (ce genre de style qu’on enseigne dans les ateliers d’écriture, mais après tout son père, également écrivain, écrit plutôt des thrillers sur la CIA…), ne m’a pas stimulé les neurones.  Je lui reconnais qu’être anglophone et avoir écrit une telle œuvre monumentale avec un minimum de fautes.  J’en ai relevé de deux types.  À savoir quelques fois le familier « c’est » au lieu de l’accord « ce sont » en fonction de l’accord du ou des substantif{s} qui sui{ven}t, et une fois « goulot » au lieu de « goulet ».  Mais Littell, s’il a des idées, n’a pas un style marquant, tout comme l’un des derniers Houellebecq qui a fini à la poubelle après à peine quelques pages tant j’ai trouvé propos, idées et style, écœurants.

 

Je terminerai en disant que j’aime assez bien l’humour noir et cynique de Thomas Gunzig.  Virginie Despentes me plaît bien, stylistiquement parlant.  Elle a des écrits hypermodernes, des expressions savoureuses et l’art de surprendre. Parce que si j’aime Proust, je n’ai jamais dédaigné les modernes (Dos Passos, Pynchon, Joyce, Beckett, Sarraute…).  Quand on a lu « Baise-moi » une unique fois, on n’est pas près d’oublier un tel punch littéraire.  Cette œuvre remarquable en dépit de l’amoralité qui anime ses protagonistes, m’a fait penser à certaines de mes amours littéraires des années soixante : James Baldwin, Hubert Selby Jr., John Rechy, Norman Mailer, les « angry young men » de la littérature US.  À qui j’ai maintenant substitué Joyce Carol Oates (qui mériterait le Nobel) et Philip Roth, deux auteurs encore vivants et produisant toujours, que j’admire depuis la fin des années soixante et qui sont d’un tout autre crin que ces pâles Modiano, Nothomb, Harpman, Houellebecq, chouchous d’une certaine soi-disant élite de lecteurs à qui, en fait, il manque, les connaissances « des » littératures, les instruments de comparaison nécessaires (dans plusieurs langues différentes aussi), les outils pour déterminer ce que sont  des auteurs intéressants – stylistiquement parlant -, qui ont des choses à dire (cf. Camus, Sartre, Drieu, Stendhal, Zola, Mishima, Soljenitsyne, Tolstoï, Amos Oz…) et qui produisent une impression durable, voire d’éternité, sur ceux qui ont eu la chance et le privilège de sombrer sous le charme de leurs écrits…il suffit de comparer la moindre œuvre, même mineure, d’Anthony Burgess ou de Graham Greene à ces productions standardisées d’auteurs ayant la cote au CAC 40 des ventes en France et en Belgique, pour comprendre qu’il y a des galaxies de différence entre excellents auteurs et auteurs d’une bonne moyenne.  Et dans les auteurs cotés que je déteste, il y a aussi Hemingway, qui n’a pas de style et Sagan dont j’ai abandonné la lecture au début de la deuxième page…

 

Mais, peut-être bien que le niveau général des lecteurs a-t-il baissé ?  Que les lecteurs d’aujourd’hui sont bien plus vite satisfaits ?  Que le niveau poussé vers le bas des émissions de télévision a fait en sorte qu’on ne s’habitue plus, à vrai dire, à l’excellence, à l’innovation, au beau, au déroutant, qu’on se contente de produits commerciaux vite produits au four à micro-ondes littéraires, des trucs à la durée de vie éphémère, et que lire est maintenant devenu un passe-temps (comme on écoute la radio sans écouter la musique), une « thérapie d’occupation », sans plus…et peut-être bien que, encore, dans certains cercles, dire qu’on a lu le dernier Houellebecq ou Nothomb vous pose en société…

 

12:01 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : styles, littératures

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