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29/01/2012

Rester jeune

« Il n’y a de plus bel exemple de l’inéluctable que celui que nous offre un jeune homme doué se rétrécissant pour entrer dans la peau d’un vieil homme quelconque ; sans intervention du Destin, par le simple ratatinement auquel il était voué. » (‘L’Homme sans qualités’ de Robert Musil, page 80).

 

C’était Céline aussi qui a dit « certains deviennent vieux à la vieillesse, d’autres s’y prennent vingt ans à l’avance, ce sont les malheureux de la vie » (citation d’après ma mémoire et non verbatim).

 

J’ai eu un ami qui n’a jamais vieilli.  Il était vieux à l’âge de vingt ans.  Physiquement.  Et, trente-quatre ans plus tard, lorsqu’il perdit son intérêt pour la vie, il choisit de franchir le pas du suicide.  Pourtant il était doué pour certaines choses car il était un remarquable pianiste de jazz autodidacte capable de jouer des standards des années 30 ou 40 en solo, même avec l’inévitable pompe de la main gauche qu’employait, notamment,  l’une de ses idoles, Earl Hines.

 

Il avait effectué une première tentative de suicide en mars 1994.  Il avait été hospitalisé durant 5 mois.  Et lui qui, précédemment, ne pouvait pas vivre sans écouter de la musique, il restait allongé dans son lit, ne lisant pas, n’écoutant aucune musique.  Je suis allé le voir au Tivoli à la Louvière durant près de 5 mois. Deux fois par semaine.  M’efforçant de l’intéresser à la vie, à la musique. Je luis avais même enregistré deux faces d’une cassette audio et mis un lecteur de cassettes audio à sa disposition.  Je lui avais enregistré la crème de la crème en matière de piano jazz : Art Tatum, le summum absolu de la technique pianistique brillante, pour cet ami dépressif qui avait toujours été obnubilé par la technique, parfois au détriment de l’émotion.

 

Las, 5 ans plus tard, après un séjour en maison individuelle pour patients psychiatriques sous suivi infirmier et médical, il réitéra sa tentative de suicide.  E,t cette fois-là, il la réussit.

 

Moi qui m’intéresse à la musique depuis plus d’un demi-siècle (cela pose le demi-siècle, cela fait érudit !), j’ai de longue date été fasciné par cette capacité qu’ont eu ou que possèdent encore toujours des musiciens classiques, des jazzmen, des adeptes de musiques du monde, à rester éternellement jeunes, cette capacité qu’ils conservent à interpréter de la musique à un niveau élevé, même à un âge avancé.

 

La musique en tant que thérapie active serait-elle dès lors un rempart contre le vieillissement ?  Le fait de devoir lire et interpréter une partition, la diriger, ou pratiquer une improvisation de jazz, de musique klezmer ou de musique du monde, seraient-elles une espèce de médicament utile contre la dégénérescence neuronale ?

 

Prenons la musique.  Beaucoup de gens disent « aimer » la musique et si on les questionne à ce sujet, ils vous aligneront même des noms de chanteurs ou des noms illustres de compositeurs classiques, parfois de jazzmen, des chanteurs d’opéra.  Ils « aiment » la musique qu’ils écoutent peut-être de manière distraite ou attentive mais sans « vivre » cette musique de l’intérieur, vibrer intensément à ces sons qu’ils entendent.  Si vous allez chez eux, vous verrez immédiatement s’ils ‘aiment’ ou non la musique.  Écoutent-ils de la musique en permanence, non pas comme bruit de fond, mais comme nécessaire passion qui oblige à l’écoute constante ?  Peuvent-ils parler de musiques, de musiciens, de compositeurs et parler de leurs qualités, défauts, œuvres ?

 

Il n’y a pas que la musique qui met le cerveau en effervescence lorsqu’il est convenablement utilisé, il y a la littérature, la peinture, le cinéma d’art.  Ces ‘catalyseurs’ peuvent jouer le même rôle de titiller les neurones et synapses d’une manière positive.

 

Le terme de ‘ratatinement’ qu’utilise à bon escient Robert Musil est tout à fait adéquat.

 

Beaucoup d’êtres humains n’ont pas le sentiment de vieillir car ils n’ont peut-être pas non plus le sentiment de vivre.  Ils se sont embarqués sur une croisière à la destination inconnue (la mort, le temps de la mort, quand ?  comment ?  où ?), ils prennent leurs repas en commun avec l’un ou l’autre congénère, rient en commun, bavardent en commun, dansent en commun, dorment en commun et font les excursions programmées en commun ou en individuel, sans gros intérêt.  Pour passer le temps.  Et lorsque leur Titanic personnel ira percuter un iceberg, ils sombreront sans même avoir réalisé qu’ils vivaient auparavant.

 

J’appelle cela ‘vivoter’.

 

Cette vie automatique que l’on vit comme tout le monde, habitant dans une maison ou un appartement comme tout le monde, ayant une ou deux voitures comme tout le monde, allant en vacances durant les mois d’été, à Pâques ou au Carnaval, comme tout le monde, fait de millions d’êtres humains des robots sans goûts, intérêts ni passions, profonds.  On vivote, on tient son rôle dans une pièce absurde dont on ignore les tenants et aboutissants ; puis, on se met à vieillir par les deux bouts (pour ceux qui ont eu la chance de ne pas être vieux à l’âge de vingt ans), sans en comprendre le pourquoi.  On a tout fait pour ne pas vieillir pourtant.  On a dûment suivi les conseils des revues spécialisées, on a fait du jogging, du stretching, du fitness, on a surveillé sa nourriture et ses boissons, on a été faire dodo à temps, on a fait contrôler sa tension, son cholestérol, son taux de sucre.

 

Hélas, on a oublié de faire contrôler l’état du moteur cérébral. De lui mettre de l’huile, du carburant pour qu’il tienne la route.

 

A-t-il bien été utilisé durant ces décennies de conversations oiseuses avec des collègues, connaissances et amis que n’animait aucune passion véritable pour autre chose que le miroir de soi ?  Ce moteur a-t-il été curieux ?  S’est-il émerveillé d’entendre chanter un oiseau, de voir un pic dans le jardin ou un écureuil ? De voir voler un faucon ?  D’apercevoir un hibou près de la maison ?   A-t-il jamais admiré la noblesse de chevaux gambadant en liberté dans une prairie ?  A-t-il jamais eu la moindre curiosité culturelle à l’écoute de ces sons sortant de bouches parlant une langue étrangère et tenté de savoir de quel peuple, de quelle ethnie, sortaient ces paroles ?

 

Je crois que ce qui forme effectivement un rempart contre le vieillissement, c’est la capacité innée ou acquise qui nous propulse vers l’émerveillement, l’enthousiasme, la passion, perpétuels.  Et je crois également que ceux qui vieillissent tôt, physiquement ou mentalement (hormis ceux qui sont astreints à des travaux pénibles durant des décennies), se sont eux-mêmes condamnés à la vieillesse prématurée.

 

Regardez les médecins auxquels vous avez eu affaire.  Même parfois à un âge déjà avancé, ils restent jeunes, alertes, vifs, éveillés mentalement.  Ils sont à l’écoute des autres, doivent faire preuve d’un intérêt constant pour la médecine, se recycler en permanence.  Ils ne sont certainement pas du style à regarder journellement ces séries insipides à la télé ou à feuilleter ces feuilles de chou qui ne parlent que de sports et de crimes.

 

Après tout, ne devrait-on pas enseigner le ‘rester jeune’ à l’école ?

 

Apprendre aux jeunes ce qu’est une passion par rapport au surf sur la toile.  Leur apprendre que savoir beaucoup de choses n’est pas nécessairement le signe d’une culture ou, comme le disait si bien Robert Musil ‘il était intelligent, logique, il savait beaucoup de choses ; mais n’était-ce pas là des qualités de barbare ?’ (page 85).

 

05/01/2012

On ne joue pas de théâtre sur un cimetière

« On ne joue pas de théâtre sur un cimetière »

 

Voilà la phrase qui était placardée sur des affiches dan le ghetto de Vilnius (Lituanie)

 

Alors que les habitants juifs de Vilnius et des bourgades environnantes avaient été regroupés dans un ghetto et que les premiers massacres avaient déjà eu lieu, alors que les Juifs devaient « produire » et travailler au sein d’Arbeitskommandos, la vie culturelle s’organisait.  On avait créé des écoles, des orphelinats, des clubs de jeunes, puis on créa un théâtre qui, lui, fit l’objet de critiques.

 

Quand je lisais des ‘journaux’ tenus par des Juifs ayant connu les affres du ghetto de Varsovie ou que je lisais des récits historiques ou de survivants à ce sujet, j’ai toujours été frappé par l’effervescence de l’activité culturelle que les Juifs prisonniers de ghettos y déployaient.

 

C’était un peu comme s’ils n’avaient pas pu vivre sans culture.

 

On sait que dans les stalags et oflags, on organisait aussi et de manière très régulière, des soirées culturelles.  On sait que certains prisonniers dont l’expertise dans certains domaines était reconnue ou avérée, donnaient des cours aux autres prisonniers de guerre.  Dans cet univers carcéral – certes moins effrayant que celui des ghettos ou de Birkenau puisque l’objectif n’y était pas l’extermination -, il y avait donc, d’une part des hommes soucieux d’inculquer ce qu’ils savaient et, d’autre part, d’autres hommes soucieux d’apprendre.

 

Soljenitsyne écrivit une bonne partie des récits de zeks qu’il entendit du temps de son incarcération dans l’engrenage du goulag dans sa tête. Evguenia Guinsbourg (ayant décrit l’univers impitoyable de la Kolyma) fit de même car les zeks étaient astreints à des fouilles régulières. D’autres détenus des geôles soviétiques composèrent des œuvres poétiques, voire littéraires, dans leur tête.

 

J’ai un jour lu en anglais le récit d’un Américain qui a fait du goulag.  Durant des semaines, il a subi des tortures psychologiques et physiques.  Par exemple, durant des semaines, on lui interdit de dormir.  Ingénieux, notre gars mit en place un système astucieux qui lui permit de dormir des microsecondes, voire microminutes.  Et, par ailleurs, pour se tenir en forme, il tenta – avec succès – de se rappeler ses cours d’université.

 

Cela laisse rêveur…

 

Ce courage, cette foi en la postérité, ces faits de mémoire assez prodigieux, ce besoin qu’ont certains êtres d’exception de se tenir en formes physique et mentale.  Cette volonté de demeurer un animal cultivé alors qu’autour de soi l’univers est constitué de bêtes qui en sont réduites à leurs plus bas instincts, tout cela c’est admirable.  Ou, dans les ghettos, alors que la mort menaçait à tout moment, ces gens trouvaient encore l’énergie spirituelle suffisante pour produire de la culture ou en recueillir les fruits.

 

Et, mon rêve s’arrête brusquement lorsque je pense à notre époque actuelle.  Si Goebbels vivait encore, il ne devrait plus tirer son revolver de son étui pour combattre cette culture qu’il vilipendait.

 

Aucun besoin, la culture a fichu le camp, toute seule.

 

Il suffit pour s’en convaincre de lire ce que bloggeurs et apprentis-politologues écrivent sur les différents forums que nous distille internet.  Outre l’orthographe dont il vaut mieux ne pas parler, souvent, on ne lit que des platitudes d’un niveau dont on doute qu’il puisse être au minimum celui de quelqu’un qui aurait terminé ses humanités avec fruit.  Arguments de piliers de bistrots, insultes gratuites et en tous genres, revendications sans pour autant qu’il y ait chez une majorité d’internautes donneurs d’avis la moindre substance politique, historique, sociale ou culturelle à la base pour étayer ce qu’ils affirment péremptoirement.

 

Mais, quand on examine ce que nous offre le média le plus utilisé par l’homme de notre temps – la télévision – et quelles sont les émissions les plus regardées, on peut à vrai dire se poser la question : pourquoi les cinquante/soixante années qui séparent de nous ces prisonniers de ghettos ou de goulag épris de culture au point d’y consacrer leurs maigres forces, ont-elles tant changé les mentalités ?

 

Ou, pour conserver le désir de se cultiver envers et contre tout, faut-il des circonstances particulières ?  Et, quand on cherche à se cultiver au sein de ce désert d’acculture généralisé, est-on nécessairement un Martien, un anormal ?

 

Depuis les années soixante, notre monde moderne n’a eu de cesse de prôner la civilisation des loisirs.  Je suis le premier à y croire et depuis des décennies.  Puisque déjà, du temps de mon activité professionnelle, je me cultivais passivement (lecture, musique, opéra, concerts, visites de musées ou de villes culturellement intéressantes) et, aussi, j’écrivais et je faisais de la musique en musicien amateur.  Depuis que je suis pensionné, j’ai accru ces types d’activité.  Je connais d’autres personnes qui, arrivées à l’âge de la retraite, ont conservé une activité considérable sur le plan culturel.

 

Peu, c’est vrai.

 

Néanmoins, il ne faut pas se leurrer.  Lorsqu’on voit que Pirette est l’un des comiques préférés des Belges ; lorsqu’on voit certaines images de bêtisiers que l’on passe comme des musts télévisés ou qu’on voit le succès d’une émission comme ‘the Voice Belgique’, lorsqu’on voit les taux d’audiences de séries d’un misérabilisme culturel crasse, on peut se poser des questions sur le niveau culturel moyen de nos concitoyens.  Arte qui était un outil culturel tombe dans le tohu-bohu du nivellement par le bas.  Il y tant d’anciens films à haute teneur culturelle (je pense aux Cassavetes, Bergman, Buñuel, le père Penn etc.), il y a tant de documentaires culturels, sociaux, historiques, il y a tant de versions filmées d’opéras ou de concerts de jazz, de concerts de grands chefs ou de solistes d’exception de musique classique (pensons à Rubinstein, Heifetz, Oïstrakh, du Pré, etc…).  On pourrait, idéalement, remplir des programmes de chaînes grand public durant des mois de films, documentaires, retransmissions de concerts ou d’opéras, sans jamais lasser un public averti.  Et, surtout, en ne passant pas que cela puisqu’il faut du divertissement (entertainment).

 

Public averti ?

 

Y a-t-il en l’être humain contemporain un gène régressif pour la culture ?

 

Ce qui, en d’autres mots, voudrait dire que nous naîtrions nanti d’un solide bagage génétique à vocation culturelle et que, grandissant dans un monde aculturé (alpha privatif) à outrance, les jeunes de maintenant en viendraient avant tout à privilégier le clinquant, le kitsch, le bling-bling, le superficiel, le fun, le divertissement populaire plutôt que la culture.  Parce que – et j’en sais quelque chose – s’astreindre à la culture, c’est y consacrer des heures et des heures qui se comptent par milliers, d’écoute attentive, de vision intéressée, de lecture captivante, di visites de musées et/ou de monuments.  L’esprit sans cesse en éveil, sans cesse à la découverte du neuf, de l’inédit.  Sans tenir compte des modes, des suggestions de magazines spécialisés ou de cotations.

 

Récemment, je disais à une amie de mon épouse que j’étais capable de reconnaître des musiciens de jazz qui ont marqué l’histoire de cette forme d’art de leur passage (Charlie Parker, John Coltrane, Eric Dolphy, Coleman Hawkins, Art Tatum, Sidney Bechet, Johnnie Dodds, Oscar Peterson et Keith Jarrett, Petrucciani en piano solo) ; je puis aussi reconnaître certaines œuvres classiques ou extraits d’opéras dès les toutes premières mesures.  Il ne s’agit pas là de quelque chose d’exceptionnel de ma part ; cela résulte du fruit de milliers d’heures d’écoute de musiques en tous genres, d’accoutumance musicale et de culture.  Car, la musique pour moi – hormis le fait que je sois musicien amateur sans pour autant avoir l’oreille absolue -, ce n’est pas un hobby ou une occupation.  C’est une passion dévorante, multiforme et essentielle pour ma survie mentale.

 

Lorsqu’on voit qu’un public de téléspectateurs a pu s’engouer pour la Star Ac’ ou maintenant pour ‘The Voice’, (remisant ces émissions dans le domaine ‘culturel’), sans disposer des bases musicales nécessaires à une correcte évaluation des ‘performances’ ou à la jouissance de morceaux bien chantés, simplement parce qu’il s’agit ici d’une forme de voyeurisme, de culture de bistrot, d’appât superficiel, de show.

 

Et puis, plus on se cultive, plus on apprend, mieux on est capable d’évaluer ce qu’on nous passe comme produits culturels.  Dans ma jeunesse, alors que mon oreille musicale était aux antipodes d’une perfection, je n’aimais pas Elvis Presley.  Pas du tout.  Rien de lui.  Après avoir fait évoluer mon oreille surtout grâce à la Callas et à la fréquentation du monde de l’opéra (de Tchaïkovski à Alban Berg en passant par Wagner…), je me suis dit qu’Elvis chantait juste, qu’il avait une belle voix de baryton et une tessiture assez étendue.  Et moi qui aimais les Beatles lorsque j’étais adolescent, je ne peux pratiquement plus les écouter, à cause de leur manque de justesse surtout.

 

En littérature, c’est la même chose.  Certains auteurs sont adulés (Nothomb, Modiano, etc.).  Je les ai lus et je dois dire honnêtement que tant pour la Nothomb que pour le Modiano, s’ils écrivent bien, je considère que leurs œuvres manquent de pertinence culturelle durable.  Quatre mois après avoir terminé la dernière page, on ne se souvient même pas de ce à quoi cela avait eu trait.  Tandis que ‘Ulysse’ de James Joyce que je lus pour la première fois en anglais au début des années 70, ou ‘Orange Mécanique’ de Burgess, lu à la même époque, me sont restés en tête tels des balles incrustées dans ma mémoire éternelle.  Je connais Joyce Carol Oates depuis la fin des années 60 et quand je lis une nouvelle œuvre de cet écrivain qui aurait déjà mérité le Nobel depuis belle lurette, je suis à chaque fois ébahi de son talent, de sa prodigieuse capacité de production dans des genres et styles différents.  Je lis en ce moment ‘’What I lived for’ (Ce pourquoi j’ai vécu) où cette remarquable femme crée un personnage d’homme, de politicien américain d’origine irlandaise, un fornicateur impénitent, blasphémateur, buveur, prompt à s’exciter, un mec qui est sur une pente de dérapage psychologique dangereuse, un portrait vraiment d’une réussite humaine étourdissante, et je crois que ce roman me restera en tête comme un phare indestructible.  J’éprouve la même admiration émerveillée lorsque je lis ce que Philip Roth continue à produire en termes d’excellents romans.

 

Mais voilà, la publicité, le bling-bling, l’attrait de la superficialité des choses, font en sorte que les téléspectateurs actuels, les lecteurs actuels, les ‘mélomanes’ actuels, se rueront plutôt sur ce dont on parle plutôt que sur les véritables objets culturels.  C’est pourquoi aussi, l’offre vraiment culturelle à la télévision est à la baisse.  On ne rend pas les gens idiots, on répond à un besoin d’idiotie.

 

Savez-vous qu’en Flandres on vend énormément de livres ?  Dont la majorité est constituée de livres de cuisine !  Et, par ricochet, on en assimile presque la cuisine à de la culture puisque maintenant en lieu et place d’émissions culturelles, la nouvelle vague veut qu’on assiste à ces scènes de ‘chefs’ préparant leurs mets que des personnes triées sur le volet dégusteront.  Quelle est la valeur culturelle de tels programmes ?  Regardez la liste des films les plus populaires aux States : rien que des films d’aventures dans le futur, ou des films d’action que des neurones paresseux peuvent suivre sans aucune difficulté.  Regardez la liste des émissions francophones les plus suivies en Belgique ?

 

À se flinguer !

 

Avant, dans les ghettos, au goulag, dans les stalags et oflags, on se cultivait.

 

Actuellement, on remise la culture dans des ghettos culturels pour une élite en voie de disparition.

 

Et, quand on a le malheur d’être cultivé et de vouloir continuer à le faire, envers et contre tous, on a l’impression d’être des rejetés, des handicapés mentaux…

 

Pauvres hommes !

12:22 Publié dans Belgique, Culture, Perso | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : culture