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21/05/2017

Châle, voile, hidjab

CHÂLE, VOILE, HIDJAB

 

Depuis fin mars, j’emprunte journellement pour des raisons médicales la ligne de métro qui va du Midi à Simonis/Roi Baudouin, via Clémenceau, Lacroix,la Gare de l’Ouest, Beekkant, ensuite le bus 13 ou 14 jusqu’à l’UZ de Jette.

 

Et, je suis effaré de constater le nombre important de jeunes filles et femmes d’origine maghrébine qui porte le voile. Ne montrant pas un poil ou la moindre touffe de chevelure.

 

Je suis tolérant même en matière religieuse {tout en étant moi-même férocement athée}, je suis tolérant en matière vestimentaire, je suis tolérant quant au look des gens. Pour moi et c’est là un principe démocratique essentiel, tout le monde s’habille, se coiffe, paraît, comme bon lui semble et ce n’est ni à moi ni à un législateur à édicter des règles de conduite, d’habillement ou de comportement gestuel. Je n’interdirais jamais le voile même dans l’espace administratif même pour des employés communaux, provinciaux, régionaux ou fédéraux. Tout comme je ne voudrais pas que tout le monde ait le crâne rasé ou les tifs jusqu’à la taille, je ne souhaite pas un monde à la Huxley voire Orwell, ou à la nord-coréenne où tout le monde serait coiffé de la même manière et habillé de façon identique. De la diversité naît la liberté.

 

Toutefois, ce qui m’effare quand je vois ces toutes jeunes filles, mères de famille, ou étudiantes, voilées, c’est que je viens de voir des interviews de femmes iraniennes lors de l’élection du président, et chez elles on voyait la moitié de la chevelure. À Anderlecht, Molenbeek, Jette, pas un poil de visible chez ces jeunes.

 

Bon, je ne suis pas idiot. Je comprends ce message qui est loin d’être subliminal. «On vous vomit, vous les Belges racistes, nous on est du côté de nos frères et sœurs de la Bande de Gaza, nous avons de la sympathie pour les formes non violentes de la Sh’aria, nous sommes pour un Islam pur et dur, non mâtiné de ces formes décadentes de luxure et de perdition sexuelle que cherchent à toute force à nous imposer des mœurs libertaires et contraires à la bienséance que prône le Coran et l’Islam.»

 

Message reçu, Five on Five, Out.

 

Bon, mais à part cela, mes chères demoiselles et dames qui ressemblez maintenant non pas à de jeunes Iraniennes éperdues de liberté, mais plutôt à vos sœurs soumises en Afghanistan, au Pakistan, dans la Bande de Gaza, sous la férule du Hezbollah ou celle encore bien plus mortifère du califat de l’État islamique, vous rendez-vous compte qu’en vous cachant la chevelure en fonction d’une sourate du Coran {celle qui parle de cacher les "atours"}, vous rendez-vous compte que ce geste de vous mettre un châle ou un voile sur la chevelure, n’est nullement un signe d’émancipation mais plutôt un signe d’asservissement total à une société patriarcale dont l’origine remonte à bien plus loin en arrière que le Moyen-âge?

 

Dans nos pays occidentaux et puisque vous y vivez, vous devriez le savoir, la femme est égale à l’homme. Elle a constitutionnellement et dans les textes légaux et réglementaires les mêmes droits et devoirs que l’homme. La femme est libre de ne pas vivre en couple ou de le faire, de ne pas avoir d’enfants ou d’en avoir, d’ouvrir un compte bancaire à son seul nom, de s’habiller et de se coiffer comme elle le souhaite, tout comme fréquenter les gens – de quelque nature que ce soit – qu’elle souhaite. Les femmes dans nos pays de culture et de démocratie occidentales ne sont pas nécessairement des machines à produire des bébés inféodées à un mari dont aucun ordre ou commandement ne souffre de contradiction.

 

En portant le châle, le voile, le hidjab – et je ne parle pas de cette femme que j’ai vue au Midi portant le tchador -, au-delà du message politique que vous souhaiteriez porter à notre égard, vous transmettez également le message d’une femme reléguée au second rang de la société musulmane, une femme dont le père, le frère, l’époux, est d’une telle myopie religieuse qu’il ne supporte pas qu’un regard impie ou croyant puisse effleurer une simple chevelure. Car, dans cette optique frôlant la cécité religieuse, dans la retransmission orale mais non écrite de l’Islam, quiconque porterait un regard sur une chevelure de femme, pourrait avoir des idées de luxure, de lascivité, de stupre. Et pour éviter ce péché du regard, supprimons l’objet du regard, ergo la chevelure féminine.

 

Il est aussi significatif de devoir constater que dans cette retransmission orale d’une tradition qui n’est pas vraiment établie dans le Coran, les autorités religieuses musulmanes de même que les Anciens ou les Musulmans ayant de l’influence sur leurs communautés, n’ont pas cette même attitude prude, effarouchée et franchement discriminatoire, quant il s’agit de juger – et, éventuellement, de condamner dans les termes les plus énergiques et peu susceptibles d’interprétation contradictoire – ce comportement de certains jeunes Maghrébins qui insultent, harcèlent, touchent, crachent sur des jeunes filles habillées court ou arborant des vêtements que ces jeunes gens, névrosés sexuels, considèrent offensants ou contraires aux préceptes de l’Islam et du Coran. "Nique ta mère" ai-je un jour entendu près de le Monnaie à Bruxelles, l’insulte de deux jeunes Musulmans destinée à une jeune fille blanche en mini-jupe marchant devant eux. On connaît aussi le reportage époustouflant quant au comportement de certains hommes, qu’une jeune fille de Bruxelles tourna il y a quelques années en caméra cachée alors qu’elle se promenait dans les rues du centre de la ville en mini ou habillée d’une manière moderne et désinvolte.

 

Et, là aussi, cette double morale du monde de l’Islam qui tolère tout des mâles mais rien des femmes ou jeunes filles, est à fustiger.

 

Mais ce qu’on pourrait également fustiger c’est cette attitude de certains politiciens, principalement des élus de communes, à Bruxelles notamment, qui tolèrent consciemment ou ferment les yeux quand certaines dérives d’idéologie perverse circulent ouvertement ou dans un secret qu’il serait facile d’éventer, dans des communes à forte prédominance musulmane, parce qu’il est plus facile de ne rien faire contre ces montées salafistes pourvu que le plus grand nombre possible de voix rentre dans leur giron lors des élections communales. Du temps de l’ancien bourgmestre de Molenbeek, j’avais lu que lors du Ramadan, les policiers de la commune ne pouvaient pas chiquer en rue! Pour ne pas vexer la population musulmane!

 

On sait qu’il y a en Belgique un corpus d’idéologie wahhabiste-salafiste répandu par certains Imams déclarés ou clandestins. Que finance l’Arabie Saoudite, ce pays exemplaire quant aux droits des femmes. On sait que parmi une frange en rade de jeunes Maghrébins, ce type d’idéologie qui fournit une identité à ces délaissés et laissés pour compte, a du succès. S’ils ne partent pas tous faire la guerre en Syrie ou en Irak, beaucoup de jeunes sont influencés par cette idéologie prônant la pureté religieuse pure et dure face à la décadence qu’offre notre type de vie dissolue.

 

Un gouvernement, une autorité fédérale, une commune, belges, qui cèdent aux vues obscurantistes d’une frange musulmane misogyne et axée sur la mise en infériorité sociale des jeunes filles et femmes, ne peuvent avoir notre soutien. Que ce le soit en acceptant que seule la viande Halal soit dispensée dans les prisons, que des jeunes filles soient dispensées de cours de natation mixtes ou qu’elles refusent de suivre un cours où on parlerait de Darwin et du Big Bang. Une société et culture de type occidental ne peut pactiser ni faire de compromis avec ces poussées moyenâgeuses – et subversives - contraires aux principes de la Déclaration universelle des droits de l’homme. Sans vouloir ni interdire le port du voile dans les administrations ou dans la société civile, il faut par des actes, des paroles, de la communication, refuser cette situation de droits acquis qui pousse des décervelés et dévoyés religieux à embrasser soi-disant volontairement une culture du repli sur soi, de l’asservissement de la femme, et du rejet systématique d’une société de type occidental, de rêve de Sh’aria, préceptes et principes contraires à nos valeurs morales d’égalité et de liberté individuelle.

 

S’il ne faut pas fustiger l’Islam en bloc comme le font souvent les partis populistes et dont abusent certaines éminences de la N-VA en Belgique, du Front national en France, ou certains auteurs comme Zemmour, il faut avoir le courage élémentaire de séparer le bon grain de l’ivraie, de dire qu’il y a des comportements, un fonds d’idées moyenâgeuses, des pratiques discriminatoires au sein de cette communauté religieuse musulmane, qui sont haïssables et qui doivent être combattues de la manière la plus énergique. En premier lieu en interdisant de culte ou de prêche tous les notables religieux musulmans sous influence wahabbiste ou salafiste {puisqu’ils prônent une idéologie contraire à nos lois et à la Déclaration universelle des droits de l’homme} et en accentuant le contrôle – et la punition légale éventuelle - de tous ceux qui répandent impunément ces idées d’il y a 13 siècles, contraires à nos principes de droit d’égalité et de liberté individuelle de la femme notamment.

 

Je viens de voir hier à la télévision qu’en Afghanistan, cinq mille Mollahs avaient accepté de parler en Mosquée de la contraception, par pilule ou préservatif, étant donné que dans ce pays, la mortalité infantile {lire: jusqu’à 5 ans} est de 25 %. Un vent de modernisme souffle en Afghanistan, en Iran, alors qu’à Anderlecht, Molenbeek, Jette, on en revient à un obscurantisme moyenâgeux!

 

Quel paradoxe! Mais quel constat amer aussi de voir qu’un État de droit comme le nôtre ne fait rien pour contrer légalement, intellectuellement ou culturellement, ce retour en arrière que prônent tant d’esprits pervers. En vertu d’un principe de liberté religieuse et de culte. Qui n’a pas sa place dans notre société égalitaire quand ce qu’on prêche est en contradiction flagrante avec nos principes fondateurs.

16/04/2017

L'EUPHORIE, L'ILLUSION ET LE DANGER DE LA DÉMOCRATIE PARTICIPATIVE

L’EUPHORIE, L’ILLUSION ET LE DANGER DE LA DÉMOCRATIE PARTICIPATIVE

 

 

Mieux que quiconque peut-être, ce fut, à l’époque moderne, Hitler qui sut utiliser l’ingénieux camouflage et masque d’un peuple souverain, participatif au processus politique, pour faire passer ses idées et ses idées seules, comme l’atteste par exemple un discours de 1928: "Notre peuple doit être libéré du désordre trouble d’une clique internationale et, de manière programmée et consciente, être formé à un nationalisme fanatique" {source: «Der Nationalsozialismus – Dokumente 1933-1945», par Walther Hofer}.

 

De l’autre côté de l’échiquier politico-historique, on peut remarquer que la Constitution américaine est l’une des rares, qui, dans son préambule, parle du Peuple: "Nous le Peuple des États-Unis, afin de former une meilleure Union, établir la justice, assurer la sécurité intérieure, contribuer à une défense commune, promouvoir le bien-être général, et assurer la bénédiction de la liberté pour nous-mêmes et la postérité, ordonnons et établissons cette Constitution des Etats-Unis d’Amérique."

 

On sait très bien que si c’est le Peuple américain qui a ordonné et établi cette Constitution en septembre 1781, le système qui s’est développé au départ de la volonté du Peuple fut la démocratie représentative, chaque personne de par son vote gagnant {lisez si le candidat a bien été élu} étant représenté par une personne, député ou sénateur, et n’ayant dès lors plus rien à contribuer au débat ou aux enjeux démocratiques puisqu’elle a choisi de canaliser ses idées et intentions politiques dans le chef d’un élu de la Nation.

 

Le paradoxe actuel c’est que ceux qui ont voté pour le président américain Donald Trump qui leur avait promis de ne s’intéresser qu’à l’Amérique, de délaisser les autres pays et problèmes du monde et de restituer à nouveau sa grandeur à l’Amérique, voient actuellement LEUR président s’ingérer dans les problèmes de la Syrie et ceux de la Corée du Nord. Trump, dans son discours d’investiture avait et de manière grandiose, assuré qu’enfin, à nouveau, le pouvoir allait être restitué au Peuple. Voilà, c’est fait.

 

Dans l’histoire sanglante du 20ème siècle, d’autres personnalités barbares, sanguinaires, dictateurs, caciques, ou simplement egocentriques, ne se sont jamais appuyées sur le symbole du Peuple quand ils parlaient, je pense à Staline, Mao, Kim le fondateur de la Corée du Nord, Franco, Mobutu, etc. Là et en fonction de nuances de grandeur dans le crime plutôt que dans l’esprit, on décrétait que telles personnes, telles franges de population, tels ennemis du Peuple {ah oui, là on le ressortait ce terme catalyseur de pensée unique et totalitaire}, telles races, telles ethnies, devaient disparaître. Point à la ligne, alinéa suivant.

 

D’autres hommes d’état d’une tout autre envergure, disposition d’esprit, adeptes et faiseurs de démocratie parfois un rien paternaliste, utilisaient un autre concept pour faire passer leurs idées personnelles, disons-le, souvent pour une juste et bonne cause. Churchill, dans les moments de danger parlait avec des trilles d’émotion dans la voix d’England en tant que symbole d’opposition à Hitler et de ralliement autour d’un socle de démocratie. De Gaulle, lui, parlait sans sanglots dans la voix mais avec parfois un ton moralisateur voire de prédicateur, de la FRANCE qui, évidemment, était représentée par sa personne et sa personne uniquement. Roosevelt parlait des United States of America.

 

Il y a aussi les comiques qui, eux, horriblement centrés sur leur nombril, ne passent même pas par l’habile camouflage que constitue l’emploi du nom du pays, de la référence au peuple ou à la nation, mais étalent ou ont étalé leur autosuffisance pathétique via le "je" porteur d’un défaut de la cuirasse psychologique, d’un sentiment d’infériorité, presque palpable à l’audition; on peut citer parmi certaines figures récentes Sarkozy, Charles Michel, François Hollande et parmi les candidats à la présidentielle française Benoît Hamon {qui n’hésite jamais à dire «Moi, président de la République» et pas une seule fois}.

 

Parlant de la France justement et du spectre d’une présidence assumée par Marine Le Pen, on remarque que d’autres mots dissimulent quelquefois avec brio une personnalité égocentrique qui n’ose pas dire son nom: l’utilisation adroite des termes LA RÉPUBLIQUE, LA LAÏCITÉ. Dès qu’on prononce ces mots magiques, le politicien en question est censé représenter la voix du peuple, tout le monde se fige dans une attitude de dignité nationale et entonne La Marseillaise, même, à la limite, si le slogan, le mot d’ordre, devait être de ratonner les bicots et autres bougnoules, de les expulser ou de les laisser mijoter dans leur jus communautaire de banlieues loin d’être bleues comme en jazz.

 

Dans l’échiquier des présidentielles françaises actuelles, je vois deux immenses dangers, pour la démocratie en France et, partant, pour l’Union européenne et l’euro. Tous deux s’inspirant d’une soi-disant légitimité du peuple: Marine Le Pen et Jean-Luc Mélanchon.

 

Pour la fille Le Pen, cela fait tellement longtemps que la presse critique l’a prise pour cible, qu’il y a très peu à ajouter au portrait sans retouches et fards qu’on a dressé d’elle. Outre l’excellente et informative émission présentée par Élise Lucet que France Deux a consacrée au financement via l’État français et l’UE de Front National et des emberlificotes et magouilles juridiques dans lesquelles ce parti populiste se voit maintenant empêtré, outre le caractère volontairement souverainiste {lisez raciste} de la pensée du FN que représente son égérie, passionaria et Jeanne d’Arc, Marine du clan Le Pen, outre le leitmotiv de la sortie de l’Union européenne et de l’euro en tant que symboles d’un renouveau de la République, de la Laïcité et de la Souveraineté {sous-entendu du PEUPLE}, le vrai danger que représente cette blonde bourgeoise que les plateaux nous ont presque rendue acceptable sur le plan social, ce sont ses amitiés du temps de ses études avec Frédéric Chatillon et Axel Lousteau, deux proches collaborateurs, amitiés qu’elle n’a jamais publiquement reniées en dépit de l’aspect parfois sulfureux de ces deux personnalités. Chatillon a rencontré Degrelle à Marbella en 1992 {images d’un reportage de la RTBF de 2009, article de De Standaard du 12 avril 2017}. On pourrait croire qu’il s’agit d’erreurs du passé de jeunes dévoyés sur le plan politique {De Wever ne s’est-il pas fait photographier avec Le Pen père jadis ?}. Eh ben, non, (Un) De Standaard a publié une photo de Mediapart dans laquelle on voit Axel Lousteau faire le salut hitlérien à l’occasion de son 40ème anniversaire. (Deux) quant à Chatillon, il ne néglige jamais d’apporter son salut fraternel via les réseaux sociaux le 20 avril, le jour de l’anniversaire de la naissance de l’une de ses idoles, Hitler. Ça, ce sont les gens influents dans l’entourage immédiat de Marine Le Pen, des fachos pur jus. À chaque fête que Marine organise, ces deux lascars y sont bien présents. Sa déclaration récente d’ailleurs à propos de la non-responsabilité de la France dans les rafles du Vel d’Hiv’ indique à suffisance que les senteurs sulfureuses qu’aimait disséminer son père ne sont nullement absentes de son fonds idéologique RÉEL.

 

Le Pen présidente, ce sera un chaos institutionnel car son pouvoir présidentiel ne reposera sur aucune majorité parlementaire {les gens voteront pour elle par dégoût des politiciens mais pas nécessairement pour des candidats FN aux législatives}, et une impossibilité manifeste de gouverner, avec, en prime, un accès illimité à l’Élysée de gens dont l’idéologie, les amours politiques, sont odieuses. Et ne parlons pas du fonds idéologique du FN en ce qui concerne les Français ou étrangers de religion musulmane. Sa présidence sera une présidence vindicative, aux teintes racistes et peu en conformité avec les principes d’égalité et de fraternité que prône la devise française.

 

Quant à Mélanchon, le danger qu’il représente est essentiellement celui du concept de démocratie participative {alors qu’on sait qu’il est en réalité un autocrate peu enclin aux vrais débats sauf pour s’entendre parler}. Il est patent de constater qu’autour de Mélanchon, il n’y a absolument aucun nom qui ressorte, de personnalité politique, d’idéologue, de concepteur, de collaborateur influent. C’est un one-man-show. Avec Mélanchon et sous le couvert d’une démocratie participative, on ira dans le même cul-de-sac qu’avec Marine Le Pen. Une présidence assise sur une minorité parlementaire, donc une incapacité à diriger le pays, une instabilité des marchés en raison de l’irruption d’un gauchiste pur et dur et peu amène aux débats ou concessions parlementaires. Et un président qui sera tout aussi vindicatif, à l’égard des entreprises, des PME, bref de tout ce qui permet à un pays de se tenir la tête au-dessus de l’eau en termes d’économie. Et, pas mal de Français nantis quitteront le bateau avant qu’il ne coule.

 

Et puis, ce terme de démocratie participative me fait toujours sourire. Quand, à la fin de l’été et de l’automne derniers, on a vu ces milliers de gens debout place de la République à Paris, pratiquer dans les faits une démocratie participative, c’était d’un ridicule, d’un burlesque digne de Chaplin. N’ont-ils pas refusé que Finkielkraut vienne y parler, sous prétexte qu’il est de droite. Finkielkraut – dont je ne partage pas nombre d’opinions – les aurait tous enterrés sous son éloquence et sa terrifiante logique dialectique presque mathématique. Nous avons d’ailleurs tous dans l’une ou l’autre de nos carrières participé à des workshops, des réunions voire de très officielles réunions de jeux de rôles animées par des psychologues, pour savoir que souvent, en l’absence d’une personne qualifiée susceptible de comprendre, synthétiser et représenter les idées d’une majorité {et cela – uniquement – est le principe de la démocratie}, ces réunions allaient vers un chaos de bon ton très bobo, peu susceptible de conduire vers des idées, concepts, propositions, cohérents. L’exemple typique ce sont les Écolos qui pratiquaient ce genre de chaos organisationnel en Belgique, ou en France EE/les Verts.

 

Restent en lice Macron et Fillon. La France sera stable sur le plan économique et de l’UE, mais représenteront-ils les souhaits électoraux du Peuple? On peut en douter car ces deux candidats ont un ego également surdimensionné, mais il leur manque par contre la patine, le talent, d’anciens leaders tels Churchill, De Gaulle, Roosevelt.

 

Pauvre France, pauvre Belgique, pauvres USA, que de bêtises, que de mensonges, ne dit-on et ne dira-t-on pas en nos noms! NOUS, LE PEUPLE.

19/03/2017

Populisme égale simplisme voire crétinisme

POPULISME ÉGALE SIMPLISME VOIRE CRÉTINISME

 

La capacité d’absorption de la grande masse est seulement très limitée, sa compréhension petite, mais en contrepartie sa capacité à oublier grande. De ces faits, chaque propagande efficace doit se limiter à quelques points et ces slogans doivent être exploités aussi longtemps jusqu’à ce que le dernier, sous l’effet de telles paroles, puisse réaliser ce qui est voulu…

{Adolf Hitler – extrait de Mein Kampf}

 

Dès 1925, Hitler imputait déjà la défaite – le coup de poignard dans le dos - de l’armée allemande invaincue sur le terrain, à une conspiration judéo-bolchevique. 15 ans après et on le sait à présent, presque tous les Allemands, soldats et civils, étaient convaincus de cette vérité historique.

 

On a vu en Belgique que la N-VA se servait abondamment de cette arme de campagne électorale définie à l’origine par le futur Führer. En Belgique, dans cette Belgique à deux vitesses, ce sont les Wallons, et surtout le PS, qui constituent un frein à l’émancipation économique de la Flandre qui, sans ce boulet, se hisserait au niveau des meilleurs élèves commerciaux de l’Europe. Et, depuis que la N-VA est au gouvernement, ce parti populiste mais qui cherche à le cacher de manière habile, a ajouté des diatribes régulières servies par Francken, Homans et maintenant Demir, contre les migrants qui – sans doute par analogie avec le danger économique que représente la Wallonie – sont perçus comme susceptibles de parasiter la croissance économique de la Flandre bien-pensante.

 

Pourtant, quand on connaît le tréfonds du bagage idéologique tout autant que pervers véhiculé par le penseur Hitler, et qu’appliquèrent scrupuleusement ses séides, affidés, et aréopages de la société militaire, civile, voire mercantile, allemande – qui clamèrent par après haut et fort qu’ils n’en avaient rien su! -, on ne peut se départir de la conviction profonde que certains des nationalistes et populistes qui font actuellement la une de l’actualité internationale et qui ont pris le pouvoir ou risquent de le faire dans un certain nombre de pays, s’inspirent peu ou prou de ce propagandiste de talent que fut Hitler. Qui, dans la patrie même de Leibnitz, Hegel, Nietzsche, Heidegger, mais aussi d’Einstein, parvint à faire gober par tout un peuple désemparé quelques idées simplistes {les Juifs, les Français, les bolcheviques, sont à la base du déclin de la grande Allemagne}, mais parvint, à force de mesures légales graduelles ensuite de coups de force miliaires, à ce que tout un peuple soutienne ses politiques de génocide, d’extermination des Untermenschen et d’exploitation de prisonniers et déportés mutés en esclaves du Reich. Mais en plus de son talent unique de propagandiste, Hitler fut avant tout un manipulateur: de faits, d’idées, de concepts, qu’il s’accapara, transforma à son image. Hitler fut un nouveau démiurge et bien plus que Dieu qui fit l’Homme à Son Image, Hitler façonna tout un peuple à l’image de qu’il pensait que tout Allemand dût faire en face des ennemis du Reich.

 

Quand on lit sa prose maintenant, on se rend très vite compte des raccourcis intellectuels, historiques, sociaux et psychologiques qu’il utilisait. Cela peut même faire sourire, tant c’était simpliste, cru, vil et commun, sauf que ses folies imbéciles entraînèrent la mort de près de 50 millions d’êtres humains, y compris dans sa propre patrie dont il se voulait être le guide.

 

Geert Wilders, par exemple, a un programme qui tient sur une page A4, en 11 points, dont le renvoi des étrangers, la fermeture des mosquées, la fermeture des frontières et le retrait de l’UE. Marine Le Pen, même si elle y a ajouté quelques détails socio-économiques favorables au prolétariat, tient grosso modo le même discours simpliste, frontières fermées, retrait de l’UE et de l’euro, expulsion des étrangers illégaux, interdiction d’entrée des migrants, etc. Trump a plus ou moins le même programme, sauf qu’il y a un repli sur soi-même des USA, les mêmes mesures contre les parasites de la société {Mexicains, migrants, illégaux}, sauf qu’ici, comme il s’agit d’un homme d’affaires, il met l’accent sur la relance de l’économie ce qui se traduira par plus d’argent dans les poches des patrons et actionnaires et moins dans celles des assistés.

 

On peut se demander pourquoi ces minus intellectuels et culturels que sont les Trump, Farage, Orban, Kaszynski, Le Pen, Wilders, engrangent tant de succès électoraux? Pourquoi tant de personnes crédules tombent-elles sous le charme d’arguments simplistes, crétins, et qui, généralement, ne soutiennent jamais le poids d’un sain raisonnement dialectique?

 

Cela me paraît tout également simple.

 

Je suis issu d’une génération qui savait lire, écrire, mais aussi comprendre un texte dans ses ramifications de surface tout autant qu’en filigrane. Je suis issu d’une génération du Verbe {au sens biblique : «au premier temps fut le Verbe»}. Je lisais journaux, revues, romans et livres historiques, sociaux, etc. Ma culture fut et reste ramifiée par d’amples branches qui toutes sont porteuses de feuilles, de fleurs, qui imprègnent mon cerveau et y laissent des traces durables.

 

Je pense que parmi ceux qui vouent une sympathie électorale à ces figures de proue de la droite, de l’extrême droite voire de ces partis à tendances populistes affirmées sont, d’une part, des personnes qui ne s’informent pas à différentes sources, ne lisent plus ou jamais de journaux ou de revues sérieuses {Paris Match, par exemple, est une revue, justement, pour les masses amorphes qui aiment le bling-bling et les paillettes au détriment de l’information stimulant les neurones}, sont de ce fait incapables d’opposer un argument dialectique quelconque à une ânerie du genre «si on sort de l’Europe et de l’euro, tout ira mieux en France». Et, j’ajouterais pour cet exemple que les journalistes de télévision, par manque de culture ou d’esprit suffisamment critique, ne réussissent pas à contrer de tels arguments électoraux fallacieux tout autant que d’une bêtise crasse. Si la France devait sortir de l’euro, sa nouvelle devise perdrait ipso facto 30 à 40 % de sa valeur, puisque la dette extérieure française devra être remboursée en euros, et son rating bancaire chutera considérablement. Ce qui rendra ipso facto toutes les importations effroyablement chères d’autant plus qu’une sortie de l’Europe impliquera l’abandon simultané de toutes les clauses commerciales de coopération entre pays, garanties par des traités internationaux. La France paupérisée devra renégocier individuellement avec tous les pays avec lesquels elle commerce. Certains secteurs d’exportation (agricole, vins, alcools, fromages, parfums, aéronautique, etc.) y gagneront mais les bénéfices engrangés ne redescendront pas parmi la masse des gogos qui auront voté pour Marine Le Pen.

 

Et, d’autre part, il y a les mordus des réseaux sociaux, qui lisent quelques lignes introductives d’un article, l’acceptent ou le rejettent en entier par réaction viscérale, sans prendre la peine de disséquer le fond parfois fielleux, parfois nauséabond, souvent fallacieux de pamphlets d’extrême droite populiste. Comme si ces personnes devenues poissons avalaient amorce et hameçon de manière purement animale.

 

Aux States, on a calculé que renvoyer tous les Mexicains chez eux coûterait 1000 milliards de dollars à l’économie parce que la plupart de ces Mexicains ne sont ni voleurs ni violeurs comme se plaisait à les décrire Trump, mais travaillent dans les hôtels, cafés et diners, bars, stations d’essence, dans les champs, nettoient chez les particuliers, font des travaux de peine ou plus spécialisés, etc. En fait, une majorité de ces illégaux constitue un fondement important de l’économie américaine.

 

Au Royaume-Uni, le slogan qui a le mieux marché était double, restituer l’indépendance du pays et protéger ses frontières contre les migrants. Ceux qui sont déjà allés en Angleterre peuvent attester qu’il s’agit là, tout comme les States {si on s’y rend en avion}, d’un des pays les mieux protégés au monde. Et le Royaume-Uni a, depuis 1973, contrecarré la construction européenne, forçant exceptions sur exceptions, n’ayant par exemple jamais ratifié la clause sociale du traité de Maastricht ni intégré l’espace Schengen. Quant au retrait des Pays-Bas de l’Union, combien de Néerlandais savaient-ils que la Hollande est le 2ème exportateur de l’UE? Le 2ème, tout juste après l’Allemagne! Qu’auraient dit les patrons de ces entreprises exportatrices d’un pays dont l’économie marche très bien {près de 2 % de croissance} de perdre les avantages liés à des traités internationaux sous égide de l’UE leur garantissant des règles équitables – et des bénéfices - pour leurs produits?

 

Les leaders populistes actuels ont de manière sans doute inconsciente, repris les méthodes de propagande électorale éprouvées d’Hitler, martelant des slogans simplistes, sans preuves, sans chiffres, et, aussi, sans que ceux en face (journalistes de télévision, autres candidats) ne rétorquent eux avec des faits, preuves et chiffres à l’appui. Les masses non-pensantes gobent ces idées simplistes parce que, en premier lieu, elles plaisent à ce qu’il y a de plus crétin, de plus bas, de plus réducteur chez ces femmes et hommes dépourvus de sapience, ces gens qui déjà ne sont plus des Homo Sapiens, ces gens incapables de penser par eux-mêmes, ces gens qu’il faut guider mentalement comme le fit le Führer {le mot allemand signifie guide}, ces personnes qu’une société dont l’évolution sociale et des médias sociaux ainsi que télévisuels a lobotomisés au point de les rendre pareils à ce que devaient être les masses populaires crédules du temps de la Rome ou Grèce antiques.

 

À une époque, j’aurais appelé cela du conditionnement psychologique. Maintenant je qualifierais le jeu habile de ces leaders populistes de totalitarisme à tendance décidément fasciste.