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16/04/2017

L'EUPHORIE, L'ILLUSION ET LE DANGER DE LA DÉMOCRATIE PARTICIPATIVE

L’EUPHORIE, L’ILLUSION ET LE DANGER DE LA DÉMOCRATIE PARTICIPATIVE

 

 

Mieux que quiconque peut-être, ce fut, à l’époque moderne, Hitler qui sut utiliser l’ingénieux camouflage et masque d’un peuple souverain, participatif au processus politique, pour faire passer ses idées et ses idées seules, comme l’atteste par exemple un discours de 1928: "Notre peuple doit être libéré du désordre trouble d’une clique internationale et, de manière programmée et consciente, être formé à un nationalisme fanatique" {source: «Der Nationalsozialismus – Dokumente 1933-1945», par Walther Hofer}.

 

De l’autre côté de l’échiquier politico-historique, on peut remarquer que la Constitution américaine est l’une des rares, qui, dans son préambule, parle du Peuple: "Nous le Peuple des États-Unis, afin de former une meilleure Union, établir la justice, assurer la sécurité intérieure, contribuer à une défense commune, promouvoir le bien-être général, et assurer la bénédiction de la liberté pour nous-mêmes et la postérité, ordonnons et établissons cette Constitution des Etats-Unis d’Amérique."

 

On sait très bien que si c’est le Peuple américain qui a ordonné et établi cette Constitution en septembre 1781, le système qui s’est développé au départ de la volonté du Peuple fut la démocratie représentative, chaque personne de par son vote gagnant {lisez si le candidat a bien été élu} étant représenté par une personne, député ou sénateur, et n’ayant dès lors plus rien à contribuer au débat ou aux enjeux démocratiques puisqu’elle a choisi de canaliser ses idées et intentions politiques dans le chef d’un élu de la Nation.

 

Le paradoxe actuel c’est que ceux qui ont voté pour le président américain Donald Trump qui leur avait promis de ne s’intéresser qu’à l’Amérique, de délaisser les autres pays et problèmes du monde et de restituer à nouveau sa grandeur à l’Amérique, voient actuellement LEUR président s’ingérer dans les problèmes de la Syrie et ceux de la Corée du Nord. Trump, dans son discours d’investiture avait et de manière grandiose, assuré qu’enfin, à nouveau, le pouvoir allait être restitué au Peuple. Voilà, c’est fait.

 

Dans l’histoire sanglante du 20ème siècle, d’autres personnalités barbares, sanguinaires, dictateurs, caciques, ou simplement egocentriques, ne se sont jamais appuyées sur le symbole du Peuple quand ils parlaient, je pense à Staline, Mao, Kim le fondateur de la Corée du Nord, Franco, Mobutu, etc. Là et en fonction de nuances de grandeur dans le crime plutôt que dans l’esprit, on décrétait que telles personnes, telles franges de population, tels ennemis du Peuple {ah oui, là on le ressortait ce terme catalyseur de pensée unique et totalitaire}, telles races, telles ethnies, devaient disparaître. Point à la ligne, alinéa suivant.

 

D’autres hommes d’état d’une tout autre envergure, disposition d’esprit, adeptes et faiseurs de démocratie parfois un rien paternaliste, utilisaient un autre concept pour faire passer leurs idées personnelles, disons-le, souvent pour une juste et bonne cause. Churchill, dans les moments de danger parlait avec des trilles d’émotion dans la voix d’England en tant que symbole d’opposition à Hitler et de ralliement autour d’un socle de démocratie. De Gaulle, lui, parlait sans sanglots dans la voix mais avec parfois un ton moralisateur voire de prédicateur, de la FRANCE qui, évidemment, était représentée par sa personne et sa personne uniquement. Roosevelt parlait des United States of America.

 

Il y a aussi les comiques qui, eux, horriblement centrés sur leur nombril, ne passent même pas par l’habile camouflage que constitue l’emploi du nom du pays, de la référence au peuple ou à la nation, mais étalent ou ont étalé leur autosuffisance pathétique via le "je" porteur d’un défaut de la cuirasse psychologique, d’un sentiment d’infériorité, presque palpable à l’audition; on peut citer parmi certaines figures récentes Sarkozy, Charles Michel, François Hollande et parmi les candidats à la présidentielle française Benoît Hamon {qui n’hésite jamais à dire «Moi, président de la République» et pas une seule fois}.

 

Parlant de la France justement et du spectre d’une présidence assumée par Marine Le Pen, on remarque que d’autres mots dissimulent quelquefois avec brio une personnalité égocentrique qui n’ose pas dire son nom: l’utilisation adroite des termes LA RÉPUBLIQUE, LA LAÏCITÉ. Dès qu’on prononce ces mots magiques, le politicien en question est censé représenter la voix du peuple, tout le monde se fige dans une attitude de dignité nationale et entonne La Marseillaise, même, à la limite, si le slogan, le mot d’ordre, devait être de ratonner les bicots et autres bougnoules, de les expulser ou de les laisser mijoter dans leur jus communautaire de banlieues loin d’être bleues comme en jazz.

 

Dans l’échiquier des présidentielles françaises actuelles, je vois deux immenses dangers, pour la démocratie en France et, partant, pour l’Union européenne et l’euro. Tous deux s’inspirant d’une soi-disant légitimité du peuple: Marine Le Pen et Jean-Luc Mélanchon.

 

Pour la fille Le Pen, cela fait tellement longtemps que la presse critique l’a prise pour cible, qu’il y a très peu à ajouter au portrait sans retouches et fards qu’on a dressé d’elle. Outre l’excellente et informative émission présentée par Élise Lucet que France Deux a consacrée au financement via l’État français et l’UE de Front National et des emberlificotes et magouilles juridiques dans lesquelles ce parti populiste se voit maintenant empêtré, outre le caractère volontairement souverainiste {lisez raciste} de la pensée du FN que représente son égérie, passionaria et Jeanne d’Arc, Marine du clan Le Pen, outre le leitmotiv de la sortie de l’Union européenne et de l’euro en tant que symboles d’un renouveau de la République, de la Laïcité et de la Souveraineté {sous-entendu du PEUPLE}, le vrai danger que représente cette blonde bourgeoise que les plateaux nous ont presque rendue acceptable sur le plan social, ce sont ses amitiés du temps de ses études avec Frédéric Chatillon et Axel Lousteau, deux proches collaborateurs, amitiés qu’elle n’a jamais publiquement reniées en dépit de l’aspect parfois sulfureux de ces deux personnalités. Chatillon a rencontré Degrelle à Marbella en 1992 {images d’un reportage de la RTBF de 2009, article de De Standaard du 12 avril 2017}. On pourrait croire qu’il s’agit d’erreurs du passé de jeunes dévoyés sur le plan politique {De Wever ne s’est-il pas fait photographier avec Le Pen père jadis ?}. Eh ben, non, (Un) De Standaard a publié une photo de Mediapart dans laquelle on voit Axel Lousteau faire le salut hitlérien à l’occasion de son 40ème anniversaire. (Deux) quant à Chatillon, il ne néglige jamais d’apporter son salut fraternel via les réseaux sociaux le 20 avril, le jour de l’anniversaire de la naissance de l’une de ses idoles, Hitler. Ça, ce sont les gens influents dans l’entourage immédiat de Marine Le Pen, des fachos pur jus. À chaque fête que Marine organise, ces deux lascars y sont bien présents. Sa déclaration récente d’ailleurs à propos de la non-responsabilité de la France dans les rafles du Vel d’Hiv’ indique à suffisance que les senteurs sulfureuses qu’aimait disséminer son père ne sont nullement absentes de son fonds idéologique RÉEL.

 

Le Pen présidente, ce sera un chaos institutionnel car son pouvoir présidentiel ne reposera sur aucune majorité parlementaire {les gens voteront pour elle par dégoût des politiciens mais pas nécessairement pour des candidats FN aux législatives}, et une impossibilité manifeste de gouverner, avec, en prime, un accès illimité à l’Élysée de gens dont l’idéologie, les amours politiques, sont odieuses. Et ne parlons pas du fonds idéologique du FN en ce qui concerne les Français ou étrangers de religion musulmane. Sa présidence sera une présidence vindicative, aux teintes racistes et peu en conformité avec les principes d’égalité et de fraternité que prône la devise française.

 

Quant à Mélanchon, le danger qu’il représente est essentiellement celui du concept de démocratie participative {alors qu’on sait qu’il est en réalité un autocrate peu enclin aux vrais débats sauf pour s’entendre parler}. Il est patent de constater qu’autour de Mélanchon, il n’y a absolument aucun nom qui ressorte, de personnalité politique, d’idéologue, de concepteur, de collaborateur influent. C’est un one-man-show. Avec Mélanchon et sous le couvert d’une démocratie participative, on ira dans le même cul-de-sac qu’avec Marine Le Pen. Une présidence assise sur une minorité parlementaire, donc une incapacité à diriger le pays, une instabilité des marchés en raison de l’irruption d’un gauchiste pur et dur et peu amène aux débats ou concessions parlementaires. Et un président qui sera tout aussi vindicatif, à l’égard des entreprises, des PME, bref de tout ce qui permet à un pays de se tenir la tête au-dessus de l’eau en termes d’économie. Et, pas mal de Français nantis quitteront le bateau avant qu’il ne coule.

 

Et puis, ce terme de démocratie participative me fait toujours sourire. Quand, à la fin de l’été et de l’automne derniers, on a vu ces milliers de gens debout place de la République à Paris, pratiquer dans les faits une démocratie participative, c’était d’un ridicule, d’un burlesque digne de Chaplin. N’ont-ils pas refusé que Finkielkraut vienne y parler, sous prétexte qu’il est de droite. Finkielkraut – dont je ne partage pas nombre d’opinions – les aurait tous enterrés sous son éloquence et sa terrifiante logique dialectique presque mathématique. Nous avons d’ailleurs tous dans l’une ou l’autre de nos carrières participé à des workshops, des réunions voire de très officielles réunions de jeux de rôles animées par des psychologues, pour savoir que souvent, en l’absence d’une personne qualifiée susceptible de comprendre, synthétiser et représenter les idées d’une majorité {et cela – uniquement – est le principe de la démocratie}, ces réunions allaient vers un chaos de bon ton très bobo, peu susceptible de conduire vers des idées, concepts, propositions, cohérents. L’exemple typique ce sont les Écolos qui pratiquaient ce genre de chaos organisationnel en Belgique, ou en France EE/les Verts.

 

Restent en lice Macron et Fillon. La France sera stable sur le plan économique et de l’UE, mais représenteront-ils les souhaits électoraux du Peuple? On peut en douter car ces deux candidats ont un ego également surdimensionné, mais il leur manque par contre la patine, le talent, d’anciens leaders tels Churchill, De Gaulle, Roosevelt.

 

Pauvre France, pauvre Belgique, pauvres USA, que de bêtises, que de mensonges, ne dit-on et ne dira-t-on pas en nos noms! NOUS, LE PEUPLE.

19/03/2017

Populisme égale simplisme voire crétinisme

POPULISME ÉGALE SIMPLISME VOIRE CRÉTINISME

 

La capacité d’absorption de la grande masse est seulement très limitée, sa compréhension petite, mais en contrepartie sa capacité à oublier grande. De ces faits, chaque propagande efficace doit se limiter à quelques points et ces slogans doivent être exploités aussi longtemps jusqu’à ce que le dernier, sous l’effet de telles paroles, puisse réaliser ce qui est voulu…

{Adolf Hitler – extrait de Mein Kampf}

 

Dès 1925, Hitler imputait déjà la défaite – le coup de poignard dans le dos - de l’armée allemande invaincue sur le terrain, à une conspiration judéo-bolchevique. 15 ans après et on le sait à présent, presque tous les Allemands, soldats et civils, étaient convaincus de cette vérité historique.

 

On a vu en Belgique que la N-VA se servait abondamment de cette arme de campagne électorale définie à l’origine par le futur Führer. En Belgique, dans cette Belgique à deux vitesses, ce sont les Wallons, et surtout le PS, qui constituent un frein à l’émancipation économique de la Flandre qui, sans ce boulet, se hisserait au niveau des meilleurs élèves commerciaux de l’Europe. Et, depuis que la N-VA est au gouvernement, ce parti populiste mais qui cherche à le cacher de manière habile, a ajouté des diatribes régulières servies par Francken, Homans et maintenant Demir, contre les migrants qui – sans doute par analogie avec le danger économique que représente la Wallonie – sont perçus comme susceptibles de parasiter la croissance économique de la Flandre bien-pensante.

 

Pourtant, quand on connaît le tréfonds du bagage idéologique tout autant que pervers véhiculé par le penseur Hitler, et qu’appliquèrent scrupuleusement ses séides, affidés, et aréopages de la société militaire, civile, voire mercantile, allemande – qui clamèrent par après haut et fort qu’ils n’en avaient rien su! -, on ne peut se départir de la conviction profonde que certains des nationalistes et populistes qui font actuellement la une de l’actualité internationale et qui ont pris le pouvoir ou risquent de le faire dans un certain nombre de pays, s’inspirent peu ou prou de ce propagandiste de talent que fut Hitler. Qui, dans la patrie même de Leibnitz, Hegel, Nietzsche, Heidegger, mais aussi d’Einstein, parvint à faire gober par tout un peuple désemparé quelques idées simplistes {les Juifs, les Français, les bolcheviques, sont à la base du déclin de la grande Allemagne}, mais parvint, à force de mesures légales graduelles ensuite de coups de force miliaires, à ce que tout un peuple soutienne ses politiques de génocide, d’extermination des Untermenschen et d’exploitation de prisonniers et déportés mutés en esclaves du Reich. Mais en plus de son talent unique de propagandiste, Hitler fut avant tout un manipulateur: de faits, d’idées, de concepts, qu’il s’accapara, transforma à son image. Hitler fut un nouveau démiurge et bien plus que Dieu qui fit l’Homme à Son Image, Hitler façonna tout un peuple à l’image de qu’il pensait que tout Allemand dût faire en face des ennemis du Reich.

 

Quand on lit sa prose maintenant, on se rend très vite compte des raccourcis intellectuels, historiques, sociaux et psychologiques qu’il utilisait. Cela peut même faire sourire, tant c’était simpliste, cru, vil et commun, sauf que ses folies imbéciles entraînèrent la mort de près de 50 millions d’êtres humains, y compris dans sa propre patrie dont il se voulait être le guide.

 

Geert Wilders, par exemple, a un programme qui tient sur une page A4, en 11 points, dont le renvoi des étrangers, la fermeture des mosquées, la fermeture des frontières et le retrait de l’UE. Marine Le Pen, même si elle y a ajouté quelques détails socio-économiques favorables au prolétariat, tient grosso modo le même discours simpliste, frontières fermées, retrait de l’UE et de l’euro, expulsion des étrangers illégaux, interdiction d’entrée des migrants, etc. Trump a plus ou moins le même programme, sauf qu’il y a un repli sur soi-même des USA, les mêmes mesures contre les parasites de la société {Mexicains, migrants, illégaux}, sauf qu’ici, comme il s’agit d’un homme d’affaires, il met l’accent sur la relance de l’économie ce qui se traduira par plus d’argent dans les poches des patrons et actionnaires et moins dans celles des assistés.

 

On peut se demander pourquoi ces minus intellectuels et culturels que sont les Trump, Farage, Orban, Kaszynski, Le Pen, Wilders, engrangent tant de succès électoraux? Pourquoi tant de personnes crédules tombent-elles sous le charme d’arguments simplistes, crétins, et qui, généralement, ne soutiennent jamais le poids d’un sain raisonnement dialectique?

 

Cela me paraît tout également simple.

 

Je suis issu d’une génération qui savait lire, écrire, mais aussi comprendre un texte dans ses ramifications de surface tout autant qu’en filigrane. Je suis issu d’une génération du Verbe {au sens biblique : «au premier temps fut le Verbe»}. Je lisais journaux, revues, romans et livres historiques, sociaux, etc. Ma culture fut et reste ramifiée par d’amples branches qui toutes sont porteuses de feuilles, de fleurs, qui imprègnent mon cerveau et y laissent des traces durables.

 

Je pense que parmi ceux qui vouent une sympathie électorale à ces figures de proue de la droite, de l’extrême droite voire de ces partis à tendances populistes affirmées sont, d’une part, des personnes qui ne s’informent pas à différentes sources, ne lisent plus ou jamais de journaux ou de revues sérieuses {Paris Match, par exemple, est une revue, justement, pour les masses amorphes qui aiment le bling-bling et les paillettes au détriment de l’information stimulant les neurones}, sont de ce fait incapables d’opposer un argument dialectique quelconque à une ânerie du genre «si on sort de l’Europe et de l’euro, tout ira mieux en France». Et, j’ajouterais pour cet exemple que les journalistes de télévision, par manque de culture ou d’esprit suffisamment critique, ne réussissent pas à contrer de tels arguments électoraux fallacieux tout autant que d’une bêtise crasse. Si la France devait sortir de l’euro, sa nouvelle devise perdrait ipso facto 30 à 40 % de sa valeur, puisque la dette extérieure française devra être remboursée en euros, et son rating bancaire chutera considérablement. Ce qui rendra ipso facto toutes les importations effroyablement chères d’autant plus qu’une sortie de l’Europe impliquera l’abandon simultané de toutes les clauses commerciales de coopération entre pays, garanties par des traités internationaux. La France paupérisée devra renégocier individuellement avec tous les pays avec lesquels elle commerce. Certains secteurs d’exportation (agricole, vins, alcools, fromages, parfums, aéronautique, etc.) y gagneront mais les bénéfices engrangés ne redescendront pas parmi la masse des gogos qui auront voté pour Marine Le Pen.

 

Et, d’autre part, il y a les mordus des réseaux sociaux, qui lisent quelques lignes introductives d’un article, l’acceptent ou le rejettent en entier par réaction viscérale, sans prendre la peine de disséquer le fond parfois fielleux, parfois nauséabond, souvent fallacieux de pamphlets d’extrême droite populiste. Comme si ces personnes devenues poissons avalaient amorce et hameçon de manière purement animale.

 

Aux States, on a calculé que renvoyer tous les Mexicains chez eux coûterait 1000 milliards de dollars à l’économie parce que la plupart de ces Mexicains ne sont ni voleurs ni violeurs comme se plaisait à les décrire Trump, mais travaillent dans les hôtels, cafés et diners, bars, stations d’essence, dans les champs, nettoient chez les particuliers, font des travaux de peine ou plus spécialisés, etc. En fait, une majorité de ces illégaux constitue un fondement important de l’économie américaine.

 

Au Royaume-Uni, le slogan qui a le mieux marché était double, restituer l’indépendance du pays et protéger ses frontières contre les migrants. Ceux qui sont déjà allés en Angleterre peuvent attester qu’il s’agit là, tout comme les States {si on s’y rend en avion}, d’un des pays les mieux protégés au monde. Et le Royaume-Uni a, depuis 1973, contrecarré la construction européenne, forçant exceptions sur exceptions, n’ayant par exemple jamais ratifié la clause sociale du traité de Maastricht ni intégré l’espace Schengen. Quant au retrait des Pays-Bas de l’Union, combien de Néerlandais savaient-ils que la Hollande est le 2ème exportateur de l’UE? Le 2ème, tout juste après l’Allemagne! Qu’auraient dit les patrons de ces entreprises exportatrices d’un pays dont l’économie marche très bien {près de 2 % de croissance} de perdre les avantages liés à des traités internationaux sous égide de l’UE leur garantissant des règles équitables – et des bénéfices - pour leurs produits?

 

Les leaders populistes actuels ont de manière sans doute inconsciente, repris les méthodes de propagande électorale éprouvées d’Hitler, martelant des slogans simplistes, sans preuves, sans chiffres, et, aussi, sans que ceux en face (journalistes de télévision, autres candidats) ne rétorquent eux avec des faits, preuves et chiffres à l’appui. Les masses non-pensantes gobent ces idées simplistes parce que, en premier lieu, elles plaisent à ce qu’il y a de plus crétin, de plus bas, de plus réducteur chez ces femmes et hommes dépourvus de sapience, ces gens qui déjà ne sont plus des Homo Sapiens, ces gens incapables de penser par eux-mêmes, ces gens qu’il faut guider mentalement comme le fit le Führer {le mot allemand signifie guide}, ces personnes qu’une société dont l’évolution sociale et des médias sociaux ainsi que télévisuels a lobotomisés au point de les rendre pareils à ce que devaient être les masses populaires crédules du temps de la Rome ou Grèce antiques.

 

À une époque, j’aurais appelé cela du conditionnement psychologique. Maintenant je qualifierais le jeu habile de ces leaders populistes de totalitarisme à tendance décidément fasciste.

13/02/2017

TRUMP: CLOWN, TYRAN, NARCISSE OU DANGER INTERNATIONAL?

TRUMP: CLOWN, TYRAN, NARCISSE OU DANGER INTERNATIONAL?

 

{certains faits repris ici sont extraits d’articles parus ces dernières semaines dans De Standaard (Belgique) ou Der Spiegel (Allemagne)}

 

Il n’a pas fallu attendre 100 jours pour jauger le président Trump et avoir une idée précise de ce dont il est capable.

 

Salman Rushdie a parfaitement décrit ce qui lui détruisit une partie de la vie avant qu’il ne comprît où se situait l’erreur (il parle de lui-même à la 3ème personne): «Il commençait à apprendre la leçon qui allait lui rendre la liberté: se laisser emprisonner par le besoin d’être aimé revient à être enfermé dans une cellule où l’on éprouve d’infinis tourments et dont il est impossible de s’échapper. Il fallait qu’il comprenne qu’il y avait des gens qui ne l’aimeraient jamais.» {Dans « Joseph Anton », le récit autobiographique de sa mise à l’écart du monde civilisé à la suite de la fatwa, Folio (Gallimard), page 418}.

 

Der Spiegel a récemment qualifié Trump d’enfant de 12 ans dans le corps d’un septuagénaire. 12 ans, pour moi, me paraît même flatteur. Quant à l’Association des Psychiatres du pays, qui a toujours refusé de poser un jugement psychiatrique à distance et sans voir la personne, a vu près de 14.000 praticiens qualifier le président Trump de personnalité narcissique pathologique, envisageant que son état mental pourrait conduire à une procédure d’impeachment (destitution par les deux chambres réunies).

 

Pour ceux qui manient l’anglais et qui ont entendu des extraits de discours, propos ou bribes d’interviews de Trump, une évidence saute immédiatement à l’esprit : tant ce qu’il écrit dans ses tweets que quand il parle, il utilise des phrases courtes sans propositions subordonnées {qu’elles fussent substantives, relatives, d’opposition, conditionnelles, etc.}, fondées sur des espèces de slogans qu’il martèle encore et encore, avec certains mots-clés (bad, disgracious, terrible…).

 

Un exemple récent, un tweet à propos de la firme US Nordstrom qui avait décidé d’abandonner la vente d’une ligne de produits vestimentaires d’Ivanka dans ses magasins de luxe. Trump, vexé {què, ils ne m’aiment pas s’ils ne respectent pas ma fille…} tweete immédiatement : «Ma fille Ivanka a été traitée si injustement par @Nordstrom. Elle est une super personne – me poussant toujours à faire ce qui est juste! Terrible!». On conçoit tout de suite l’élégance, les manières gracieuses d’un président américain qui fustige publiquement une firme parce qu’elle ne met plus en vente plus les produits de sa fille. Une fille qui en tant que conseillère proche du président est censée avoir cédé ses intérêts financiers et un président US qui est tout aussi censé ne pas s’occuper des affaires commerciales de sa fille. Après avoir tancé la firme Nordstrom, le cours d’action de cette société baissa jusqu’à ce que la firme fasse savoir par voie de communiqué qu’elle avait informé Ivanka début janvier de cette décision, car ces produits en question ne se vendaient pas. Du coup, le cours de l’action remonta. J’ai lu récemment que quand des CEO sont convoqués par Trump, ils n’osent ni parler franchement ni s’opposer à lui, de peur qu’il les descende en public ou via des tweets et qu’ils se retrouvent handicapés par ce coup bas et mis au ban de la société mercantile américaine. Parce qu’on sait déjà qu’en plus de son narcissisme extrême proche du pathologique, de sa pauvreté d’expression verbale et écrite, le président US est plutôt du type sanguin, prompt à se foutre en rogne pour un oui ou un non. Rappelons par exemple que lors de la première décision négative pour lui d’une cour d’appel américaine à propos de l’interdiction d’entrée de territoire de ressortissants de 7 pays à majorité musulmane, quand il apprit la décision, Trump se fendit d’un tweet jugeant honteuse la décision de ce soi-disant juge. J’ai aussi lu que quand le gouvernement fédéral a dû justifier sa position devant une autre cour d’appel siégeant avec trois juges cette fois, le gouvernement avait fait savoir que le tribunal n’était pas compétent pour cette matière. Alors qu’en fait, il s’agissait ici de recours fondés sur le respect de la Constitution qui, comme la nôtre, n’établit pas de discriminations fondés sur la race, la langue, l’origine ou la race.

 

Imagine-t-on ce que sera notre monde si Trump se mettait un jour en rogne disons contre la Russie ou la Chine, pour une peccadille, un mot qui ne lui plaît pas, ou un refus de prendre en considération une idée qu’il aurait émise? On sait que lui et son proche conseiller Stephen Bannon ont déjà discuté de l’éventualité d’une guerre avec la Chine et cette information vient de proches de la Maison Blanche. On sait que Stephen Bannon est un danger pour le monde, lui qui admirait jadis Lénine, qui avait su créer le chaos et qui se meut dans la mouvance de droite américaine la plus obtuse, la plus arriérée, la plus intolérante pour les gays/lesbiennes, les femmes voulant ou devant subir un avortement, les couches sociales défavorisées, les étrangers dont surtout les Musulmans…Bannon qui maintenant siège au conseil de sécurité interne de la Maison Blanche alors que le chef d’état-major et celui d’un organe de sécurité en sont désormais exlus. Ou comment faire de la politique d’apparatchiks sans plus se baser sur les avis des experts et/ou spécialistes.

 

Que constate-t-on après un peu plus de trois semaines de présidence américaine?

 

Trump aime parader devant les caméras pour signer des décrets et proclamer ses diktats qui, souvent, ne reposent sur aucun consensus sérieux entre gouvernement et administrations concernées {l’interdiction d’entrée des 7 pays n’a été discutée au préalable ni avec le département des Affaires étrangères ni avec les institutions de sécurité}. Il aime les effets de manches, les doigts qui pointent le danger, les gestes d’auto-encensement, il aime se faire aimer et montrer qu’il a les choses en mains, qu’il agit pour rendre sa grandeur aux États-Unis, il aime dire qu’avec lui ce sera meilleur, cela marchera.

 

Il est, à certains moments, tellement clownesque que je n’aimerais pas être membre de sa famille, je me cacherais de honte. Recevant récemment le Premier Ministre japonais Abe, Trump l’a d’abord étreint dans ses bras puis au moment de la séance photos, il a agrippé la main du pauvre Premier japonais qui a voulu, à deux ou trois reprises, la dégager, sans y réussir. Quand on connaît les sensibilités japonaises, on sait qu’ils rechignent au contact physique entre personnes étrangères, donc se serrer dans les bras et serrer des mains, ce n’est pas du tout leur truc culturel. Le respect pour eux tient à une certaine forme de décence, de non-intimité physique et d’abaissement de la tête ou du tronc en fonction du niveau de la personne qu’on salue par apport à son propre niveau.

 

Récemment, il semblerait que Trump ait atténué sa position – très dure au départ – vis-à-vis de la Chine. Ce que peu de gens savent c’est que la plupart des banques américaines avaient refusé d’encore donner des prêts à Trump; finalement, c’est une banque chinoise qui lui aurait accordé un prêt. Une décision d’apaisement purement politique ou subodore-t-on des intérêts financiers là-dessous?

 

Récemment aussi, une conseillère du président, Kellyanne Conway, aurait à plusieurs reprises évoqué un massacre dans un petit bled américain– perpétré par des terroristes musulmans, et cet argument pour justifier l’interdiction d’entrée de ressortissants de 7 pays -, un fait qui n’aurait jamais été révélé au grand public. Fake news, s’il en est, une invention pure. La même conseillère aurait récemment fait de la publicité en public lors d’une interview sur Fox News à propos de la ligne de vêtement d’Ivanka.

 

Déontologie, éthiques, valeurs morales, décence, sont des mots qui ne font pas partie du vocabulaire du nouveau président américain ni de certains de ses proches. Ni respect de la Constitution qu’il a pourtant juré de défendre. On sait que Trump divise les gens entre killers {ceux qui s’imposent sur le plan financier ou politique, les durs} et les autres. On sait aussi qu’il est effroyablement vindicatif et ne pardonne jamais une offense à son égard, de ne pas l’aimer ou de le contredire en public {d’après des sources de la Maison Blanche, aucun conseiller ne peut le contredire devant d’autres personnes, même s’il l’accepte en privé}.

 

Clown, tyran, Narcisse, danger international, il y a de tout cela chez Trump tout comme on dit de lui qu’il ne lit pas, qu’il passe son temps à regarder la télévision, qu’il a une capacité d’attention très réduite sauf quand on parle en bien de lui.

 

Ce qui me rassure un rien, c’est que déjà, il y a eu des manifestations d’opposants, qu’il y a des embryons de contestation et, connaissant le domaine de la justice en Amérique, on peut être sûr que nombre de ces diktats/décrets verront leur sort réglé devant des juridictions. Son candidat pour la Cour Suprême aurait même laissé entendre que critiquer la justice comme cela se faisait, n’était pas convenable.

 

Ceux qui ont raillé Sarkozy jadis pour son narcissisme maladif, doivent penser à l’heure actuelle qu’il n’était qu’un nain face au géant Trump.

 

Son slogan {de Bannon en fait} LET’S MAKE AMERICA GREAT AGAIN ! est en trois semaines devenu "WE MAKE AMERICA STUPID AGAIN !"