Blogs Lalibre.be
Lalibre.be | Créer un Blog | Avertir le modérateur

21/05/2018

LA SOURIS QUI ACCOUCHA D'UN ÉLÉPHANT

LA SOURIS QUI ACCOUCHA D’UN ÉLÉPHANT

 

Notre Premier Ministre Charles Michel {non, le 1er Ministre en Belgique n’est pas Bart De Wever!) a donné une interview à De Standaard de ce weekend. 6 photos de lui peu flatteuses comme habituellement et pas à cause de sa tête, plutôt à cause des vêtements qu’il porte et la façon dont il les porte. Deux photos le présentent les jambes largement écartées comme un vulgaire malotru qui se pavanerait dans une rame de métro ou dans un bus devant une quelconque minette qu’il souhaiterait impressionner. Qui donc le 1er Ministre belge compte-t-il impressionner en nous offrant au regard son entrejambe guère agréable? Outre les manches de son veston bleu habituellement fripées, on remarque qu’il ne porte pas de boutons de manchette et, au niveau du bas-ventre, sa chemise fait de tels plis qu’on se demande s’il s’agit là d’anses d’amour ou que sa chemise est – finalement – mal mise dans son pantalon. Sur une des photos, sa cravate est tout de traviole, du genre serpentin. L’ÉLÉGANCE MÊME NOTRE MICHEL NATIONAL! {comparez à Obama, Harry, William, Clooney, etc.}.

 

Ce qui frappe en premier lieu dans cette interview, c’est l’hyperbole {figure de style qui consiste à exagérer l’expression pour mettre en relief une idée – le Petit Robert}. L’hyperbole chez Charles Michel relève du pathologique car cet ancien bourgmestre d’une bourgade bourgeoise et provinciale s’est mis dans l’idée qu’il est le sauveur de la Belgique et qu’aucun autre Premier Ministre en exercice précédemment n’a accompli autant. Il le dit sans aucune outrecuidance, tout modeste qu’il est, et voyons ses propres mots: «Jamais on n’a réalisé autant en si peu de temps»}.

 

Charles Michel sait-il lire au fond? Des rapports officiels en provenance d’instances européennes? On peut en douter. Dans le supplément du même De Standaard {DS Weekblad}, Marc Reynebeau {pages 8 et 9} indique que selon un rapport d’Eurostat du 15/5, la croissance économique actuelle en Belgique se situe en queue du peloton des pays européens {donc parmi les derniers d’un groupe de 28 pays dont la Roumanie, la Bulgarie, la Grèce, l’Italie…L’inflation par contre dans notre pays est le double de celle des pays européens {Eurostat 16/5}. Quant à l’indice de pauvreté} dans notre pays, il a augmenté d’un point complet, se situant à actuellement à 15,9 %, touchant surtout les jeunes et les personnes à basse scolarité, toujours selon un rapport européen..

 

Vous connaissez le remède miracle: jobs, jobs, jobs? Charles Michel indique à ce propos et c’est renversant de logique trumpienne «Notre politique induit tellement de résultats que nous sommes confrontés à un nouveau défi, en substance, tous ces emplois vacants. Dans chaque entreprise que je visite, elles peuvent engager immédiatement dix, cinquante ou cent personnes. Mais, elles ne les trouvent pas

 

Donc, si je comprends bien, ces JOBS, JOBS, JOBS michelins au fond SONT VIRTUELS, des JOBS FANTÔMES, des emplois créés mais non attribués faute de candidats.

 

Un des autres résultats marquants de l’équipe Michel c’est que dès l’entame, ce gouvernement avait indiqué d’une manière très nette qu’il comptait mettre le budget national en équilibre, au-dessus du 3 % de déficit instauré par l’UE dans le cadre du mécanisme de convergence lié à l’instauration de l’euro. Et, il comptait le faire le plus rapidement possible et de toute manière avant les élections législatives de 2019. Que dit Michel maintenant: «Nous avons fait le choix d’aller vers un équilibre en 2020…» Marc Reynebeau précise comment cela devrait se faire: «alors le Ministre des Finances Johan Van Orteveldt indique que l’équilibre {budgétaire} en 2019 peut encore être réalisé: avec des économies de 3 milliards d’euro, de préférence dans la sécurité sociale (…) Kris Peeters en arriva à un bon 5 milliards (…) Une collègue maître en calcul calcula que pour un équilibre, il faudrait un effort spécial de 6 à 7,5 milliards d’euros.» Remarquez la duplicité habituelle du représentant de la N-VA en tant que Ministre des Finances, les économies selon lui seraient à réaliser uniquement via le budget de la sécurité sociale. Car pour la N-VA et pour leur suppôt Charles Michel, une saine politique pour sauver le pays du désastre, c’est d’exonérer les entreprises et les nantis de tout effort budgétaire mais s’efforcer le plus possible de taxer ceux qui ont le moins de revenus via une augmentation des charges pour les produits pharmaceutiques par exemple, via une inflation le double de la moyenne européenne, et via la création de jobs fantômes…

 

On se moque beaucoup de Trump et à juste titre. Charles Michel est du même acabit. N’a-t-il pas dit il y a un an que jamais un 1er Ministre belge n’avait eu à faire face à une telle situation, se référant à la menace terroriste de novembre 2015 et aux attentats en Belgique. Avait-il oublié que d’autres 1er Ministres – et bien plus modestes – avaient dû faire face à l’invasion de leur pays par les Allemands, par deux fois, à la catastrophe du Bois-du-Cazier, celle de l’Innovation, aux émeutes au Congo avant l’indépendance et aux émeutes au Congo après l’indépendance, au massacre de 10 paras eu Rwanda en 1994, etc.

 

UN PEU DE MODESTIE CHARLES MICHEL NE VOUS IRAIT PAS TROP MAL!

16:57 Publié dans Belgique | Lien permanent | Commentaires (0)

29/04/2018

À PROPOS D'ANTISÉMITISME {II}

À PROPOS D’ANTISÉMITISME {II}

 

Sous le titre ‘Notre Israël a déraillé’, j’ai lu récemment dans De Standaard une ‘Lettre du Jour’, signée par 4 soldats israéliens, membres de troupes d’élite et snipers dans Tsahal. Qu’écrivaient-ils dans cet appel dont on a fait peu d’écho {extrait significatif}: ‘L’ordre aux snipers de prendre sous le feu des manifestants qui ne mettent pas de vie en danger, de tirer pour tuer {souligné par moi}, est un produit de l’occupation et de l’administration militaire de millions de Palestiniens et également d’une direction sans cœur des leaders et d’un déraillement moral du chemin de notre pays.

 

L’actrice américaine et juive Natalie Portman a refusé récemment d’aller en Israël y recevoir un prix qui lui a été décerné, ayant affirmé qu’elle n’entérinait pas la politique du gouvernement israélien et ne voulait d’aucune manière s’y associer.

 

Dans Der Spiegel 16 du 14 avril 2018, l’historien israélien Tom Seger, déjà auteur d’une biographie de Wiesenthal, était interviewé à propos de la biographie qu’il vient d’écrire sur Ben-Gourion. Interrogé au sujet de la déportation d’Israël prévue de 38.000 réfugiés du Soudan et de l’Éthiopie, il déclarait ‘Cela me renforce dans ma crainte que la plus grande menace n’est ni la terreur ni la guerre. Plutôt l’atteinte à la démocratie israélienne. Israël est de moins en moins démocratique. Dans notre gouvernement, il y a des ministres qui sonnent comme s’ils ressortissaient à la droite radicale en Hongrie ou en Autriche. Nous nous sommes toujours dit que nous ne haïssons pas les Arabes et que nous ne connaissons ni haine ni racisme. Mais, naturellement {souligné par moi}, nous haïssons les Arabes. Et les Noirs. Et nous ne nous gênons même pas pour cela.

 

On connaît également de longue date le regard critique que des écrivains de renom comme David Grossman {qui a perdu son fils unique sur le front du Liban} et Amos Oz jettent sur la politique du gouvernement à l’égard des Palestiniens et de leur droit à un état propre.

 

Qualifie-t-on ces déclarations de Juifs ou d’Israéliens d’antisémitisme?

 

NON.

 

Mais si moi, qui suis et ai toujours été du côté d’Israël, défenseur de la mémoire de la Shoah, connaisseur des souffrances subies par les Juifs de la diaspora, admirateur de l’esprit de pionnier – principalement de gauche, allant du Mapai au Mapam des années 60/70 - qui régnait dans les kibbutzim à la bonne époque {mon premier séjour en Israël date de mai 1973 et je fus invité au défilé militaire à Jérusalem pour le 25ème anniversaire de la création de l’État hébreu}, si j’avais affirmé, écrit ou dit en public, l’une quelconque des déclarations ci-dessus, émanant de citoyens israéliens, je me serais fait taxer d’antisémite et on aurait ipso facto mis fin à toute tentative de discussion ou de débat. Car, actuellement, critiquer Israël et sa politique aveugle et brutale à l’égard des Palestiniens nous fait reléguer au rang des antisémites, révisionnistes et négationnistes.

 

Il y a une posture chez certains Juifs ou Israéliens à falsifier la vérité. Toute personne goy {non-juive} qui émet des critiques à l’égard de la politique des gouvernements israéliens successifs depuis Begin, à l’égard de cette accentuation illégale des colonisations à outrance en territoires occupés et à Jérusalem {selon un journaliste israélien interviewé pour le documentaire ‘Histoire d’Israël’, passé à Arte le 25 avril dernier, il y aurait 700.000 colons, dont 300.000 à Jérusalem est}, à l’égard de cet étranglement économique de Gaza, à l’égard de ces innombrables et inutiles tueries et arrestations souvent arbitraires voire illégales {cfr. par ex. les mois de prison pour une jeune Palestinienne de 17 ans ayant simplement mordu et frappé un soldat de Tsahal, déclarée terroriste par certains ministres de droite}, est automatiquement qualifié d’antisémite, de négationniste, de raciste.

 

J’ai travaillé 17 ans avec des patrons et un collègue juif; j’ai rencontré Chaika Grossman, une survivante et agent de liaison entreles ghettos en URSS, membre de la Knesset; j’ai été invité au défilé du 25ème anniversaire de la fondation de l’État à Jérusalem en mai 1973 et en ai conservé une médaille commémorative; j’ai été invité en novembre 2013 à New York pour faire un discours dans une synagogue devant l’association de survivants de l’Holocauste de Lettonie; j’ai rencontré et ai de l’admiration pour nombre de survivants de l’Holocauste et ai écrit maints articles sur l’Holocauste, surtout pour ce qui concerne les États baltes; un de mes disques intitulé «A Jewish Tragedy» au sujet de l’Holocauste dans les pays baltes est repris dans le catalogue de la bibliothèque du ‘UNITED STATES HOLOCAUST MEMORIAL MUSEUM’, à Washington. Devrais-je par conséquent me taire ou ne pas réagir ni avoir d’avis sur la politique gouvernementale d’Israël quand je lis {Der Spiegel, 16 du 14.4.2018} de quelle manière abjecte a été tué le cameraman palestinien Yasser Murtaja? Quelques semaines avant sa mort, il avait posté sur Internet une photo de Haifa prise par un drone, écrivant: ‘J’aimerais avoir pu faire cette photo d’en haut et pas de la terre. Mon nom est Yasser Murtaja. J’ai 30 ans. Et je n’ai jamais voyagé.’ Quelque temps plus tard, alors qu’il était dans le sud de Gaza avec deux collègues, portant un gilet pare-balles et ‘PRESS’ écrit sur la poitrine, et qu’il se trouvait à 200 mètres de la clôture {où manifestent depuis quelques semaines les Palestiniens de Gaza, réclamant leur retour sur leurs terres dont ils ont été chassés en 1948}, il est touché. Dans le ventre. Et mourra douze heures plus tard. Je me fais la réflexion, un sniper a un viseur et peut voir distinctement ce qu’il vise, donc le gilet pare-balles était visible de même que la mention «Press». Pourtant une balle dans le ventre?! Se poser des questions à ce sujet, est-ce de l’antisémitisme, du révisionnisme, du négationnisme? De tels actes odieux m’écœurent venant de gens et d’un pays que je continue d’admirer envers et contre tout.

 

Je terminerai par une autre citation {De Standaard du 24 avril 2018}. Celle de Samuel Maoz {dont la fille a échappé à un attentat à la bombe dans un bus, alors qu’elle était en ret      rd pour le prendre et l’a aperçu partant déjà}, réalisateur israélien du brillant film ‘Lebanon’ en 2009. Son nouveau film ‘Foxtrot’ vient de sortir et à déjà permis à la Ministre israélienne de la culture, Miri Regev, de réagir de manière furieuse à la suite de l’octroi de prix pour ce film {Venise notamment}. Maoz a déclaré à ce propos: ‘Je me suis battu dans l’armée pour mon pays, et j’en ai beaucoup souffert. Puis-je citer en passant que de mettre des recrues inexpérimentées à des contrôles routiers est absurde, et que la violence dans ce pays se transmet de génération en génération sans que personne ne déclare jamais avoir sali le nid?

23/04/2018

À PROPOS D'ANTISÉMITISME

À PROPOS D’ANTISÉMITISME

 

Un appel récent d’intellectuels et artistes français se réfère à l’antisémitisme, nouveau fléau en France. Il fait suite à l’odieux meurtre d’une survivante juive des camps de la mort et à d’autres voies de faits sur des Juifs.

 

On ne peut qu’approuver cette initiative même si la référence à une «épuration ethnique à faible niveau» peut faire sourire ceux qui savent ce que furent des épurations ethniques dans l’ex-Yougoslavie, au Rwanda en 1994, et, plus récemment, en Syrie et en Irak.

 

Non, ce qui m’irrite quand on parle d’antisémitisme, c’est qu’on se réfère uniquement – comme dans le cas de cet appel public aux autorités françaises - à la haine à l’égard des Juifs. Le Petit Robert donne d’ailleurs une définition dans ce sens et sans équivoque, mais que je trouve erronée: ‘racisme dirigé contre les Juifs’. Ce qui en soi est déjà bizarre puisqu’on parle de racisme ; le racisme {toujours en fonction du même dictionnaire} étant ‘une idéologie postulant une hiérarchie des races’. Or, le peuple juif ne ressortit pas à une race unique – juive.

 

Par contre, mon dictionnaire anglais {Concise English Dictionary – Wordsworth Edition} donne une définition me paraissant plus conforme à la réalité de ceux qui sont contre les Sémites: ‘la haine des Sémites, particulièrement les Juifs’. Parce que, ce que tout le monde oublie c’est que l’antisémitisme est effectivement la haine des Sémites. Et quels peuples sont-ils sémites (Petit Robert)? : ‘Se dit de différents peuples provenant d’un groupe ethnique originaire d’Asie occidentale et parlant des langues apparentées {‘peuples: Arabes, Éthiopiens, Juifs, sont des Sémites’}.

 

Donc, un acte commis contre un Arabe, tout comme contre un Juif, devrait, dans les deux cas de figure, être défini comme acte antisémite. Ce qui exclurait comme définition d’acte antisémite, tout acte commis contre un Iranien, un Turc, un Afghan ou un Pakistanais, peuples non-sémites.

 

Je ne suis pas un puriste absolu en ce qui concerne le français, mais je déplore que des concepts aussi fondamentaux que l’antisémitisme, voire le génocide, soient de plus en plus souvent malmenés par des journalistes français ou francophones de Belgique ignorant les définitions et particularités de leur propre langue maternelle. Combien de fois n’ai-je entendu à la télévision francophone, en provenance de chaînes publiques ou privées, de France comme de Belgique, parler de ‘génocide juif’. Comme si les Juifs avaient commis un génocide dont ils auraient eux-mêmes été victimes!? Le Petit Robert parle du ‘génocide des Arméniens’, pas du génocide arménien, comme exemple pour sa définition de ce terme.

 

Pour revenir au terme sémite et antisémite, on oublie un peu qu’il ne s’agit pas de concepts liés à des races, mais à des langues apparentées. Quand on parle de racisme à l’égard des Juifs ou des Arabes, là aussi, on commet une erreur linguistique, puisque Juifs et Arabes ne représentent pas des races mais des peuples aux passé, coutumes, langues, apparentés et bien plus qu’on le croit, car comme le dit la tradition, Juifs et Arabes peuvent manger en commun, selon leurs traditions culinaires et interdits, ce que ne peuvent faire Catholiques et Juifs ou Catholiques et Arabes.